communication

Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace

Une politique identitaire

Publié le 30/11/2017

Le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace se réorganise en interne comme en externe. Son objectif : mieux cerner les enjeux de marketing et de communication pour le vignoble alsacien et ses produits.

Alors qu’il arrive bientôt à mi-mandat, Didier Pettermann a précipité l’assemblée générale du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa), dans la droite ligne de la politique qu’il mène depuis son élection à la présidence. Elle a été convoquée six mois avant la date habituelle. « Le rythme des assemblées générales, l’une au mois d’avril pour le budget, l’autre fin juin pour les élections et les comptes financiers, ne convenait plus. Nous voulons davantage d’interaction entre les élus et les services pour assurer une meilleure contribution des entreprises du vignoble à la définition des actions de l’interprofession. Et une plus grande anticipation dans les orientations annuelles est nécessaire, que ce soit dans les domaines du marketing, de la technique ou de l’économie. La validation d’un budget prévisionnel alors que quatre mois de l’année sont déjà écoulés n’était pas cohérente avec ce besoin », explique le président du Civa. Les deux assemblées générales qui séquençaient l’exercice budgétaire ont donc été repositionnées dans un nouveau calendrier : celle actant le budget prévisionnel en novembre de l’année n - 1 (au lieu d’avril de l’année n) et l’assemblée statutaire et d’approbation du bilan financier de l’exercice n - 1 en juin de l’année n (cela reste inchangé). Un budget contraint Approuvé lors de cette assemblée générale, le budget prévisionnel 2018 est bien plus contraint que les années passées, dans le contexte d’une nouvelle petite récolte en volume pour les vins d’Alsace, qui implique une baisse des recettes de l’ordre de 6,3 % par rapport à 2016. « Les déclarations de récoltes étant en cours, il n’est pas possible de dresser un estimatif plus précis que celui des 855 000 hectolitres relevés cet été. Soit une baisse de l’ordre de 15 % par rapport à la moyenne quinquennale qui totalise désormais quatre petites récoltes. Cette première ébauche du budget pourra cependant être modifiée en fonction de l’évolution des ventes au cours des six premiers mois de 2018. » Didier Pettermann rappelle que 2017 est un budget de transition : « Bon nombre des actions ayant été engagées auront encore des répercussions budgétaires sur 2018. L’exercice 2019 sera le premier pleinement en adéquation avec notre nouvelle stratégie. » Les charges sont en progression avec le lancement d’une nouvelle politique marketing et 25 projets visant à améliorer le système d’information. Ce budget intègre quelques arbitrages et marque clairement le souhait des élus du conseil de direction de focaliser les moyens sur les actions les plus efficientes pour la valorisation des vins d’Alsace. Les élus du Civa ont approuvé ce budget prévisionnel 2018, qui laisse apparaître un résultat négatif global de 508 000 € qui sera comblé par un prélèvement sur les réserves. Le chantier MarCom Les petites récoltes successives ont des effets, globalement négatifs, mais variables selon les entreprises du vignoble alsacien. Certaines perdent des marchés en raison des augmentations tarifaires induites par les faibles volumes, d’autres du fait de la rareté du produit. « Cette situation doit nous interpeller collectivement. Avec nos petits volumes et la très belle qualité de nos derniers millésimes, notamment celui de 2017, nous devons mieux valoriser économiquement le fruit de notre travail, générer de la richesse à travers la valeur du produit, plutôt que par le biais artificiel de l’augmentation des prix du fait du manque de volumes », insiste Didier Pettermann. Pour y parvenir, le Civa opère des changements dans son fonctionnement avec le renforcement et la réorganisation de ses services et le développement de nouvelles actions de communication. Comme le chantier MarCom, présenté par Thierry Fritsch. Il a insisté sur la nécessité de reprendre un temps d’avance sur les concurrents du vignoble alsacien en matière de marketing et communication. Et de réunir toutes