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Association des Producteurs de Céréales et Oléagineux

40 ans : ça se fête !

Publié le 14/11/2018

L’APCO célébrera ses 40 ans lors de son assemblée générale le mardi 20 novembre. L’occasion de revenir sur la genèse de cette organisation, originale dans le paysage agricole français, qui trouve ses fondements dans le développement de la culture du maïs dans le département.

L’APCO en tant qu’association autonome naît officiellement le 6 février 1978. Mais cette naissance est le fruit d’une histoire qui prend ses racines dans la reconstruction d’après-guerre. Le maïs s’installe dans les terres alsaciennes dans les années 50 avec pour vocation l’ensilage. D’une culture fourragère, le maïs va devenir au fil des ans une culture prometteuse pour des exploitations spécialisées grâce à une conjonction favorable de facteurs. Dans les années 50, l’azote minéral permet de fertiliser les champs. Les agriculteurs plantent 1 à 2 ha de maïs qu’ils désherbent à la main pour affourager leurs bêtes… Le maïs a ses fléaux. Notamment les nombreux lapins de garenne qui en sont friands. Ces ravageurs seront décimés par une épidémie de myxomatose. Aux prémices de l’irrigation, on recycle les eaux usées de Mulhouse, le « Riodelmerdo », pour fertiliser les champs. Mais le maïs, plante d’origine tropicale, a besoin d’eau pour supporter les étés arides de la Hardt… Un premier système de canaux d’irrigation en béton est développé par le génie rural dans la Hardt du Sud où l’eau s’écoulait directement dans les champs. Le système montre rapidement ses limites et est complété avec des arroseurs placés tous les 18 m. Ces tuyaux très lourds devaient être déplacés toutes les 7 ou 8 heures, un travail éreintant et dangereux. La technique évolue : des puits sont creusés et équipés avec des stations de pompage. Puis en 1972 arrivent les premiers enrouleurs. Parallèlement, l’industrie cherche des bras. Des surfaces à cultiver sont rendues disponibles par le départ de nombreux agriculteurs vers l’industrie : ainsi la taille moyenne des exploitations augmente. En 1965, il faudra le secours de l’armée pour sauver une récolte, rendue impossible par des conditions pluvieuses. Les remembrements dans les communes, depuis 1965, jusque dans les années 90, permettent de réorganiser les exploitations et d’optimiser les surfaces pour les grandes cultures. La recherche a également permis de faire progresser les rendements de 10 quintaux tous les 10 ans. Dans les années 60, l’arrivée sur le marché de la variété LG 11, mise au point par l’Inra, est particulièrement bien adaptée aux régions froides. L’Inra fera encore avancer la filière avec la mise au point des trichogrammes en 1976 pour lutter contre la pyrale du maïs. Le maïs : une success story Ainsi tous les ingrédients sont réunis pour le développement de la production du maïs dans le département. Mais il ne suffit pas de produire. Il faut stocker et vendre. La filière se structure via ses organismes stockeurs coopératifs et privés. Le maïs est stocké uniquement en cribs jusque dans les années 60 puis les silos quadrillent le département et sont équipés de séchoirs. Les débouchés sur le Rhin complètent l’organisation d’amont en aval d’une filière efficace et compétitive sur les marchés. Et c’est ainsi que la production de maïs grain explose en deux décennies. Les céréales ont pris en quelques années une place prépondérante dans l’agriculture départementale. Et leurs producteurs, qui deviennent les principaux contributeurs des organisations professionnelles en cotisations, veulent se faire entendre. À partir de 1971, l’APCO constitue une section spécialisée dans le cadre de la FDSEA, mais elle revendique plus d’autonomie sur le plan politique vis-à-vis de la Fdsea pour porter ses messages au niveau national. En tant que financeur, les producteurs veulent aussi avoir leur mot à dire sur la technique. À cette époque, l’expérimentation est alors coordonnée par les services de la Chambre d'agriculture par le biais du SUAV. Et les organismes stockeurs développent parallèlement leur propre service. « L’APCO est née d’un consensus lors d’une réunion de crise un dimanche soir ». Le 2 février 1978, des statuts sont déposés au matin même de l’assemblée générale par 60 agriculteurs. Les dissidents obtiennent leur autonomie par un vote serré de 81 voix pour et 79 contre (lire ci-contre). Le Haut-Rhin voit son organisation professionnelle agricole se modifier avec cette nouvelle venue mais progressivement les choses s’organisent, les accords se trouvent et les conventions se signent. L’APCO trouve sa place dans ce nouveau paysage. Pendant 40 ans, l’APCO devra gérer avec les partenaires de gros dossiers : la mise en place de la PAC et des aides directes, la gestion des nitrates et l’eau, la chrysomèle… Autant de sujets passionnants sur lesquels les cinq présidents de l’APCO reviendront lors de la table ronde à laquelle tous les agriculteurs sont cordialement invités. 40 ans d’histoire à lire dans nos prochaines éditions.

Publié le 31/10/2018

Avec vingt animaux présentés, le syndicat Salers Alsace marque une présence plus forte cette année pour sa quatrième participation au concours.

