Chambre d'agriculture

Chambre régionale d’agriculture Grand Est

Transfert de personnel et débouchés régionaux

Publié le 04/03/2017

La session de la Chambre régionale d’agriculture Grand Est, mercredi 22 février à Schiltigheim, était chargée d’émotion : le décès brutal de Xavier Beulin, président de la FNSEA, est présent dans toutes les mémoires. « Nous éprouvions de l’admiration pour Xavier Beulin, explique le nouveau président de la FRSEA Grand Est, Hervé Lapie. Il a porté l’agriculture à son plus haut niveau. »

« Les circonstances nous privent d’un homme exceptionnel, souligne Gérard Renouard, président de d’Agriculteurs français et développement international (Afdi). Xavier Beulin avait une profonde connaissance de tous les dossiers et de tous les satellites de la FNSEA, une immense compétence sur les dossiers nationaux, européens et internationaux. Il était capable d’emmagasiner une multitude d’informations, avait de très nombreux contacts. Ceux qui ont lu son livre ont mieux découvert l’homme qui a souvent fait l’objet de critiques à cause de ses responsabilités à la tête de la filière oléagineuse, des critiques dont il a souffert. Il a lutté contre de nombreux problèmes de santé sans jamais en faire part à personne, tant il avait le souci de faire fonctionner la FNSEA. Cette bagarre personnelle qu’il a menée contre la maladie force l’admiration. » Le conseil d’administration de la FNSEA a confié la présidence à Christiane Lambert jusqu’à l’élection du nouveau bureau, le 13 avril. Elle est secondée par Jérôme Despey, Daniel Prieur et Henri Brichart. « Le scénario du pire » Pour le président de la Chambre régionale d’agriculture Grand Est (Crage), Jean-Luc Pelletier, la publication des Comptes de l’agriculture nationale par l’Insee confirme la gravité de la crise de l’agriculture française en 2016, avec une baisse de 26 % du revenu net agricole par actif non salarié. Une crise sans précédent pour les systèmes de polyculture élevage du Grand Est, avec à la clé une perte de chiffre d’affaires estimée à 760 millions d’euros (M€), soit une baisse de 23 % par rapport à 2015. Elle serait de 660 M€ pour les grandes cultures et de 100 M€ pour l’élevage. Cette crise fragilise de nombreuses exploitations : plus de la moitié d’entre elles ont une trésorerie négative, et ces difficultés sont encore avivées par les retards de paiement des aides du premier et du second pilier, souligne Jean-Luc Pelletier. 15 % des exploitations doivent faire face à des difficultés structurelles qui remettent en cause leur pérennité. « 3 à 5 % sont aujourd’hui contraintes au dépôt de bilan et à la liquidation et 10 à 12 % devront changer leur système pour poursuivre leur activité. » Les dix départements du Grand Est ont déployé le dispositif Réagir pour accompagner au mieux les exploitations les plus fragilisées, rappelle Jean-Luc Pelletier. Les dossiers internationaux, en particulier le Brexit, les négociations commerciales avec les États-Unis et le Canada, accentuent le malaise des agriculteurs. « Le Brexit devrait avoir un impact sur la Pac et les fonds structurels de cohésion. » Il pose aussi la question du financement du budget de l’Union européenne, sans oublier la perte des débouchés pour les exportations françaises. « La ratification du Ceta par le Parlement européen, le 15 février dernier est un autre sujet de préoccupation. Les 38 parlements nationaux et régionaux doivent maintenant s’exprimer. Une occasion pour les élus de faire part des inquiétudes que soulève ce traité dans le secteur agricole, notamment pour la filière bovine. » Assurer le transfert des personnels vers la Chambre régionale C’est le décret du 13 mai relatif au réseau des Chambres d’agriculture qui définit l’organisation et les missions de la Crage. Et notamment le transfert des personnels des Chambres départementales aux Chambres régionales. « Ces dispositions doivent entrer en vigueur dans un délai d’un an après la parution du décret, soit le 16 mai 2017. Ce qui entraîne le transfert du contrat de travail de plus de 60 collaborateurs vers la Chambre régionale. » Les fonctions support sont les premières concernées : ressources humaines, systèmes d’information, administration et finances seront désormais pilotés au niveau régional. Le président de la Crage a attiré l’attention du préfet sur le contexte particulier du Grand Est, résultat de la fusion de trois régions historiques. Il a fallu prendre en compte le cas particulier de l’Alsace : la transformation de la Chambre d’agriculture de région Alsace en Chambre interdépartementale a nécessité