communication

Léa Klein, jeune présentatrice

Une bulle d’Oxygène sur le ring

Publié le 25/10/2019

Léa Klein s’apprête à participer, pour la deuxième année consécutive, au concours des jeunes présentateurs à Habsheim. Avec sa génisse Oxygène, elle a l’opportunité de vivre pleinement sa passion récente pour l’élevage bovin.

Elle a un cheval, un poney et un âne. Mais pas de vache. À 21 ans et passionnée depuis toujours par les animaux, Léa Klein va, pour la deuxième année consécutive, participer au concours des jeunes présentateurs à la Foire Simon et Jude à Habsheim. Contrairement à beaucoup de participants présents ce jour-là, la jeune étudiante en gestion de l’entreprise et des administrations n’a pas grandi dans le monde agricole. Il y avait bien ses grands-parents qui avaient une petite ferme, mais c’est tout. Chez elle, pas de lait à livrer à la coopérative ou de céréales à récolter. Mais un amour du vivant qu’elle émancipe au fil des années à travers l’équitation. Puis est venue la découverte de la Foire Simon et Jude par l’intermédiaire de sa sœur, étudiante en BTS agricole et participante au concours des jeunes présentateurs. L’ambiance festive, la chaleur humaine, la passion des éleveurs pour leurs bêtes la séduisent. Son petit ami, ouvrier agricole de son état, finit par la convaincre de tenter sa chance. « Lui, il fait Habsheim tous les ans », résume-t-elle simplement. Pour sa première en 2018, elle présente une vache de l’Earl Peter à Saint-Bernard. Elle découvre le ring : le centre d’attention des spectateurs, des éleveurs et du juge. Un « moment particulier », très stressant, qu’elle réussit néanmoins à bien gérer en terminant deuxième de sa section. « Ambassadrice » de l’agriculture Un beau résultat pour une première tentative qui la motive à réitérer l’expérience cette année. Cette fois, ce sera avec Oxygène, une génisse qu’elle a réussi à amadouer petit à petit avec de la nourriture et un peu de tendresse. Un mélange de morceaux de sucre et de gratouillis sur la tête qui a permis de tisser un lien de confiance avec l’animal. « Ce n’est pas comme un cheval qui est bien plus habitué à la présence humaine. Une vache reste farouche. Elle n’est pas habituée au contact, au licol. Il faut l’habituer à tout cela. » D’où l’intérêt des journées de formation destinées aux jeunes présentateurs organisées par le Club Holstein 68 et le Syndicat de la race montbéliarde : apprendre les bases pour bien guider son animal le jour J. Après, c’est à Léa d’apprendre à promener sa génisse dès qu’elle en a l’occasion. « Et quand on sera à Habsheim, je vais essayer de l’emmener sur le ring avant le concours pour qu’elle s’habitue au lieu. » Participer c’est bien, mais être fin prête pour gagner c’est encore mieux. Si possible. Car l’essentiel n’est pas là à ses yeux. Pour elle, sa participation au concours de jeune présentateur est une sorte « d’acte militant » au service de l’élevage, et plus globalement de l’agriculture. « Quand on n’est pas dans le milieu, on ne peut pas tout savoir. Beaucoup critiquent les éleveurs, affirmant qu’ils n’aiment pas leurs bêtes. C’est totalement faux. Ce sont des passionnés qui prennent soin d’elles. Il faut que ça se sache. Je veux que l’agriculture continue d’exister. Aujourd’hui, je suis fière d’être ambassadrice du monde agricole. »

Concours interprofessionnel du fromage munster

Une « diversité » à départager

Publié le 10/09/2019

Le concours interprofessionnel du fromage munster a eu lieu dimanche dernier à la Maison du fromage, à Gunsbach. Près de 70 fromages de toute la zone AOP ont été goûtés, comparés et notés par un jury de professionnels. Pour les médaillés d’or, c’est un tremplin pour le Concours général agricole qui aura lieu au mois de février à Paris.

