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Lancement de la mirabelle d’Alsace à Sigolsheim

Une précocité qui manque de couleurs

Publié le 05/08/2018

Le premier lancement officiel de la mirabelle d’Alsace a eu lieu ce mardi à Sigolsheim à la SCEA Fruits Bernhard. La campagne 2018 se montre plutôt bonne, tant en qualité qu’en quantité. Seul bémol : une coloration qui a du mal à se faire à cause des faibles différences de température entre le jour et la nuit.

La « saga des fruits d’été » en Alsace se poursuit. Après la cerise au mois de juillet, c’est au tour de la mirabelle de connaître son lancement officiel. Une première qui a eu lieu mardi à la SCEA Fruits Bernhard, à Sigolsheim. Une exploitation durement touchée par le gel et la grêle en 2017, et qui peut s’appuyer cette année sur une récolte de mirabelles plus qu’abondante. Dans le verger où les ouvriers travaillent d’arrache-pied depuis le début de la matinée, certaines branches plient l’échine sous le poids des fruits. Une bonne nouvelle pour Danielle Claudepierre et son mari, Yves, tant la récolte de fruits à noyaux est essentielle au résultat économique de leur entreprise. « Ce sont la quetsche et la mirabelle qui nous font vivre », explique-t-elle. Si l’abondance est bienvenue après une année de quasi-disette (80 % de la production avait été détruite en 2017), elle doit cependant être « calmée » pour assurer une production « stable » l’année d’après. « La mirabelle est une production qui alterne beaucoup. Des professionnels comme nous ne peuvent pas se le permettre. Du coup, on vibre l’arbre quand les mirabelles sont encore vertes, ou on effectue un éclaircissage chimique pour tempérer la production », détaille Yves Claudepierre. Cette année, ses arbres ont voulu se rattraper. Même en récoltant près de 15 t par jour, tout ne pourra pas être cueilli. « Ça va être compliqué de faire un deuxième passage sachant que la quetsche arrive rapidement derrière. On a qu’une seule machine pour récolter et c’est un travail qui prend du temps. Si c’est pour que ça aille en distillation, c’est dommage. Mais entre les oiseaux et les cyclistes, il ne restera plus grand-chose sur les arbres au final », estime-t-il. Du sucre mais pas assez de couleur Ses équipes ont démarré le travail de récolte en début de semaine. Elle devrait durer trois semaines environ. Le pic est attendu entre le 5 et le 15 août. « C’est la première fois que la saison démarre aussi tôt en Alsace », fait remarquer le président de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla), Pierre Lammert. La chaleur et le fort ensoleillement ont bien évidemment favorisé cette situation. Autre point positif de cet épisode caniculaire : l’absence de pourriture et des taux de sucre élevés. Mais chaque médaille à son revers. Outre le fait que ces fortes chaleurs obligent Yves et Danielle Claudepierre à mettre en place des équipes de nuit, le manque d’amplitude thermique retarde le processus de maturité. « Les mirabelles ont tendance à rester vertes au lieu de se colorer. C’est le point faible de la récolte », développe Philippe Jacques, conseiller arboricole à la Chambre d’agriculture d’Alsace. Concrètement, pour une journée à 30 °C, il faudrait que la température nocturne soit comprise entre 12 et 14 °C pour que l’amplitude thermique soit correcte. Ce qui, au vu des dernières prévisions météos, ne semble pas se profiler dans les prochains jours. Une production « pro » qui pourrait dépasser les 1 000 t Si la ferme Bernhard va pouvoir faire le plein de mirabelles cette année, cela ne sera pas le cas de tous les autres producteurs alsaciens. En effet, cette campagne va se caractériser par des volumes inférieurs dans le Bas-Rhin, suite à une année 2017 record. Ce n’est que dans le sud de ce département et dans le Haut-Rhin, où les vergers étaient gelés à plus de 50 % l’an passé, que l’on devrait dépasser les optimums de récolte. Au total, les producteurs tablent sur une récolte de mirabelles qui pourrait dépasser les 1 000 t. Un chiffre prometteur puisqu’habituellement les professionnels ne récoltent « que » 800 t environ, soit un tiers de la production annuelle alsacienne totale. Le reste, soit 1 500 t en moyenne, est récolté dans des vergers familiaux. Cette production « amateur » alimente la vente directe aux consommateurs, ainsi que les nombreux marchés de l’industrie, comme les fruits au sirop, la surgélation, la pulpe et la distillerie. La filière professionnelle, quant à elle, s’est focalisée sur le marché du fruit de bouche à travers différents opérateurs dont une bonne part de grossistes locaux. Les mirabelles qui ne sont pas valorisées en fruits de bouche sont mises en marché principalement par deux opérateurs : les Jardins du Ried et la Prune Lorraine.

