commercialisation

Publié le 12/12/2016

Le magasin Cœur Paysan a ouvert ses portes le 6 décembre à Colmar  en présence de 400 clients pré-inscrits sur internet. Une aventure qui regroupe 35 agriculteurs désireux de valoriser leur production en vente directe tout en créant un lien de « confiance » avec le consommateur.

À l’image d’un beau bébé, le magasin Cœur Paysan, qui a ouvert ses portes le mardi 6 décembre à Colmar, n’aura mis « que » neuf mois à se concrétiser. Une naissance qui a été accueillie par plus de 400 personnes - dont au moins 380 clients pré inscrits sur Internet - preuve d’une « attente très forte » estime le président de Cœur Paysan, et maraîcher à Sélestat, Denis Digel.   Au départ, il n’y avait qu’une feuille blanche, et la volonté farouche de créer un point de vente fermier dans le Centre Alsace. L’opportunité de racheter les locaux de l’ancien Lidl situé route de Neuf-Brisach s’est présentée. À partir de là, tout s’est enchaîné rapidement, non sans mal. « C’est un vrai challenge qui se concrétise. On a réussi à fédérer au même endroit une grande diversité de productions, et de nombreux agriculteurs qui, pour beaucoup, ne se connaissaient pas entre eux. » Au final, ils sont 35 (dont 30 actionnaires) à avoir dit « oui » à Cœur Paysan.   Le magasin dispose d'une surface de près de 400 m2 et propose un large éventail de produits alimentaires provenant, à 95 %, d’exploitations situées à moins de trente kilomètres de Colmar. À l’intérieur, un grand îlot « frais » avec les produits carnés et fromagers, trois caisses, et un achalandage disposé astucieusement.     Accordion Gallery   Outre la passion du métier, on trouve derrière chaque produit, une certaine expérience de la vente directe et de la relation au client. Dans le magasin, chacun est responsable de ses stocks et des prix. « Ici, pas de politique tarifaire imposée, chacun fait comme il veut. La seule obligation pour chaque producteur est d’assurer une permanence d’un à deux jours par mois sur le site », tient à préciser Denis Digel. Les locaux sont à disposition, aux producteurs d’en faire bon usage en quelque sorte.   Dans cette aventure, ils ne sont pas seuls. Six salariés à temps plein ont spécialement été embauchés pour la gestion quotidienne du magasin, dont un directeur issu de la GMS qui souhaitait s’investir dans un projet « plus humain ». Séverine Haberstzer fait partie de ce nouveau personnel. Forte d’expériences dans la vente dans l’alimentaire et sur des marchés, elle fait partie des « multitâches » de la boutique. « Je peux être au rayon boucherie, comme à la caisse. Peu importe en fait. Ici, il n’y a pas de classe ou d’étiquette. On échange tous ensemble, c’est vraiment plaisant. »                   « La fin de l'anonymat alimentaire » Du côté des clients, il y a ceux qui viennent pour « découvrir », ceux qui « attendaient de pied ferme » l’ouverture, et les habitués des circuits courts. C’est le cas de Colette, d’Oberhergheim, qui s’alimente déjà chez certains producteurs, dont certains sont membres de Cœur Paysan. « C’est encore plus pratique ici, car tout est au même endroit. Et puis on y trouve la fraîcheur, des contacts humains chaleureux et des produits de grande qualité gustative. Et puis cela permet aux agriculteurs de vivre de leur métier. Et rien que pour ça, je pense que les consommateurs ont un vrai rôle à jouer. »   Christian, retraité à Widensolen, voit dans ce nouveau magasin une « initiative intéressante » pour le consommateur. S’il reconnaît que ça serait certainement plus « logique » de faire des circuits courts pour écouler les produits agricoles, il ne pense pas non plus que le concept puisse être généralisé. « Par contre, c’est vraiment un bon créneau pour le monde agricole pour essayer de s’en sortir dans ce contexte difficile. »   Un avis que partage Denis Digel. « C’est vrai qu’il y a des places à prendre aujourd’hui. C’est maintenant qu’il faut y aller. Et puis, ce n’est pas de la concurrence au supermarché traditionnel. Ici, on vend autre chose : de l’ultra local, le fait de pouvoir toucher le producteur, et de connaître l’histoire derrière chaque produit. C’est la fin de l’anonymat alimentaire. »

Association régionale des industries alimentaires (Aria)

Faites escale en Alsace

Publié le 12/12/2016

Le dernier projet de l’Aria, les Escales alsaciennes, un parcours gourmand sur près de vingt sites, a été présenté le 8 novembre par la présidente Manou Massenez-Heitzmann, en présence des entreprises participantes.

