communication

Publié le 26/09/2018

Renouveler sa clientèle avec un objectif de mieux valoriser leurs vins est le défi commercial qui se pose avec de plus en plus d’acuité aux opérateurs alsaciens. Une étude du marché français commandée par le Civa définit clairement deux groupes d’amateurs de vins qui cadrent dans cet objectif.

Les maisons de vins d’Alsace vivent en partie sur un acquis : leur clientèle française fidèle. Ces gens-là aiment l’hédonisme et le partage. Ils débouchent la plupart de leurs Alsace à domicile et lors des repas. Ils représentent potentiellement plusieurs millions de personnes. Le revers de la médaille est qu’ils se rangent plutôt dans la catégorie des consommateurs occasionnels et ne s’intéressent pas fortement aux vins. Ils présentent enfin une dernière caractéristique à laquelle ils ne peuvent rien : ils sont vieillissants. 38 % d’entre eux ont plus de 65 printemps ! Voilà un des constats que dresse l’étude que l’agence Wine intelligence a rendue au Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace à l’été 2017. « Le défi est de ne pas perdre cette clientèle classique, tout en parvenant à séduire les clients de demain » résume Stéphanie Dumont, responsable du service intelligence économique du Civa. L’étude a identifié et a caractérisé deux groupes de consommateurs français cibles et possibles futurs acheteurs de vins d’Alsace. Les premiers ont été baptisés les « explorateurs ». Ce sont majoritairement des hommes âgés de 25 à 44 ans, bénéficiant d’une situation économique aisée. Ils consomment du vin au moins trois fois par semaine, au restaurant ou en des occasions où ils se trouvent avec des amis. Et l’achat d’un vin d’Alsace les tente. « Le bémol, c’est qu’ils sont sensibles à la notoriété du vin, à l’étiquette, à la bouteille. Le statut du vin est pour eux une valeur importante. Or c’est justement un point faible des Alsace » précise Stéphanie Dumont. Le second groupe cible rassemble les « curieux ». Ils se recrutent dans toutes les tranches d’âge. Ils sont hédonistes et friands de nouveaux vins. Ils s’informent moins que les explorateurs et préfèrent se laisser guider par le bouche-à-oreille. Le statut du vin est moins important pour un « curieux » que pour un « explorateur », son budget par bouteille aussi, mais l’étude lui attribue un bon potentiel de montée en gamme si sa connaissance des Alsace augmente. Dans ce cas, il est prêt à débourser entre 7,50 et 9,99 €/col. En France, le nombre estimé « d’explorateurs » tentés par l’Alsace serait le double de celui des « curieux ». Au total ces deux groupes totaliseraient plus d’un million de personnes, plus présents aux centres qu’en périphérie des villes. Ils fréquentent, plus que la moyenne, les cavistes ou les bars à vins que les allées d’un hypermarché. Rejoindre le statut d’autres vignobles Le Civa est le premier à peaufiner pour 2019 des actions propres à toucher ces deux groupes cibles par circuit de vente et par zone géographique dans l’Hexagone. « Nous savons comment et où ces amateurs achètent leurs vins. Nous en avons une connaissance suffisante pour leur adresser les bons messages au bon endroit. Les tests de la nouvelle campagne de promotion des vins d’Alsace sont en cours d’exploitation » explique Stéphanie Dumont. Mais l’interprofession ne doit pas être le seul levier : chaque opérateur peut télécharger les profils consommateurs identifiés pour les exploiter ou se faire assister par le service intelligence économique pour comprendre qui sont ses consommateurs, quelle est la meilleure manière de les aborder. « Le metteur en marché doit s’interroger sur l’attractivité de son étiquette vis-à-vis des consommateurs qu’il cible, sur la visibilité de son message. Est-il délivré de façon cohérente sur tous les supports de communication de l’entreprise ? Faut-il saisir l’opportunité de modifier des mots et/ou une image pour déclencher un surcroît d’intérêt, mettre une nouveauté en avant sur son site internet ou ailleurs ? Doit-il travailler sur l’hédonisme en organisant des événements qui peuvent séduire ces profils ? » rappelle Stéphanie Dumont. Pour mettre cette stratégie à moyen/long terme en œuvre, le vignoble ne part pas de rien. L’étude montre que l’Alsace réalise la meilleure performance en notoriété assistée des vins blancs. Sur une base de 38 millions de Français adultes, 76 % connaissent le vin d’Alsace, soit cinq points de mieux que Chablis. Cela ne signifie pas automatiquement qu’on en achète ou qu’on en consomme. Car seuls 59 % des consommateurs ont ouvert au moins une bouteille d’Alsace au cours des douze derniers mois. « Le taux de conversion entre connaissance et consommation reste néanmoins très correct » juge Stéphanie Dumont. 33 % des consommateurs ont déclaré acheter des Alsace. « L’étude fait fortement ressortir que la fierté de le servir explique pour beaucoup l’acte ou le non-acte d’achat. Dans l’étude 45 % des personnes interrogées le sont dans le cas d’un Alsace, sept points de moins que pour le Chablis. C’est pourquoi les vins d’Alsace doivent absolument gagner en statut pour rejoindre ceux d’autres vignobles. Le nouveau logo des vins d’Alsace s’inscrit dans cette stratégie. Il importe de soigner davantage l’image générale des Alsace, comme chaque bouteille, chaque étiquette. Ils doivent séduire quand le maître de maison les pose devant la famille, les amis. La marge de progression est énorme. Elle montre un des principaux problèmes de valorisation des Alsace » estime Stéphanie Dumont. Alors, au travail !

