GDS Alsace
L’action sanitaire ensemble
GDS Alsace
Publié le 26/02/2017
Dans cette période économique compliquée, il est essentiel de travailler ensemble et de viser une activité sanitaire exemplaire. C’est le message du groupement de défense sanitaire qui œuvre désormais collectivement au sein de la région Grand Est.
Les éleveurs se sont retrouvés mardi 21 février lors de l’assemblée générale du Groupement de défense sanitaire (GDS) Alsace sous la présidence de Patrick Bastian. Sans langue de bois, ce dernier a tout d’abord dressé le bilan de l’année écoulée. « Elle va nous marquer pendant longtemps. Il faut espérer que 2017 sera plus positive. Je pense au prix du lait qui a commencé à remonter et qui doit le faire encore davantage. Je pense à la viande. Depuis tant d’années, nous connaissons des prix bas. Et il y a peu d’espoir pour que cela s’améliore. Je pense aux céréales. Du jamais vu avec des semis compliqués, des récoltes difficiles, des rendements mauvais et une météo capricieuse. Dans ces conditions, il n’est malheureusement pas étonnant qu’autant d’exploitants agricoles fassent appel à la Chambre d'agriculture d’Alsace pour tenter de trouver une solution à leur situation économique », explique Patrick Bastian. Il fait le constat que, dans le même temps, la politique agricole gouvernementale est illisible et incompréhensible. Elle manque d’ambition. Et, à ces difficultés, s’ajoutent les actions médiatiques de lobbys anti-agricoles. « Ces films chocs font très mal aux éleveurs et à la profession agricole en général. Que l’on ne veuille pas manger de viande par choix personnel est respectable. Mais que l’on cherche à imposer cela à la société est inacceptable. Il y a des limites que ne connaissent pas certains médias qui cherchent à faire de l’audimat. Mais ces images font mal aux éleveurs qui cherchent à travailler le mieux possible et à vivre de leurs produits », s’agace Patrick Bastian. Le président du GDS Alsace n’a cependant pas éludé les difficultés internes à la profession. À commencer par le dépôt de bilan de Copvial. « Cela a posé des problèmes, il ne faut pas le cacher. Ce qui s’est passé a été un choc pour tout le monde. Je pense en premier en lieu aux employés et aux agriculteurs utilisateurs. Une solution acceptable a été trouvée pour l’abattoir et pour les éleveurs », ajoute Patrick Bastian. L’association sanitaire régionale Grand Est Patrick Bastian s’interroge également sur les épisodes répétés de grippe aviaire. Néanmoins, il trouve des raisons d’espérer pour l’avenir. De plus en plus de jeunes s’installent ou ont des projets pertinents. En tout, plus de 1 000 dossiers sur tout le Grand Est. Et l’action sanitaire poursuit son évolution dans une action commune sur toute la région. « Nous avions déjà un programme sanitaire en Alsace. Nous appliquons ce qui marche à l’ensemble de la nouvelle grande région. Depuis quelques semaines, l’Association sanitaire régionale (ASR) Grand Est regroupe le GDS Grand Est avec les trois Fredon d’Alsace, de Lorraine et de Champagne-Ardennes. C’est la structure régionale de la gouvernance sanitaire. L’ASR est chargée d’élaborer, de soumettre à l’approbation de l’autorité administrative, un Schéma régional des dangers sanitaires (SRMDS) et d’en coordonner sa mise en œuvre. Par ailleurs, elle est chargée d’élaborer les programmes volontaires collectifs de prévention, de surveillance et de lutte contre certains dangers sanitaires comme la BVD », précise Patrick Bastian. Précisément, le plan de lutte contre la BDV est particulièrement efficace. Tous les départements de la région Grand Est s’impliquent pour cette éradication qui prendra encore quelques années. La lutte contre l’IBR affiche le même pragmatisme. « On arrive au terme et il convient de trouver des solutions acceptables pour les cas qui restent. Quoi qu’il en soit, il faut séparer les cas positifs de ceux qui ne le sont pas. Et, surtout, s’en donner les moyens, partout. » La