Comme pour les vins d’Alsace, le fromage munster est riche d’une grande diversité. Entre munster géromé, munster laitier provenant d’industriels, munster fermier issu… de la ferme, munster fermier bichonné par un affineur, et les déclinaisons au cumin, il y a quasiment autant de nuances de saveurs et d’aspects qu’il y a de producteurs au sein de l’AOP. Une « richesse » qui, tous les ans, est passée au crible d’un jury d’experts lors du concours interprofessionnel du fromage munster. Cette année, c’était à la Maison du fromage, à Gunsbach. Près de 70 munsters ont été goûtés, comparés et départagés avec des médailles d’or, d’argent et de bronze (voir le palmarès en encadré). Pour les sept arrivés en pole position, c’est l’assurance de pouvoir participer au Concours général agricole qui aura lieu en février prochain à Paris ; le Syndicat interprofessionnel du fromage munster (SIFM) prenant à sa charge leurs frais d’inscription. La « patte » du producteur Mais à quoi reconnaît-on un « bon » munster ? D’abord, son aspect : un croûtage de couleur rouge orangée, une pâte « souple » avec un peu d’ouverture, un cœur crayeux. Puis vient le goût typique du munster, avec ses notes florales définies au préalable. Des critères précis qui sont sublimés ou non par la « patte » du producteur ou de l’affineur, mais aussi par la qualité de la matière première, à savoir le lait. Et il y a aussi toute l’histoire derrière chacun de ses fromages. Pour les petits producteurs par exemple, cela peut être un héritage familial issu de plusieurs générations avec toute la sensibilité qui va avec. « Dans tous les cas, nous nous attachons tous à faire perdurer un fromage ancestral, quel que soit notre profil. Je dirais même que cette diversité de producteurs au sein de notre AOP est une vraie richesse qu’il faut à tout prix conserver ; et qui doit ressortir dans les médailles que nous distribuons », explique le président du SIFM, Florent Haxaire. Contrairement au vin vinifié une seule fois par millésime, le munster peut être fabriqué une à deux fois par jour, entraînant de fait une grande variabilité dans le résultat final. « Nous ne contrôlons pas la matière première. Il faut à chaque fois s’adapter au lait. Chaque jour, notre travail technologique est remis en question. Ce qui veut dire qu’on peut être médaillé une année mais pas celle d’après. C’est plus aléatoire que dans le vin », poursuit Florent Haxaire. Médaillé ou non, le munster continue de bien se vendre auprès des consommateurs, notamment le fermier (le nombre de producteurs est d’ailleurs en augmentation) et celui qui est affiné. Seul le munster laitier connaît, il est vrai, une baisse de volume. Un phénomène que le SIFM a bien l’intention d’enrayer à travers sa nouvelle campagne de communication et de promotion (lire en encadré).

Nouvelle campagne des Vins d’Alsace

Opérationnelle pour reconquérir le marché intérieur

Publié le 17/05/2019

Devant près de 500 metteurs en marché de vins d’Alsace, la nouvelle équipe du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace a dévoilé la nouvelle stratégie de campagne de communication, avec de nouveaux visuels et surtout des actions ambitieuses réorientées sur l’hexagone et son quart Nord Est en particulier et sur une cible consommateur élargie.

