événement

Sia. Défilé des animaux du Grand Est

Un échantillon d’agrobiodiversité

Publié le 05/03/2017

De l’imposant gabarit des ardennais aux petits shetlands, des très typées laitières prim’holstein au caractère mixte des simmental et des vosgiennes, en passant par les texel et les île de France, la diversité des animaux élevés dans les fermes du Grand Est a été mise en avant dans un défilé hétéroclite.

On est loin des standards du mannequinat humain. Dans ce défilé agricole, tous les gabarits sont permis : gros, gras, petit, trapu, puissant, élégant… La région Grand Est ne jouit pas d’une réputation de terre d’élevage aussi affirmée que celle de la Bretagne ou de la Normandie, néanmoins, « elle produit de vraies réussites et bénéficie d’un potentiel énorme en matière d’élevage que le Conseil régional a vocation à développer », indique Philippe Richert, président du Conseil régional. Régulièrement, des animaux issus de la région Grand Est arrivent sur les plus hautes marches des concours de race organisés au Sia et ailleurs. Des performances qui font la fierté de Jean-Luc Pelletier, président de la Chambre régionale d’agriculture du Grand Est, et lui-même éleveur. Deux berceaux de race Les premières représentantes du savoir-faire des éleveurs du Grand Est étaient deux prim’holstein, une meusienne et une mosellane, suivies de deux simmental, une meusienne et une haut-marnaise. Ce qui a permis au public de bien différencier les caractéristiques des races laitières et mixtes. La région Grand Est abrite deux berceaux de race : celui de la race bovine vosgienne, et celui de la race de cheval de trait ardennais, toutes deux étant des races à petits effectifs. Les vosgiennes étaient représentées par deux vaches alsaciennes, et les ardennais par deux juments, une alsacienne et une ardennaise. Ces deux imposantes juments étaient suivies de trois représentants de la race de poney shetland, un des plus petits équidés du monde, puis de deux races ovines bouchères un spécimen texel, originaire des Ardennes, et un spécimen île de France, originaire de la Marne. Découvrez ou revivez ce défilé en images !  

Pour répondre à la demande mondiale de protéines

Tereos lance le « Sauté végétal »

Publié le 05/03/2017

Mardi 28 février à Marckolsheim (Bas-Rhin), Alexis Duval, président du directoire de Tereos, a inauguré en présence de Christophe Sirugue, secrétaire d’État chargé de l’Industrie, une unité pilote pour la production d’aliments à base de protéines végétales. Ce pilote permet à Tereos de lancer la commercialisation de son « Sauté végétal » dans la restauration collective.

