bovins viande

Concours et championnat de la race montbéliarde

Elles n’ont rien à envier aux Franc-Comtoises

Publié le 02/11/2017

Avec le même nombre de concurrents et de vaches que l’an dernier, les éleveurs de montbéliardes ont donné une image positive de leur profession.

Pour les éleveurs de montbéliardes, le concours se perpétue de génération en génération. C’est le cas pour Béatrice Stimpfing d’Aspach qui participe au concours comme son père avant elle. Pour autant, la compétition n’est pas sa priorité aujourd’hui. C’est un moment d’échange avec ses six bêtes (quatre vaches et deux génisses), ainsi qu’avec les autres éleveurs. « Dans cette bande de copains, presque une famille, l’aspect convivial est essentiel », confirme Jean-Philippe Meyer, éleveur à Lutter et président du syndicat des éleveurs de la race Montbéliarde. Pour cela, il souhaite que cette foire soit l’occasion de mettre les préoccupations de la profession de côté. « Pendant deux jours, nous voulons être positifs et faire passer ce message au public présent ». Un juge enthousiaste C’est tout aussi enthousiaste que Jean-Baptiste Cassard appréhende ce concours. Éleveurs dans le Doubs, il est associé dans une Gaec produisant 700 000 litres de lait par an. Il vient pour la première fois dans le Haut-Rhin pour juger des montbéliardes. « J’imagine qu’ici le système d’élevage est différent de chez nous, car nous sommes en AOC Comté, ce qui nous impose d’utiliser uniquement du fourrage en hiver en contrepartie d’une bonne valorisation de notre lait ». Il est accompagné du ring-man Jules Arnoux. Ils accueillent ensemble la première section de jeunes génisses. Jamais sorties en concours, elles sont très dissipées, mais déjà le juge attire l’attention du public sur la qualité des bêtes présentées. Le deuxième lot est composé des vaches en première lactation, qui se font un peu prier pour entrer sur le ring. Là encore, Jean-Baptiste Cassard considère qu'« elles doivent combler leurs éleveurs en salle de traite ». La deuxième section de vache en première lactation est plus hétérogène. Pour autant, le juge se dit bluffé par l’une d’entre elles : « dès qu’elle est entrée sur le ring. Elle marche avec beaucoup de fluidité et sa mamelle est exemplaire ». Les titres s’enchaînent et la fougue du juge ne faiblit pas. Il hésite souvent entre plusieurs bêtes, elles s’impatientent et c’est tout un challenge pour l’éleveur de les faire revenir à la place décidée par le ring-man. Le concours se poursuit jusqu’à la désignation du meilleur lot d’élevage. Le juge reconnaît qu’il ne s’attendait pas à un tel niveau : « Je ne pensais pas voir de si belles mamelles dans l’ensemble. Les éleveurs n’ont rien à nous envier au niveau de la qualité de leurs animaux. C’est un petit concours dont j’ai apprécié la chaleur de la présentation et du travail accompli en préparation ».

Publié le 02/11/2017

Pour leur troisième participation au concours, les éleveurs de Salers du Haut-Rhin ont présenté un peu moins d’animaux que l’an dernier. Le dynamisme de leur association et la passion des participants ont cependant été soulignés.

