événement

24e édition de la foire Simon et Jude

Réchauffés à la chaleur de l’étable

Publié le 31/10/2018

Malgré des conditions météorologiques hostiles, le public a répondu présent au rendez-vous annuel de l’élevage. La grande famille des éleveurs a, une nouvelle fois fait partager sa passion deux jours durant à l’occasion du concours des races Montbéliardes, Salers et Holsteins. Une manifestation qui est également l’occasion pour les représentants du monde agricole d’évoquer leurs préoccupations du moment.

« La foire est un événement mémorable qui depuis des siècles attire du monde à Habsheim », rappelle le maire de la ville Gilbert Fuchs. Il y a 24 ans, le concours bovins venait l’enrichir. « Il continue d’attirer. Aujourd’hui, on vient y chercher la chaleur de l’étable ! Cette manifestation, à l’image de la commune, allie un brin de dynamisme, d’innovation et de tradition. J’ai une pensée pour tout le monde agricole. Je pense notamment à tous les jeunes éleveurs qui ont envie de pérenniser les entreprises familiales. Il faut que les parlementaires présents les appuient ». Ces quelques mots lancent l’aspect plus politique des prises de paroles. Aux côtés des artisans bouchers « Ça fait 24 ans que l’on organise ce concours et qu’on y parle de nos difficultés, martèle Sébastien Stoessel, président de l’association des éleveurs de bovins du Haut-Rhin. On a jamais autant parlé de l’agriculture, mais d’une façon parfois idyllique sinon infondée. Ici, nous sommes avec ceux qui font : le lait, la viande, les légumes, les céréales… Depuis deux ans, nous associons les bouchers à l’événement. Cette profession a été, comme les éleveurs, conspuée par de véritables « terroristes ». Pourtant, un morceau de viande, un verre de lait, cela vient directement de la terre, d’un travail réel. Je ne rougis pas d’être un éleveur sundgauvien, de faire du lait, de faire de la viande ! ». Des stocks contre la sécheresse Laurent Wendlinger, président de la chambre régionale d’Agriculture et conseiller régional du Grand Est, est l’un des fondateurs du concours bovins. Pour lui, la foire de Habsheim maintient un contact indispensable « entre la ville et la campagne, les ruraux et les citadins, les producteurs et les consommateurs ». Outre le débat idéologique, il revient sur le contexte de sécheresse : « Les stocks sont au plus bas. Si l’on pouvait défiscaliser le stock - faire du stock sans payer la MSA, les impôts, soit 40 % du coût - cela nous permettrait de passer les moments difficiles. Les stocks dans nos granges, c’est la meilleure des assurances ». Par ailleurs, il relativise le dérèglement climatique : « Sachez que dans les années 1600, on a vendangé au mois d’août. Je ne sais si une taxe sur le gasoil y aurait changé quelque chose. En 1720, la moisson a eu lieu au mois de juin. De tout temps, il y a eu des périodes plus chaudes et plus froides. Ce n’est pas une évolution climatique due à la pollution. Elle accélère peut-être le phénomène. Bien sûr, il faut respecter Dame Nature, elle est plus forte que nous tous, mais c’est par des mesures de bon sens que nous parviendrons à avancer ».

Publié le 26/10/2018

Apprentie depuis le mois de septembre au Gaec Biechlin à Muespach, Laura Schoepfer, participe pour la deuxième année consécutive au concours des jeunes présentateurs à Habsheim. Ces dernières semaines, elle s’est préparée avec deux génisses, dans la catégorie Montbéliarde.

