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Fête de la transhumance à Muhlbach-sur-Munster

La tradition dans son terroir

Publié le 19/10/2017

La 8e fête de la transhumance a eu lieu samedi 14 octobre à Muhlbach-sur-Munster. Six troupeaux formés de quelque 200 vaches ont quitté les chaumes pour le centre du village, où la foule les attendait sous un soleil étincelant.

En cette fin de matinée, il règne une certaine effervescence dans les rues de la douce commune de Mittlach. De nombreux touristes, fixés au bord de la route principale, attendent avec leur appareil photo. « Pourquoi nous sommes-là ? Mais, c’est la transhumance monsieur. Nous venons là depuis quatre ans. À l’époque, nous étions au bon endroit, au bon moment, par hasard. Depuis, nous revenons. C’est magnifique », explique, enthousiaste Lucienne Brochand. Avec son mari, Pierre, elle est venue spécialement de Lyon. « Nous avons sympathisé avec des éleveurs. Et, depuis, ils nous informent du déroulement de la manifestation. Nous comptons déjeuner ici à Mittlach et ensuite descendre avec les vaches jusqu’à Muhlbach-sur-Munster. En plus, le temps est magnifique », ajoute le couple. Quelques minutes plus tard, on entend les cloches. Les vaches arrivent. Elles sont entourées et accompagnées des éleveurs et de leurs familles. Tout le monde est en habit traditionnel. « C’est la tradition », commente une dame qui est entourée de sa fille et de ses petits-enfants. Cette première partie de la transhumance se termine dans un pré à la sortie du village. Le temps pour les vaches de se reposer et pour les éleveurs de retourner à la salle des fêtes profiter d’un repas bien mérité. Des arrivées échelonnées En début d’après-midi, la descente des vaches vers Muhlbach-sur-Munster peut reprendre. Les fermes participantes sont celles du Treh, du Uff Rain, du Firstmiss, de l’Estive, des Trois Fours, la ferme Meyer, celle des Ânes du Pfeifferberg et celle des poneys du Raedlé. « Chaque année, deux fois par an, la transhumance de quelques troupeaux permet au public d’assister à la montée et surtout à la descente dans la vallée après un été sur la montagne. C’est aussi la plus grande fête du Massif Vosgien ! Pour nous, c’est une belle occasion pour faire découvrir les vaches de la race vosgienne. Selon l’usage, les fameuses clarines, lustrées pour ce grand jour, sont mises au cou des bêtes », se félicitent les éleveurs. L’arrivée se fait à un rythme échelonné, devant l’exploitation de Guy Lochert à Muhlbach-sur-Munster. Une foule très importante profite des conditions météorologiques excellentes. Toute la journée, de nombreuses animations sont proposées. Il y a là des échoppes d’artistes et d’artisans (travail du bois, sabotier, sellier, club artisanal, patchwork, confection de costumes folkloriques, objets en faïence), une exposition de matériel agricole, des animations pour les enfants, la vente de produits du terroir (fromages, charcuteries, pains, sirops, miel et confitures, jus de fruits) sans oublier l’espace de restauration où l’association des éleveurs de Vosgiennes du Haut-Rhin assure le service avec ses burgers vosgiens, ses glaces et ses produits du terroir. Juste à côté, les génisses se trouvent à l’étable. En attendant la vente aux enchères (lire ci-dessous) qui vont leur permettre d’avoir un nouveau propriétaire, elles reçoivent les visites des touristes dans une ambiance bien plus studieuse. C’est la fête de la Vosgienne !

Association des éleveurs de Vosgiennes du Haut-Rhin

Une vente aux enchères réussie

Publié le 18/10/2017

La vente de génisses vosgiennes organisée par l’association des éleveurs de Vosgiennes du Haut-Rhin, en marge de la fête de la transhumance, a connu un joli succès. 23 des 26 génisses ont été vendues lors de l’événement pour un montant total des enchères de 17 850 €.

Cette manifestation a été l’occasion de mettre à l’honneur la race Vosgienne et ses éleveurs devant un public curieux. Les enchères ont proposé à la vente 26 génisses. 23 génisses ont trouvé acquéreurs pendant la vente et deux sur les trois restantes ont finalement trouvé preneur après la vente. À noter que sept génisses étaient pleines dont cinq estampillées agriculture biologique. Le reste allait du petit veau à la génisse prête à inséminer. Le montant total des enchères s’est finalement élevé à 17 850 €. Parmi les acheteurs, une éleveuse a particulièrement surenchéri. Il s’agit de Marjorie Aizier. « J’ai acheté une génisse en mon nom et sept autres au nom d’un ami éleveur en Haute-Vienne et fan de la race Vosgienne. L’exploitation sur laquelle je travaille a, de son côté, proposé quatre bêtes à la vente », explique la jeune femme. Elle est en cours d’installation sur l’exploitation de Mathieu Étienne au Val d’Ajol dans les Vosges. Une exploitation dont le cheptel est à 80 % de race Vosgienne. La génisse achetée en son nom par Marjorie appartenait jusqu’à présent à Marc Spenlé, éleveur en Haute-Saône, récemment décédé.