71e foire aux vins régionale des vins d’Alsace

Le vin au cœur de la fête

Publié le 02/08/2018

« Le vin, c’est la rencontre entre un cépage, un terroir, le talent d’un producteur et le goût d’un amateur ». Cette analyse du président du Sénat Gérard Larcher a ouvert vendredi 27 juillet la 71e foire aux vins d’Alsace de Colmar. Elle se poursuit jusqu’à ce dimanche soir 5 août.

Le second personnage de l’État en rang protocolaire derrière le Président de la République a captivé l’auditoire venu assister à cette inauguration. Ses analyses sur la réforme territoriale ont ébranlé les certitudes des uns et des autres. Gérard Larcher en a profité pour rappeler que « l’Alsace est au cœur de l’Europe. À ce titre, elle a un rôle majeur à jouer dans la dynamique du Rhin supérieur ». Son passage pertinent sur le vin et la viticulture a séduit la profession et les organisateurs de la foire aux vins. « C’est un plaisir pour moi d’être présent à cette manifestation qui est la troisième foire de France. Depuis 1948, elle a reçu onze millions de visiteurs. Ils ont tout d’abord été attirés par ce qui est sa signature : les vins d’Alsace. Ensuite par ses spectacles, ses animations et son festival. C’est un événement majeur de l’été dans cette région, un événement populaire », explique Gérard Larcher. Il cite tour à tour Benjamin Franklin pour faire un lien entre la bière et le vin, puis Paul Claudel pour rappeler l’histoire millénaire de la viticulture occidentale, sans oublier le verset 2, chapitre XV de l’Évangile selon Saint-Jean pour associer les vignerons et le législateur. « Les premiers taillent dans la vigne et le second créé des lois sur mesure ». Enfin, Montaigne n’est pas oublié : « Servez-leur de bons vins, ils vous feront de bonnes lois ». Une leçon de connaissances où s’entrecroisent humour, culture et histoire ! « Vos vins ont une histoire » Gérard Larcher détaille l’importance de la filière viticole en France, qui représente un excédent commercial de 11,5 milliards d’euros, le second derrière l’aéronautique. Intronisé en 2013 par la confrérie de Scherwiller, le président du Sénat connaît bien la profession viticole de la région, et insiste sur l’importance de cette filière pour l’Alsace : « Vos vins ont une histoire. Ce sont eux qui ont fait l’Alsace, avec l’excellence des cépages, l’expertise des hommes et des vignerons. Vos vins sont un élément important de l’identité alsacienne. Je tiens à rendre hommage aux professionnels qui portent les vins d’Alsace. Car le vin, c’est la rencontre entre un cépage, un terroir, le talent d’un producteur et le goût d’un amateur ». Des propos appréciés et salués par des applaudissements chaleureux. Valoriser, conquérir, réunir Le directeur du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa), Gilles Neusch, a présenté la politique dynamique qui a été engagée par la profession ces derniers mois, avec la diffusion d’un film promotionnel, un nouveau logo symbolisé par les initiales des vins d’Alsace en majuscules, « VA ». Un logo et une politique qui illustrent le renouveau de la filière, fière de ses vins et de sa région, et son désir de conquérir de nouveaux marchés. « Les vins d’Alsace s’apprécient déjà dans 134 pays dans le monde. Mais, face à une concurrence toujours plus acharnée, nous nous devons de mieux communiquer, de mieux valoriser nos produits, de promouvoir nos trésors. Nous devons expliquer les vins d’Alsace aux consommateurs. Nous sommes donc passés à l’offensive. N’oublions pas que l’Alsace réunit tous les terroirs du monde. Nous sommes la référence en vins blancs secs. Nos vins d’Alsace sont adaptés à toutes les cuisines. Et nos vins sont portés par des visages humains derrière chaque étiquette. Nous sommes champions de France de la vente au caveau. Nous sommes également les fers de lance de la viticulture biologique avec un vignoble qui est le plus écologique de l’hexagone. Sans oublier notre remarquable route des vins d’Alsace », plaide Gilles Neusch. Une impressionnante progression qualitative des vins d’Alsace qui peut se vérifier jusqu’au 5 août à la foire aux vins d’Alsace. « La foire s’est adaptée à son temps » Les autres interventions de cette matinée inaugurale ont permis à la présidente de Colmar Expo - et surtout présidente de la délégation de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Colmar et du Centre Alsace - de s’inquiéter de la suppression annoncée des ressources fiscales de cette chambre consulaire. Soit 400 millions d’euros (M€) de moins sur quatre années pour tout le réseau des CCI, dont 10 M€ rien que pour l’Alsace. Le maire de Colmar, Gilbert Meyer, a également évoqué la réforme territoriale, s’exprimant « pour une fusion des deux départements pure et simple, et sans condition ». Quant à Christophe Crupi, directeur des foires et salons de Colmar Expo, il a déclaré : « Après la 70e édition où nous avons dépassé le cap des 300 000 visiteurs, nous sommes de retour avec un grand objectif : faire encore mieux. La foire s’est adaptée à son temps en proposant régulièrement des nouveautés. Cette année, nous cherchons à valoriser encore davantage les vins d’Alsace en lien avec toutes les familles professionnelles du vignoble. Il y a des nouveautés, comme le petit marché agricole, et toujours des animations qui font la force de la manifestation. Sans oublier le festival avec ces 12 concerts ». Le mot de la fin est revenu au trio royal sortant, composé de la Reine des vins d’Alsace 2017-2018, Justine Schmitt, et de ses deux dauphines, Marie Grund et Clémence Bleger. Tout était en place pour couper le ruban de cette 71e édition. Désormais grande ouverte !