Publié le 20/09/2018

Le salon Passion de nos terroirs s’inscrit dans la continuité des Assises régionales de l’alimentation. Cette série de débats organisée au premier semestre 2017 a abouti à une feuille de route pour augmenter la part de produits régionaux dans les rayons et dans les assiettes alsaciennes.

« Nous l’avons demandé, vous l’avez fait », a lancé Pascale Gaillot. Mardi, la vice-présidente à la Région a inauguré le premier salon Passion de nos terroirs, un an après les Assises régionales de l’alimentation et la feuille de route qui en découle. Petit retour en arrière. L’an dernier, après six mois de réunions publiques, la Région publie un état des lieux du marché alimentaire régional. Elle y ajoute un plan pour booster la part de produits locaux dans les magasins. Cela doit permettre de « reconquérir les consommateurs du Grand Est », selon l’élue en charge de l’agriculture. Parmi les mesures évoquées, la nécessité de faciliter les contacts entre producteurs et acheteurs. À ce titre, les salons professionnels s’imposent comme des outils de premier choix. Un grand nombre de professionnels se retrouvent dans un espace réduit. Des liens se créent. Pas de contrat mais des contacts Ce type de rencontre n’assure pas de retombées économiques directes. Mais il permet de discuter et de se connaître. « On est là pour faire du business, assume Jean-Luc Pelletier, président de la Chambre régionale d’agriculture Grand Est. Mais avant il faut se mettre d’accord sur le prix, les volumes, la qualité… » Des détails plus faciles à aborder en face-à-face que par téléphone. Mais les volumes semblent être l’élément le plus difficile à respecter. « Nous devons être en mesure d’assurer l’approvisionnement de toutes les demandes. » Qu’elles soient en bio, conventionnel, grande distribution ou circuits courts. Avec Passion de nos terroirs, la Chambre d'agriculture et le Conseil régional font un pas vers la reconquête des clients du Grand Est. D’ailleurs, le salon va aussi poser ses valises à Pont-à-Mousson (54) en octobre et à Châlons-en-Champagne l’an prochain.

BiObernai, conférence de Guillaume Corpard, mouvement végan

Abêtissant !

Publié le 19/09/2018

Au rythme de cinq à dix conférences par mois, Guillaume Corpard écume les salons bios de France pour présenter ses thèses militantes en faveur du mouvement végan et anti-spéciste. Et pour faire la promotion de son livre « Un cri pour la terre ».