les forces collectives, les compétences et savoir-faire pour plus de dynamisme et réactivité dans le pilotage des programmes. Ainsi l’équipe MarCom travaille sur l’identité de marque. Une enquête, dont les résultats seront connus prochainement, a été réalisée auprès des entreprises du vignoble pour définir les caractéristiques de la personnalité de la marque à construire. La stratégie marketing mise en place pour la période 2018-2021 privilégie les régions et pays où l’Alsace a une légitimité, afin de les reconquérir, ainsi que les régions de conquête à forts potentiels de croissance. Elle vise aussi à augmenter la présence des vins d’Alsace sur internet, à favoriser l’exportation par la mise en place d’un « kit exportation » ou encore à rendre incontournable l’Alsace sur la scène nationale et internationale. L’objectif est de construire l’image des vins d’Alsace grâce à son territoire, en améliorant notamment leur connaissance auprès des prescripteurs, et de communiquer en priorité sur trois produits clés du vignoble : le riesling, le gewurztraminer et le crémant. La nouvelle campagne de communication sera l’aboutissement de ces travaux. Elle sera relayée par une présence plus importante sur les foires et salons. Autre chantier en cours d’exploration, le Story Telling (marketing de contenu). « Une bonne stratégie de contenu marketing permettra aux vins d’Alsace d’augmenter le trafic du site internet, de séduire de nouveaux consommateurs, d’améliorer le référencement du site vins d’Alsace, de devenir reconnu dans son domaine, d’interagir avec les consommateurs ou encore de gagner en confiance et donc de valoriser les vins d’Alsace. Il faut sortir d’une stratégie de publicité et rechercher des consommateurs plus actifs, afin qu’ils deviennent les meilleurs relais des vins d’Alsace », argumente Thierry Fritsch. Last but not the least*, le Civa veut mieux communiquer vers le vignoble. « Les 900 metteurs en marchés et les 4 000 viticulteurs sont les groupes cibles prioritaires. Les autres acteurs comme la presse, les syndicats, les élus et bien évidemment les Alsaciens ne doivent pas être oubliés », complète Thierry Fritsch. « Ouvert aux autres » Le Civa s’attache à construire et valoriser l’identité des vins d’Alsace. Après avoir identifié les piliers de son positionnement par rapport aux autres vignobles du monde, la conceptualisation de son identité est en cours. Les six agences de création sollicitées doivent rendre leurs propositions d’ici le mois de janvier. Et la nouvelle campagne de communication devrait être lancée lors du salon Millésimes Alsace. Didier Pettermann s’est félicité de la dynamique actuelle du Civa, du travail effectué par les différentes commissions, des partenariats engagés, actuels et futurs. « Je voulais un Civa ouvert aux autres. Cet objectif est en passe de se mettre en œuvre. » Il a cité en exemple la feuille de route recherche-développement-innovation, corédigée avec l’Association des viticulteurs d’Alsace, le Comité interprofessionnel du vin Champagne (CIVC), le Syndicat général des vignerons de la Champagne (SGV) et des appellations lorraines. « Nous avons réussi à nous concerter à l’échelle de ces trois vignobles, tous très différents, pour déposer un programme pluriannuel commun qui a reçu un très bon accueil de la part de la région Grand Est, commanditaire de ce travail. » Le président a rendu hommage à ses collaborateurs et salariés pour le travail effectué ces derniers mois. « 2017 a été une année très compliquée, car il fallait faire cohabiter deux modèles, l’ancien et le nouveau Civa. L’année a été consacrée à du cadrage, des actions notamment. Je souhaite que 2018 soit au service de la libération des énergies, de la créativité, du travailler ensemble. Le tout dans une année riche en événements, comme les salons Millésimes Alsace, Prowein ou VinoVision. Nous préparons l’avenir du vignoble. Nous y arriverons si nous travaillons tous ensemble. Le Civa, qui pensait être en phase avec les attentes du terrain, ne l’était pas en réalité et a fini par se retrouver isolé et décrié. Nous prendrons des initiatives, avec nos partenaires, pour promouvoir l’engagement professionnel au sein de notre vignoble », conclut Didier Pettermann.

