Publié le 19/09/2018
Les domaines viticoles alsaciens pétillent chaque été d’initiatives diverses et variées pour s’animer et attirer un public éclectique. Petit tour d’horizon (non exhaustif) de quelques-uns de ces rendez-vous estivaux 2018.
À Reichsfeld, le domaine Borès n’en est plus à son coup d’essai. Il a accueilli du 18 au 22 août pour la troisième année consécutive le festival de théâtre itinérant « Soirs à pressoirs ». Cette année, ses rieslings et ses sylvaners issus du Schifferberg, ont trouvé leur place entre les pièces, les contes, les concerts, les poèmes et le cabaret qui s’installent le temps des représentations dans les généreux espaces de la cave. Ils sont servis en dégustation lors des intermèdes avec des produits locaux, parfois inattendus comme des tartes flambées aux légumes. « C’est un projet au départ culturel. Le vin s’y est naturellement greffé, même s’il faut s’investir à trois pendant deux bonnes journées pour la préparation et une pour ranger » constate Marie-Claire Borès. « Nous communiquons beaucoup autour de nous. Le festival nous permet de faire faire le détour à Reichsfeld. Les gens se disent : « tiens, du théâtre chez un vigneron indépendant, c’est original ! Ils sont satisfaits du spectacle, de l’ambiance, du vin. L’attraction est différente, authentique ». À la différence du pique-nique du vigneron qui capte 800 personnes enfants compris sur deux jours, le festival rassemble une soixantaine de participants par après-midi et soirée. « C’est très bien comme ça » poursuit Marie-Claire. « Il faut conserver la proximité, le côté intime, où l’on est là pour prendre son temps ». La plupart des participants achètent des vins. « Il s’agit pour l’essentiel de nouveaux clients » se félicite Marie-Claire. De son côté, le domaine Spannagel à Katzenthal a sauté sur l’occasion d’être une étape du tour de France dans lequel se sont lancés les associés du domaine Orgâmic, dans le Vaucluse. Cette « bande de copains » passionnés par le vin (même s’ils n’en ont pas fait leur métier principal) s’est posée ici et là cet été pour proposer ses « vins gourmands, sur le fruit, faciles à boire » dans un J9 aménagé en point de vente temporaire. Marie Spannagel a fait relayer leur passage à Katzenthal par l’office du tourisme. Deux cents personnes se sont déplacées au domaine entre 16 h 30 et 21 h 30. « Nous nous orientons de plus en plus vers ce type d’événement ponctuel qui est facile à mettre en place » rebondit Marie. « Là, il m’a suffi d’ouvrir les portes et de les laisser s’installer. Inviter des collègues chez soi permet d’échanger des idées entre nous et ne vous enlève pas de clients. Toute la gamme de la vingtaine des vins figurant sur la carte du domaine était offerte à la dégustation. Orgâmic comme nous-mêmes avons réalisé un chiffre d’affaires similaire. Sans cette offre complémentaire, une partie du public présent ne serait pas venu ». « Dire ce qu’il y a derrière une bouteille » « Il devient de plus en plus difficile d’exercer de l’attractivité sur le client de passage » constate Dominique Schoenheitz, du domaine éponyme à Wihr-au-Val. « Nous déployons davantage nos activités sur l’hiver, un peu moins sur l’été ». Mais pas question de garder les bras croisés. Le domaine propose gratuitement et sans réservation chaque jeudi matin en juillet-août une heure trente de randonnée pédestre facile sur les coteaux de Wihr‑au‑Val afin d’expliquer l’histoire du vignoble, ses terroirs, le cycle végétatif et les travaux de la vigne. La balade s’achève à l’heure de l’apéritif (ou presque) par la dégustation de plusieurs vins : sec, doux, effervescent ou rouge. Une autre version de ces sorties est labellisée « écotourisme » par la région Grand Est. Elle obéit un cahier des charges comme le questionnaire de satisfaction distribué à la fin. Elle met l’accent sur la découverte de la biodiversité présente dans le vignoble. Un jeu de questions-réponses en français ou en anglais rythme le parcours. La prestation est payante à hauteur de 10 € par adulte, 5 € par enfant et 25 € par famille. « Le domaine pratique un niveau de prix qui demande de montrer au public comment nous travaillons. L’objectif de ces balades est donc de faire comprendre la qualité de nos vins. Il faut dire ce qu’il y a derrière une bouteille, quelle est la vraie valeur d’un verre de vin » justifie Dominique. La randonnée pédestre annoncée par l’office de tourisme concerne de vingt à soixante-dix participants qui « montrent du répondant » la plupart du temps. La sortie écotouristique est limitée à trente personnes. « Là, le public est souvent urbain. Le faire participer n’est pas toujours évident tant les gens sont très éloignés de la nature. Les échanges sont maigres, alors que je ne veux pas juste tenir un monologue. En outre, la dégustation vins et fromages suppose une intendance assez lourde et du temps alors que le retour en achat reste faible. Les gens apprécient, mais il n’est pas certain que je continue ».