tuberculose pose davantage de difficultés. La maladie progresse, notamment dans les Ardennes. « Il faut donc mettre un budget conséquent pour la maîtriser le mieux possible et être solidaire entre les départements. » Enfin, pour la FCO, il faut s’interroger sur la pertinence de vacciner ou pas les animaux, sachant que l’été va arriver et, avec lui, les transports et les déplacements d’animaux. Jusqu’à présent, il n’y a pas eu de cas dans le Haut-Rhin. Qui finance quoi ? L’assemblée générale a par ailleurs été l'occasion de se pencher sur les conséquences de la loi NOTRe avec la suppression de clauses de compétences générales pour les Départements. « À l’heure actuelle, nous ne savons toujours pas qui finance quoi. Cela pose un problème pour le financement des GDS. Pour ces derniers, ces financements servent à lutter contre les maladies. C’est donc de l’investissement. Mais qu’en est-il du financement des personnels ? Qu’est-il prévu ? Il est désormais temps de savoir. Les Départements affichent leur volonté de continuer à financer la lutte contre le risque sanitaire s’ils obtiennent des moyens supplémentaires de l’État. Nous espérons que les réunions prévues au mois de mars permettront de débloquer la situation et d’en savoir davantage », conclut Patrick Bastian. Un tour des activités du GDS Alsace a permis de constater une baisse du nombre d'élevages bovins actifs dans la région. Le 30 septembre 2016, il y en avait encore 2 193, contre 3 000 en 2006. En revanche, l’effectif moyen poursuit sa hausse : 172 337 bovins en 2016, contre 167 249 en 2014 et 163 936 en 2006. Par ailleurs, 805 exploitations avaient un cheptel qui dépassait les 80 bêtes et 785 en avaient entre 1 et 20, 339 entre 41 et 80 et 262 entre 21 et 40. La race holstein était la plus représentée (76 993) devant la charolaise (31 249), et la montbéliarde (19 145). Concernant la charte des bonnes pratiques d’élevage, les taux d’adhésion en Alsace sont en forte hausse. Les principales marges de progrès observées dans les cheptels concernent la présence du document unique de prévention des risques, la bonne tenue du carnet sanitaire et la présence d’un bilan sanitaire, d’un protocole de soin ou la conservation des ordonnances. En fin de réunion, Isabelle Tourette, vétérinaire conseil à GDS France, et Thiébaut Fritsch, vétérinaire praticien, sont intervenus sur le thème du bon usage des antibiotiques et des enjeux sur la santé publique. C’est ensuite le président de la Chambre d'agriculture d’Alsace, Laurent Wendlinger, qui a clôturé la journée. « Le risque sanitaire est l’épée de Damoclès qui plane sur nos têtes et qui s’ajoute aux difficultés actuelles. Après une année 2016 très difficile, nous cherchons tous à rebondir. La Chambre d'agriculture d’Alsace est là pour accompagner les exploitants agricoles en difficulté. La cellule Réagir est malheureusement victime de son succès. Il faut cependant profiter de ce moment pour préparer demain. Cela passe par la recherche de l’innovation et de la compétitivité. Il faut tendre vers un projet agricole Grand Est ambitieux et volontariste. Il faut créer de la valeur ajoutée, rechercher la compétitivité et l’innovation sur l’ensemble de la chaîne. Il faut continuer à travailler pour renouveler les générations et consolider nos systèmes de production. L’élevage alsacien est divers et complémentaire avec sa filière viande, laitière, sa production de montagne et de plaine. Il faut des projets dynamiques, croire en l’avenir, et continuer à œuvrer pour dynamiser ces filières agricoles tout en s’adaptant aux enjeux sociétaux. Nous avons des outils pour y parvenir et nous le ferons en communiquant davantage, notamment avec l’arrivée d’une attachée en communication. Il est important d’être présents sur les canaux de communication et de répondre à nos détracteurs. Pour le GDS, nous devons continuer à œuvrer tous ensemble au niveau du Grand Est pour la recherche de l’excellence sanitaire. »












