Pratique

Salon international de l’agriculture 2017

Des préparatifs tendus

Publié le 20/01/2017

Cette année, le Salon international de l’agriculture aura lieu du 25 février au 5 mars à Paris Expo Porte de Versailles. Pour la deuxième année, la Lorraine, l’Alsace et la Champagne-Ardenne tiendront stand commun sous la bannière de la région Grand Est. À la clé des modifications diversement appréciées par les exposants.

L’agriculture, une passion, des ambitions. Tel sera le thème du prochain Salon international de l’agriculture (SIA). Un thème fédérateur et suffisamment vaste pour que chacun puisse se l’approprier à sa façon. Et c’est une petite race blanche et noire… à faible effectif… adaptée à son terroir… qui en sera l’égérie… Mais non ! Il ne s’agira pas de la vosgienne, mais de la bretonne pie noire. Une édition électorale Réforme territoriale et travaux au Parc des expositions obligent, les régions de France ne seront plus 22 mais 13, et ne seront plus réparties entre le hall 7 (condamné) et le hall 3, mais seront toutes groupées dans les halls 2.3 et 3. Cette édition 2017 correspondant à une année électorale, il faut s’attendre à une médiatisation particulièrement importante du SIA, et notamment des visites des divers candidats à l’élection présidentielle. Et, comme le Salon international du machinisme agricole (Sima) se tiendra en parallèle (du 26 février au 2 mars) à Paris Nord Villepinte, une offre sera dédiée aux professionnels de l’agriculture, avec des accès privilégiés… En fond de hall l’année dernière, la région Grand Est occupera cette année un emplacement de 1 100 m2 au centre du hall 3, sur le thème « Grand Est, terre d’innovation ». Le stand sera inauguré le 28 février. Celui-ci comprend un espace prestige de 127 m2 où seront regroupés les stands de la Région, des acteurs du tourisme, et ceux dédiés aux animations visant à valoriser les produits des 44 exposants, « sachant qu’il y aura quasiment le double de producteurs car certains stands sont tenus par des marques, et plusieurs producteurs se relaieront au SIA », précise Sandrine Vallin, responsable promotion, communication à la Chambre régionale d’agriculture Grand Est. Leurs boutiques occuperont 600 m2, et un stand de 18 m2 sera dédié aux signes officiels de qualité. La répartition des stands tient compte de l’identité des territoires, c’est-à-dire que les stands alsaciens seront regroupés sur 160 m2, idem pour la Lorraine (201 m2) et la Champagne-Ardenne (216 m2). La région Grand Est sera également représentée dans ce hall par trois restaurants couvrant une surface de 430 m2. Des stands assez standards… Ce projet d’emplacement commun aux trois régions historiques constituant un marché public, il a été soumis à un appel d’offres qui a été remporté par la société Decorama, créateur d’espaces événementiels, pour l’agencement de l’espace et la conception des stands. La présentation du projet, faite aux exposants alsaciens mardi 10 janvier, a été plutôt mal accueillie. Les exposants ont, pour ceux qui se sont exprimés, trouvé le projet froid, trop épuré, sans identité régionale. La représentante de Decorama a expliqué qu’il était possible de personnaliser les stands, notamment en récupérant les fichiers des visuels qui avaient été conçus l’an dernier. Mais les habillages existants ne pourront pas être réutilisés car les nouveaux et les anciens stands n’ont pas les mêmes cotes. Il est notamment proposé de mettre en place une signalétique haute, à l’aide de drapeaux d’angle, qui permettraient d’identifier sur une face la région Grand Est et sur l’autre face l’ancien territoire. « Le SIA, c’est dans un mois », ont rappelé les exposants, inquiets de constater l’état d’avancement du projet. Reste la question du coût des stands, qui revient sur le tapis chaque année. « Le coût du stand est le même au mètre carré pour tous les exposants, et il a baissé par rapport à l’édition précédente », assure Sandrine Vallin. Néanmoins, le niveau de subvention varie selon les régions historiques.

Commercialisation des matières premières agricoles

Apprendre à dompter les marchés à terme pour mieux gérer les risques

Publié le 05/01/2017

Cet été encore des catastrophes climatiques ont impacté le revenu des agriculteurs. Grâce à ses formations au fonctionnement des marchés à terme, Offre et demande agricole (ODA) propose aux agriculteurs de ne plus subir les aléas des cours et de transformer leurs hausses comme leurs baisses en opportunités.

