événement

Salon international de l’agriculture

Le Grand Est en force

Publié le 21/02/2019

Le Salon international de l’agriculture n’est plus qu’à quelques jours d’ouvrir ses portes. Dégustations, démonstrations, conférences, ateliers et jeux seront proposés aux visiteurs, sans oublier les remises des prix du Concours général agricole qui rythmeront l’ensemble du salon, qui se tiendra du 23 février au 3 mars au Parc des Expo à Paris. La race vosgienne et les produits du Grand Est seront, bien sûr, mis à l’honneur.

Le grand rendez-vous du monde agricole est un immanquable pour qui veut découvrir le terroir français, sans faire le tour du pays. Les talents issus de l’agriculture régionale seront mis en évidence durant neuf jours, tout d’abord dans le hall 1 avec la race bovine vosgienne présentée dans un chalet habillé de bois des Vosges. Ensuite dans le hall 3 où se déploiera l’Espace Grand Est avec 22 îlots sur plus de 1 000 m². Il accueillera notamment un village de 90 producteurs qui proposeront des spécialités gastronomiques régionales à la dégustation et à la vente. Un stand prestige sera dédié aux animations avec la participation de l’Agence régionale du tourisme, des lycées hôteliers et de chefs renommés. Le visiteur pourra en effet découvrir un parcours d’animations, mais également déguster des spécialités gastronomiques des terroirs alsaciens, champardenais et lorrains dans un restaurant où officieront des lycéens du Grand Est en formation hôtellerie-restauration. La région a voulu proposer une invitation au voyage à travers les spécialités culinaires oui, mais pas seulement. Le réseau des Chambres d’agriculture du Grand Est valorisera tout au long du salon les atouts et les talents des territoires. Chaque jour, un séjour sera à gagner dans une des destinations touristiques ciblées : Alsace, Champagne, Lorraine, Ardennes et le Massif des Vosges. Pour Jean-Luc Pelletier, président de la Chambre régionale d’agriculture du Grand Est, « le travail en amont est énorme pour présenter le meilleur de notre région, l’intérêt est de mettre en avant la diversité de nos produits et leur qualité ». Ainsi, 300 candidats ont présenté près de 1 600 échantillons au Concours général agricole. Les éleveurs quant à eux sont aux petits soins avec 260 animaux inscrits aux concours. Inauguration mardi 26 février Le stand de la Région Grand Est sera inauguré le mardi 26 février à 11 h par Jean Rottner, président de la Région Grand Est, Jean-Luc Pelletier et René Collin, ministre wallon de l’Agriculture, de la Nature, de la Forêt, de la Ruralité, du Tourisme, du Patrimoine et délégué à la Grande Région. L’inauguration de l’espace Grand Est du hall 1 se fera à 17 h 15, suivie de la traite des vaches à 18 h. Le même jour sera signée une charte pour le développement de la méthanisation. Elle engage les acteurs de la filière à initier les échanges en amont de la construction d’une stratégie régionale pour la méthanisation. L’objectif est de mettre en œuvre un développement vertueux, raisonné et harmonieux de la méthanisation en Grand Est. Le lendemain, mercredi 27 février, la thématique de la Bioéconomie sera mise à l’honneur avec une journée dédiée. Pour Jean Rottner, « la bioéconomie doit devenir le fer de lance essentiel du Grand Est, nous devons accélérer et avoir un coup d’avance ». Des projets concrets portés par une vingtaine de candidats seront présentés.   Un salon de terroir et de politique Au Sia, élus et citoyens ont l’habitude de se croiser dans les allées, pour échanger, et parfois s’interpeller. Pour la Région Grand Est, le Sia est ainsi l’occasion de défendre sa politique agricole. Profitant du rayonnement médiatique de l’événement, elle défend son bilan - son plan sécheresse de 6 M€ mis en place fin 2018 pour accompagner les éleveurs qui ont acheté des fourrages supplémentaires et pour les soutenir dans leurs investissements - et ses priorités d’action. Pour aider les agriculteurs à relever les défis de demain, en 2019, la Région Grand Est consacre 32 M€ à quatre grandes priorités : la compétitivité et la modernisation de la chaîne alimentaire ; le développement des marchés régionaux, ciblant 5,5 millions de consommateurs du Grand Est et développant l’exportation ; l’innovation en réponse efficace aux enjeux environnementaux et climatiques ; et l’installation des jeunes en agriculture et en viticulture ainsi que l’accompagnement aux créations d’activités. 2019 est aussi synonyme de nouvelles perspectives pour le Grand Est, avec comme ligne de mire l’accélération de la transformation des exploitations agricoles. Objectif affiché : permettre aux agriculteurs, de petites et grandes exploitations de relever les défis de la compétitivité, de la diversification des marchés, du renouvellement des générations et de la préservation des ressources. « Nous voulons faire aimer l’agriculture et dire aux Français : vous avez des paysans près de chez vous, profitez-en ! », souligne Jean Rottner. Pour le président de la Région Grand Est, le Sia et ses 600 000 visiteurs venus du monde entier est une occasion unique de lutter contre « l’agriculture bashing ». « Les agriculteurs sont des passionnés et ils ont l’impression d’être totalement incompris par rapport aux efforts qu’ils font aujourd’hui », ajoute Jean Rottner qui appelle à montrer au public « une agriculture positive, innovante et responsable ».

