Viande bovine
Le marasme perdure en 2016
Viande bovine
Publié le 08/01/2017
La production de viande bovine reste engoncée dans son marasme. En Alsace, la liquidation de la Copvial plombe un peu plus le moral.
Le bref rappel de quelques cours de gros bovins est malheureusement suffisant pour décrire la situation que vivent les producteurs de viande bovine. Sur les dix premiers mois de l’année, les vaches O3 se déprécient de 7,3 % sur la période correspondante de 2015 en passant de 3,30 €/kg à 3,06 € ; le JB R3 recule de 3,2 % à 3,63 contre 3,75 €/kg €; le bœuf R3 baisse de 7,2 % de 3,89 à 3,61 €/kg et la génisse R3 chute de 4,9 % de 4,09 à 3,89 €/kg. La FNB (fédération nationale bovine) estime que le prix payé au producteur a perdu 60 cents du kilo depuis 2014 soit un moins de 300 € pour un animal d’un poids de 400 kg. Selon elle, pas loin d’un tiers des 80 000 exploitations françaises spécialisées en viande bovine risque de mettre la clé sous la porte avant la fin de l’année. Une offre abondante de viande issue de la filière laitière, elle aussi en crise, un repli de près de 1 % de la consommation en même temps qu’un plébiscite croissant pour la viande hachée qui pèse désormais 42 % du marché et valorise moins bien les animaux, n’arrangent en rien leurs affaires. Selon le Centre d’économie rurale (CER), le revenu de 15 % des éleveurs français est négatif et 40 % disposent de moins de 15 000 €. En système naisseur, le revenu moyen par UTH n’excède pas 9 000 €. L’ambition « cœur de gamme » Comment retourner cette tendance ? La profession propose dans l’immédiat des mesures comme la régulation des sorties, un approvisionnement des cantines publiques par de la viande uniquement d’origine française, une révision de la politique d’exportation… À plus long terme, elle mise sur un partenariat gagnant-gagnant avec la distribution pour retrouver de la valeur. Elle voit le moyen de cette ambition dans son initiative « cœur de gamme ». Cette démarche définie par une charte vise à différencier la viande des races allaitantes des autres produits en rayons. L’éleveur qui s’engage à fournir une enseigne en respectant entre autres les bonnes pratiques d’élevage, un poids de carcasse, une conformation et un état d’engraissement, est rémunéré par 1 € de plus au kilo. Ce bonus lui permet de couvrir les coûts de production. Seul hic : toutes les enseignes n’y prennent pas part… Les éleveurs alsaciens doivent de leur côté composer avec des soucis spécifiques. Dans les secteurs proches des cours d’eau, ils recherchent en catastrophe leurs animaux entourés par les eaux des inondations printanières. Leurs foins ne sont pas d’une qualité sensationnelle et la valeur alimentaire de leurs maïs est en général inférieure à 0,90 UF. Les disponibilités en pulpes de betteraves s’annoncent également moindres. Avant l’été, les éleveurs ont d’autres sueurs froides avec la mise en redressement judiciaire de Copvial SA. L’abattoir de Holtzheim est repris par le groupe Bigard. Leur débouché est préservé. Mais ils se retrouvent avec 3 M€ d’impayés à se partager avec leurs collègues producteurs de porcs. La plupart ont recours à des prêts à court terme pour tenir dans l'attente d'une solution aux impayés.












