communication

Association de la Bourse de commerce de Strasbourg

Les agriculteurs, ces grands muets

Publié le 15/02/2018

Invité par l’association de la Bourse de commerce de Strasbourg, l’économiste Pascal Perri appelle les agriculteurs à une communication « proactive ».

Pascal Perri était l’invité de l’association de la Bourse de commerce de Strasbourg, vendredi 26 janvier à la Chambre de commerce et d'industrie de Strasbourg, à l’occasion de sa traditionnelle réception du Nouvel An. Économiste et géographe, c’est aussi un polémiste qui participe régulièrement à des émissions de radio et de télévision (C dans l’air, Les Grandes Gueules). Il se présente comme « un ami du monde agricole ». Ce monde agricole qu’il qualifie de « silencieux » et dont il juge « la communication défaillante ». Si les agriculteurs sont peu ou mal entendus, dit Pascal Perri, c’est qu’ils sont des entrepreneurs indépendants, chez qui « le sens du collectif est arrivé tardivement ». Il s’appuie sur une étude de l’institut Harris Interactive menée il y a un an auprès de 145 étudiants en journalisme. Ceux-ci ont été interrogés sur leur perception des agriculteurs et de l’agriculture en général. 65 % des sondés disent ne pas entendre assez souvent parler d’agriculture. « Et pourtant, il n’y a pas un jour sans qu’on parle dans les médias d’alimentation, de revenu agricole, de la contribution de l’agriculture à la croissance économique… », indique Pascal Perri en mentionnant le décalage très fort entre la réalité et la perception qu’en ont les futurs professionnels de l’information. Entre 80 et 90 % des étudiants interrogés pensent que les agriculteurs ne prennent pas assez souvent la parole sur des sujets tels que leur capacité à protéger la santé, à protéger l’environnement et leur capacité à innover. Ils sont à peu près autant à souhaiter que les agriculteurs fassent davantage entendre leur voix sur les thématiques agricoles, avant les scientifiques, les médias généralistes et les ONG. Et loin devant les syndicats professionnels agricoles. « Les agriculteurs ne sont plus seulement producteurs de biens, mais de services. La connaissance de ce phénomène doit orienter la communication agricole : l’alimentation, c’est de la santé, du partage, du bien-être, du plaisir, énumère l’intervenant. L’humanité comptera bientôt 9 milliards d’individus. Il faudra augmenter la production agricole de 40 % d'ici 2050 pour répondre aux besoins, c’est un enjeu de communication capital. » D’autant plus capital que le renouvellement des générations n’est plus assuré dans les exploitations agricoles, qui peinent à trouver des successeurs. Prendre la parole sur les réseaux sociaux Qui dit communication, dit un émetteur et un récepteur. Pascal Perri regrette que les émetteurs, en l’occurrence les agriculteurs, ne s’expriment qu’à l’occasion des crises sanitaires ou économiques. « C’est de la communication réactive, et non proactive. Quand on est obligé de se défendre, on est moins efficace. » Dans un monde où la télévision continue à faire l’opinion, où les chaînes d’information en continu dictent le tempo de l’actualité, il invite les agriculteurs à prendre la parole sur les réseaux sociaux. « Les retours d’expérience sont plutôt bons, mais les nouveaux paysans connectés ne sont pas suffisamment nombreux pour occuper l’espace », dit-il. Occuper l’espace médiatique, c’est ce que font d’autres organisations non agricoles, qui n’hésitent pas à jouer sur les peurs des Français. « Ces associations ont trouvé deux ou trois terrains d’expression où elles peuvent peser durablement sur l’opinion », estime Pascal Perri qui dénonce le poids des croyances par rapport aux vérités scientifiques. « Il faut reprendre pied dans le rationnel », poursuit l’invité de la Bourse de commerce de Strasbourg. Sur de nombreux sujets, la position agricole est très fragmentée, souligne l’intervenant, qui appelle à « plus de cohérence et de constance dans les messages ». Et surtout à plus de volontarisme : « Vous avez beaucoup à dire. Nous sommes à l’heure du paysan digital. Il faut construire cette image et la diffuser. Dites en quoi vous êtes intéressés à l’agriculture, à la qualité des produits… Faites preuve d’un peu plus d’empathie : ce qui intéresse les consommateurs, c’est ce qu’ils trouvent dans leur assiette. Vous devez les rassurer. » Pour Pascal Perri, la communication est « un long combat qui ne s’arrête jamais » dans lequel « les mieux armés sont ceux qui ont un discours en amont. » À Christophe Armbruster qui lui demande s’il n’est pas trop tard pour prendre la parole, l’intervenant répond que non. « Dans un monde qui va avoir besoin de manger, vous avez besoin de parler », résume-t-il.

Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin

« On veut des fermes, non des firmes ! »

Publié le 14/02/2018

Prix de produits, communication, labels de qualité, dossiers environnementaux… En 2018, les JA du Haut-Rhin auront une fois encore beaucoup de travail pour défendre les intérêts de leur métier et pour accompagner les jeunes désireux de s’installer malgré le « chaos ambiant ».

Des images valent bien souvent mieux qu’un long discours, surtout quand il s’agit d’illustrer le rôle et l’utilité du syndicat Jeunes Agriculteurs pour la défense du métier et des producteurs. C’est dans cet esprit que les JA du Haut-Rhin ont souhaité démarrer leur dernière assemblée générale organisée le 8 février au lycée agricole de Rouffach. Après les salutations d’usage, ils ont diffusé une vidéo « 100 % fait maison » intitulée « JA 68 : si tu n’existais pas ». Plus de vingt minutes découpées en plusieurs saynètes, chacune abordant un thème particulier : communication, Pac, préservation du foncier agricole, rôle et intérêt des signes de qualité, nécessité d’avoir un parcours à l’installation qui soit attractif. Avec des dialogues parfois ponctués d’un zeste d’humour, les Jeunes Agriculteurs - et acteurs pour le coup - ont une nouvelle fois innové pour faire passer leur message. Comme le fait remarquer Jérémy Pflieger, vice-président des JA 68, cela fait cinq ans que la communication est devenue un axe majeur de la stratégie du syndicat. « Avec un succès jamais démenti, nous avons organisé de nombreuses opérations d’affichage au bord des routes, créé des événements tels que la JA’s Day et l’Afterwork paysan, le tout en conservant nos traditionnelles fermes ouvertes, opérations Sourire et Tellus, et bien sûr notre finale de labour. » Continuer à être « moteur » sur l’environnement Et ce n’est pas fini. Pendant les deux prochaines années, le nouveau conseil d’administration des JA 68 et son nouveau président, Ange Loing, entendent bien poursuivre cette dynamique de l’innovation. La création d’un label permettant à tous les producteurs de s’identifier et de valoriser leurs produits est ainsi à l’étude. « Nous voulons pouvoir vendre nos produits sous un sigle qui appartiendra entièrement à la profession. Notre image est à nous, et son bénéfice doit nous revenir », estime Jérémy Pflieger. Cette volonté d’innovation restera au cœur de la ligne directrice des JA du Haut-Rhin et de son nouveau président (voir encadré) lors des deux prochaines années. La nouvelle équipe entend bien évidemment rester mobilisée sur le dossier de l’installation et la transmission des exploitations. « Si nous voulons permettre un renouvellement des générations en agriculture fluide, sur des exploitations viables et vivables pour les jeunes, il est primordial que le prix du foncier et des structures agricoles restent raisonnables et encadrés. C’est vital si nous ne voulons pas laisser échapper notre agriculture vers des investisseurs, notamment étrangers. Nous voulons des fermes, pas des firmes ! », prévient Jérémy Pflieger. Autre chantier que les JA du Haut-Rhin comptent bien investir au cours des deux prochaines années, celui de l’environnement. Une thématique également mise en avant lors de l’assemblée générale de la FDSEA 68. « Nous pourrons travailler ensemble sur ce sujet, et ça, c’est fantastique ! Les paysages français sont parmi les plus beaux du monde, ce n’est pas le fruit du hasard. Depuis toujours, les agriculteurs protègent leurs terres et donc la nature. Nous continuerons à être moteurs en matière environnementale. » « Monter en gamme ? Pour qui ? » Reste à savoir avec quels prix ? Dans le lait, les céréales ou la viande, la question du prix payé au producteur reste une donnée problématique. Les États Généraux de l’Alimentation (EGA) qui se sont déroulés en 2017 devaient enfin faire évoluer la donne. Bilan de plusieurs mois de consultations, de discussions et rencontres : la nécessité d’avoir des prix rémunérateurs pour les producteurs. « Chouette, on avance ! » taquine le président sortant des JA du Haut-Rhin, Christophe Bitsch. « Des prix rémunérateurs sur le marché intérieur, c’est déjà ça ! Mais cela ne suffit pas. » Qu’en est-il en effet de la partie exportée ? La France ayant toujours eu une tradition exportatrice en matière de produits agricoles, la question soulevée par Christophe Bitsch se veut pertinente. « En résumé, les EGA, c’est bien, mais peut mieux faire. Il nous faut surtout des actes derrière les mots. Vite, des prix pour nos produits ! » Mais quels produits ? Là encore, Christophe Bitsch s’interroge. « Il paraît que l’on doit monter en gamme. Sûrement une idée de bobos franciliens, car tous les produits agricoles français sont haut de gamme. Ils n’arrivent pas à être d’accord sur ce que doit être une agriculture haut de gamme. Tantôt bio, tantôt raisonnée, tantôt conventionnelle… Notre agriculture française n’est rien de tout cela. Elle est juste belle, car multiple et complémentaire ! » Et puis à qui s’adresserait cette fameuse « montée en gamme » ? « Pour ceux qui se battent pour du Nutella à 1,40 € le pot ? On devrait monter en gamme alors qu’une partie de notre population se paupérise et n’a que le Nutella à 1,40 € à offrir à ses enfants comme petit plaisir ? À moins que l’on doive monter en gamme pour les bobos peut-être ? Ceux-là même qui sont en grande partie contaminés par les sectes abolitionnistes de type L214 ou 269 Life. Ces PME anti-élevage sont à vomir. Elles mentent, utilisent des méthodes sectaires, et coupent ceux qui les rejoignent de toute réalité. » Christophe Bitsch poursuit sa diatribe en pointant du doigt les « fakes news » utilisées par la Mairie de Paris pour expliquer les récentes inondations qui ont touché la capitale. « D’après elle, ce serait dû à l’agriculture ! C’est la meilleure blague de ce début d’année ! Mais si on nous laissait entretenir fossés, cours d’eau, drainages comme nous savons si bien le faire, nous pourrions au moins limiter l’impact des crues. C’est du bon sens paysan, tout simplement ! » Dans ce « chaos ambiant », l’installation d’un jeune agriculteur est devenue « un vrai défi » aujourd’hui. Heureusement pour les JA du Haut-Rhin, l’Administration départementale et la Région Grand Est restent « d’excellents partenaires ». « Heureusement ! Car il va falloir énormément de souplesse dans l’application des textes de loi, notamment en termes de suivi des installations. »