Guillaume Corpard était l’invité de cette édition 2018 de BiObernai, le salon bio à Obernai, pour animer la conférence inaugurale. Selon la volonté des organisateurs, BiObernai alterne les thématiques selon la règle « une année, un sujet consensuel, et une année un sujet qui fâche », explique Maurice Meyer. Et cette année, les âmes sensibles pouvaient s’abstenir. Avec globalement, un auditoire plutôt bien prédisposé et sensibilisé à la cause de la souffrance animale, le conférencier militant végan n’a pas eu à s’employer pour contrer des avis opposés, d’autant qu’on ne les a pas laissés s’exprimer lors de cette conférence. Mais au-delà du propos sur le bien-être animal, c’est dans la conférence de Guillaume Corpard alternant entre violences psychologiques, humour, sophismes et morale, que la méthode pour conquérir ses ouailles interpelle. La technique de communication orale éprouvée dissimule une réalité d’endoctrinement à laquelle doit faire face le monde agricole, les éleveurs en particulier. Car derrière le sourire d’un conférencier, il y a des militants déterminés à en découdre avec les agriculteurs, radicalisés et aux facultés de discernement et d’analyse critique altérées par des sophismes, des raccourcis et des messages subliminaux. Par exemple, en enchaînant les images, l’exposé assimile sans nuances les élevages agricoles traditionnels aux dérives en abattage industriel, et à la maltraitance sadique d’animaux domestiques. Bien souvent, face à des manipulations de masse, c’est le sens de l’histoire qui permet à chacun de revenir à la réalité et à la raison, souvent malheureusement après que l’histoire a fait son œuvre. Une conférence en quatre actes. Acte 1, story-telling, l’émotion prend le pouvoir « J’avais une poule, mon animal de compagnie depuis ma plus tendre enfance, et je mangeais un poulet-frite. » Après son histoire, le conférencier plonge son auditoire dans un malaise psychologique à coups d’images et de vidéos chocs de souffrance animale, d’abattage en abattoir, de systèmes sur-concentrationnaires, de dérives… Images dont l’agriculteur éleveur se passerait bien, lui aussi, pour poursuivre paisiblement son activité, sa passion. … Émotion, danger, prise de pouvoir, fondés sur des constats partagés, mais où seules les dérives sont exposées… Et où bien sûr, le rôle de l’animal dans la construction des civilisations est éludé : le façonneur de bocage, le constructeur de cathédrale, l’ouvreur de paysage en montagne ou le transporteur d’hommes… Acte 2 : le sophisme environnemental L’exposé enchaîne sur l’ensemble des maux causés à la planète par l’alimentation animale : bilan carbone de l’alimentation carnée, gaz à effets de serre, sur-pêche, déforestation. Là aussi, Guillaume Corpard ne manque malheureusement pas de références. Mais, encore sous le coup de l’émotion, l’auditoire est amené à penser que le véganisme serait la solution à tous les problèmes. Le véganisme améliorerait le bilan carbone : aucune remarque n’émane du public par exemple lorsque Guillaume Corpard présente sur fond de slide, des fruits exotiques, ananas, avocat, de la « nourriture-avion » dont le bilan carbone est tout aussi, sinon plus contestable que certains modes d’élevage. Exit d’ailleurs les problématiques de transport, de pollution au plastique, de persistants chimiques : la problématique environnementale focalise les attentions - décérébrées par l’émotion - sur la nourriture animale. Acte 3 : après le malaise et la culpabilité, il faut contenter « le moi » Une fois passées la peur, l’inquiétude, la violence, avec des photos il faut bien le dire peu ragoûtantes, dont chacun est conduit à penser que c’est la règle générale, place au contentement, à la satisfaction de son moi profond. Très soucieux de sa santé, le consommateur bio est d’ailleurs plutôt bien prédisposé à entendre ces argumentaires. C’est le lait qui est dans le viseur de Guillaume Corpard. Non seulement il serait inutile, quelles que soient ses formes, en fromage ou naturel. Mais il serait source de problèmes osseux, d’allergies… Aucune réaction de la salle et pourtant : est-ce bien le lait qui est en cause ou nos modes de vie trop sédentaires, nos équilibres alimentaires ? Et une approche un peu plus critique pourrait inviter à questionner : le lait est-il plus utile ou inutile que la carotte ou que la salade ? Acte 4 : le soulagement, la morale Conclusion. Monsieur Corpard rêve d’un monde meilleur où l’homme n’est plus considéré dans le règne animal au sommet de la pyramide de l’évolution. Est-ce parce que certains hommes se considèrent au sommet de cette évolution qu’ils se comportent mal avec les animaux ? Cependant, l’homme est tout de même le seul à être capable de décider de ce qu’il mange et est donc invité à devenir végan pour sauver la planète. Fin de la conférence : les esprits subjugués par le conférencier applaudissent. Monsieur Corpard dit son inquiétude à propos des taux de suicide chez les agriculteurs. Pourtant, à l’écouter, pas sûr que ses propos rassurent les agriculteurs…

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