« Durant leur cursus, les agriculteurs sont formés à produire. Et cela n’a pas changé depuis qu’ils sont exposés à la volatilité des prix. Notre objectif c’est de leur apprendre aussi à vendre leurs productions, et notamment en utilisant les marchés à terme », explique Renaud de Kerpoisson, président d’Offre et demande agricole (ODA), société de conseil indépendante spécialisée dans la gestion du risque des prix des matières premières agricoles, et qui propose de former et d’accompagner les agriculteurs à l’utilisation des marchés à terme. Sécuriser sa marge, une priorité En apprenant d'abord à lire les prix et ensuite à utiliser les marchés à terme, les agriculteurs peuvent avoir une vision anticipée du prix auquel ils pourront vendre leurs productions l’année suivante, les pré-vendre, et faire leurs choix de gestion de leur entreprise en conséquence. En effet, connaissant ses charges, l’agriculteur est en mesure de calculer une marge par hectare. Il peut alors adapter son assolement et ses itinéraires techniques, en levant le pied sur les intrants si les prix s’annoncent bas, et inversement… « Savoir utiliser les marchés à terme représente une aide à la prise des décisions de gestion. Les agriculteurs en retirent des informations particulièrement utiles en cette période de prix bas. Car, avec une bonne utilisation des marchés à terme, on peut absorber jusqu’à 80 % du risque lié à la volatilité des cours », poursuit Renaud de Kerpoisson. Un apprentissage sur la durée Concrètement, l’agriculteur a accès aux marchés à terme via des services proposés par la majorité des banques, certains courtiers ou encore ODA, qui est agréée par l’Autorité des marchés financiers (AMF) et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). Des agréments qui lui permettent de proposer des formations aux marchés à terme (lire en encadré), ainsi que l’accompagnement des agriculteurs au fil des ans. « Les formations que nous proposons visent à faire découvrir cet univers aux agriculteurs. Mais trois jours de formation, cela reste un peu juste pour maîtriser les marchés à terme. C’est pourquoi il existe des clubs qui ont pour objectif d’accompagner les agriculteurs dans leur transition de la théorie à la pratique. Dans ce cadre, les agriculteurs ont la possibilité de rencontrer un consultant d’ODA une fois par mois, et de bénéficier d’informations et d’analyses sur les marchés », indique Renaud de Kerpoisson. Les agriculteurs restent membres de ces clubs pendant au moins deux, voire trois ans, avant de voler de leurs propres ailes. Durant ce laps de temps, ils seront forcément confrontés à des situations différentes chaque année, que ce soit pour des raisons météorologiques ou économiques. L’objectif est donc de leur donner les outils nécessaires pour appréhender la plupart des situations. Mais Renaud de Kerpoisson souligne : « En faisant le choix d'utiliser les marchés à terme, les agriculteurs font le choix d’apprendre un nouveau métier. Cela va leur demander d’y consacrer au moins un quart d’heure par jour, une journée par mois… » Pour les y aider, ODA propose aussi une série d’outils, comme une application dédiée. Le lait aussi En France 13 000 agriculteurs ont été formés par ODA, essentiellement des céréaliers. En effet les marchés à terme ont d’abord été développés pour le colza, le blé puis le maïs. Mais ils concernent aussi désormais le lait : « L’éleveur passe toujours par sa coopérative, mais celle-ci peut pré-vendre sa production en connaissant le prix du beurre, de la poudre, du lactosérum et en répercutant ces prix sur la rémunération de l’éleveur, qui peut donc se protéger des variations de prix, mieux appréhender les risques et mieux gérer son troupeau, ses rations… »

Agence d’attractivité de l’Alsace

S’implanter ou visiter, l’Alsace séduit

Publié le 29/12/2016

Investissements, fréquentation touristique, l’Alsace affiche une bonne vitalité. Des données présentées récemment à Strasbourg par le président de l’Agence d’attractivité de l’Alsace, André Reichardt, et sa première vice-présidente, Marie-Reine Fischer.