Scolarisée à Vesoul où elle effectue un BTS « production animale », Laura Schoepfer, 18 ans, baigne dans le monde agricole depuis déjà quelques années. « Depuis que je suis toute petite, j’aime les animaux. En classe de seconde, je me suis orientée vers une formation agricole tournée vers l’élevage. Je suis actuellement en première année. À l’issue de mon BTS, j’envisage d’effectuer une licence en génétique. Mon objectif est de devenir inséminatrice », explique la jeune femme. Une expérience positive Quand elle ne se trouve pas à Vesoul, elle rejoint le Gaec Biechlin à Muespach où elle effectue les travaux du quotidien en tant qu’apprentie. Une belle expérience. « C’est le début de ma carrière professionnelle. Les études me permettent de me former. Le travail à la ferme complète cette formation pour mettre en pratique ces acquis. Sur un élevage, on apprend à gérer un cheptel », assure Laura Schoepfer. Curieuse de nature, elle s’est naturellement dirigée vers l’école des jeunes présentateurs animée, notamment, par le syndicat de la race Montbéliarde que préside Jean-Philippe Meyer. Les débuts ont été difficiles : « J’ai beaucoup appris l’année passée. Mais, ma première participation à Habsheim a été compliquée. J’étais stressée et ma génisse était en chaleur. Donc, ce n’était pas évident. Et quand on n’est pas calme, la génisse le ressent », ironise Laura Schoepfer. Elle n’était cependant pas déçue. Au contraire, cela a été une nouvelle expérience positive, une première participation importante. Cette année, elle revient à Habsheim et s’entraîne le plus souvent possible. Généralement, à l’heure du déjeuner quand c’est un peu plus calme à la ferme. « Je me sens davantage prête que l’année passée. Au départ, je m’entraînais avec quatre génisses. Là, il en reste encore deux. C’est Yannick Biechlin qui va m’aider à choisir la génisse que je vais présenter. Je suis ravie de retourner à Habsheim. C’est un concours important. Tous les éleveurs sont présents. La race Montbéliarde est bien représentée. Elle est valorisée. Et puis, c’est nécessaire que cette manifestation attire le grand public afin qu’il voie la réalité du monde agricole », conclut Laura Schoepfer.

Samuel Germain, éleveur vosgien de Salers

La « première fois » dans le Sundgau

Publié le 26/10/2018

Éleveur de salers à Hadol, dans les Vosges, Samuel Germain va participer pour la première fois au concours d’élevage de Habsheim. L’occasion pour se néo agriculteur double actif de rencontrer des spécialistes de la génétique et de comparer ses trois génisses qui vont faire le voyage avec lui.

À 36 ans, ça sera sa « première fois » dans le Sundgau. Dimanche prochain, Samuel Germain, éleveur de vaches salers à Hadol, dans le département des Vosges, va découvrir la saveur du concours de Habsheim. « Si on veut rencontrer des gens, cela reste la meilleure solution. Dans mon département, il n’y a pas vraiment d’événement équivalent », explique-t-il. La décision de venir dans le Haut-Rhin pour confronter ses trois génisses - Nuance, Nicotine, Nouba - à celles de ses homologues alsaciens est très récente. « J’ai rejoint le herd-book Salers cette année. Le technicien nous a alors demandés si un concours pouvait nous intéresser. » Sa compagne Amélie, amoureuse des animaux, est partante. Lui voit dans ce concours l’opportunité de se créer des contacts pour développer la génétique de son troupeau de 22 Salers. « Je mise un peu sur le sans cornes pour me développer. À Habsheim, je pourrai me faire connaître et comparer mes bêtes avec celles des autres », souligne-t-il. Des premières friches à la vente directe Cet attrait pour les vaches Salers est assez récent dans la vie de Samuel Germain. Cela fait seulement quatre ans qu’il a créé son activité agricole en parallèle de son emploi de maçon. Mais maçon principalement dans le domaine agricole. Du coup, il a toujours plus ou moins gardé un pied dans un univers qu’il côtoyait déjà enfant aux côtés de son grand-père. « J’aimais beaucoup l’époque de la fenaison », se souvient-il avec un brin de nostalgie. Lorsqu’il reprend les douze hectares de terrain qui appartenaient à son grand-père, il a du tout reprendre de zéro. Si le foncier était resté dans la famille, il n’était plus exploité depuis un certain temps déjà. Il défriche alors les parcelles qui en ont le plus besoin et investit dans quatre vaches Salers. « Pour des raisons de facilité, j’ai préféré partir sur une race allaitante. Il y a bien moins de contraintes qu’en élevage laitier. Et puis la Salers est une race rustique qui a une bonne tête je trouve. » Petit à petit, son cheptel augmente pour atteindre son niveau actuel. Il valorise ses bêtes par la vente directe en caissettes uniquement. « J’aime cette relation sans intermédiaire avec le consommateur. On voit qu’il est content. Du coup, c’est très encourageant. » Cette façon de faire lui assure aussi un excellent bouche-à-oreille. Il reçoit d’ailleurs tellement de demandes qu’il peine à satisfaire tout le monde. À l’avenir, il souhaite se diversifier encore plus dans la vente directe tout en diminuant son activité de maçonnerie. En attendant, il compte bien faire « du mieux qu’il peut » pour figurer dignement sur le ring de Habsheim. Pour y arriver, il a sa recette. « Les animaux, c’est comme les gens. Si on s’en occupe bien, ça va. » Et puis le ring, il connaît déjà un peu pour avoir participé à un concours de Vosgiennes lors de son stage. Place maintenant à l’euphorie de l’emblématique concours bovin sundgauvien.

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