Hall des régions
L’Alsace en force
Hall des régions
Publié le 11/03/2017
Bières, vins, charcuteries, légumes, fromages, épicerie… le patrimoine culinaire alsacien était bien représenté au Salon international de l’agriculture, avec une quinzaine d’exposants. Ils ont cependant éprouvé le sentiment d’être noyé dans la masse d’un stand Grand Est manquant de charisme pour attirer le public.
Il y a un an, la Brasserie Meteor s’est lancé un défi : élaborer trois bières éphémères par an. La Hop Star en fait partie. Intensément houblonnée au houblon d’Alsace, elle colle parfaitement à la tendance des bières IPA. Et, au Salon international de l’agriculture, la créativité des brasseurs a été récompensée d’une médaille d’argent. Le succès de cette bière est telle que la question de faire perdurer ce brassin, censé être éphémère au départ, pour l’inscrire à l’avenir dans la gamme de la brasserie, se pose, reconnaît Frédéric Pflumio, de la Brasserie Meteor. Pour autant, pas question de relâcher la dynamique. Le 15 février, la brasserie familiale de Hochfelden a donc lancé son nouveau brassin éphémère, une Porter Baltique, baptisée Ink (encre en anglais). Après le houblon, c’est le malt qui est mis en avant dans cette bière brassée en basse fermentation avec quatre malts différents, plus ou moins torréfiés (chocolat, crystal, brun et blond). Au final, 450 hectolitres d’une bière très noire, avec des notes de café, de caramel, de l’harmonie et de la rondeur. Déjà, le brassin spécial suivant se profile. Attendu pour le 15 mai, « il collera bien à la saison printanière », dévoile Frédéric Pflumio. Il sera suivi d’un brassin estival, qui devrait rafraîchir le mois d’août ! Trois médailles d’or en guise d’essai À quelques encablures du stand Meteor, le domaine Jean-Baptiste Adam d’Ammerschwihr était présent pour la sixième année consécutive. « Ça se passe plutôt bien, même si on ne voit pas vraiment qu’on est ici sur le stand Alsace », regrette Hubert Schmitt en jetant un regard circulaire aux alentours. Il préfère se réjouir pour les quatre médailles d’or que le domaine a décroché au Concours général agricole des vins d’Alsace : trois pour des rieslings et une pour un sylvaner du millésime 2016 (lire aussi en page 25). Une belle moisson pour une première participation ! Et une consécration pour le travail de ces vignerons, convertis à l’agriculture biologique depuis 2006. Un Grand Est peu évocateur Du côté du domaine Alphonse Meyer et fils à Turckheim, des habitués du salon avec 21 ans de présence à leur actif, Sylvie Meyer juge cette édition « plutôt longue à démarrer » : « Sur les trois premiers jours il y a eu du monde mais pas autant que les autres années », constate-t-elle. Une contre-performance qu’elle attribue à la perte de l’identité alsacienne du stand : « On a beau mettre des logos, des cigognes, les gens ne savent plus où ils sont. Il n’y a plus la maison alsacienne qui permettait de bien identifier la région. Elle a été remplacée par une bannière Grand Est, mais les gens ne cherchent pas le Grand Est, ça ne leur parle pas. » Heureusement après plus de 20 ans de présence, le domaine Alphonse Meyer et fils peut compter sur sa clientèle fidèle. Et profiter de l’ambiance du salon qui, elle, reste la même : « Ce n’est pas qu’un salon destiné aux Parisiens, on y trouve un côté provincial et, comme on part en groupe, il y a une ambiance sympathique. » Une symbolique essentielle Pascal Claude, de la choucrouterie Claude à Chavannes sur l’Étang, partage le constat de Sylvie Meyer : « Samedi et dimanche on a bien travaillé, mais le début de semaine est plus calme. Les gens reviendront peut-être jeudi, après la fermeture du Sima », déclarait-il le mardi 28 février. Pour faire découvrir ses produits, comme sa tourte aux navets salés, peu connus du grand public, Pascal Claude ne lésine pas sur les dégustations. Il regrette également la disparition des colombages comme marqueurs de l’identité alsacienne : « On est noyé dans la masse. Sur les stands d’autres nouvelles grandes régions l’identité des régions historiques a su être préservée. » Pour sa quatrième participation au SIA, la Fromagerie de la vallée de Munster était venue avec dans ses valises les traditionnels munsters, tommes, bargkass, Cœur de massif, et une nouveauté lancée en décembre, le montagnard. « C’est un fromage bien fondant, élaboré par nos deux fromagères avec le lait collecté auprès de dix producteurs de la vallée de Munster, qui peut aussi bien se déguster cru qu’en raclette », explique Dany Wehrey, gérant de la laiterie.