Publié le 29/01/2019

Après un bilan contrasté pour 2018, l'année à venir, où de nouvelles réglementations entreront en vigueur, sera charnière pour la pomme de terre alsacienne. Pour Denis Jung, de Planète Légumes, pas de quoi inquiéter les producteurs de la région qui devront néanmoins s’adapter et améliorer encore leur expertise. Portrait d’une filière qui profite d’un marché porteur, celui d’un légume présent dans les garde-manger de tous les Français.

En Alsace, la pomme de terre représente plus de la moitié des surfaces et du chiffre d’affaires des légumes. « C’est important, mais par rapport aux grandes cultures, c’est moindre », constate Denis Jung, conseiller en production de pomme de terre à Planète Légumes. « C’est une culture très particulière : il faut un suivi très précis, venir chaque semaine observer sa plantation, au risque de rater un besoin d’irrigation, un départ de maladie. Une semaine de trop et la récolte peut perdre 20 % ! » Cette spécificité en fait une culture difficile, et ceux qui s’y attachent sont obligés de devenir des spécialistes. Une production en baisse ... Il faut d’abord savoir que « beaucoup de producteurs ne sont pas comptabilisés » car leur production est incluse dans d’autres chiffres, tient à préciser Denis Jung. Pourtant, force est de constater que la production régionale est en baisse. À l’échelle nationale, la surface consacrée à la culture de la pomme de terre, y compris les plants, a augmenté de près d’un quart sur les dix dernières années, selon Agreste pour la période 2007-2017. Mais à y regarder de plus près, l’Alsace, elle, observe une baisse de 18 %. Une érosion qui s’est concentrée presque exclusivement sur le Haut-Rhin avec des surfaces utilisées passées de 602 ha en 2007 à 272 ha en 2017, soit - 51 %, contre une hausse de 3 % pour le Bas-Rhin. Selon Denis Jung, « la baisse de surface n’a pas d’incidence sur le marché alsacien ». « Ce sont en fait des producteurs de coopératives qui sont passés à d’autres cultures, avance-t-il. Ceux qui ont continué sont plus spécialisés. Les producteurs de pommes de terre ont choisi de se détacher de l’agroalimentaire, d’être plus individualistes. » La tendance à la baisse s’est confirmée cette année. La production de pomme de terre de conservation en Alsace a vu sa surface passer de 1 650 ha en 2017 à 1 500 ha en 2018, pour un recul de production de près de 20 % sur un an. C’est l’une des baisses les plus importantes dans le pays - la moyenne nationale se situant à - 9,6 %. Le bilan de cette année 2018 est difficile pour les producteurs français. Le rendement n’a pas été au rendez-vous, et devrait même atteindre son niveau le plus faible depuis 2001. L’explication est pourtant simple : la faute est à la météo. Denis Jung résume ainsi l’année : « Nous avions commencé par des plantations précoces. Les levées ont suivi, plus tôt qu’à l’habitude, courant mai. Mais le climat a été humide jusqu’à mi-juin, puis chaud et sec l’été. Cela a entraîné des problèmes de grossissement sur les cultures non irriguées. » Trop d’eau, puis pas assez. Un climat des plus favorables pour les maladies et les parasites. « Le principal risque pour les cultures est le mildiou. Il peut détruire la culture en 15 jours », détaille l’expert. La sécheresse a ensuite favorisé l’alternaria. Les doryphores, des ravageurs, ou encore le taupin, constituent d’autres menaces importantes. « Dans la culture de pomme de terre, on plante ce qu’on va récolter, raconte Denis Jung. Le plant peut donc transmettre toutes ses maladies. Il faut tous les traiter pour lutter surtout contre le rhizoctone. Les autres maladies peuvent affecter la croissance et la conservation. La protection sanitaire est donc presque systématique. » Pour pallier les contraintes météorilogiques et les maladies qu'elles amènent, les cultivateurs de pommes de terre doivent allier ainsi expérience et expertise. Un effort nécessaire. ... et un marché régional porteur Mais pas question de se plaindre car « le bilan est contrasté. » Pour les producteurs alsaciens, « le marché a été très porteur. Comme il y a trois ans, les prix sont bons. Les conditions météorologiques ont retardé la production primeur à début juillet. Les différents marchés ne se sont donc pas télescopés. », relativise le spécialiste du tubercule. Dans un marché qui se concentre exclusivement sur le frais et qui ne compte plus de coopérative, les producteurs s’en tirent à bons comptes. Au-delà du marché de niche que constituent les variétés spécifiques à l’Alsace, les prix sont généralement identiques au marché français. Selon Denis Jung, la vente se fait à 50/50 : « Les plus gros producteurs vendent en centrale d’achat. Les plus petits sont en contact avec des magasins, ou encore des particuliers, des maraîchers qui vendent sur les marchés, des fermes… » Une tendance à contre-courant d’un marché français où 40 % de la production est dirigée vers la transformation.