À l’ouverture du ring, la tension est palpable chez les bêtes, comme chez les éleveurs. Le soulagement arrive rapidement pour Samuel Germain et sa compagne Amélie, éleveurs de salers à Hadol dans les Vosges. Leur génisse, Nicotine, « a tapé dans l’œil » du juge Paul Poncin « dès qu’elle est entrée ». « Elle a une belle rectitude - une vache qui a une bonne rectitude est une vache qui vieillit bien -, un beau bassin et de bons aplombs. Elle est très équilibrée dans son travers, avec une profondeur de poitrine. Une très bonne génisse pour l’avenir ». Pour Amélie, c’est le premier concours et le premier trophée. Tout cela va au-delà de ses attentes. « On trouve toujours que nos vaches sont belles, mais on ne sait pas comment elles peuvent être évaluées par rapport aux autres ». « Un caractère qui nous ressemble un peu » Paul Poncin est président du syndicat salers des Ardennes : « Je suis un éleveur de Salers passionné. Nous possédons actuellement 80 vaches ». « On cherche des animaux qui défilent avec une certaine harmonie », complète Pierre Laceppe, technicien du Herd-Book Salers et animateur du concours. « Comme c’est une race rustique, avec 99 % de vêlages faciles, sans que l’intervention humaine soit nécessaire, on attache donc beaucoup d’importance aux lignes de dos, aux aplombs et au bassin (carré et assez ouvert) ». La race représente 220 000 vaches en France. « Dans les Ardennes, on compte 5 000 bêtes. Elles sont présentes dans toute la France et sur les cinq continents, souligne le juge, cela prouve que c’est une race d’avenir. Une autre de ses qualités est la fertilité. Elle donne un veau par an ». Ces éloges rappellent à Pierre Laceppe le slogan de la race : « Dormez tranquille, élevez Salers ». Magalie Dierstein de Soultzbach-les-Bains présente plusieurs bêtes sur le ring : « Avec mon mari, nous élevons une vingtaine de bovins à côté d’une activité professionnelle. Nous avons choisi la Salers pour sa facilité de vêlage, sa beauté et son caractère qui nous ressemble un peu ! Nous valorisons l’ensemble de la bête en caissettes vendues directement aux consommateurs. Sa viande a un goût particulier, elle est persillée et de couleur bordeaux. Elle convient bien à notre clientèle qui recherche des viandes peu grasses ». Le coup de cœur du juge Le juge a un « coup de cœur ». « On est proche de la perfection : rectitude, bassin, travers. Une génisse d’exception que l’on reverra à l’avenir ». Il s’agit Octavie, génisse de l’EARL du Lerchenbourg à Wattwiller. Elle finit première de sa section puis grande championne. Tous les animaux présentés et leurs éleveurs sont méritants, conclut Paul Poncin qui a invité tous les éleveurs dans son département, à Sedan, pour le concours européen de race salers qui devrait avoir lieu en 2019 ou 2020.

Concours de race Montbéliarde

Petit département, grande passion

Publié le 31/10/2018

Les huit exploitations ont présenté 74 animaux concourant dans trois catégories. Pour le juge Yannick David, le Haut-Rhin est un petit département de la race Montbéliarde, mais avec « des éleveurs sympathiques qui montrent leur métier en ces temps difficiles ».

Dès la première section en compétition, les génisses en première lactation, le juge prend son temps, hésite, pour être sûr d’attribuer le titre à l’animal remplissant le mieux ses critères. Yannick David est éleveur laitier dans le Jura sur une exploitation de 85 ha. Son troupeau compte environ 80 animaux, dont une quarantaine de Montbéliardes. Il produit 250 000 litres de lait destinés à la production de Comté. Mais aujourd’hui, sur le ring, c’est avant tout un juge exigeant. Il regrette parfois des lots hétérogènes. Il se réjouit plus tard de membres solides, de la force dans l’avant-main (partie antérieure de l’animal) ou de la féminité et de la jeunesse de Louna, de l’Earl Haennig Joseph et fils de Gommersdorf concourant dans la catégorie « vaches espoir ». Il fait aussi applaudir Douceur du Gaec Blochmont à Lutter, pour sa mamelle au-dessus du jarret malgré sept lactations. Commentaires techniques et objectifs Technique dans ses commentaires, Yannick David rappelle que la profondeur de poitrine est très recherchée dans ce type de concours et que c’est donc un critère qu’il emploiera lors de ses jugements. Il recherche de belles lignes de dos, des animaux solides, gage de longévité, et un bon placement des membres arrière. « J’essaie de rester objectif pour maintenir le suspense jusqu’au bout, mais aussi pour traiter tous les éleveurs de manière égale. J’explique à chacun les qualités de l’animal et les points à améliorer ». Une vache se détache pourtant. Gracieuse du Gaec Babe à Courtavon est désignée meilleure mamelle adulte, meilleure vache adulte et meilleure fromagère. « En troisième lactation, elle a produit 12 188 kg de lait en 305 jours, à plus de 36 de taux azoté et 34,5 de taux protéiques. Elle allie à la fois morphologie et production ». Mention spéciale aux éleveurs Le juge décerne une « mention spéciale à tous les éleveurs qui sont là pour montrer le fruit de leur travail, leur métier, leur passion pour leurs animaux. Aujourd’hui, on sait que les temps sont difficiles pour le monde agricole, notre image est mise à mal. Les éleveurs ici travaillent bien, ils s’occupent de leurs animaux ». Le concours s’est achevé par le lot d’élevage, un prix prestigieux pour l’éleveur et donc très recherché. Il nécessite d’aligner trois animaux homogènes, de bonne qualité, fruit d’années de travail de sélection et d’efforts tout au long de l’année. Pour Yannick David, le meilleur lot présenté est celui du Gaec Babe de Courtavon.

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