L’interprofession viticole alsacienne vit une révolution « rock’n’roll ». C’est un conseil interprofessionnel très opérationnel qui s’est présenté aux metteurs en marché de vins d’Alsace, jeudi soir à Ribeauvillé, en dévoilant la nouvelle stratégie de campagne de comm. « Cela fait 12 ans que je vais à des assemblées, c’est la première fois que je vois le vignoble applaudir spontanément à l’unanimité », constate un directeur de grande coopérative vinicole, au sortir de l’assemblée plénière du Civa. Il y a longtemps que la profession viticole alsacienne n’avait pas connu une telle ferveur, le sentiment unanime d’une ligne directrice avec un véritable projet pour la mise en marché des vins d’Alsace : « reconquérir les places qu’on mérite », souligne son directeur marketing Philippe Bouvet. De l’avis unanime, ça bouge au Civa ! Le dévoilement « de la campagne de comm du Civa » est le point d’orgue d’une révolution interne impulsée par le trio managérial : Didier Pettermann, le président, Gilles Neusch, le directeur et Philippe Bouvet, le directeur marketing. « Nous avons transformé l’institution en entreprise de services », car le vignoble a besoin de se « sortir de sa torpeur », avec des chiffres de ventes de vins d’Alsace orientés à la baisse. Mais le tableau n’est pas si sombre et Didier Pettermann souligne les atouts des vins d’Alsace : la référence en vin blanc, le vignoble le plus vert de France.   Si d’un point de vue macroéconomique c’est compliqué, les chiffres démontrent que les vins d’Alsace « surperforment » sur certains secteurs de vente, par exemple dans les restaurants étoilés, mais pas seulement, analyse Philippe Bouvet, chiffres à l’appui. D’où une orientation stratégique totalement revue, avec une méthode définie par le comité de direction sous l’impulsion de Philippe Bouvet. Et de nouveaux outils à disposition du vignoble comme l’enquête prix en GMS, CHR et cavistes qui permet à chacun de mieux comprendre son positionnement prix par rapport à la moyenne du vignoble. « On ne part plus de mythes, on part de réalité. Mieux comprendre comment mieux commercialiser et plus. Ça nous amène au fait qu’on doit être plus présents », explique Philippe Bouvet. Les vins d’Alsace entendent désormais agiter « l’écosystème complexe qu’est le consommateur de vin, sur des réseaux et circuits de distribution tout aussi complexes ». Cela va se traduire pour les équipes du Civa et les metteurs en marché alsaciens, par une intensification des opérations de dégustations, promotions, story-telling, repas, rencontres B to B, dans tous les secteurs de distributions. Autre objectif : élargir la cible consommateurs. « Il est temps de nous reconnecter à nos consommateurs. 71 % d’entre eux nous connaissent mais ne nous achètent pas ». Alsace Rocks D’où le concept Alsace Rocks, visant à « réveiller le consommateur, avec des temps forts ». L’idée est de reconquérir le marché français qui représente ¾ des volumes, « c’est une priorité. On va créer des ondes de choc, reconquérir des zones stratégiques, avec un investissement sur les grandes villes du Nord Est, dans les lieux, cafés, bars, restos emblématiques ». Mais le Civa est décidé à « ne s’interdire aucun circuit de distribution ». Et la guerre des prix ? « Il y a une schizophrénie de la GD de casser les prix et en même temps chercher de la valorisation, reconnaît Philippe Bouvet. Mais si on ne va même pas les voir, nous interpro, pour leur porter un message, un discours - ce qu’on n’a pas fait jusqu’ici - on leur laisse appliquer leur règle du jeu : le prix ». Donc sur ce terrain aussi, le Civa entend occuper l’espace : « On ne va pas aller voir les services achat, mais les services marketing, image-management, et leur raconter notre belle histoire, tourner les données à notre avantage et parler d’autre chose que du prix ». Difficile de citer tous les projets argumentés présentés lors de cette soirée. Mais citons encore l’œnotourisme, « c’est clé pour l’Alsace, vecteur d’émotion et de marge, c’est un métier à part ». Là aussi le Civa a établi un plan stratégique pour « saisir l’occasion du label Vignobles et découvertes de la route des vins d’Alsace » qui vient d’être attribué. Une évolution à mesurer lors du prochain slow-up de la route des vins d’Alsace le 2 juin. Reste désormais à savoir si « la partie production » du vignoble va suivre : « La balle est dans votre camp », a conclu Didier Pettermann. « Faites vivre ce projet ! Aux entreprises de se l’approprier, de l’adapter, d’adopter et accélérer cette dynamique, de la compléter et d’en faire le meilleur usage. »

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