un délai supplémentaire. C’est pourquoi une motion demande le report de l’échéance de l’application du décret du 16 mai au 30 juin 2017. « Ce délai supplémentaire nous permettra d’assurer dans les meilleures conditions possible le transfert du personnel concerné par cette régionalisation. » Une motion approuvée à l’unanimité. Augmenter les parts de marché des produits régionaux L’une des priorités du Plan régional pour l’agriculture présenté en novembre dernier par Philippe Richert, président de la Région Grand Est, est d’accroître les parts de marché des productions régionales dans l’ensemble des circuits de distribution du territoire. La Crage a été missionnée pour renforcer et développer ces débouchés dans ce bassin de 5,5 millions de consommateurs. Elle a ainsi été chargée d’identifier les besoins de tous les acteurs de la chaîne de valeur régionale pour lever les éventuels blocages, structurer les débouchés régionaux pour les productions agricoles locales, développer l’économie circulaire, favoriser l’adaptation des produits régionaux aux différents marchés. Cette mission s’articule autour de deux axes : dresser un état des lieux des filières alimentaires du Grand Est, organiser six assises de filières et trois assises pour les circuits de commercialisation (GMS, RHD et vente directe) afin d’identifier les leviers potentiels et les actions à mettre en œuvre par la région pour atteindre les buts fixés. Deux assises ont déjà eu lieu : les assises des fruits et légumes du 2 février à Strasbourg, avec 120 participants, et les assises viande bovine du 9 février à Pont-à-Mousson. Les assises de la GMS auront lieu le 7 mars à Metz. Retards de paiement des aides Pac Les dysfonctionnements que connaît le logiciel de traitement des dossiers Pac mis en place par l’Agence de services et de paiement (ASP) en 2015 ont entraîné « une incapacité à instruire les demandes du deuxième pilier », indique Jean-Luc Pelletier. De ce fait, les aides MAE et bios ont pris un énorme retard : celles de 2015 et 2016 ne sont toujours pas payées… Pour les aides bios 2015, une avance de trésorerie a certes été versée. Pour celles de 2016, une avance de trésorerie est prévue en avril 2017. Mais dans tous les cas, ces avances ne couvrent que 30 à 70 % du montant éligible. « On ne sait toujours pas quand le solde sera payé ! » Et les exploitations sous contrat MAE n’ont même pas touché d’avance, ce qui entraîne des difficultés financières non négligeables pour toutes les exploitations concernées. Comme l’instruction des dossiers 2015 est en cours, il est impossible de connaître la masse financière nécessaire pour répondre aux demandes. « Notre crainte est que l’enveloppe bio soit consommée par les nombreuses conversions de 2015 et 2016. » Cette question se pose aussi pour les MAE : « Il est possible que certaines ne puissent être financées faute de crédits suffisants. » Pour Véronique Klein, vice-présidente de la Chambre d'agriculture d’Alsace, ces difficultés de paiement risquent de freiner, voire d’arrêter les conversions bios dans les années à venir dans le Grand Est. « Les Chambres doivent se positionner pour soutenir les agriculteurs qui s’engagent dans le bio et les former. La dynamique va retomber si on ne fait rien. » Hervé Lapie poursuit : « Nous sommes confrontés à des retards de paiement, mais aussi à des erreurs de déclarations Pac, du fait du retard dans le traitement des dossiers Pac 2015. » Il y a des problèmes dans tous les départements, avec parfois des montants importants. « Les agriculteurs sont en attente d’une solution. » Le préfet ne le nie pas, la mise en œuvre de la nouvelle Pac a entraîné d’importants retards dans la gestion des campagnes Pac 2015 et 2016. « La situation est en train d’être régularisée. » Si les avances de trésorerie ont permis le versement de la majorité des financements attendus au titre des aides Pac du premier pilier, la situation pour les aides du deuxième pilier est plus compliquée. « L’instruction des dossiers des campagnes 2015 et 2016 est en cours. Les paiements s’opéreront de manière échelonnée au fil des instructions pour mieux alimenter les trésoreries. Tout sera mis en œuvre pour permettre ce traitement dans les meilleurs délais possible. »

Conseil régional du Grand Est

Pascale Gaillot en visite en Alsace

Publié le 18/02/2017

La présidente de la commission Agriculture de la région Grand Est, Pascale Gaillot, était en Alsace les 7 et 8 février. Elle a visité le magasin Cœur Paysan à Colmar, la ferme du lycée agricole de Rouffach et l'abattoir départemental de Cernay.

