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Lancement de la saison des fermes-auberges dans le Haut-Rhin

Entre traditions et modernisations

Publié le 07/06/2017

Le lancement de la saison 2017 des fermes-auberges du Haut-Rhin a eu lieu le 1er juin à la ferme-auberge du Grand Ballon. Si la tradition marcaire attire toujours plus de clients, la modernisation des établissements se poursuit pour répondre aux nouvelles façons de « consommer de la montagne ».

Un léger fumet de roïgabrageldi imbibe l’air ambiant. Dans la cuisine de la ferme-auberge du Grand Ballon, les premiers plats de la journée s’apprêtent à être servis. Il n’est que onze heures, en plein milieu de semaine, et les clients affluent déjà. Le téléphone sonne. Au bout du fil, une demande de réservation qui n’aboutira pas cette fois. « Désolé, ce lundi, on est complet » répond la maîtresse des lieux. La saison 2017 des fermiers-aubergistes démarre fort. Depuis l’ouverture des premiers établissements au début du mois de mai, la clientèle, qu’elle soit locale ou un peu plus lointaine, ne désemplit pas, notamment les week-ends. « C’est clair qu’on ne va pas se plaindre. Avec la météo qu’on a depuis quelque temps, ça défile », témoigne Guy Lochert, fermier-aubergiste au Kahlenwasen. Situé au pied du Petit Ballon, son établissement voit fréquemment s’arrêter des cars de touristes, le plus souvent en été. Les Japonais et les Chinois ne sont pas rares, au contraire. Les traditions marcaires ont la cote, même aux pays des nems, nouilles à la sauce soja et raviolis vapeur. Un tel succès ne doit rien au hasard. Depuis la création de la charte des fermes-auberges en 2001, l’offre s’est structurée, affinée et professionnalisée. Chaque établissement (43 à l’heure actuelle dont 4 en cours d’agrément dans le Haut-Rhin) doit respecter un cahier des charges strict entre valorisation des produits issues de la ferme (ou d’autres exploitations clairement identifiées), et accueil du public dans des conditions de confort exemplaires. Le repas marcaire - ô combien iconique de l’esprit des fermes-auberges - reste encore le menu le plus consommé par les clients, malgré la présence de nombreuses autres spécialités au menu. « Chaque ferme-auberge fait comme elle veut. Certaines servent uniquement du repas marcaire, d’autres pas du tout », relève le président de l’association des fermes-auberges du Haut-Rhin, Serge Sifferlen. La tourte, la salade verte et les roïgabrageldis ont encore de beaux jours devant eux. Didier Bronner, qui gère la ferme-auberge du Grand Ballon depuis 25 ans avec son épouse, et depuis quelques années avec ses deux fils, en est intimement convaincu. « Je propose trois entrées et trois plats principaux à mes clients. Et malgré la diversité de choix, c’est toujours le repas marcaire qui ressort le plus. » Entre plaisir gustatif et balade au grand air Aussi attractive soit-elle, la tradition des fermes-auberges du massif vosgien a aussi droit à sa modernisation. Dans le Haut-Rhin, cela a commencé il y a deux ans avec la création des petits fascicules intitulés « Une ferme ! Une randonnée ! » L’idée, simple, consiste à guider les clients de la ferme-auberge dans une balade « simple » et « concrète » de 1 h 30 à 2 h. « C’est une manière de répondre aux nouvelles tendances. La façon de consommer de la montagne a changé par rapport à avant. Avec ces petits guides, on permet aux gens de profiter des espaces alentour tout en découvrant des sites remarquables ou historiques », détaille Serge Sifferlen. Ces fascicules sont le fruit du partenariat entamé il y a plus de vingt ans entre le Parc naturel régional des Ballons des Vosges (PNRBV) et l’association des fermes-auberges du