Porté par l’industrie alimentaire et initié par Sébastien Muller, qui gère la Maison de la choucroute Le Pic et préside l’Association pour la valorisation de la choucroute d’Alsace (AVCA), le projet des Escales alsaciennes est « unique en France », a souligné Manou Massenez-Heitzmann, présidente de l’Association régionale des industries alimentaires (Aria). Une vingtaine d’entreprises du secteur alimentaire se sont fédérées autour de ce projet. Membres de l’Aria, elles ont adhéré au cahier des charges et ses trois principaux critères : organiser des visites sur au moins une partie du site de production, avoir un espace dégustation-vente, et s’engager dans la démarche alimentaire Savourez l’Alsace, la marque bannière de l’Aria. 18 escales sont proposées aux visiteurs pour découvrir ces savoir-faire alsaciens et le patrimoine industriel de ces entreprises, pour la plupart familiales. Une dizaine d’entreprises supplémentaires rejoindront les Escales en 2017, ainsi que des restaurateurs, le premier étant le Sofitel à Strasbourg, avec une carte terroir et une vitrine de produits, a annoncé Manou Massenez-Heitzmann, avant de rappeler que le secteur de l’alimentaire représente 60 000 emplois directs et indirects. Marie-Reine Fischer, vice-présidente de l’Agence d’attractivité de l’Alsace, a souligné « la synergie entre la marque Savourez l’Alsace et la marque régionale Alsace. Ces entreprises racontent et personnifient l’Alsace », à travers cet itinéraire touristique qui pourra être valorisé dans le monde par l’Agence d’attractivité. « C’est une offre de tourisme innovante », qui contribue à la promotion de l’Alsace. Ces Escales, qui proposent « une véritable image des produits alsaciens, répondent à une demande croissante du public pour mieux comprendre comment les produits sont fabriqués ». C’est aussi l’occasion pour les Alsaciens, et notamment les jeunes, de découvrir ces entreprises et leurs métiers, a ajouté Marie-Reine Fischer. Les dégustations, un réel atout pour les entreprises Sébastien Muller a précisé que l’entreprise familiale installée à Meistratzheim organise depuis quelques années des visites, en collaboration avec l’office de tourisme d’Obernai. Un circuit a été aménagé pour les visiteurs, qui peuvent suivre la transformation et le conditionnement des produits. « C’est aussi une valorisation du travail des salariés de l’entreprise. » Ces visites sont l’occasion d’expliquer, de montrer, de faire découvrir à travers des dégustations la palette gustative de la choucroute. Avec 2 000 personnes accueillies chaque année, Sébastien Muller a eu envie d’imaginer un circuit avec d’autres membres de l’Aria, qui a abouti aux Escales alsaciennes. Pour Bertrand Lutt-Miclo, de la distillerie Miclo à Lapoutroie, les Escales alsaciennes constituent « un support pour faire croître le nombre de visiteurs ». Tony Valentini, directeur du musée du chocolat à Geispolsheim qui accueillait la présentation de ce projet, est précurseur dans ce type de tourisme : « Le besoin de transparence des visiteurs, plus enclins à acheter les produits après une visite », a-t-il souligné. Or 10 % des entreprises alsaciennes ouvrent leurs portes, contre 60 % outre-Rhin. Pour Steve Risch, dirigeant du Palais des pains d’épices Fortwenger, qui accueille 7 000 visiteurs par an, « ce projet représente l’avenir des entreprises, car le meilleur moyen de faire connaître les produits c’est de les faire goûter ». « C’est une étape importante, d’autres projets sont à venir », à l’image de celui de la Villa Meteor à Hochfelden. Les Escales alsaciennes invitent donc à partir au cœur du savoir-faire industriel, à partager la passion de ces entreprises pour leurs métiers et… à savourer leurs produits ! Un lancement national est prévu mi-janvier, à la Maison de l’Alsace à Paris.

Publié le 12/12/2016

À Wihr-au-Val, le domaine Schoenheitz profite de la période de l’Avent pour créer des moments d’échange conçus pour faire plus de bien à son taux de notoriété qu’à son chiffre d’affaires.