La conseillère régionale est venue sur le terrain avec un programme dense. Au menu, la politique menée en faveur des circuits courts, les dossiers de financement des programmes d’investissement du lycée agricole de Rouffach, mais également l’évolution de l’abattoir de Cernay en lien avec les différents partenaires dont le Conseil départemental du Haut-Rhin, la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA) et la Coopérative agricole de céréales (CAC). « Nous voulons montrer à Pascale Gaillot le dynamisme des filières courtes obtenu grâce à une politique volontariste qui répond aux enjeux actuels de société. Je représente la région Grand Est au lycée agricole de Rouffach. Il est désormais temps, à mes yeux, d’investir. Notamment dans une salle pour les jeunes qui suivent une formation d’œnotourisme. Mais également pour celles et ceux qui y passent régulièrement dans le cadre de leurs études agricoles. Rien de mieux que de montrer à Pascale Gaillot la qualité, les forces et les atouts du lycée, mais aussi les points qu’il faut améliorer et donc où il faut investir », explique le président de la CAA, Laurent Wendlinger qui, après la visite de l’établissement, a conduit la délégation à travers les deux fermes, agricole et viticole, du lycée. Bilan assez satisfaisant L’étape suivante a été le magasin Cœur Paysan à Colmar, pour une visite du site avec comme guide l’un des artisans du projet, Denis Digel. « Il y a ici 35 producteurs et il reste encore trois places. Nous avons créé une SCI pour acheter le bien et mettre en valeur le magasin. Ici, les paysans déposent leurs produits, fixent leurs prix et le transfert de propriété se fait en caisse. Après deux mois de fonctionnement, le premier bilan est assez satisfaisant. La clientèle est là, tout comme les produits des agriculteurs. Il faut encore ajuster certaines choses. C’est le temps normal d’une mise en route. Chaque entreprise doit se mettre en place. Chaque professionnel assure ici des permanences. Il y a encore une belle marge de progression », se félicite Denis Digel. Le groupe a pu constater une belle affluence et des étals bien remplis de produits du terroir. Accueillir du tonnage supplémentaire Pour clore ce déplacement de terrain, Pascale Gaillot a visité l’abattoir de Cernay. « Il s’agit d’un outil mis en place par le Conseil départemental du Haut-Rhin. À l’époque, nous avions un peu d’avance par rapport aux attentes sociétales. Aujourd’hui, notre outil arrive à saturation. Mais, nous avons encore des marges de progrès, notamment au niveau financier. Nous y travaillons avec la CAA et le centre de comptabilité. Il faut encore fédérer davantage les forces du monde agricole alsacien pour pouvoir lancer cette phase d’investissement et répondre aux attentes. Cet outil a en tout cas toute sa place dans le paysage agricole régional. L’abattoir doit améliorer son approvisionnement et s’attaquer à de nouveaux marchés, comme la grande distribution. Il faut donc investir en conséquence pour être en mesure de pouvoir accueillir du tonnage supplémentaire », précise le président de l’abattoir et de la FDSEA du Haut-Rhin, Denis Nass. Un dossier soumis actuellement à la commission Agriculture de la région Grand Est. L’abattoir fait actuellement travailler seize salariés et dispose d'un agrément de 1 200 t avec une possibilité d’extension à 2 400 t. Son chiffre d’affaires dépasse le million d’euros. L’agriculture départementale haut-rhinoise a présenté ses atouts et ses projets. De quoi séduire les représentants de la grande région qui doivent maintenant prendre des décisions. C’est en effet à partir du 30 juin 2017 que la nouvelle politique de la Région pour l’agriculture, comme pour tous les autres secteurs d’activité, sera mise en pratique.

Chambre d'agriculture d’Alsace, FDSEA et Ja du Haut-Rhin

Journée à la ferme pour le Préfet du Haut-Rhin

Publié le 03/02/2017

Le Préfet du Haut-Rhin Laurent Touvet est venu à la rencontre des éleveurs, mercredi 1er février, en visitant deux exploitations du Sundgau. Il s’agit de sa troisième rencontre avec la profession depuis son arrivée dans le département en août 2016.