« Même si le groupe présent aujourd’hui est plus petit, la race Salers continue à se développer dans la région », constate Nicolas Fady, président du syndicat Salers d’Alsace et éleveur à Reiningue. « L’automne est une période chargée pour nous entre les semis et les vêlages. On ne peut pas en vouloir aux éleveurs », dit-il avant d’entrer sur le ring. Ce dimanche matin, les éleveurs de salers participent pour la troisième fois à la foire de Habsheim. Le concours est animé par Pierre Laceppe, technicien du Herd-Book Salers : « Je m’occupe de la race depuis quatre ans en Alsace. C’est une race rustique, de grand format, originaire du Cantal, remarquable par sa robe acajou. La race Salers représente 220 000 vaches en France. Sa caractéristique principale est la facilité des vêlages dont 99 % se font sans aide ». Sur le ring, il est accompagné de Gaëtan Fererol, 30 ans, éleveur laitier à Saint-Cernin dans le Cantal. Aujourd’hui, il est juge et rappelle les critères sur lesquels il fonde son appréciation « la facilité de vêlage étant une des particularités importante de la Salers, la priorité est donc un bassin carré. J’observe aussi le développement de l’animal, sa ligne de dos, importante pour la longévité de l’animal et ses aplombs. Nous attendons aussi des cornes en forme de lyre, jaune et blanche, dépourvues de noir et un poil frisé. Le mufle comme le front doivent être larges ». Denis Pfauwadel de l’Earl du Lerchenbourg à Wattwiller présente quatre bêtes « nous sommes présents pour faire la promotion de la race. À côté de cela, il est toujours amusant de se mettre en compétition. C’est un moment de rencontre et d’échange, cela nous permet de voir autre chose et d’aller vers le consommateur pour leur expliquer ce qu’on fait ». Ses explications, il les donnera aux spectateurs au gré des rencontres, tout comme lors de son passage sur le ring « nous pratiquons la salers depuis 25 ans. La vente se fait de manière directe à la ferme et le reste dans un rayon de dix kilomètres, grâce à l’abattoir de Cernay. Cela répond à la demande de la clientèle en termes de qualité et de connaissance de la provenance des animaux ». Le juge Gaëtan Fererol salue les participants « ambassadeurs de la race qui ont tout intérêt à être connus ». À l’issue du concours, il salue une « belle présentation, très agréable. Sachant que chez nous, dans le Cantal, les éleveurs s’organisent depuis 50 ans, je peux dire que les éleveurs présents ici ont toutes les clés en mains pour faire largement aussi bien. Par sa nature et son alimentation, la Salers est une race qui répond aux attentes des consommateurs, je suis donc heureux de voir que des éleveurs choisissent cette race et se démènent pour qu’elle se développe ».

23e édition de la foire Simon et Jude

Des éleveurs et des transformateurs engagés

Publié le 02/11/2017

L’inauguration de la foire Simon et Jude a été présidée pour la première fois par Brigitte Klinkert, présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin. L’événement est l’occasion pour les représentants du monde agricole d’évoquer les sujets qui les préoccupent.

