Cristal Union continue de moderniser le site d’Erstein pour maintenir l’usine au top de ses capacités. Dernier chantier en date, la diffusion vient d’être équipée d’un nouveau bandage. Un investissement de 1,25 million d’euros.
Une effervescence inhabituelle règne ce mardi matin à la sucrerie d’Erstein. Le grand jour est enfin arrivé : un nouveau bandage, livré par Syral Industries est mis en place dans la diffusion. L’ancien bandage, usé par le temps, a été retiré préalablement par oxydécoupage, une opération qui a nécessité une quinzaine de jours.
Contrairement à ce que son nom pourrait laisser croire, le bandage n’est pas un simple pansement… mais une énorme pièce métallique de 60 tonnes, forgée et laminée en France. Une grue de 700 t, soigneusement arrimée au sol, la soulève avec précaution, sous l’œil attentif de René Schotter, président de la section Erstein du groupe Cristal Union, Stéphane Clément, directeur de l’établissement d’Erstein, Guillaume Bovis, responsable d’exploitation, et Jacky Weibel, responsable de la maintenance, ces deux techniciens étant chargés de piloter l’opération.
Une précision millimétrique
Après l’avoir hissé à une trentaine de mètres du sol, la grue redescend lentement le bandage par le toit, centimètre par centimètre, avant de le positionner au milieu de la diffusion, un grand tube métallique de 400 t. « La diffusion est une tour horizontale de 40 mètres de long et de 6 m de diamètre qui repose sur deux bandages », explique Guillaume Bovis. À l’intérieur, se trouvent des paniers d’égouttage qui font passer les cossettes de betteraves à sucre à contre-courant dans de l’eau chaude, pour faire migrer le sucre. « Les paniers d’égouttage ont la forme d’une vis d’Archimède qui fait avancer les cossettes. L’eau chaude injectée à contre-courant les imbibe et se charge en sucre. » C’est ce qu’on appelle l’extraction par diffusion.
Quelques jours auparavant, l’ancien bandage a été enlevé et le tube a été soulevé par un système d’étais, afin de pratiquer une ouverture en V, permettant à la nouvelle pièce de se glisser plus facilement sur ses galets. « Nous avons effectué des forages pour vérifier la nature du sol sous les étais, mais aussi sous les patins de la grue. »
Dans les jours qui viennent, les chaudronniers procéderont à des réglages mécaniques pour ajuster la pièce. Puis deux robots de soudure seront placés de chaque côté, pour pratiquer une soudure en rotation. « Après une série de contrôles mécaniques, nous remonterons l’ensemble des repères qui ont été démontés à l’intérieur, et un nouveau contrôle sera effectué », explique Loïc Vilchez, PDG de Sitral Industries. Un chantier qui devrait se prolonger jusqu’au 31 juillet. Trois mois de fabrication ont été nécessaires pour réaliser la nouvelle virole, poursuit-il. « Le bandage en acier a été forgé dans une usine de Maubeuge puis nous avons façonné la pièce dans nos ateliers à Faulquemont, en Moselle. Nous sommes également chargés du transport, du levage et du montage. »
Forgé et laminé en France
« C’est le premier bandage forgé et laminé en France dans une sucrerie », ajoute, non sans fierté, René Schotter. Un investissement de 1,25 million d’euros. « C’est le bandage de tête que nous avons mis en place aujourd’hui. Le deuxième sera changé dans deux ans », indique Stéphane Clément.
Chaque année, en moyenne, la sucrerie d’Erstein réalise 3,70 M€ d’investissements. « Cette année, nous allons installer une table à rouleaux au niveau du lavage des betteraves, pour un montant de 700 000 €. Un processus de lavage à plat qui remplacera l’ancien laveur à tambour. » Une nouvelle ligne de bûchettes sera également installée d’ici la fin de l’année, pour un montant presque équivalent. « Les dirigeants de Cristal Union ont une vraie volonté de maintenir l’usine d’Erstein au top de ses capacités, comme le prouvent les investissements successifs, poursuit le directeur d’établissement. Ils veulent également capitaliser sur la marque Erstein, qui a été dotée d’un nouveau packaging. »
Les atouts de la sucrerie alsacienne sont nombreux : un bassin de consommation important, des industries agroalimentaires fortement consommatrices de sucre et, avec la fin des quotas, la perspective d’exporter vers les pays tiers, en particulier la Suisse, insiste René Schotter. Pour en savoir plus, rendez-vous ce vendredi à Oberhausbergen pour l’assemblée générale de la section Erstein de Cristal Union.