Publié le 01/08/2018

Lors de la journée d’ouverture de la foire aux vins d’Alsace de Colmar, le comité des Reines des vins d’Alsace a organisé sa seconde soirée de gala. 180 personnes étaient présentes pour assister à l’annonce du nom de la reine 2018. Il s’agit de Margaux Jung. Ses deux dauphines sont Flore Ansel et Pauline Husson.

Après une première soirée réussie l’an passé, le comité des reines des vins d’Alsace, présidé par Claudia Renel, a renouvelé l’événement, toujours au cabaret colmarien, et toujours en ce début de foire aux vins. « Le concept avait séduit. Nous l’avons donc reconduit en améliorant l’organisation. Nous sommes heureux de constater que le public a répondu présent », se félicite Claudia Renel. Parmi les participants, on pouvait reconnaître le maire de Colmar, Gilbert Meyer, le président du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa), Didier Pettermann, et celui de l’Association des viticulteurs d’Alsace, Jérôme Bauer. Au cours de la soirée, les tables non réservées se sont bien remplies. « Nous voulions aller voir Indochine, mais c’est complet. Nous avons espéré jusqu’au dernier moment. Peine perdue. Du coup nous avons visité la foire. Et, par hasard, nous nous sommes arrêtés ici. Nous avons décidé de dîner tout en suivant la soirée. Elle a été très intéressante. Le spectacle m’a impressionné. Le concept de reine, je connaissais. Celle qui a été choisie semble connaître la viticulture. C’est apparemment l’objectif, si j’ai bien compris. C’est sympa. J’aime bien les vins d’Alsace. Avec mon épouse, nous dégustons du riesling avec le repas », témoigne Jean-Paul Fauviau qui, avec son épouse Suzanne, est de passage en Alsace pour quelques jours. Le couple habite à une dizaine de kilomètres de Nantes. La dernière de Jean-Marie Arrus La soirée est ouverte par la présidente de Colmar Expo, Christiane Roth. « Nous organisons une soirée avec le comité des reines des vins et le Civa depuis deux ans. Un trio a été désigné. Vous allez connaître la nouvelle reine et ses dauphines, assister à un superbe spectacle et passer une bonne soirée. La reine et ses dauphines sont partout dans le vignoble et ailleurs pendant une année. Je tiens à rendre hommage au trio sortant, qui a toujours été soudé pour la promotion des vins d’Alsace », souligne Christiane Roth. Un avis que partage Didier Pettermann : « Vous êtes toutes des ambassadrices des vins d’Alsace. Et c’est vrai depuis 1954. Nous en profitons pour saluer la première reine, Marguerite Binner-Bannwarth, qui est présente à cette soirée. Et pour rappeler que nos reines sont élues pour la qualité de leur présentation et leurs connaissances du vignoble et des vins d’Alsace ». Le comité des reines existe depuis sept ans. Il a été impulsé par les deux précédentes présidentes : Marie-Odile Goefft et Martine Guth. La soirée se poursuit avec