communication

Jeunes Agriculteurs - canton de Haguenau

Portes ouvertes sur la méthanisation

Publié le 26/07/2023

Dimanche 6 août, les Jeunes Agriculteurs du canton de Haguenau accueilleront le public sur le site de la station de méthanisation SAS ABH. Les visiteurs pourront découvrir les installations de ce site, bien visibles depuis la route, mais généralement fermées au public. Ce sera donc l’occasion de communiquer sur les atouts de la profession agricole en matière de lutte contre le changement climatique.

Implantée entre Wittersheim, Huttendorf, Keffendorf et Berstheim, la SAS ABH (pour Agriculteurs Biomethane Haguenau) a injecté ses premiers mètres cubes de biométhane le 13 octobre 2020, soit cinq ans environ après que le projet a émergé, et deux ans après le début des travaux. La SAS ABH, qui emploie aujourd’hui trois salariés, repose sur un groupe de 14 agriculteurs et un paysagiste, tous situés dans un rayon de 6 km autour du site de méthanisation. Le digesteur est alimenté uniquement avec des produits agricoles : fumier, lisier, pailles de maïs, culture intermédiaire à vocation énergétique (Cive), pulpes de betterave, décrit David Huss, salarié de la SAS qui s’occupe de préparer les rations. Au total, chaque année, le digesteur avale quelque 36 000 t d’intrants, à 15 % sous forme solide (5 400 t) et à 85 % sous forme liquide (30 600 t). David Huss doit faire en sorte que la ration reste stable dans le temps, et produise un digestat de qualité constante. Chaque matin et chaque soir, une ration est préparée dans une benne. Chaque jour, ce sont environ 100 t de matières organiques qui entrent régulièrement dans le digesteur, heure par heure. Le contenu du digesteur passe aussi régulièrement dans le post-digesteur, avant d’être stocké lorsque les différents micro-organismes ont fait leur œuvre pour produire du méthane à partir de la matière organique. David Huss compose les rations de façon à répondre à la demande de production, en fonction de la disponibilité des ingrédients et de leur pouvoir méthanogène. Les agriculteurs disposent d’un droit en digestat, à la hauteur de leur contribution en matières premières. Ils sont autonomes dans l’utilisation qu’ils en font. Le travail de David Huss consiste aussi à tracer les matières entrantes et sortantes. C’est notamment grâce à cette traçabilité que le biogaz issu de la SAS ABH a récemment été certifié RED2, ce qui atteste de sa durabilité. Différents points ont été pris en compte lors de cette certification, qui consiste à vérifier que l’unité consomme moins de gaz à effet de serre (GES) qu’elle ne permet d’en économiser : les intrants, le fonctionnement des installations… « Cette certification va devenir nécessaire pour les stations de méthanisation qui produisent plus de 200 normo mètres cubes/h de méthane (CH4), pour pouvoir bénéficier d’un tarif préférentiel », précise David Huss. Vendus à Engie et distribués par GRDF, les 315 normo mètres cubes de méthane produits chaque heure par la SAS ABH équivalent à la consommation de 10 000 foyers. Une information qui marquera sans doute les esprits des personnes qui saisiront l’opportunité de visiter cette unité de méthanisation !

Publié le 23/06/2023

Samedi 17 et dimanche 18 juin, l’entreprise Alélor a mis les petits plats dans les grands pour fêter ses 150 années de fabrication de moutardes, raiforts et autres condiments. Le public était au rendez-vous à Mietesheim, capitale du raifort, chef-lieu de la moutarde.

Pour fêter ses 150 ans, Alélor a organisé Alélor Fescht, un moment de convivialité autour des savoir-faire de la fabrique de moutardes, raiforts et autres condiments. Depuis la reprise de l’entreprise Alélor par Raifalsa en 2006, le nombre de recettes est en effet passé de 6 à 60, a rappelé Alain Trautmann, dirigeant de l’entreprise, tout comme le fait que les raiforts Raifalsa sont constitués à 100 % avec des racines produites en Alsace par quinze producteurs qui produisent quelque 150 t de raifort par an sur une quinzaine d’hectares. La moutarde utilisée pour élaborer les moutardes Alélor est elle aussi produite en partie localement. En 2008, l’entreprise et la Chambre d'agriculture Alsace ont noué un partenariat pour monter une filière de moutarde alsacienne. En 2009, ils étaient cinq producteurs. En 2023, 29 agriculteurs produisent de la moutarde, dont six en bio. Actuellement, ils produisent surtout des graines blanches, mais la production de graines brunes est engagée. L’entreprise a également œuvré à la relance d’une filière cornichon en partenariat avec la ferme Maurer de Dorlisheim, qui livre aujourd’hui 10 % de la production annuelle d’Alélor. Au programme de cette journée : visite guidée des ateliers de production avec expositions de matériels et documents anciens, dédicace du livre « La singulière histoire du raifort d’Alsace » par Joseph Lutz, président d’honneur de la coopérative Alsaraifort, concours de râpage de raifort, dégustation des produits, buvette et restauration sur place en continu, jeux pour les enfants, concerts en soirée.

Tournée des terroirs - Molsheim

Dans les vignes : du raisin et cætera

Publié le 20/06/2023

Dimanche 4 juin, l’événement vinique « Alsace Rocks ! La tournée des terroirs », organisé par le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa) et les vignerons alsaciens pour célébrer les 70 ans de la Route des vins d’Alsace faisait étape à Molsheim. Avec un programme bucolique et gourmand.

