Interprofession viande bovine
Interbev Grand Est sur les rails
Interprofession viande bovine
Publié le 07/07/2017
L’interprofession bovine épouse à son tour le cadre géographique de la Région. Avec des objectifs de reconquête du marché local de la viande, en utilisant le bras armé de la communication et en recherchant les moyens d’une meilleure organisation.
Les comités régionaux de l’interprofession bétail et viande d’Alsace, Champagne-Ardenne et Lorraine ont fusionné le 28 avril pour se fondre dans une entité unique Interbev Grand Est, dont le siège est à Laxou (54). L’assemblée générale extraordinaire a permis d’installer un bureau de huit membres (lire encadré), soit deux représentants de chacun des quatre collèges : production, mise en marché, abattage, distribution. Le mosellan Xavier Lerond, représentant de Coop de France, a été élu président. L’équipe administrative, dirigée par Franck Bellaca, est composée de cinq personnes, trois basées à Laxou, une en Alsace et une en Champagne-Ardenne. 40 000 tonnes de consommation à conquérir L’assemblée ordinaire a débuté par la présentation des principaux chiffres de la filière bovine en 2016. 380 000 têtes ont été produites dans le Grand Est, soit un peu plus de 137 000 tonnes équivalent carcasses (Tec), c’est-à-dire 9 % de la production nationale. Seulement 88 000 Tec ont été abattues sur les 15 sites que compte la région, soit 6 % du tonnage français. La consommation, dans le même temps, s’élevait à un peu plus de 128 000 Tec, soit un différentiel de 40 000 Tec du marché intérieur « à conquérir ». Une problématique largement décortiquée lors des récentes assises agroalimentaires coorganisées par la Région Grand Est. La présidente de la commission agriculture, Pascale Gaillot, réclame « plus d’ambition pour l’élevage à 20 ans », notamment pour pouvoir répondre à l’engouement suscité par l’approvisionnement en produits de proximité. À l’adresse de l’interprofession, elle appelle de ses vœux « une cartographie de ce qu’il est possible de produire dans les territoires, afin que les gestionnaires de marché sachent où s’approvisionner ». Xavier Lerond plaide pour un logo Grand Est qui viendrait en appui à une logistique capable de répondre à l’ensemble des lieux de restauration collective, tout d’abord collèges et lycées. Un public qu’il pratique avec son équipe et auquel il a « envie de donner envie de confectionner un plat à base de viande produite près de chez nous », de manière à reconquérir le marché de 5,5 millions de consommateurs « pour lequel nous sommes loin de faire le plein ». Une marque puissante Grand Est ? La communication, c’est d’ailleurs une bonne partie du travail de l’interprofession, à travers la promotion des marques Viande du Terroir Lorrain et les éleveurs de Champagne-Ardenne. Affichage, animations dans des magasins, présence sur des événements drainant une large fréquentation, leçon d’élevage et d’équilibre en direction des enfants, participation à des salons constituent le lot quotidien de l’association. Un accent particulier a été mis sur les rencontres « Made in viande » qui ont permis de réaliser 38 portes ouvertes au mois de mai dernier. Pascale Gaillot ne dit pas non à « une marque puissante sur le Grand Est ». Mais cela « doit commencer par des portes ouvertes dans les fermes, tout le monde doit être responsabilisé pour promouvoir son élevage ». Le Conseil régional a pris un peu de retard sur la finalisation du contrat de filière. L’élue promet un aboutissement début octobre. D’ici là, les arbitrages seront serrés pour prioriser les soutiens. Pascale Gaillot énumère les priorités : mise aux normes de la production d’œufs, modernisation des exploitations ; sanitaire, big data, transition énergétique, méthanisation, innovation… Des sollicitations qui dépasseraient le milliard d’euros.