le repas et le spectacle présenté par Jean-Marie Arrus. Un moment d’émotions pour ce dernier, qui officie à cette responsabilité pour la dernière fois. D’ailleurs, ce soir-là, comme pour toute la durée de la foire, il est secondé par celle qui va lui succéder : Marlyse Riegenstiehl. Comme chaque année, le spectacle est magnifique. Avec fierté et honneur Le moment tant attendu arrive. Avec émotion, le trio sortant va céder sa place. La reine 2017-2018, Justine Schmitt, et ses dauphines Marie Grund et Clémence Bléger sont invitées à venir sur scène. Elles rappellent leurs joies et les bons moments passés au cours de cette année très chargée. Le nouveau trio entre en scène. Didier Pettermann invite Marguerite Binner-Bannwarth à venir annoncer le nom de la nouvelle reine des vins d’Alsace. Il s’agit de Margaux Jung. Âgée de 24 ans, elle est originaire de Riquewihr. Sa candidature a été poussée par sa famille, et notamment son grand-père, Roger Pontius. Ce dernier, âgé de 88 ans, la rejoint sur scène pour une photo de famille. Le moment est très intense. Les deux dauphines sont Flore Ansel et Pauline Husson. La première est âgée de 21 ans et est originaire de Turckheim. La seconde est âgée de 27 ans et est originaire de la vallée d’Orbey. Quelques minutes après les traditionnels discours, les photos et autres témoignages d’affections de sa famille, Margaux Jung accepte de répondre à nos questions. Elle est issue d’une famille de viticulteurs : le domaine Jung Gustave et fils à Riquewihr. Elle termine un master en septembre et va poursuivre son cursus avec un Brevet professionnel responsable d’entreprise agricole (BPREA) spécialisé dans le vin à Rouffach. « À terme, mon objectif est de reprendre le domaine familial », précise la nouvelle Reine, très étonnée d’avoir été élue. « Tout a démarré par une simple candidature et une présentation vidéo. Quand j’ai été présélectionnée, j’ai rigolé et j’étais déjà très contente. Nous n’étions plus que sept. À l’entretien, je me suis dit que c’était fichu. Toutes les filles avaient bien préparé et moi, la veille de mon passage, je suis allée à Strasbourg assister à la finale de la coupe du monde de football. Paradoxalement, je suis arrivée à cet entretien sereine et tranquille. Quand, ensuite, j’ai été rappelée, j’étais surprise », raconte la nouvelle reine des vins d’Alsace. Lors de cette soirée, Margaux Jung n’imaginait toujours pas que ce serait elle qui serait choisie. « Je compte exercer cette responsabilité avec fierté et honneur. Et je vais le faire avec mes dauphines, Flore et Pauline. Comme le trio précédent, nous allons représenter ensemble les vins d’Alsace, les professionnels, la région. Nous connaissons toutes les trois le vignoble, le métier, les vins. Ça va être une année géniale », conclut Margaux Jung.

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