Présenté sous le nom de « GenVie » durant sa phase de conception, le projet d’élaborer des aliments à base de protéines végétales a démarré en 2013 dans le laboratoire R & D de l’usine Tereos de Marckolsheim. Ce projet a été récompensé lors du Concours mondial de l’innovation en avril 2015. Le développement en laboratoire s’est poursuivi tout au long de l’année dernière pour aboutir à la construction du pilote R & D permettant de fabriquer ce « Sauté végétal » à une cadence de 24 000 portions de 100 g par jour. « Notre objectif est de produire 8 millions de portions par an », indique Alexis Duval, président du directoire de Tereos. « Jusqu’ici, ce sauté végétal était vendu à la restauration hors domicile pour le tester. Dans les prochaines semaines, nous allons le commercialiser à des volumes plus importants, précise Michel Flambeau, directeur du centre R & D de Marckolsheim. Son développement futur dépendra de l’accueil du produit par les cuisiniers et les consommateurs. » Sa commercialisation dans les cantines scolaires, les restaurants d’entreprise, les hôpitaux et les maisons de retraite, en France et en Allemagne, permettra de valider son développement à l’échelle industrielle. Des bouchées faciles à accommoder Confectionné sous forme d’émincés, « le Sauté végétal » se distingue par sa composition 100 % végétale à base de protéines de blé et de farine de pois chiche, issues de matières premières agricoles françaises. « Le blé est produit dans l’est de la France et en Allemagne, le pois chiche dans le Languedoc Roussillon. » Après trois ans de développement et le dépôt de plusieurs brevets industriels, les chercheurs de Tereos ont réussi à mettre au point un produit sain, savoureux et facile à cuisiner. Qu’est-ce qui est différent ? Son goût, sa texture et sa conservation. « C’est un produit assez neutre en termes de goût, ce qui permet aux cuisiniers de l’accommoder facilement à tous types de recettes, explique Michel Flambeau, directeur du centre R & D de Marckolsheim. Grâce aux propriétés spécifiques des protéines de blé et à notre procédé unique, nous avons obtenu une texture relativement ferme, au-delà de la moyenne des produits sur le marché. Le produit subit une opération de stérilisation qui lui donne une durée d’utilisation très longue, de l’ordre de quatre mois. Par ailleurs, les sachets sous vide sont faciles à transporter et ne nécessitent pas une chaîne du froid. » Une fabrication en six étapes Six étapes sont nécessaires pour l’élaboration de ce « Sauté végétal ». Le pétrissage consiste à mélanger les protéines de blé et la farine de pois chiche pour obtenir une pâte homogène. « À ce stade, il est possible d’ajouter des épices pour adapter la formule aux différents goûts », explique Alexis Duval. Ce mélange pâteux est ensuite extrudé à travers une filière, comme pour les pâtes alimentaires classiques, pour former de longs écheveaux qui sont ensuite découpés en bouchées. « Le procédé est extrêmement flexible : il est possible de couper des morceaux de différentes tailles, voire des pièces plus grandes à découper dans l’assiette. Nous avons choisi de commercialiser des petites bouchées à griller à la poêle ou à ajouter à une sauce. » Les bouchées sont ensuite saisies à l’huile de tournesol pour stabiliser le réseau de protéines et leur conférer une texture agréable. « Le produit final contient 8 % de matières grasses. » Une deuxième cuisson lente dans un bain d’eau chaude permet de rendre les bouchées moelleuses et juteuses. Vient ensuite la phase d’emballage dans des sachets sous vide de 500 g ou 2 kg, avant l’étiquetage et l’expédition. Même s’il se positionne comme un produit prémium, le « Sauté végétal » reste intéressant en termes de prix par rapport à une viande, explique Alexis Duval. Des chefs cuisiniers de la région ont été associés au développement du produit. « Notre cible, ce sont clairement les flexitariens », ces consommateurs qui mangent de la viande mais privilégient les menus végétariens ou végétaliens. Insistant sur la nécessité d’organiser la production de protéines végétales pour répondre aux enjeux nutritionnels de demain et créer des filières végétales à haute valeur ajoutée, Alexis Duval a salué le soutien que l’État a apporté à ce projet, à travers Bpifrance (Banque publique d’investissement) et le Commissariat général à l’investissement. Les protéines végétales constituent l’une des « Sept ambitions technologiques et industrielles pour la France à l’horizon 2030 », a rappelé le secrétaire d’État, Christophe Sirugue. Tereos a choisi de répondre à l’appel d’offres lancé par l’État avec le projet GenVie, faisant le choix stratégique d’aller jusqu’à un produit livrable aux cuisiniers de la restauration hors domicile. C’est un projet d’innovation de rupture à portée internationale, a-t-il ajouté.

Concours général agricole des eaux-de-vie et des bières

De l’exceptionnel et des défauts

Publié le 03/03/2017

Lundi 27 février avait lieu le Concours général agricole des eaux-de-vie. L’Alsace était bien représentée dans cette catégorie de produits, qui comportait au total 231 échantillons jugés par160 jurés répartis en 33 tables.