Après la viticulture et la filière céréalière, l’élevage et l’eau étaient au programme de Laurent Touvet. « Dans mes responsabilités, il y a beaucoup de papiers, de responsabilités administratives, d’échanges avec l’État et ses administrations. Concernant mes relations avec le monde agricole, je suis aidé et conseillé par les services de la direction départementale des territoires (DDT). Mais, rien ne remplace le contact direct, le dialogue avec les élus, les responsables professionnels, et les rencontres plus personnelles avec les acteurs du quotidien. C’est de cette manière que l’on mesure plus facilement les enjeux et les contraintes des uns et des autres. Je m’étais félicité de mes deux premières rencontres avec les viticulteurs et les céréaliers. Ici, dans le Sundgau, le monde de l’élevage, j’en suis convaincu, mène une action toute aussi pertinente », affirme en introduction, le Préfet du Haut-Rhin Laurent Touvet. Il a été accueilli à la ferme du Willerhof de la famille Richard à Fislis par de nombreux élus locaux et les représentants de la profession agricole au premier rang desquels le président de la Chambre d'agriculture d’Alsace Laurent Wendlinger, le président de la Fdsea du Haut-Rhin Denis Nass et le président des Jeunes agriculteurs du Haut-Rhin Christophe Bitsch. De la viande à partir du veau L’Earl Richard est spécialisée en viande bovine. « Il s’agit d’une exploitation familiale. Avant nous, il y a eu deux générations d’exploitants. Je me suis installé en 1998. J’étais dix années en Gaec avec mes parents et, depuis 2007, la ferme est en Earl. Nous produisons ici de la viande à partir de veaux de huit jours pour les amener en taurillons. Il y a 250 bêtes et un atelier d’engraissement jeune bovin. 80 hectares des surfaces de l’exploitation sont destinés à l’alimentation des bovins, du fourrage. Nous consacrons 40 à 45 hectares au maïs ensilé et 25 hectares pour les céréales à paille. Du blé et de l’orge qui sont broyés pour les animaux. L’herbe et les prairies permanentes sont localisées au bord des forêts et des cours d’eau », explique Olivier Richard, son gérant. Le Préfet l’interroge sur la conduite de l’exploitation, les conditions de travail, la réalité économique. Réponse immédiate : « Je dois faire à une baisse de 25 % de mes récoltes ces deux dernières années. Et, comme si cela ne suffisait pas, une coopérative bas-rhinoise où partaient mes animaux s’est retrouvée en liquidation judiciaire il y a quelques mois. Du coup, 24 bovins sur 200 ne m’ont pas été rémunérés », précise l’agriculteur. Des difficultés économiques qui s’ajoutent à une complexité administrative bien française comme le rappelle le président de la Fdsea du Haut-Rhin Denis Nass. « La politique agricole commune en est un exemple malheureux. Quotidiennement, le Ministère de l’agriculture nous donne des obligations supplémentaires à respecter. Alors que beaucoup d’agriculteurs n’ont même pas encore été payés pour leur Pac 2015. Il y a beaucoup d’effets d’annonces et des messages difficiles à décrypter. L’État bricole beaucoup sur le dos de la profession agricole. Les éleveurs souffrent terriblement, eux qui travaillent 365 jours par an. Mais que serait le Sundgau sans l’élevage ? Il est désormais vital de construire de vraies perspectives d’avenir pour les agriculteurs qui méritent une reconnaissance et surtout de pouvoir vivre décemment du fruit de leur travail. Oui, il faut redonner du poids aux agriculteurs pour qu’ils puissent à nouveau valoriser leurs productions. L’agriculture doit être la priorité des prochaines élections présidentielles et législatives », affirme Denis Nass. Le président des jeunes agriculteurs du Haut-Rhin Christophe Bitsch donne l’alerte : « sur les deux dernières années, on constate une baisse de 30 % des installations en élevage, soit une année qui manque en renouvellement tous les trois ans. Or, que deviendra le Sundgau s’il n’y a plus l’élevage ? ». La réalité du territoire Vient la visite de l’exploitation. L’un des bâtiments a bénéficié d’aides dans le cadre d’un premier « plan bâtiment » pour le stockage de fourrage en 2007. Un second a été terminé le 15 octobre dernier. Un ancien corps de ferme permet d’installer trois lots de 25 veaux. Le Préfet découvre une exploitation fonctionnelle où les animaux profitent d’installations modernes et bien entretenues. « Je suis un enfant de la ville et je découvre avec plaisir cette exploitation. Vous travaillez dans des conditions difficiles, mais vous y faites face par votre travail, votre énergie et votre passion. Je suis impressionné par la dimension de votre entreprise. Vous attendez désormais un retour financier et une reconnaissance de la société. C’est parfaitement légitime. Notre responsabilité est de faire comprendre à la société