FDSEA du Haut-Rhin - Canton du Ried
L’eau, une responsabilité commune
FDSEA du Haut-Rhin - Canton du Ried
Publié le 01/02/2018
Pour sa première assemblée cantonale de l’année 2018 qui s’est tenue dans le Ried, la FDSEA du Haut-Rhin est revenue sur les « approximations » publiées par « certains médias » suite au rapport de l’Aprona sur la qualité de la nappe phréatique en Alsace. Une petite mise au point qui a aussi permis de rappeler la responsabilité individuelle de chaque agriculteur dans ce dossier.
Voilà environ deux mois que l’Observatoire de la nappe d’Alsace (Aprona) a publié son rapport sur la qualité des eaux souterraines en Alsace (voir PHR du 1er décembre 2017). Un document décortiqué, commenté et analysé qui a fait naître des commentaires parfois virulents à l’encontre du monde agricole, et de l’impact de ses activités sur la nappe phréatique rhénane. Au premier coup d’œil en effet, le graphique publié par l’Aprona montre plus d’histogrammes - et donc plus de molécules - qu’il y a six ans, date du dernier rapport et des derniers prélèvements effectués sur l’eau souterraine alsacienne. L’agriculture aurait-elle utilisé plus de produits qu’avant ? Non, évidemment, quand on sait les efforts entrepris par la profession depuis plus de 25 ans pour améliorer ses pratiques et diminuer son impact sur les eaux souterraines. Mais des efforts et des pratiques qui restent relativement méconnues du grand public, au grand dam de la FDSEA du Haut-Rhin et de son directeur, Michel Busch. Lors de l’assemblée générale du canton du Ried qui s’est déroulée le 22 janvier à Jebsheim, il a tenu à faire un point un peu plus détaillé sur les conclusions diffusées par l’Aprona. « Oui, on a trouvé plus de molécules qu’il y a six ans. Mais la raison est très simple, le nombre de produits recherché a triplé. Donc, forcément, on trouve plus de choses. » Et parmi toutes ces « choses », l’atrazine et ses métabolites - ou résidus issus de la transformation biochimique de la molécule - restent les plus présentes. Sauf que le produit est interdit dans l’Union Européenne depuis 2004. « Et malheureusement, le temps de traçage de l’atrazine est relativement long dans le sol », précise Michel Busch. Le produit n’étant plus utilisé par les agriculteurs depuis cette date, il convient maintenant de se pencher sur les autres molécules détectées comme le S-métolachlore. « Dans ce cas-là, si on fait les choses bien, les traces sont résorbées ensuite. Le problème est que dans certaines zones, des agriculteurs ont déconné comme à Guémar ou Fortschwihr. » Michel Busch n’élude pas les responsabilités des agriculteurs, bien au contraire. « Quand des choses sont approximatives, il faut le dire, mais quand des choses ne vont pas, il faut le dire aussi. Oui, l’agriculture a sa part de responsabilité dans ce dossier. Mais nos pratiques ont évolué et ont permis à la qualité de l’eau de s’améliorer. Il y a encore du travail et des efforts à faire, et nous continuerons. Mais il faut bien avoir à l’esprit que c’est de la responsabilité de chacun. » « Ce n’est pas à la FDSEA de dire ce qu’il faut faire », poursuit le président du canton du Ried, Claude Gebhard. « La qualité de l’eau, c’est l’affaire de tous. Au niveau de la profession, je pense - et j’espère - qu’on a tous des réflexions au niveau de nos exploitations. Chez moi par exemple, je travaille avec des doses réduites. C’est sur ce genre de choses qu’on doit travailler au quotidien pour, demain, pouvoir vulgariser ces travaux au plus grand nombre. Que ce soit chez les OS, à la Chambre ou à l’Apco, tout le monde y travaille. On voit ainsi de plus en plus de gens qui utilisent le binage pour se passer des produits. » Pour Michel Busch, le « job » de la FDSEA du Haut-Rhin dans ce dossier est avant tout de « mettre tout le monde autour de la table ». « Dans le Sundgau par exemple, on avait un village qui présentait des problèmes sur les phytos. Le préfet est venu sur place et une discussion a eu lieu pour comprendre ce qui se passait et changer la situation. Mais c’est clair que dans un dossier comme celui-là, tout le monde doit aller dans le même sens. Sinon, les contraintes se renforceront et tout le monde en pâtira. Au final, on aura l’interdiction de produire d’une certaine manière. » Cette responsabilité vis-à-vis de la qualité de l’eau va bien au-delà du monde agricole tient à souligner Bernard Gerber, conseiller régional Grand Est et membre du conseil d’administration de l’Aprona. « Personne ne doit être montré du doigt en particulier. Les industriels, les collectivités et le citoyen lambda ont aussi leur responsabilité. Alors oui, c’est sûr, on n’est pas en avance sur l’objectif qui est d’avoir une eau potable en 2027 sans traitement. Mais il n’y a pas péril en la demeure. Il y a une envie bien réelle de travailler ensemble. Et la Région continuera à vous accompagner dans ce sens. » La qualité de l’eau, c’est aussi les nitrates. Et sur ce point, le département du Haut-Rhin fait figure de très bon élève par rapport aux autres départements français. « On n’a vraiment pas à rougir. On a quand même réussi à sortir 43 communes des zones vulnérables. Maintenant, il nous reste un point noir qui est Rouffach. Et pour le moment, on ne comprend pas trop d’où vient le souci. Les analyses faites en sortie de plusieurs exploitations sont bonnes. Il faut continuer les recherches pour trouver le problème », prévient Michel Busch.