L’Agence d’attractivité de l’Alsace (AAA) est née de la fusion entre le Comité régional de tourisme, Alsace international et la marque Alsace, il y a deux ans, a rappelé André Reichardt, son président. « C’est la seule agence de ce type en France et dans la région et beaucoup nous envient. » Son objectif est « d’attirer des investisseurs potentiels et des touristes ». Projets et décisions d’implantation en hausse En ce qui concerne l’attractivité de l’Alsace, les chiffres nationaux sont « encourageants », a indiqué André Reichardt. Sur le volet économique, selon le classement de Business France, la région se classe en troisième position après l’Île de France et Rhône Alpes. L’attractivité de l’Alsace a augmenté : elle se note par le nombre de projets, en hausse de 50, voire 60 d’ici la fin de l’année, et par le volume d’emplois créés dans la région. L’AAA affiche ainsi des résultats records avec 21 décisions, contre 15 l’année dernière pour 238 emplois générés et 5,5 millions d’euros de masse salariale brute. L’Alsace est cette année « au-dessus de la crête » en termes de décisions d’implantation et affiche un ratio d’efficacité « meilleur que la moyenne nationale », grâce à la prospection ciblée directe, au travail sur l’image et l’attractivité économique de l’Alsace. André Reichardt a cité quelques exemples d’implantations, celles de Kendrion, qui a ouvert un bureau à Colmar, de Techterm SAS, une entreprise spécialisée dans l’installation de chauffage à énergies renouvelables, créée à l’initiative de deux partenaires, l’un allemand et l’autre alsacien, avec à la clé, 60 emplois sur 3 ans, a précisé Olivier Eck, responsable du pôle promotion. Quatre projets supplémentaires devraient voir le jour d’ici la fin de l’année. Neuf projets sur dix relèvent « de la commercialisation de biens produits ici ou dans la maison mère ». L’AAA entend travailler plus étroitement avec les intercommunalités pour que les projets puissent « bénéficier à tous les territoires », à l’image de celui développé en Alsace du Nord. Suite à la fermeture annoncée de la base aérienne de Drachenbronn, l’agence a travaillé avec les communes afin « d’utiliser au mieux les atouts », a indiqué André Reichardt. Ce partenariat a débouché sur un projet touristique mené dans le cadre d’un contrat de revitalisation avec la Communauté de communes de Wissembourg. Il est axé sur le tourisme vert avec un investisseur autrichien. Il prévoit la création au cœur de la forêt de Cleebourg d’une sphère ludique et d’un village nature, en jouant « à fond sur l’atout géothermie, dans une volonté d’accompagner l’investisseur dans ce territoire ». Alsace connecteurs, Partner régional, une exclusivité André Reichardt a annoncé la création d’Alsace connecteurs, en lien avec le réseau de la diaspora alsacienne. Chacun peut rejoindre Alsace connecteurs en étant membre du Club des ambassadeurs d’Alsace. Ces connecteurs sont « des importateurs d’affaires ». Ils pourront percevoir une prime à l’installation des entreprises variant de 2 000 à 10 000 €, en fonction du nombre d’emplois créés. « Leur action sera encadrée ». Ils sont 24 000 actuellement dans le monde au sein de l’Union des ambassadeurs, « l’objectif est d’élargir ce panel », a précisé le président d’AAA. Lui-même membre de plusieurs groupes d’amitié à l’international, il fait régulièrement à ce titre la promotion de l’Alsace dans ses déplacements, « pour attirer ces investisseurs, très demandeurs pour certains ». Sur le secteur du tourisme, Marie-Reine Fischer, première vice-présidente d’AAA, a précisé que les investissements en Alsace sont de l’ordre de 218 M€ en moyenne par an, dont 68 M€ dans l’hôtellerie, avec 26,60 M€ à Strasbourg et 7,80 M€ à Colmar. L’agence lance « un nouvel axe stratégique et exclusif » : la prospection dédiée aux porteurs de projets et aux investisseurs touristiques en partenariat avec une plateforme spécialisée, Régional Partner. Le bilan de cette collaboration montre que 45 projets ont été détectés pour l’Alsace, 73 % concernent des reprises d’équipements et 53 % des projets pour l’hôtellerie. 40 dossiers sont en cours de traitement, dont « un projet ambitieux concrétisé », d’une capacité de 80 chambres, dans la catégorie 3 étoiles, avec 20 emplois à la clé. Tourisme, tendances positives En ce qui concerne la fréquentation touristique, le bilan à fin octobre montre une hausse de 1 % des nuitées dans l’hôtellerie, toute clientèle confondue. Si elle est en baisse en Île de France, en Alsace elle « reste stable, voire en légère progression ». L’année n’est pas terminée, mais les tendances enregistrées début décembre sont « plutôt bonnes ». La fréquentation des marchés de Noël de Colmar est en forte hausse. À Strasbourg, malgré la conjoncture, elle reste satisfaisante dans l’ensemble. La baisse de la clientèle étrangère est compensée par la clientèle française. Les moyens de sécurité déployés ont bien fonctionné « pour rassurer les touristes ». Marie-Reine Fischer revenait de Taïpé, où l’agence a mené une opération pour montrer le marché de Noël à 50 tour-opérateurs. La promotion de la région va se poursuivre avec de nouveaux projets, notamment celui au Bahrein, en début d’année, avec Atout France et Business France, pour la semaine So french. Elle sera suivie de l’opération So good, so french en Israël. « La volonté de l’agence est de mettre l’accent sur le marché italien en 2017 », sans pour autant oublier les autres marchés de proximité européens. Tisser des liens touristiques et économiques, « c’est un travail de tous les instants, a-t-elle conclu. Il ne faut rien lâcher » pour continuer à maintenir et développer cette dynamique d’attractivité.

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