Haut-Rhin. « Le parc, c’est de la protection de l’environnement, mais c’est aussi du développement économique. Tout comme les fermes-auberges », relève le directeur du PNRBV, Olivier Claude. C’est ce type de message que l’on retrouve sur les nouveaux sets de tables édités pour le lancement de la saison 2017. Un document aux dimensions d’une feuille A3 avec, au recto, une carte de localisation des fermes-auberges du massif et, au verso, la liste des thématiques chères aux fermiers-aubergistes et au Parc : l’accueil du public, le respect de la nature, le savoir-faire culinaire ou l’entretien des paysages. Des fermes-auberges bientôt fibrées D’ici quelque temps, la modernisation des fermes-auberges va prendre une tournure un peu plus numérique. D’ici cinq à six ans maximum, l’ensemble d’entre elles seront reliées au réseau de fibre optique. Pour celles qui aujourd’hui n’ont même pas accès à l’ADSL classique, le bond risque d’être conséquent. Pour Serge Sifferlen, l’enjeu est comparable à celui du raccordement à l’électricité il y a quarante ou cinquante ans dans ces établissements. « Pour la génération à venir, ça va devenir incontournable », annonce-t-il. Le conseiller régional, Jean-Paul Omeyer, le confirme : en 2023, chaque habitant du Grand Est bénéficiera du même service en internet très haut débit. Grâce à la participation collégiale de l’ensemble des collectivités territoriales - de la Région aux communes - le coût de raccordement ne sera que 175 euros par prise, que l’on soit situé au centre d’une ville ou dans une ferme reculée du massif. « Et je précise qu’aucun utilisateur n’aura de droit de branchement à payer : il faudra juste connecter la box de l’opérateur choisi et ça sera bon », précise l’élu régional. Outre une connexion instantanée avec le reste du monde, le visiteur de cette « ferme-auberge du futur » a de fortes chances de tomber sur des bornes de recharge… pour des VTT électriques. Une activité en pleine croissance dans laquelle les fermes-auberges du massif vosgien pourraient avoir un rôle central à jouer. « Nos établissements peuvent être de bons relais pour le développement de cette activité. C’est de surcroît un nouveau public que nous pouvons amener à nous, avec l’idée qu’ils restent plusieurs jours sur le massif, hébergement à la clé », poursuit Serge Sifferlen. Un projet « massif » en cours La notion de « massif » est omniprésente dans la bouche des responsables du Parc, d’Alsace Destination Tourisme (ADT) et de l’association des fermes-auberges du Haut-Rhin. Et pour cause : réforme territoriale oblige, le réseau des fermes-auberges doit désormais se restructurer pour avoir une lisibilité plus forte au niveau la région Grand Est. Depuis plusieurs mois, les fermiers-aubergistes du massif répartis entre le Haut-Rhin, le Bas-Rhin et le département des Vosges, travaillent sur un dispositif de soutien commun. Un projet mené en collaboration avec les chambres d’agriculture, les conseillers départementaux, le Parc naturel régional des Ballons des Vosges, le relais des Gîtes de France, les réseaux Bienvenue à la Ferme du Bas-Rhin et des Vosges, la Draaf, l’Agence régionale de la santé, et la DDT du Haut-Rhin. « Dans un premier temps, une phase d’études, dont ADT sera le maître d’ouvrage, sera menée. En fonction des résultats, une phase d’investissements sera planifiée », explique le directeur de cabinet d’ADT, Jean Klinkert. Ces études porteront sur l’analyse du potentiel de développement en énergies renouvelables des fermes-auberges, de l’approvisionnement en eau de ces établissements, et des contours de cette fameuse « ferme-auberge du futur ». Avec une bonne plâtrée de roïgabrageldis dans l’assiette, cela va sans dire.