Dominique et Henri Schoenheitz ont monté leurs premiers programmes de Noël au domaine au début des années 2000 selon un schéma en propre. Les visites de cave qui s’enchaînent sur fond de chants et de décorations de Noël constituent la base de l’offre. L’initiative d’un mini-marché qui s’est tenu la première année n’est pas reconduite. « Le chiffre d’affaires réalisé par les exposants s’est avéré trop faible alors qu’on les sollicite à un moment où ils sont très occupés » explique Dominique. Le domaine étoffe sa formule en 2009. Il adhère à la charte de Noël au grand pays de Colmar. Il s’engage à organiser sur le mois précédant le 25 décembre un minimum de quatre événements mettant en avant un patrimoine culturel, culinaire ou architectural, local, et pas seulement le vin. Ce nombre a été ramené à trois en 2015. « À un moment où chacun a un calendrier chargé, chaque organisation est contraignante. De plus il n’est pas évident de rentrer dans ses frais » poursuit Dominique. « Le label est une garantie pour les personnes que nous accueillons. Le viticulteur accepte d’être visité par les représentants des instances touristiques. Il gagne pour sa part en légitimité et en visibilité ». Au domaine, la période de l’Avent a démarré fin… juin ! Car il faut annoncer le programme aux offices de tourisme qui veulent l’inclure dans leurs supports de communication. Le domaine a ensuite attendu le 25 novembre. La veille, Henri a installé la décoration extérieure et Dominique le traditionnel sapin. Surtout, chaque visiteur de retour de cave s’est vu offrir des bredele de Noël. Le premier événement de l’Avent a eu lieu le 2 décembre : le vernissage de l’exposition de treize tableaux de visages d’enfants de OH Kee Hyung, peintre d’origine coréenne installée à Colmar dont Dominique a fait la connaissance dans le cadre d’une rencontre des DiVINes d’Alsace. Pour l’occasion, elle a servi un crémant et un gewurztraminer. L’offre était volontairement limitée car « il n’y a guère de temps pour présenter et expliquer un vin ». Le deuxième rendez-vous a lieu le 6 décembre. Il s’agit d’une soirée d’accords mets/vins au cours de laquelle quatre bouchées différentes sont associées à huit vins, deux par plat. Dominique et Henri ont retenu un crémant millésimé 2008 et un pinot blanc, deux rieslings du même terroir, l’un barriqué et l’autre pas, deux pinots noir Herrenreben et Linsenberg, un gewurztraminer SGN 2005 et un riesling SGN 2013. Le dernier rendez-vous programmé le 14 décembre prévoit un concert audition de l’école de musique de la vallée de Munster et le service d’un crémant, de deux vins secs et d’un dernier un peu plus moelleux. L’accord mets/vins fait le plein Pour Dominique, « mêler Avent et vin, cela va de soi. Quand on produit du vin, n’est-on pas créateur ? » interroge-t-elle. Le programme « cave de Noël » est maintenant rôdé. Les soirées demandent la présence de quatre à six personnes. Elles démarrent toutes à 18 h 30. Celles du 2 et du 14 sont gratuites, celle du 6 est payante à hauteur de 10 € par personne. Ce tarif calculé « juste pour rentrer dans ses frais » n’est un obstacle pour personne. Le public ne se trompe pas sur le rapport qualité/prix. La date a fait le plein dès son apparition sur le site du domaine. Les places aux quatre tables de dix se sont arrachées. Il y a cinquante inscrits. « Nous distribuons des fiches où chacun met une croix à l’accord qu’il préfère. Il désigne son coup de cœur de la soirée. Cela oblige les participants à rester concentrés. Ils se prennent au jeu et se mettent à échanger entre eux. Une ambiance se crée, entre eux, avec nous et avec le chef » raconte Dominique. Une soirée peut coûter de 200 à 500 € en frais. Mais en elle-même, elle génère peu de ventes. « Il est difficile de rentabiliser une animation de Noël car l’offre s’est beaucoup étoffée ces dernières années. Il arrive cependant régulièrement que des personnes reviennent acheter les vins qu’ils ont appréciés » note Dominique. « Avec « cave de Noël » nous participons à l’attractivité collective de l’Alsace, de la vallée, nous obtenons plus de visibilité et cela contribue à notre notoriété. Cela reste avant tout un investissement d’image qui privilégie des activités qui drainent du monde sans réclamer de frais excessifs ». Entre l’achat d’une vingtaine de kilos de bredele, l’impression des flyers, l’ouverture d’une cinquantaine de bouteilles au total, Dominique estime le budget total de son opération à quelque 1 200 €, hors heures de travail. Elle constate que les ventes du domaine sont aujourd’hui mieux réparties sur l’année. « Il y a trente ans, Noël pesait 40 % du chiffre d’affaires. Cette proportion est maintenant retombée à 20 % ».  

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