Saviez-vous que les chénopodes se dégustent comme des épinards ? Que les orties sont particulièrement adaptées au régime végétarien car riches en vitamine C, en fer, et en protéines ? Que la laitue sauvage a des vertus antalgiques et sédatives, à condition de surmonter son amertume prononcée ? Et surtout que toutes ces plantes, parfois qualifiées de « mauvaises herbes », sont disponibles gratuitement et à profusion dans notre environnement ? C’est ce que les participants à l’atelier « Découverte des plantes sauvages comestibles », ont pu découvrir dimanche 4 juin, au gré d’une balade de seulement quelques mètres le long d’un sentier viticole surplombant les hauteurs de Molsheim. Carole Behr-Kohser, guide du jour, est animatrice nature à son compte. Elle intervient dans les écoles, les périscolaires, sur demande, et ce jour-là donc, auprès d’un public très varié : familles, couples d’amoureux, retraités, groupes d’amis… Après quelques rappels de fondamentaux sur l’écologie (chaîne alimentaire, écosystème, biodiversité…), elle entre rapidement dans le vif du sujet : « Plutôt que de mauvaises herbes, je préfère parler de plantes spontanées. Car dans la nature, il n’y a rien de mauvais ni de bon. Par contre, tout a une utilité. » Même si parfois, elle échappe à une vision anthropocentrique du monde. Trois pas plus loin, elle s’arrête devant une touffe de trèfle rouge. Qu’ils soient blancs ou rouges, les trèfles sont comestibles, et pas que par le bétail : « Les feuilles et les fleurs, très nectarifères, sont consommables en sirop, en gelée, séchées en tisane, ou en déco dans une salade. » Juste à côté, Carole Behr-Kohser désigne une plante que tout le monde a déjà vue. Avec ses petites capsules en forme de cœur, c’est la Bourse à Pasteur. « Sa rosette de feuilles se consomme, par exemple en salade, et les graines ont un goût de moutarde. » Un petit saut de puce plus loin, et on trouve du plantain. « Ils sont tous comestibles. En salades, quiches, pestos… Très riches en calcium et potassium, ils ont aussi des vertus apaisantes et calmantes. » Petite astuce pour les reconnaître : leurs feuilles ont des nervures parallèles. « Dans le coquelicot, c’est comme dans le cochon, tout est bon » « Ils sont tous comestibles ! » Entre deux rangs de vigne, Carole Behr-Kohser désigne un tapis de chénopodes. Souvent qualifiée de « mauvaise », cette herbe, riche en acide oxalique, fera merveille dans une quiche après avoir été blanchie à l’eau. On n’arrête plus Carole Behr-Kohser, qui montre un gaillet, puis de la luzerne, dont les fleurs et les feuilles sont consommables lorsqu’elles sont jeunes, mais qui gagne à être consommée au stade de jeunes pousses. D’ailleurs, les graines germées d’alfalfa ne sont pas autre chose que des graines de luzerne germées. Devant une espèce de pissenlit géant, elle corrige : « C’est du salsifis des prés, ou Barbe de bouc. Ce sont surtout les boutons floraux qui se consomment, sautés à la poêle par exemple. » Juste à côté, sur le même talus, du coquelicot étale ses pétales rouge vifs. « Dans le coquelicot, c’est comme dans le cochon, tout est bon », lance Carole Behr-Kohser : les jeunes feuilles, les tiges, mais surtout les fleurs, qu’il n’est pas rare de trouver en sirop, mais qu’on peut aussi jeter dans une salade, sur un dessert… Arrivés à l’orée de la petite forêt, un bouquet d’églantier constitue le clou de la balade. Ses jolies fleurs deviendront des petits fruits rouges (les cynorrhodons) très riches en vitamine C. On peut en faire tout un tas de choses : de la purée, de la confiture, mais Carole Behr-Kohser propose de déguster les fruits crus, pendant les balades d’automne : « Il suffit de les ouvrir et de gratter l’intérieur pour enlever les graines et les poils à gratter, et de profiter de leur goût acidulé tout en prenant des shoots de vitamine C avant l’hiver ». Pour conclure, Carole Behr-Kohser, propose à son public de s’installer dans un verger pour goûter quelques-unes de ses préparations : un cake aux orties, une gelée de sureau, et un fromage au lierre terrestre. Absent de cette balade, cette plante est néanmoins très commune et diffuse un agréable parfum, subtil mélange de basilic, menthe et citron. En distribuant les mets, Carole Behr-Kohser délivre ses ultimes conseils : ne ramasser et déguster que si on est sûr à 150 % d’avoir bien identifié la plante, éviter de cueillir en bordures de chemin, bien trier la cueillette pour ne garder que les végétaux sains, les laver à l’eau ou au vinaigre blanc si nécessaire. La tête ainsi farcie de nouvelles connaissances, le petit groupe rebrousse chemin pour se retrouver nez à nez avec le bar tenu par les membres du syndicat viticole. Le soleil brille, bientôt à son zénith, c’est le moment de se laisser tenter par un verre de vin, parmi les 13 issus du ban de Molsheim qui figuraient à la carte du jour.

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