Publié le 31/05/2017

Les Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin ont organisé leur premier JA’s Day le jeudi 25 mai à Colmar. Un événement qui avait comme objectif de combler le fossé de plus en plus important qui se creuse entre le public citadin et le monde agricole.

Qui sont-ils ? Que font-ils ? Pourquoi travaillent-ils comme ça ? Pour le grand public - qui plus est citadin - les agriculteurs, leurs métiers, leurs animaux, leurs pratiques ou encore leur état d’esprit demeurent une suite d’interrogations avec très peu de réponses. Il existe beaucoup de « on dit », de clichés, mais finalement encore trop peu de certitudes pour le consommateur plus habitué aux rayons aseptisés des supermarchés qu’aux salles de traite robotisées. Entre les deux mondes, une sorte de gouffre que les Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin (JA 68) ont souhaité combler en organisant leur premier JA’s Day sur le Champ de Mars de Colmar. Entre la préfecture, la place Rapp, les jeux pour les enfants et le grand parc ombragé, le monde agricole s’est offert une visibilité de premier choix lors du jeudi de l’Ascension. « C’était nécessaire pour montrer au public citadin ce que l’on fait. Les concours de labour, c’est déjà très bien en matière de communication, mais cela concerne plutôt le public rural. Ici, on a des enfants qui n’ont jamais vu une vache de près », souligne le secrétaire général des JA 68, Pierre Meyer. « Ils ne sont pas assez soutenus » Au vu de l’affluence déjà conséquente vers onze heures du matin, il faut croire que le sujet intrigue. Ici, on découvre tous les débouchés qu’offre le maïs, mais aussi son impact réel sur l’environnement. Lorsqu’ils obtiennent des réponses, beaucoup de visiteurs sont surpris. « Le maïs a une mauvaise image dans la société alors qu’il bénéficie d’un bilan hydrique bien plus positif que le blé, et reste moins gourmand en produits phytosanitaires et engrais. C’est aussi un plus gros consommateur de CO2 que la forêt. En expliquant tout cela, on éclaircit les incompréhensions qui subsistent dans le public », poursuit Pierre Meyer. Comme au Salon de l’agriculture de Paris, les animaux ont la cote : une prim holstein, une vosgienne, des ânes, des lapins et quelques moutons sont aujourd’hui les représentants du monde de l’élevage. L’occasion de rappeler que derrière ces animaux dont le bien-être fait régulièrement la une des journaux, il y a surtout des femmes et des hommes qui doivent, là encore, jongler entre les a priori, les attentes des consommateurs, une concurrence farouche, et une réglementation de plus en plus handicapante. « C’est important que le citoyen voie et comprenne par lui-même la réalité de notre métier. Nous avons besoin de lui et de son soutien pour continuer à exister et à nous développer », estime Pierre Meyer. Appuyée sur l’enclos qui entoure les ruminantes du jour, Marie-France fait partie de ces citoyens convaincus par l’agriculture et les agriculteurs. Cette retraitée colmarienne écume depuis pas mal de temps déjà les magasins paysans pour faire ses emplettes : « Je pense qu’il faut aider les agriculteurs comme on peut. À mon sens, ils ne sont pas encore assez soutenus. Ce sont eux qui travaillent le plus et on leur donne des clopinettes. » Elle s’indigne lorsqu’elle découvre le prix du kilo de laine payé à l’éleveur. « Un euro et dix centimes, je trouve cela vraiment aberrant quand on voit combien ça coûte de payer quelqu’un pour se faire aider. Comment s’en sortir dans ces conditions ? », s’interroge-t-elle. Un peu plus loin, deux jeunes garçons expérimentent le test à l’aveugle des céréales que l’on peut trouver en Alsace. « Et ça, on peut le manger ? », demande l’un d’eux en se saisissant de quelques graines de colza. « En huile, c’est très bon, en plus d’être excellent pour la santé », lui répond son interlocutrice. Le bien-être par le bien manger est un autre aspect mis en avant lors de ce JA’s Day. « Pour moi, cela passe par des produits de saison et de proximité », confie un jeune papa après avoir fait le plein de fraises. Dans la poussette qu’il tient d’une main, sa fille de trois ans se régale déjà, avec un bonheur non feint sur son visage. A ce moment-là, il n’y a plus de question à se poser, juste un plaisir à savourer. Un sourire spontané que l’on observe en tournant la tête, tantôt chez ceux qui découvrent les vins proposés à la dégustation, tantôt chez ceux qui savourent le saucisson 100 % artisanal. Les clichés et les « on dit » tombent les uns après les autres. Le public découvre ou redécouvre le plaisir de bien manger… et la mission première de l’agriculture. Les interrogations ont laissé la place aux certitudes.