Sur ces 33 tables, 6 étaient concernées par les productions alsaciennes. « L’Alsace partage avec quelques autres régions la particularité de présélectionner les produits qui vont la représenter au Concours général agricole », rappelle Sylvain Bresson, commissaire adjoint au Concours général agricole (CGA) depuis deux ans. Les échantillons présentés sur les tables, entre cinq et neuf par catégories, doivent donc représenter le fleuron de la production régionale, et sont censés séduire le jury. Celui-ci est idéalement composé de deux consommateurs avertis, parfois formés à la dégustation par les soins des organisateurs du concours, de deux représentants de la filière (technicien, commercial) et d’un producteur, à condition, bien évidemment, qu’il n’ait pas à juger ses propres produits. Chacun est équipé d’une fiche de notation, comportant les caractéristiques essentielles du produit (couleur, limpidité, impression olfactive, première impression gustative et impression gustative de longueur), à noter d’insuffisant à excellent. La notation comprend une note d’impression générale et un commentaire. « La dégustation passe aussi par une phase de partage des impressions collectives. Chaque table désigne un modérateur qui doit veiller à ce que chaque membre du jury exprime ses impressions. Puis les jurés font la synthèse de ces notes et de leurs impressions respectives pour attribuer des médailles, ou pas », détaille Sylvain Bresson. En effet, il est loin d’être obligatoire d’attribuer des médailles. Au contraire, selon la taille de leur échantillon, les jurés sont limités dans le nombre de médailles qu’ils peuvent décerner. Des quetsches exceptionnelles Après une bonne heure de dégustations et de discussions, les jurés rendent leur copie. À l’une des tables dédiées aux eaux-de-vie de quetsche et de mirabelle, Manou Massenez, PDG de la distillerie Massenez, débriefe : « En quetsche nous avons dégusté quatre échantillons, et nous avons eu des choses vraiment exceptionnelles, d’un très bon niveau, bien balancées, avec de la finesse. Nous avons attribué une médaille d’or et une médaille d’argent. Parmi les quatre échantillons d’eaux-de-vie de mirabelle que nous avons dégustés nous avons par contre eu des choses beaucoup plus passe-partout, moyennes, et même un défaut. Du coup nous n’avons accordé qu’une médaille. » Des framboises décevantes Dans la catégorie des eaux-de-vie de framboise, le jury a dégusté neuf échantillons : « Rien d’extraordinaire, voire des distillations mal maîtrisées. Il n’y avait que trois produits satisfaisants sur les neuf. Aussi nous n’avons attribué qu’une médaille, d’or, à un produit qui sortait vraiment du lot, une eau-de-vie fruitée et ronde, avec la typicité de la framboise et un bel équilibre. Le reste ne méritait pas de médaille », juge Patrick Revet, journaliste au Chasseur français, et qui officie au CGA depuis une vingtaine d’années. Il précise : « Ces eaux-de-vie ne viennent pas forcément de l’est de la France. » Et donc elles peuvent ne pas être passées par une phase de présélection… Trois médailles pour les whiskies Hepp d’Uberach À la table des whiskies alsaciens, « nous avons beaucoup parlementé », rapporte Christian Pinatel, amateur de whiskies et d’huile d’olive (il est directeur technique du Centre technique de l’olivier et oléologue). « Sur six échantillons, trois étaient vraiment très bons. Nous avons donc attribué deux médailles d’or, et nous aimerions encore en attribuer une, on verra ce que nous disent les organisateurs… » La divulgation du palmarès révèle que ces trois whiskies ont été distillés par la distillerie artisanale Hepp à Uberach. Le jury consacré aux marcs d’Alsace gewurztraminer AOC s’est attaché à juger neuf échantillons, « globalement très bons, avec deux ou trois éléments un peu moins aromatiques, mais pas de défaut », analyse Pierre-Nicolas Mersiol, distillateur en Alsace. Si bien que trois médailles ont été attribuées dans cette catégorie, une en or, et deux en argent. Au même moment, quelques rangées de table plus loin, avait lieu la dégustation des bières, par catégorie : brune, blonde, blanche, fermentation haute, basse, aromatisées… Au total, 393 échantillons répartis en 53 tables pour 280 jurés. La brasserie artisanale Matten, la brasserie Meteor, la brasserie Blessing et la brasserie de Saint-Louis ont récolté quelques médailles (lire le palmarès).

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