Producteurs de lait de l’association des huit cantons
Les yaourts « A Güeter ! » font leur foire
Producteurs de lait de l’association des huit cantons
Publié le 15/11/2017
Une cinquantaine de producteurs d’Alsace et de Lorraine ont lancé il y a quelques semaines « A Güeter ! »*. La nouvelle marque de yaourts est disponible dans les enseignes de la grande distribution où ils connaissent un beau succès. Les professionnels seront présents à la foire de la Sainte-Catherine d’Altkirch pour les faire déguster au grand public.
L’histoire démarre en mars 2016. Lors de l’assemblée générale des producteurs de lait des huit cantons, les éleveurs cherchent de nouvelles pistes de valorisation pour leur lait. Ils sont confrontés à la crise économique du secteur et entendent pérenniser leur activité, prendre leur destin en main. Le président de l’association, Michel Rohrbach, du Gaec de Wittelsheim, vient devant ses adhérents avec une idée. Plus exactement avec un pot de yaourt où le logo de l’association est posé dessus. Les discussions démarrent. « Nous avons échangé et beaucoup travaillé. Nous avons monté un projet : celui de lancer notre propre yaourt. Nous avons réalisé des études de faisabilité, mais également des études économiques et techniques. Nous avons travaillé avec la centrale Système U et notre coopérative de lait, Eurial qui est située entre Metz et Nancy. Cela a eu une première conséquence positive. Toute la filière était réunie et a discuté ensemble », explique Michel Rohrbach. Des discussions qui ont permis d’avancer en commun et de faire mûrir le projet. À tel point que les adhérents de deux associations de producteurs, celle des huit cantons et celle de Vézelise en Meurthe-et-Moselle, ont finalement déposé leur propre marque « A Güeter ! ». Une marque, un produit qui se différencie de tous les autres. « Nous avons établi un cahier des charges : un pot en verre, très peu d’emballage et surtout un produit de qualité avec du vrai lait, de la crème, pas de conservateur. Du coup, le yaourt est très onctueux. C’est un produit très solide qui ne ressemble à aucun autre. Son nom, nous l’avons choisi pour valoriser notre terroir, notre histoire, nos racines », ajoute Michel Rohrbach. 50 000 pots de yaourts vendus en octobre Ce yaourt régional « Grand Est » a vocation à se développer sur cette zone géographique. « Il y a ici le même type de consommation. C’est notre territoire. Nous avons choisi de nous intéresser en premier lieu aux grandes et moyennes surfaces (GMS). Trois d’entre elles ont accepté dès le départ : Super U, Cora et Leclerc. Depuis, nous avons eu de nouveaux contacts. Ici dans le Grand Est, mais également jusqu’à Paris. Dans ce premier temps, nous allons tout d’abord travailler sur notre bassin et nous ferons le point en 2018 où nous aurons une stabilité de nos produits », avance Michel Rohrbach. Pour le moment, le succès est réel. Les consommateurs sont au rendez-vous. Pour le seul mois d’octobre, 50 000 pots de yaourts ont été vendus. Essentiellement sur le Haut-Rhin. « Nous commençons seulement à communiquer et à mener des actions dans le Bas-Rhin et en Lorraine. Jusqu’à présent, les consommateurs nous suivent. Et ils le font car ils sont satisfaits de la qualité de nos yaourts. Nous recevons même des cartes postales de remerciements. À la date d’aujourd’hui, nous sommes capables de répondre à la demande. Après, nous allons voir dans le temps si le succès reste de cette importance », complète Michel Rohrbach. Des dégustations Outre le produit, les producteurs laitiers complètent leur offre par une démarche atypique dans le secteur laitier : celle d’aller au contact des consommateurs. À cet effet, ils ont suivi deux jours de formation spécifique sur l’animation de stands. Depuis, ils proposent chaque semaine des animations dans différentes grandes surfaces afin de présenter leur démarche aux consommateurs. Pour les repérer, rien de plus simple car les tabliers roses flashy ne passent pas inaperçus ! À chaque fois, les éleveurs sont là, en duo. « Nous voulons créer une relation sincère entre producteurs et consommateurs. Nous comptons d’ailleurs sur ces animations pour que les gens nous indiquent quel parfum ils souhaiteraient que nous lancions à l’avenir… », relève Michel Rohrbach, qui défend le circuit court, mais aussi la qualité haut de gamme de ces yaourts constitués de lait, de crème et de fruits. Les producteurs sont présents, souvent le samedi, dans les GMS de la région, mais également sur différents événements agricoles ou non. On les a retrouvés récemment à la foire Simon et Jude à Habsheim. Et ils seront présents jeudi 23 novembre à la foire de la Sainte-Catherine d’Altkirch. « Nous y serons avec notre laiterie. Nous avons choisi d’agrandir notre stand pour l’occasion, juste en dessous du parc matériel. Nous ferons déguster toute la journée au public nos yaourts. Évidemment nous serons équipés de nos tabliers roses. C’est nécessaire d’être là », complète Michel Rohrbach. Une aventure professionnelle et humaine qui soude les éleveurs, qui leur permet de sortir de leur travail quotidien et qui, en définitive, et ils l’espèrent tous, leur permettra d’obtenir un retour économique intéressant. Des nouveaux produits en 2018 Les producteurs ont également créé une page Facebook pour une communication virale. Sur cette page, ils donnent rendez-vous à leurs clients le 2 décembre prochain. Ce jour-là, ils mettront en avant trois magasins dans le Haut-Rhin où il sera possible de déguster en avant-première cinq nouveaux produits : un yaourt nature et les autres fruités. « Nous souhaitons que les consommateurs nous aident à trouver celui qu’ils veulent que nous produisions. De ce sondage, nous en sortirons deux en 2018. Cette démarche est nécessaire. Les consommateurs sont demandeurs. Ils veulent être impliqués et associés dans ce projet. Dans le même temps, nous n’oublions nos valeurs agricoles », conclut Michel Rohrbach.