Challenge des initiatives touristiques 2017

« Les visiteurs ont besoin d’un séjour qui a du sens »

Publié le 22/11/2017

Initié en 2009 par le réseau des offices de tourisme d’Alsace, le challenge des initiatives touristiques vise à récompenser les offres innovantes de l’année. La cérémonie de remise des prix s’est tenue le 15 novembre au Belvédère du domaine Cattin à Vœgtlinshoffen.

Sur les 17 candidatures déposées, neuf lauréats ont été récompensés (lire en encadré). « Les critères pris en compte par le jury sont l’innovation, la qualité - elle doit participer à l’amélioration de la prestation touristique en général -, l’originalité et la durabilité, c’est-à-dire, la prise en compte du développement du durable », a expliqué Jean-Pierre Walter, président du réseau des offices du tourisme d’Alsace (RésOT-Alsace). Tous ces critères se retrouvent par exemple dans « Les Expériences Buissonnière », initiative de l’office du tourisme de la vallée de la Bruche, proposant aux touristes et visiteurs de partager le quotidien d’habitants de la vallée. Pour le président de RésOT-Alsace, cette cérémonie est « l’occasion de mettre en lumière les plus belles initiatives touristiques de l’année, de valoriser des personnes, des structures et d’impulser de nouvelles dynamiques ». Ainsi, le Parc du Petit Prince, même s’il est ouvert depuis 2014, s’est vu remettre une mention spéciale « Prix Esprit d’entreprise 2017 », pour ses investissements de plus de 4 millions d’euros dans trois nouvelles attractions. « 2017 est une année exceptionnelle, d’après Marie-Reine Fischer, première vice-présidente de l’Agence d’attractivité de l’Alsace (AAA), signe d’une ambition collective pour faire de l’Alsace une destination qui se positionne stratégiquement sur des offres innovantes et exclusives. Les visiteurs ont besoin d’un séjour qui a du sens. Cela nous incite à faire de nos visiteurs des hôtes attendus comme de véritables amis. Nous faisons le double pari de renforcer notre image de territoire accueillant et de fidéliser et d’étonner les clients ». Deux activités originales ont notamment été mises en lumière : Globules Verts, société proposant de découvrir les Vosges à moto électrique, et Le Stride, ancienne friche ferroviaire réhabilitée en « temple du vélo en intérieur ». Jacques Cattin, député de la deuxième circonscription du Haut-Rhin, a remis un prix à La Villa Meteor. Il s’est réjoui que ce lieu fasse participer les collaborateurs et valorise la culture brassicole de l’Alsace. L’ancien maire de Vœgtlinshoffen considère qu’une « une bonne centaine de communes participent à l’attrait de la route des vins d’Alsace. Dans tous nos villages, il faut préserver les petites, moyennes et grandes structures. L’attractivité de l’Alsace se travaille tous les jours. Elle se fera au sein du Grand Est, à travers la marque Alsace. »

Publié le 22/11/2017

Les membres du groupe des jeunes vignerons indépendants du Synvira se retrouvent depuis un an pour échanger sur leur métier et lancer des partenariats qui doivent contribuer à mieux valoriser leurs vins.

