Circuits courts
Inauguration officielle de Cœur Paysan à Colmar
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Publié le 19/05/2017
Le magasin Cœur Paysan de Colmar a été inauguré officiellement le 11 mai dernier, cinq mois après son ouverture. L’occasion de faire un premier bilan très encourageant de ce point de vente fermier qui voit passer 400 clients en moyenne chaque jour.
Cinq mois après son ouverture, le magasin Cœur Paysan a enfin eu droit à son inauguration officielle le 11 mai dernier. L’occasion pour les quarante agriculteurs qui participent à l’aventure de remercier tous ceux qui leur ont permis de concrétiser ce projet : la ville de Colmar, le cabinet d’architecture Leny’s Concept, le groupement d’entreprises I2CR, ainsi que le Crédit Mutuel de Sélestat Scherwiller « qui a cru à cette belle aventure ». Et pour le moment, celle-ci remplit largement les espérances des producteurs qui ont tout de même investi 1,4 million d’euros entre le rachat du site (l’ancien Lidl de la route de Neuf-Brisach), les travaux de rénovation et de mise aux normes, et l’achat du matériel nécessaire. Grâce à un buzz positif sur les réseaux sociaux et une médiatisation inattendue de grands médias nationaux (France 2 et TF1 entre autres), Cœur Paysan a joui très vite d’une visibilité conséquente et d’un bouche-à-oreille efficace des premiers « curieux » qui y ont fait leurs courses. Aujourd’hui, ce sont 400 clients en moyenne qui viennent chaque jour remplir leurs cabas de produits agricoles et viticoles disponibles en rayons. Le panier moyen est de 28 € et les achats sont réalisés à 47 % au rayon boucherie. Suivent les fruits et légumes (24 %), la crémerie (10 %), l’épicerie (3 %), les liquides et poissons (2 %) ainsi que 12 % d’achats non catégorisés. « On est sur une belle rampe de lancement », se satisfait Denis Digel, président de Cœur Paysan et maraîcher à Sélestat. Les clients du magasin viennent majoritairement de Colmar et des communes à proximité. « Au total, nous comptons 4 000 porteurs de la carte de fidélité », révèle le directeur du site, Pascal Terroux. Des chiffres encourageants qui témoignent du réel intérêt des consommateurs à reprendre la main sur leur alimentation, comme le fait remarquer le maire de Colmar, Gilbert Meyer. « On revient en arrière en quelque sorte en achetant ce qui est issu de notre terroir. De cette manière, nous pouvons savoir ce que nous mangeons. » « Une expérience extrêmement enrichissante » Pour le président de la Chambre d’agriculture d’Alsace (CAA) et conseiller régional, Laurent Wendlinger, Cœur Paysan apporte une nouvelle réponse à celles et ceux qui souhaitent écouler leurs produits en vente directe. « En Alsace, nous avons beaucoup d’exploitations qui sont présentes sur ce créneau. Avec ce magasin, on va un peu plus loin en rallongeant un peu les filières courtes. C’est un challenge qui est gagné aussi bien pour l’agriculteur que pour le client. » Ce type de magasin est pour lui un parfait complément des autres filières, davantage tournées vers l’export ou l’industrie agroalimentaire. « C’est en travaillant sur tous ces axes en même temps que nous pouvons redynamiser l’agriculture de notre région », précise le président de la CAA. « C’est un état d’esprit nouveau dans le paysage commercial », complète Denis Digel. « C’est la rencontre de plusieurs agriculteurs qui ne se connaissaient pas, et qui ont décidé de s’affirmer pour reprendre leur place dans la société. » L’implication quotidienne des producteurs est l’une des raisons du succès précoce de Cœur Paysan. Chaque jour, au moins l’un d’entre eux est présent sur le site, en plus des neuf salariés à temps plein recrutés pour l’occasion. « Nous sommes, chacun à notre tour, l’ambassadeur des productions de nos collègues. Apprendre à parler du métier de l’autre est une expérience extrêmement enrichissante », témoigne le maraîcher de Sélestat. Le dialogue quotidien avec les consommateurs fait également émerger de nouvelles offres comme des huiles de colza et tournesol ou des lapins de fermes. Mais surtout, Cœur Paysan atteint aujourd’hui son premier objectif qui est de permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail, voire d’investir comme le relate Denis Digel : « Grâce aux perspectives offertes par le magasin, j’ai pu acquérir une toute petite récolteuse mécanique pour développer mon activité de haricots. En effet, la récolte manuelle en quantité suffisante pour répondre à la demande est très chère. Grâce à ce nouvel outil, je pourrai continuer à satisfaire la clientèle. » Forcément, une telle réussite fait des envieux. Les responsables de l’enseigne paysanne ont déjà reçu plusieurs sollicitations pour ouvrir d’autres groupements Cœur Paysan en France. « On nous a même demandé de participer à un forum en Roumanie », poursuit-il. L’amour de ses produits et de son terroir n’a pas de frontière.