Roland Schweitz, délégué régional à l’UNPT

« La France, premier pays européen exportateur de pommes de terre »

Publié le 29/01/2019

Producteur de pommes de terre à Duttlenheim et délégué Alsace de l’UNPT depuis dix ans, Roland Schweitz présente les grands thèmes du congrès de l’organisation et les enjeux qui attendent la filière alsacienne de pommes de terre.

L’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT) organise son congrès national tous les deux ans dans une région différente. Cette année, c’est au tour de l’Alsace d’accueillir cette rencontre, qui réunira tous les acteurs de la filière et leurs partenaires. Elle se déroulera mardi 5 février de 9 h à 16 h à la Maison de la région Grand Est à Strasbourg. « Avec 1 500 ha, nous ne sommes pas une grande région de production, souligne Roland Schweitz, délégué régional de l’UNPT, comparé au Nord-Pas de Calais ou à la Picardie, qui totalisent respectivement près de 53 000 ha et 35 000 ha de surface de production. Mais nous sommes proches de l’Europe, c’est pourquoi l’UNPT nous sollicitait depuis quelque temps pour accueillir le congrès national. » Les producteurs alsaciens ont une autre particularité : celle d’écouler leur production sur le marché régional, grâce au soutien de l’interprofession et à l’adhésion des consommateurs. En cela, ils peuvent se prévaloir d’une certaine exemplarité. Quels sont les grands thèmes qui seront abordés lors de ce congrès ? Roland Schweitz : Nous présenterons l’interprofession des fruits et légumes d’Alsace, et la dynamique qu’elle a réussi à mettre en place pour les pommes de terre et l’ensemble des fruits et légumes produits dans la région. Cette dynamique s’appuie sur des consommateurs qui sont très intéressés par le produit, qui ont de nouveau le réflexe d’acheter local, et sur des producteurs capables de fournir une pomme de terre déjà tracée, très propre, disponible rapidement et nécessitant peu de transport. Encore faut-il que les distributeurs jouent le jeu. En dehors de l’exemple alsacien, quels sujets sont à l’ordre du jour ? RS : Il sera aussi question de la façon de produire et des problèmes qui nous attendent dans un proche avenir. Cela fait des années qu’on met en œuvre des choses concrètes pour baisser le recours aux intrants chimiques, mais nous sommes rattrapés par de nouvelles interdictions. Pour la protection des cultures, nous avons par exemple baissé de 30 à 40 % les doses de produits homologués. Pour le défanage, nous utilisons de plus en plus des méthodes mécaniques à la place des produits chimiques. Mais pour le désherbage des cultures, la protection fongique ou contre les insectes, où toute une panoplie de produits sera bientôt interdite, nous ne savons pas comment faire si aucun produit de substitution n’est proposé. C’est le cas pour les doryphores, qui sont un fléau très difficile à combattre. L’Alsace et le Grand Est en général sont confrontés à des invasions de ces insectes qui peuvent anéantir les cultures en 24 heures. C’est la même chose pour la conservation : certains anti-germinatifs ne seront bientôt plus autorisés, ce qui va nous amener vers des solutions beaucoup plus onéreuses et contraignantes. L’Europe est au menu de ce congrès ? RS : Oui, nous aurons une table ronde intitulée « L’Europe, une chance pour la pomme de terre de France » avec différents intervenants : Anne Sander, députée européenne, Pascale Gaillot, vice-présidente de la Région Grand Est en charge de l’agriculture, Frédéric Lambert, chef du service Europe au ministère de l’Agriculture, Dominique Dejonckheere, du Copa, Pascal Foy, un producteur du Grand Est, membre du bureau de l’UNPT et moi-même. N’oublions pas que la France est le premier pays européen exportateur de pommes de terre, notamment vers les pays du Sud, tels que l’Espagne et l’Italie. Lors de cette table ronde, nous évoquerons également le soutien accordé par la Région aux producteurs, en particulier dans le domaine de l’irrigation. Quels enjeux attendent la filière alsacienne des pommes de terre ? RS : Comme tous les producteurs français, nous sommes concernés par la réduction du nombre des produits de protection autorisés, par la nécessité d’irriguer pour optimiser les rendements et la qualité des pommes de terre. Nous avons aussi nos propres problématiques : il est dommage qu’un acteur de la filière pommes de terre - le Comptoir agricole - ait cessé son activité, ce qui affaiblit la filière. Malgré tout, une certaine surface sera maintenue dans la région. Comment s’est passée la dernière campagne de commercialisation ? RS : Nous avons connu les mêmes problèmes au niveau régional, national et européen, c’est-à-dire de fortes inondations au printemps et une sécheresse prolongée en été qui a impacté les rendements globaux. Il manque en moyenne 10 t/ha dans les quatre grandes régions de production françaises. Résultat : dans les régions qui produisent pour l’industrie, il manque des volumes, ce qui impacte les marchés et les cours nationaux. Donc au niveau des prix, c’est une année qui se place dans la moyenne haute et qui compense l’année précédente, très difficile, que nous avions vécue.

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