Peu avant dix-huit heures, l’ambiance est déjà festive ce 17 novembre au Koïfhus. Les 29 jeunes vignerons indépendants qui participent à l’étape colmarienne de la formule jeune des Étoilés d’Alsace ne se font pas prier pour prendre en souriant la pose qui immortalisera l’événement. Après avoir joué cette pièce aux Haras de Strasbourg fin octobre, c’est la deuxième fois en trois semaines qu’ils se voient pour associer un de leurs vins à un plat préparé par un chef et parler d’un autre vinifié par l’un de leurs collègues. L’opération est une première. Pour les chefs. Pour les jeunes vignerons. Chacun a sélectionné cinq de ses vins, trois de terroir et deux « de signature », plus personnels. Deux ont été retenus pour s’accorder à deux plats confectionnés par les restaurateurs. « C’est un bon moyen de communiquer. Le public est là. Il n’est pas toujours conscient de la diversité des Alsace. Notre travail est de leur expliquer la différence, par exemple, entre un calcaire et un granite. De faire monter la notoriété des terroirs que les jeunes vignerons sont nombreux à vinifier et à vouloir mettre en valeur » juge Denis Hebinger, porte-parole du groupe jeunes du Synvira. Cette première action concrète n’est que la partie visible de l’iceberg. La dynamique « jeunes » s’est enclenchée il y a environ un an. « On se voyait entre quatre-cinq jeunes vignerons. Nos discussions s’arrêtaient souvent sur l’avenir et les enjeux de la filière vinicole. Nous nous sommes dit que ces sujets intéresseraient d’autres jeunes. Nous en avons parlé au Synvira. Il nous a procuré la liste de ses membres âgés de moins de 35 ans et installés depuis moins de dix ans. Nous les avons contactés. Les retours positifs ont été nombreux » raconte Denis. Sur 90 personnes susceptibles d’assister aux réunions, 40 à 50 y participent régulièrement. Le groupe cadre de douze personnes se rencontre au moins une fois par mois. II a estimé que la formation méritait d’être un premier axe fort. Les sujets ? Ils traitent de problématiques propres aux jeunes comme la succession, la transmission, la gestion d’une entreprise, mais ils s’attaquent aussi à des thèmes plus transversaux tels que la communication non violente, le marketing, la géologie, les techniques culturales simplifiées… La production bio figure en bonne place. « Deux tiers d’entre nous y sont déjà. Et tous sont convaincus que l’utilisation massive de phytos, c’est fini ! » lance Denis. « C’est un défi. Car le bio ce sont des heures de travail supplémentaires non comptabilisées, souvent effectuées par les parents. À leur retraite, ils ont toutes les chances d’être remplacés par des salariés. Pour assumer ce coût, il est impératif pour les repreneurs de songer à comment mieux valoriser leurs vins ». Le mot « jeunes » en lettres d’or Le second principe du groupe est de faire vivre la convivialité tout au long de l’année, fête de Noël incluse. Des soirées entières y passent. « Se rencontrer, discuter, c’est fondamental » glisse Denis. « Être membre du groupe crée des liens et des amitiés qu’on n’aurait pas soupçonnés auparavant. Notre génération n’a pas peur de parler de son chiffre d’affaires ou de ses dettes, de la rentabilité d’un domaine qui rentre 30 hl/ha ». Ces moments débouchent souvent sur des idées à concrétiser, à charge pour celui qui a proposé un thème d’organiser, de trouver l’intervenant. Le partenariat avec les chefs étoilés illustre cette manière de fonctionner. Il est né d’une remarque d’Arnaud Baur, d’Eguisheim, qui constatait : « assis à une table proposant un repas de la formule jeunes, je mange très bien. Mais je bois très mal ! Comment peut-on rectifier le tir ? ». Cette collaboration ne doit pas rester unique. Des membres du groupe réfléchissent à de prochaines initiatives à prendre dans le domaine œnotouristique. « Il y a d’autres projets en route pour début 2018 » assure Denis. À la mi-novembre le groupe a lancé sa page Facebook « jeunes vignerons d’Alsace ». L’été dernier, il s’est doté d’une signature : le mot « jeunes » en lettres d’or a été ajouté sous le logo traditionnel du vigneron portant son tonnelet de vin. Il a été repris au niveau national et sur les vestes. Le groupe a accueilli des jeunes de Champagne pour un premier échange. Il est prêt à s’ouvrir aux jeunes d’autres familles professionnelles. Car comme Denis le souligne : « qu’on soit jeune coopérateur ou jeune négociant, les problématiques qui se présentent à eux et à nous sont souvent les mêmes ».

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