FDSEA et JA - Canton du Ried
Penser le changement
FDSEA et JA - Canton du Ried
Publié le 18/01/2017
À l’occasion de l’AG cantonale du Ried de la FDSEA et des JA du Haut-Rhin, les responsables syndicaux ont appelé les agriculteurs à être davantage proactifs dans la gestion des différents dossiers. Malgré les difficultés actuelles, les raisons « d’y croire » sont encore nombreuses.
Après une année 2016 éprouvante économiquement et psychologiquement, les responsables de la FSDEA du Haut-Rhin appellent leurs adhérents « à ne pas douter » dans les mois à venir. « Nous devons dédramatiser un certain nombre de choses pour garder le moral. On ne va pas minimiser nos difficultés. Oui, c’est compliqué. Mais nous devons continuer à être fiers de nous et de notre métier. Face à un monde qui change, il vaut mieux penser le changement que changer le pansement », souligne le président du syndicat majoritaire, Denis Nass. Lors de l’assemblée générale du canton du Ried - organisée conjointement avec les Jeunes Agriculteurs du secteur - celui-ci affiche un état d’esprit résolument optimiste et toujours aussi combatif. Il met notamment l’accent sur les différentes échéances électorales qui vont animer les mois à venir, une occasion « idéale » pour « changer un certain nombre de choses ». « Nous devons réexpliquer notre savoir-faire partout. Nous devons continuer à nous battre et à ne rien lâcher. On peut le voir sur ce qui s’est passé cette année sur le dossier phyto : on a gagné la possibilité de faire notre travail dans de bonnes conditions. Mais nous devons continuer à rester vigilants malgré tout. » Il y a en effet beaucoup à faire, surtout après une année 2016 que le président du canton du Ried à la FDSEA du Haut-Rhin, Claude Gebhard, voit comme la « plus mauvaise » depuis son installation en 1984. « Dans notre secteur inondable, cela fait la troisième année d’affilée que c’est la galère avec des semis fin juin, quand on a pu semer. Il faudra voir quelles solutions on pourra trouver pour ceux qui ont rencontré le plus de difficultés », explique-t-il. Devant une assemblée très fournie, il rappelle l’existence de la cellule REAGIR créée par la MSA, en lien avec la profession, afin de régler les problèmes économiques et humains que peuvent rencontrer les exploitants agricoles. « Il ne faut pas hésiter à se manifester en cas de difficulté. Il n’y a aucune honte à cela », souligne-t-il encore. « Nous sommes tous coresponsables » De la détresse à la peur, il n’y a parfois qu’un pas à franchir. Peur du lendemain, de l’autre, du politique, ou de plein d’autres choses, les raisons peuvent être multiples. Une peur qui peut pousser à se refermer sur soi. Denis Nass et Claude Gebhard en ont bien conscience : alors que les élections présidentielles approchent à grands pas, la tentation de voter pour les « extrêmes » pourrait être tentante. « Mais croire que remettre des frontières, c’est la solution, ça serait la plus grande erreur qu’on pourrait faire. Nous avons plus que jamais besoin de l’Europe. Parce que, malgré tout, des choses bougent dans le bon sens. Ces deux dernières années, trente-cinq accords bilatéraux ont été signés au niveau de l’Union. Notre pays est un vrai pays agricole, malgré un ministre qui n’y a pas cru. Il faut y croire car, demain, il faudra toujours continuer à manger », insiste Denis Nass. Pour que cette foi puisse se traduire en résultats tangibles et pérennes, les responsables syndicaux rappellent l’ingrédient le plus important : l’implication quotidienne de chaque agricultrice et agriculteur dans son canton. Qui plus est avec des communautés de communes dont le poids est de plus en plus grand, et possédant de nouvelles compétences « clés » comme l’économie ou l’eau. « Sur ce dossier, nous avons un savoir-faire qui est reconnu par tous. Nous avons des choses à dire et à proposer. Il est essentiel que nous ayons des référents dans chaque com-com. Nous devrons y être car c’est là que se joueront certains dossiers comme les périmètres de captage ou le ruissellement. Et c’est aussi dans ces com-com que se trouveront tous les futurs documents d’urbanisme. Et là aussi, il faut être présent pour savoir comment évoluent ces documents. Nous devons faire en sorte que les surfaces agricoles restent des zones de production agricole. Nous ne sommes pas opposés au développement économique, mais le paysan ne plus subir la double peine. Ça suffit ! Soyons proactifs. Nous sommes tous coresponsables de notre avenir. Si chacun prend un peu sur soi, nous y arriverons. Car avec l’agriculteur, on ne triche pas. Et si nous sommes partout, personne ne pourra tricher avec nous. Alors, ne faites pas la politique de la chaise vide. Il faut que tout le monde se reprenne car il s’agit là de l’avenir de notre agriculture », ajoute le président de la FDSEA du Haut-Rhin.