La saison des fraises commence

« Allez-y ! Elles sont toutes rouges… »

Publié le 31/05/2017

La saison des fraises est ouverte. Le lancement officiel a eu lieu mardi dernier au magasin Le Fruitier de Haguenau, à l’initiative de l’Association des producteurs de fraises d’Alsace et de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace.

La campagne avait bien commencé, les fruits s’annonçaient abondants, mais les gelées noires des 17, 18 et 19 avril ont refroidi l’enthousiasme des fraisiculteurs qui ont vu leur récolte amputée de 40 %. Heureusement, la période ensoleillée que nous venons de vivre a permis de redresser la situation et aujourd’hui, les fraises sont présentes en abondance. « Ne tardez pas ! » insiste Olivier Grinner, président de l’Association des producteurs de fraises d’Alsace. La saison est très courte, elle ne dure que trois ou quatre semaines… Que vous les achetiez en barquettes dans les magasins et sur les marchés, ou que vous vous rendiez en famille dans une des nombreuses libres cueillettes de la région, c’est maintenant ! Michel Hegé se réjouit de voir les producteurs de toute l’Alsace rassemblés à la ferme Densch de Haguenau pour le lancement de la campagne, au côté des membres de l’interprofession, des représentants des organisations professionnelles agricoles et de la Région Grand Est. À l’orée de la forêt de Haguenau, le magasin Le Fruitier est entouré d’un « grand jardin » de 8 hectares où sont implantés une petite fraiseraie, un carré de myrtilles, un verger de pommes et de poires - qui a entièrement gelé - et un champ d’asperges. « Nous envisageons de convertir le verger en bio. » Le magasin, quant à lui, propose une large gamme de produits du terroir et de l’artisanat local, l’agencement soigné mettant particulièrement en valeur les fruits et légumes. « Nous allons tous dans le même sens » « La saison a du mal à démarrer en raison des fortes gelées qui ont considérablement réduit la production, poursuit Michel Hegé. Les clients attendent avec impatience l’ouverture de la libre cueillette, ils nous inondent de coups de fil. » Il est vrai que le magasin est idéalement placé à la sortie nord de Haguenau, une ville de 35 000 habitants. « Mais je voulais attendre cet après-midi pour que vous puissiez voir de belles fraises bien rouges… » « Après les asperges, le lancement de la saison des fraises est toujours un moment très attendu », explique Pierre Lammert, président de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla). Il marque en général le retour des beaux jours… et c’est le cas cette année. Il a remercié la Région Grand Est qui soutient la promotion, tout au long de l’année, des fruits et légumes d’Alsace. D’année en année, la liste s’allonge : récemment, les légumes primeurs ont fait une entrée en scène remarquée, et dès la semaine prochaine, ce sera au tour de l’ail, de l’oignon et de l’échalote d’être mis en valeur. La preuve que les producteurs locaux ont la pêche ! D’autres événements sont prévus dans les prochains temps. Le salon interprofessionnel du commerce des fruits et légumes d’Alsace réunira les acteurs de la filière le 13 juin, et le salon Saveurs et Soleil d’automne accueillera des milliers de visiteurs, du 22 au 24 septembre aux Tanzmatten à Sélestat. « C’est le plus grand salon des fruits et légumes de France, précise Pierre Lammert. Nous continuerons à communiquer pour promouvoir les produits de notre région, avec notre ambassadrice de charme, Delphine Wespiser, ancienne Miss France. Elle ne pouvait être parmi nous aujourd’hui car elle est en tournage pour l’émission Fort Boyard. » Boris Wendling, responsable régional de la Scofel, centre d’achat régional du groupe Auchan, rappelle que dix enseignes de la distribution sont réunies au sein de l’Ifla. « Vous retrouverez un peu partout la même communication autour de la fraise d’Alsace, quelle que soit l’enseigne. C’est une demande du client, il attend ce produit. » La grande distribution est le canal de distribution le plus important en France, ajoute-t-il. Il commercialise 70 et 80 % de la production. Pour Boris Wendling, il n’y a pas d’opposition entre grande distribution et circuits courts. « Nous allons tous dans le même sens : nous cultivons le bon, le sain, la proximité. »

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