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Sur la ferme Arnaud Metzger à Stattmatten

À la découverte de l’oignon d’Alsace

Publié le 13/10/2018

Du semis au conditionnement, l’oignon a révélé tous ses secrets aux participants à la journée de découverte organisée par l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace. Rendez-vous était fixé sur la ferme Arnaud Metzger à Stattmatten, le mardi 9 octobre. Un agriculteur qui sait de quoi il parle : il cultive 16 ha d’alliacées, oignon jaune et rouge, échalote, échalion et ail.

C’est la première fois que l’interprofession organise une journée de promotion de l’oignon sec, « une production peu connue et pourtant importante en Alsace », souligne Pierre Lammert, président de l’Ifla. C’est en 2003 qu’Arnaud Metzger se lance dans la culture de l’oignon, sur une surface de 4 ha. À l’époque, il travaille avec un conditionneur. Cette collaboration s’arrête en 2008. Arnaud Metzger et son père décident alors de fusionner leurs exploitations en créant l’EARL Metzger Arnaud et de conditionner eux-mêmes leur production. Une production qui monte en puissance au fil des ans. La création d’un logo en 2017 marque un tournant : il permet à l’entreprise de se démarquer sur ce marché concurrentiel, mais avide de produits locaux, et ainsi de nouer de nouveaux partenariats. Prochaine étape, la construction d’un bâtiment de conditionnement et de stockage. « Nous sommes à la recherche d’un terrain pour concrétiser notre projet. » Le saviez-vous ? Il existe deux types d’oignons, les oignons de jours courts et les oignons de jours longs. Les premiers sont semés fin août pour être récoltés début juin. Les seconds sont semés fin février, début mars et sont récoltés de mi-juillet à début septembre. Les oignons de jours longs sont des oignons de conservation qui permettent de faire la jonction jusqu’à la récolte suivante. « Plus les variétés sont tardives, mieux elles se conservent », souligne Arnaud Metzger. Une bonne bulbaison, clé de la réussite Les oignons sont semés en planches de quatre à six rangs, souvent en doubles rangs, à une profondeur de 2 cm, précise Anaïs Claudel, conseillère de Planète Légumes qui assure le suivi de cette culture tout au long de l’année. Ils ont un système racinaire superficiel, ce qui rend l’irrigation indispensable. « Il faut obtenir un appareil foliaire suffisamment important pour permettre une bonne bulbaison et assurer ainsi une récolte abondante. » À ce titre, la campagne 2018 s’est révélée particulièrement compliquée. « Nous avons fait douze tours d’irrigation », indique Arnaud Metzger. Et pour implanter la future récolte, l’agriculteur a dû arroser la parcelle à deux reprises, afin de pouvoir préparer le sol et semer les graines dans de bonnes conditions. Du jamais vu, foi de producteur… Les besoins en azote de l’oignon sont estimés à 200 unités. Les apports sont fractionnés pour apporter l’engrais au bon moment, en particulier au stade 4-8 feuilles et à la bulbaison. Le calcul des doses à apporter se fait sur la base du bilan sortie d’hiver, précise Anaïs Claudel. Le désherbage est une période très délicate, car l’oignon ne couvre pas le sol et est très sensible à la concurrence des adventices. Les consommateurs étant de plus en plus attentifs à la réduction des produits phytosanitaires, tout est fait pour réduire le recours au désherbage chimique : « Nous préconisons un désherbage alternatif, combinant des interventions chimiques et mécaniques », indique la conseillère. Les principales maladies contre lesquelles doit lutter le producteur d’oignons sont le mildiou, le botrytis, la fusariose. « Ils peuvent détruire complètement une parcelle. » Il existe d’autres maladies comme le thrips. « Dans notre région, la mouche de l’oignon est moins problématique. » La récolte est entièrement mécanisée. Une fois sortis de terre, les bulbes sont acheminés vers le hangar où ils sont effeuillés, puis triés en trois catégories, avant d’être stockés jusqu’à leur conditionnement en sacs à bande en filet tricoté au logo de la famille Metzger. « Nous employons quatre à cinq saisonniers », précise l’agriculteur.

Publié le 11/10/2018

Samedi 29 septembre, Benoît Dutter a offert un tour de moissonneuse-batteuse à une famille de Mulhouse. Le paysan de Witternheim s’est inscrit début juillet sur la plateforme Moissonneuse.fr. Le site met en relation des particuliers et des producteurs désireux d’accueillir des visiteurs dans leur cabine. Un bon moyen de communiquer en direct avec le public sur le métier d’agriculteur.

