Jean-Jacques Prunair, formateur en communication « positive »
« On crée de nouveaux automatismes »
Jean-Jacques Prunair, formateur en communication « positive »
Publié le 27/12/2022
Du 24 au 26 janvier prochain, Jean-Jacques Prunair va animer la nouvelle session de formation en communication positive organisée par la Chambre d’agriculture Alsace, la FDSEA et les JA du Haut-Rhin. L’occasion d’un vrai travail sur soi pour apprendre à mieux faire passer ses messages.
Jean-Jacques Prunair, vous êtes metteur en scène et formateur en communication depuis près de quarante ans. Mais depuis quand intervenez-vous dans le monde agricole ? Jean-Jacques Prunair : « Cela a démarré en 2014 par l’entremise de la MSA. J’ai commencé à accompagner des présidents de caisses régionales, des agents d’accueil, des élus. L’idée était de leur donner les clés pour apprendre à mieux communiquer auprès des agriculteurs en difficulté psychologique et mentale. J’ai aussi accompagné le président de la Caisse centrale de la MSA, Pascal Cormery, avant sa prise de fonctions. J’entraîne aussi des cadres de la MSA par le biais de formations continues. En c’est en 2020 que j’ai animé ma première session de communication positive organisée par la Chambre d’agriculture Alsace, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs du Haut-Rhin. » Ça veut dire quoi concrètement la communication « positive » ? « C’est d’abord mieux se connaître soi. C’est faire le tour de nos automatismes, pour en mettre en place de nouveaux qui nous permettront d’être influents et inspirant pour l’autre. Cela ne veut pas dire être gentil et content. C’est plutôt savoir comment dans une situation, dans une négociation, on réussit à se faire entendre, comment on représente nos intérêts tout en gérant la différence avec l’autre, en employant des termes qu’il entendra et qui le toucheront. » Comment y arrive-t-on ? « Il faut réussir à toucher le centre émotionnel chez l’autre tout en gérant soi-même ses propres émotions. En effet, chez l’humain, le premier centre de décision reste le cerveau émotionnel, dit limbique. C’est une première interface qui fonctionne de façon très binaire et par affinité. La raison vient dans un second temps, et permet d’aller progressivement vers la nuance. Mais avant d’en arriver là, il y a quelques épreuves à traverser. » Lesquelles ? « Dans une confrontation verbale, on peut se faire attaquer. La question est de savoir comment je vais gérer cela, comment je vais le ressentir. On apprend alors à accompagner ce qui se passe dans notre for intérieur. On réussit à s’installer dans le confort, ou alors c’est l’inconfort avec ce que cela implique de stress, de difficulté à respirer, de langage non verbal inadapté, ou d’expressions sémantiques qui marquent une certaine tension. Là, on se sent en danger et on essaie de reprendre le dessus. C’est quelque chose d’universel, nous rencontrons tous les mêmes difficultés. » On peut les surmonter malgré tout ? « Oui, bien sûr, en faisant d’abord un gros travail sur soi. Il faut sortir des formulations « je pense que », « je trouve que », « moi je » qui créent des barrières pour réussir à partir de l’autre. Sentant qu’on parle de lui, il va se détendre et sera plus ouvert à la discussion. L’autre est une sorte de citadelle à conquérir. Il y a plusieurs portes d’entrée et il y a au moins toujours une qui est exploitable. » Comment se déroulent vos sessions de formation en communication positive ? « On commence par faire le diagnostic des capacités des participants à se mettre en communication devant l’autre. On part de là et on voit ce qui est positif dans un premier temps. Ensuite, on repère ce qui doit être amélioré. Nous travaillons sur la gestion de la respiration. C’est l’élément capital pour gérer ses émotions. Ensuite, il y a la gestion du temps : comment dire moins de choses pour mieux les dire. Un gros travail est fait aussi sur la communication non verbale. L’idée est de comprendre qu’on est lu par l’expression de notre visage, de nos mains, de la position de notre corps dans l’espace. Enfin, nous apprenons l’ancrage, à se poser calmement pour réussir à bien se sentir. C’est cette première minute qui va décider de la teneur de l’échange. Nous apprenons à employer au maximum des formules positives, en insistant sur les points d’accord avec notre interlocuteur. Une fois que ces nouvelles logiques sont installées, les gens sont beaucoup plus efficaces. » Tous les participants sont-ils à l’aise avec ces exercices ? « Certains sont naturellement plus timides que d’autres qui ont déjà une certaine habitude à la prise de parole en public. Mais là, on remet tout à plat. L’apprentissage se fait dans le plaisir et la bonne humeur. Et ça marche ! Dès la deuxième journée, de nouveaux automatismes sont déjà en place. On peut alors faire une mise en pratique où on doit réussir à défendre son sujet en partant de l’autre. » Et la troisième journée ? « Elle s’adresse uniquement à ceux qui ont participé à la formation initiale l’année précédente. C’est un moment important qui permet d’évaluer la mise en pratique de ce qu’on a appris, et d’approfondir ses techniques de communication. »