Fête de la transhumance et vente de génisses vosgiennes, ce samedi 14 octobre à Muhlbach-sur-Munster

Guy Lochert : « C’est la fête de la vosgienne »

Publié le 11/10/2017

Ce samedi 14 octobre, Muhlbach-sur-Munster vivra la plus grande fête de la transhumance du massif vosgien. Il y a également la vente de génisses vosgiennes organisée par l’association des éleveurs de vosgiennes du Haut-Rhin. Un événement qui se déroule à partir de 16 h 30 à la ferme de Guy Lochert, rue du Chemin de fer.

Du 1er mai au 1er novembre, Guy Lochert occupe la majeure partie de son temps à gérer la ferme-auberge du Kahlenwasen, au Petit-Ballon, à 1 100 m d’altitude, sur le ban de la commune de Luttenbach près Munster. Un établissement que dirige sa famille depuis 40 ans. Guy Lochert, lui, l’a reprise en 1995. Ses douze chambres sont appréciées par les randonneurs qui y passent leur nuit d’étape ou un week-end entier. Ils profitent alors du cadre rustique, traditionnel et agréable, dégustent la saveur des plats régionaux, comme le repas marcaire, la fondue au bouillon, et les petits plats à base de viande de vosgienne et de fromages et charcuteries fermiers. « Tout est transformé ici », souligne Guy Lochert. Avec sa quarantaine de vaches vosgiennes, l’éleveur fait la transhumance deux fois par an. Pour monter au Kahlenwasen aux alentours du 15 mai et pour redescendre aux alentours du 15 octobre. « C’est le principe du marcaire. L’été dans les hautes chaumes pour produire du lait de qualité, de la viande et du fromage. Tout est écoulé ici. C’est le circuit le plus court que je connaisse. C’est aussi cela l’agriculture de montagne. Nous vivons avec la nature. Avec ce qu’elle nous donne et ce qu’on en fait », rappelle Guy Lochert. Parmi les difficultés, il y a cette sécheresse persistante qui engendre un manque d’eau pour la troisième année consécutive. « La source principale coule encore, mais il faut l’économiser. Le monde entier doit y penser pour le futur. Il va falloir mieux valoriser et recycler. Les gens n’en ont pas encore conscience. En montagne, ces valeurs sont une nécessité depuis longtemps », ajoute le professionnel. Au rythme de la nature Ce samedi 14 octobre, Guy Lochert ne fera pas lui-même la transhumance. Dans quelques jours seulement. Il tient cependant à cette tradition. « Pour les éleveurs, c’est une fête. Les hommes et les vaches sont heureux de monter en montagne comme ils sont heureux de redescendre. Nous vivons tout simplement au rythme de la nature. Personnellement, je transhume de façon traditionnelle. On met les cloches aux vaches. La plus vieille de mes cloches date de 1859. Chez nous, tout est sobre. La meilleure vache va recevoir la plus belle cloche. La plus sauvage va recevoir la plus sonore. Chaque vache a sa cloche selon sa façon d’être. La meneuse, celle qui va diriger la transhumance, aura le plus gros toupin. Il n’y a que le taureau qui n’aura pas de cloche. Il faut trois heures de marche à une allure assez soutenue pour rejoindre l’exploitation à Muhlbach-sur-Munster. Le jour de la transhumance, les vaches ont conscience de ce qui se passe. Elles sont fières, tout comme leurs éleveurs », se félicite Guy Lochert. De belles génisses Concernant la vente de génisses vosgiennes, l’initiative plaît à Guy Lochert. « La vente intéresse les éleveurs qui veulent changer de sang dans leurs étables. Les génisses proposées cette année ont de très bonnes souches. Ce sont de belles bêtes qui ont bien été suivies. Un comité de sélection est passé pour regarder les plus belles génisses et les meilleures origines. Du coup, ce sera une vente de génisses de très grande qualité. De vraies montagnardes, agiles, dociles, belles et rebelles. Des vosgiennes que nous, les montagnards, nous aimons », se félicite Guy Lochert. Lui-même aura deux de ses génisses à la vente. En revanche, il ne pense pas en acheter lui-même, sauf s’il a un coup de foudre. Concernant la manifestation, elle est très importante aux yeux de l’éleveur. « Elle permet de mieux faire connaître et de valoriser la vosgienne. Mais aussi de rassembler les éleveurs de montagne. Ces derniers peuvent se rencontrer, discuter, prendre des initiatives. L’idée est également de continuer à poursuivre la politique concernant la pérennisation de la race. Le fromage Cœur de massif est une bonne source de diversification. Personnellement, je compte en produire sur l’exploitation à partir de l’an prochain. Pour le reste, nous devons continuer de communiquer sur les qualités de la vosgienne. Sa viande, par exemple, est reconnue comme telle », conclut Guy Lochert.

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