Les yeux écarquillés, Éliott admire la moissonneuse-batteuse stationnée devant lui. Le blondinet de 4 ans voue une passion sans limite aux gros engins agricoles. Il ne réalise toujours pas qu’il va grimper dans le mastodonte. « Là, son rêve devient réalité », sourit Claire Baqué, sa maman. Benoît Dutter, l’exploitant et hôte du jour, sort de la cabine. Il aide Éliott et Thibault, son père, à se hisser à ses côtés. C’est parti pour une heure de manège dans une parcelle à la sortie de Witternheim, près de Benfeld. La famille de Mulhouse a contacté Nicolas Meyer, le beau-frère et associé de Benoît, sur le site Moissonneuse.fr. Un projet lancé en juillet par David Forge, un agriculteur d’Indre-et-Loire. Concrètement, il s’agit d’une carte interactive sur laquelle les paysans volontaires inscrivent leurs coordonnées. Les internautes les appellent et fixent un rendez-vous. À la clé, un tour gratuit dans une machine agricole. En Alsace, seules deux fermes se sont inscrites. Les Baqué sont les deuxièmes visiteurs à monter dans le véhicule de Benoît. « Ça ne se passe pas comme dans M6 » Les fermiers se changent en forains ? Pas vraiment. L’activité constitue surtout un outil de communication pour le monde agricole. Les producteurs montrent leur travail de tous les jours. Cela permet de casser des idées reçues sur l’agriculture moderne. « Là, les gens voient que ça ne se passe pas comme dans M6 », ironise Benoît. Pendant une heure dans le bocal de pilotage, les Baqué ont défriché leurs connaissances sur le métier. Fonctionnement de l’engin, utilisation du blé… « On a aussi parlé de thèmes d’actualité, comme les pesticides, raconte Thibault, le papa. Je ne savais pas que les agriculteurs n’utilisaient plus d’OGM dans le maïs. » La plateforme web facilite aussi les rencontres entre différents milieux sociaux. Samedi après-midi, Benoît a ainsi passé une heure en compagnie d’une sage-femme et d’un médecin. « Des gens qu’on n’a pas l’habitude de rencontrer dans notre quotidien », confie le jeune exploitant. Un constat réciproque avec ses visiteurs. « On regarde souvent du bord de la route, mais on n’ose pas déranger l’agriculteur dans son travail, confirme Thibault. Le site casse ces barrières. » Loin de toutes ces considérations, Éliott est aux anges. « Ça m’a beaucoup plu », témoigne-t-il à sa sortie de la machine, un peu intimidé et très fatigué. Le moment est venu de dire au revoir à Benoît, le héros du jour. Mais ses parents lui ont promis qu’il reviendra. L’an prochain pour la récolte des blés.

Publié le 30/09/2018

Sa fraîcheur, sa détermination et son esprit avisé n’avaient pas laissé indifférent le jury d’élection de la reine des vins d’Alsace : Margaux Jung qui, honorée dans sa principauté de Riquewihr, a appelé à cultiver « l’esprit de famille ».

Le vignoble alsacien se cherche des solutions face à l’inexorable baisse des ventes et de son chiffre d’affaires qui l’affecte singulièrement dans le giron des appellations à vins blancs. Et parmi les solutions, il y a la nouvelle génération de vignerons en passe de reprendre les rênes d’un vignoble à l’aube d’importantes mutations. Une génération faite de jeunes souvent bien diplômés, à l’esprit ouvert par le travail à l’étranger et à l’esprit critique. Il faut ajouter : une génération lassée des batailles intestines, en recherche de consensus et qui souhaite résolument passer à autre chose. Témoin privilégié de cette génération, Margaux Jung représente cette quête du consensus. Face à ces changements, elle a rappelé, dans un discours concis, les « piliers » du vignoble : « l’esprit de famille, le sens de l’accueil et un vignoble à taille humaine ». On serait tenté de faire une analogie avec la reine Margot qui fut un repère humaniste dans un XVIe siècle en proie à d’immenses difficultés. Titulaire d’un master 2 en management à l’EM Strasbourg, Margaux Jung entreprend un BPREA (Brevet de responsable d’exploitation viticole) à Rouffach, pour se consacrer au domaine familial à Riquewihr, géré par ses parents, Olivier et Dominique : 7 hectares de vignes, pour 40 000 bouteilles, toutes écoulées localement. Car Riquewihr constitue dans le vignoble alsacien l’une des « principautés » - selon l’expression du député Jacques Cattin - de l’œnotourisme. Pas peu fier d’avoir parmi ses administrés la jeune souveraine native et foncièrement attachée à sa cité, Daniel Klack, maire de Riquewihr, a exprimé ses vœux à l’ambassadrice du vignoble et à ses deux dauphines, Flore Ansel et Pauline Husson. Il a toutefois appelé son auditoire à « ne pas se reposer sur ses lauriers », à « être avant-gardiste », à faire « bouger les lignes ». Riquewihr bénéficiant d’une situation privilégiée en œnotourisme. Le renouveau du vignoble, c’est aussi à l’interprofession qu’il se passe, a souligné pour sa part Didier Pettermann, président de Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa), qui s’engage à insuffler une nouvelle dynamique dans l’image des vins d’Alsace. Ce sera d’ailleurs, l’un des rôles de Margaux Jung et ses deux dauphines, que de défendre l’image, et donc l’identité de l’Alsace et de son vignoble, plutôt malmenée par le centralisme républicain et diluée dans la régionalisation.

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