d’aujourd’hui plutôt citadine vos réalités professionnelles. Concernant l’État que je représente, je tente d’appliquer des lois nationales. Néanmoins, j’essaie de les faire appliquer localement en bonne intelligence, et en prenant en compte la réalité de ce territoire », précise Laurent Touvet. Denis Nass en profite également pour évoquer le fonctionnement de l’abattoir départemental à Cernay. « Nous cherchons à le structurer différemment. Il faut, par exemple, encore augmenter en volume la chambre froide. C’est actuellement ce qui nous limite. Nous comptons travailler davantage avec la coopérative agricole de céréales ici dans le Haut-Rhin. Un travail doit également être réalisé avec les structures qui existent dans le Bas-Rhin et en Lorraine pour avoir une pertinence d’action sur tout le Grand Est ». Le prix du lait Le Préfet du Haut-Rhin et les représentants de la profession agricole rejoignent ensuite l’exploitation de la famille Rein à Seppois-le-Haut (lire notre dossier Batiment dans l’édition du 27 janvier). Guillaume et Jérémie Rein présentent leur exploitation laitière. On y discute notamment du prix du lait. Les deux éleveurs vendent leur lait depuis cinq ans à une coopérative allemande. Les travaux dans les deux nouveaux bâtiments ne sont pas encore terminés. « Avec le prix du lait et la réalité économique, nous ne pouvons pas nous le permettre actuellement. Il y a d’autres priorités », expliquent les éleveurs. Ils relatent leurs relations avec les laiteries, les banques, les organismes administratifs. Le président du service élevage à la Chambre d'agriculture d’Alsace Sébastien Stoessel fait le même constat. « Pour le prix du lait, les laiteries en France sont souvent très réactives pour un prix à la baisse et beaucoup moins quand il s’agit de faire appliquer des hausses. On nous prend pour des c… ». Pour les frères Rein : « Il fallait investir pour faire cette sortie d’exploitation. Pour nous et pour la génération suivante. Mais, sans manque de visibilité, c’est effectivement très compliqué ». Que de chemin parcouru La dernière partie de la matinée se fait dans une salle de Seppois-le-Haut. Nathalie Brobeck-Allard, chef du service « eau » à la Chambre d'agriculture d’Alsace présente la méthode mise en place dans le Haut-Rhin ces dernières années concernant l’eau et les captages prioritaires. Il existe une quinzaine de captages Grenelle dans le Sundgau qui représentent une surface 3 500 hectares cultivés et plus de 250 exploitations agricoles. Un plan d’action de quatre axes a été mis en œuvre : la communication et la mobilisation des acteurs (élus, agriculteurs, etc...), la correction d’utilisation des engrais, les mesures préventives (l’herbe, les mesures agri environnementales) et les mesures plus fortes comme l’agriculture biologique, le foncier et la diversification. « Pour les mesures agro-environnementales (MAE), plus de 2 000 ha sont concernés dans le Sundgau et 8 000 ha en mesures agro-environnementales territorialisées (MAET) réduction des herbicides. Nous avons également mené des actions de formation, d’incitation à installer des bandes enherbées pour intercepter le ruissellement, favoriser la filière herbe avec le SMARL (syndicat mixte pour l’aménagement et la renaturation de la Largue), sans oublier le développement de nouvelles filières valorisant les productions agricoles. Les résultats sont sensibles avec une nette amélioration de la qualité de l’eau ». Le président du SMARL Dany Dietemann estime qu'« Aujourd’hui, si nous avons ces résultats en assainissement et en qualité de l’eau, c’est grâce au travail considérable mené avec les agriculteurs. Nous sommes arrivés à mettre en place un dispositif qui permet d’avoir une qualité de l’eau et d’avoir sorti une quarantaine de communes de la zone vulnérable. L’action agricole a été bénéfique et au service de l’eau. Et si on veut que cela se pérennise à l’avenir, il est indispensable que les communautés de communes locales prévoient des actions avec les agriculteurs et que ces derniers soient rétribués en tant que prestataires de services. Un service qui est énorme pour la santé des gens ». Que de chemin parcouru depuis le début des années 1990 comme l’a rappelé de son côté le président de la CAA Laurent Wendlinger. Un travail apprécié par le Préfet du Haut-Rhin. « J’ai effectivement apprécié cette journée. Je me suis senti en phase avec vous. Je suis convaincu que nous devons intensifier notre partenariat. Une bonne réglementation est celle qui est claire, compréhensible et facilement applicable à la fois à l’agriculture et à l’environnement. Vous avez déjà énormément travaillé. Continuons à œuvrer ensemble. Nous ferons d’autres journées sur d’autres thèmes avec vous ».

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