Publié le 28/12/2017

Quelle année ! Vous me direz qu’on dit ça tous les ans. Soit... Néanmoins, 2017 fut meilleure que 2016, c'est indéniable. Les rendements sont revenus à la normale pour la plupart des cultures. Mais n'oublions pas l'épisode de gel du printemps, qui a très tôt ruiné l'année de beaucoup de viticulteurs, d'arboriculteurs et de producteurs de petits fruits. Alors rendements normaux, mais prix encore en berne, que ce soit en productions végétales ou animales. Difficile de rebondir avec ça ! Heureusement, le nouveau monde politique est passé par là ! Celui qui veut, comme nous, mieux d'Europe, qui s'oppose aux distorsions de concurrence, qui ne veut plus de sur-transposition de normes. Vous y avez cru ? Ce n'était que de la poudre de perlimpinpin comme aime dire notre bonimenteur de président. Interdiction du glyphosate, signature de traités internationaux instaurant une distorsion plus importante que jamais… En termes de reniements entre promesses et actes, on tient un champion ! Malgré tout, restons mobilisés ! Et pour l'être dès janvier, pensez à vous ressourcer et profiter en famille de cette fête de Noël. Sans oublier de nous inspirer de la naissance du sauveur de l'humanité pour se dire que tout est possible… Alors Joyeux Noël et une très belle année 2018 mes amis !

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