La cérémonie est ouverte par Gilbert Fuchs, maire de Habsheim, ville hôte de la foire : « C’est un plaisir de vous accueillir ici. En tant qu’agriculteurs, vous exercez un métier très difficile, pas seulement au niveau économique, mais aussi au niveau sanitaire. Pourtant, on a besoin de nos agriculteurs pour nourrir notre planète. Faisons leur confiance. En tout cas, à Habsheim, nous leur faisons confiance ». Sébastien Stoessel, président de l’association des éleveurs de bovins du Haut-Rhin empoigne le micro : « Je ne voulais pas revenir sur les conditions de notre métier, mais j’aimerais tout de même dire que le beurre flambe, alors que le prix du lait a perdu 10 euros ce mois ». Difficulté morale Il tente d’éclaircir le tableau : « Nous avons eu une année bénéfique en termes de météo, ce qui nous a permis d’avoir de bons rendements en blé et en maïs et ainsi d’assurer du stock. Cela vient compenser les prix qui ne sont toujours pas là. Mais ce qui nous marque, au-delà de la difficulté financière, c’est la difficulté morale. J’en ai assez de ces dictateurs des médias qui nous disent comment travailler. Nous savons que nous avons des progrès à faire, nous le faisons au quotidien ». Il cite les efforts qui sont faits dans le département : « Sous ce chapiteau, nous avons des éleveurs engagés, des sponsors et des bouchers, des artisans présents pour la première fois avec la marque « Goûtez l’Alsace - S’esch güat » et des producteurs de lait avec les yaourts « A Güeter ! ». On ne rougit pas de ce qu’on produit, de ce qu’on fait ». « Ras-le-bol de ces mesures de sécurité inadéquates ! » Sébastien Stoessel déplore cependant l’intensification des contraintes sécuritaires inhérentes à l’organisation d’un événement tel que la fête de l’élevage : « Le risque zéro n’existe pas. Nous sommes ici avec des animaux. Nous avons vécu deux accidents l’an passé, il y a encore eu un pépin aujourd’hui (N.D.L.R. : une spectatrice a été bousculée par une vache lors du concours de race Montbéliarde. Elle a été prise en charge par les pompiers). Mais à force de réglementer les manifestations, on écœure les bénévoles qui luttent pour mettre ses manifestations en œuvre. Ras-le-bol de ces mesures de sécurité inadéquates ! Si on veut encore des manifestations en France, il ne faut pas que le coût soit exorbitant pour les organisateurs et que ça les épuise. Tous les ans, nous sommes présents pour montrer que ce que nous faisons, nous le faisons avec amour ». Après une dernière intervention invitant à s’adapter à la nouvelle organisation territoriale française « pour que l’Alsace veuille encore dire quelque chose », Sébastien Stoessel a cédé la parole à Thomas Prinz, président d’Eurogénétique pour la présentation de la manifestation Cœur d’élevage, le grand rendez-vous des professionnels prévu du 21 au 23 juin 2018 au Parc des expositions de Colmar. Thomas prinz aimerait qu’y soient représentés « tous les éleveurs du Grand Est ainsi que ceux du bassin rhénan ». « On souhaite que ce soit un temps fort pour le Grand Est. C’est un défi pour nous et on ira au bout », lance-t-il. Pour une « exception agriculturelle » Laurent Wendlinger, président de la Chambre régionale d’Agriculture Alsace, a rappelé qu'« après 23 ans, cette manifestation n’a pas pris une ride et elle s’est même adaptée aux enjeux du XXIe siècle : le lien entre le monde rural et le monde urbain, le lien entre les producteurs et les transformateurs. Or aujourd’hui, la problématique du beurre est révélatrice. Quand on voit qu’en Allemagne il n’y a pas de pénurie de beurre, que la grande distribution joue le jeu lorsqu’il y a des augmentations de prix, je pense qu’en France on a un véritable problème. Il faut qu’on milite. En France, nous avons l’exception culturelle. Il faut que nous ayons l’exception agriculturelle ». Évoquant la manifestation Cœur d’Élevage, Laurent Wendlinger a, au nom conseil régional, assuré les organisateurs du soutien de la région. Selon lui, l’événement n’aura pas seulement des retombées pour l’agriculture, mais aussi pour le tourisme et toute l’économie, comme cela a été le cas avec la Confrontation Européenne Holstein Colmar 2016 et ses plus de 25 000 visiteurs. Brigitte Klinkert, présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin s’adresse tout d’abord à Sébastien Stoessel : « Nous devrions nous comprendre car nous sommes tous les deux des pragmatiques, tout comme mes collègues conseillers départementaux. Bravo pour les valeurs que vous portez : les valeurs de la terre et de l’Alsace. Nous apprécions votre dynamisme, vous avez la passion chevillée au corps. Félicitations ». Elle se dit surprise de voir autant de personnes réunies pour cette fête. S’adressant aux éleveurs plus particulièrement, elle rappelle « nous avons conscience de votre rôle stratégique pour la qualité de l’alimentation et la gestion du territoire. Nous serons à vos côtés dans le cadre du Gerplan (N.D.L.R. : plan de gestion de l’espace rural et périurbain), de l’abattoir départemental et dans ce beau projet pour 2018 au parc-expo de Colmar. Votre sens des responsabilités mérite d’être reconnu par une plus juste rémunération du travail qu’est le vôtre, difficile et précieux ».

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