FDSEA

FDSEA - canton du Jura Alsacien

Les cantons sundgauviens changent de périmètre

Publié le 14/12/2016

Les membres du canton du Jura Alsacien de la FDSEA du Haut-Rhin ont validé, lors de leur assemblée générale du 9 décembre à Ferrette, le principe d’un rapprochement avec le canton d’Altkirch. L’idée est de se réorganiser pour être encore plus efficace et surtout force de proposition dans la future communauté de communes d’Altkirch.

Après une année 2016 difficile, il est temps de préparer 2017. La réforme territoriale en cours et le devenir des futures communautés de communes (dans le Sundgau, il y en aura deux dont celle regroupant Altkirch, Illfurth, Ferrette, Ill et Gersbach, et Hundsbach) ont été au cœur des discussions. « Nous allons également évoluer au niveau de nos propres structures. Personnellement, je m’interroge sur ces futures communautés de communes. Nous n’entendons rien. Ni projet, ni vision alors qu’ailleurs, des communautés de communes ont des spécificités, des thèmes bien choisis et vont demander des subventions au niveau de la nouvelle région Grand Est. Nous, on a du mal à comprendre cela dans le Sundgau. Et c’est inquiétant car, ici, nous sommes un secteur rural. J’espère donc que les agriculteurs ne seront pas oubliés par nos élus dans ces refontes intercommunales », a expliqué le président du canton du Jura Sébastien Stoessel. Et d’espérer que le président départemental et maire de Gommersdorf Denis Nass, mais également celui de Durmenach Dominique Springinsfeld auront un rôle à jouer dans les semaines et mois à venir. En attendant, le monde agricole entend s’impliquer sur les dossiers. « Pour faciliter cette démarche, nous renouvelons d’abord nos conseils d’administrations lors de nos traditionnelles assemblées générales. Ensuite, les deux conseils des cantons du Jura et d’Altkirch vont se retrouver. Et l’année prochaine, nous vous proposerons une nouvelle entité commune », a ajouté Sébastien Stoessel. Une unité d’autant plus importante à l’heure où, au sein de la société, des lobbys se font entendre pour revenir en arrière par rapport à la réforme territoriale. « Tous les dossiers aujourd’hui se font au niveau de la région Grand Est. Il est désormais temps de l’accepter, d’avancer et de parler d’une seule voix au nom de l’Alsace. Nous avons des opportunités à saisir », a conclu le président du canton du Jura. Viabilité hivernale : un dialogue nécessaire Les agriculteurs comptent également se faire entendre dans le débat actuel sur le déneigement des routes. Une incompréhension sur ce dossier qui s’explique, selon eux, par un manque de dialogue avec les gens présents sur le terrain. Comment feront, par exemple, les camions qui viennent collecter le lait sur les exploitations situées dans ces endroits isolés ? « Quoi qu’il en soit, nous sommes là pour proposer des solutions. Sachez que la profession agricole aura à cœur de postuler pour dégager ces routes si cela est nécessaire. Les paysans, rappelons-le encore et toujours, sont là pour produire et nourrir la population, participer à l’entretien et à la protection des paysages, favoriser la protection de l’environnement et sont également présents pour aider la population », précise Sébastien Stoessel. Des propos qui ont retenu l’attention de la conseillère départementale Sabine Drexler. « Il était important pour moi d’assister à cette réunion pour mieux vous connaître et être plus proche de vos dossiers. Concernant la viabilité hivernale, le dossier est compliqué. La motion prise récemment par des maires du Jura Alsacien n’était pas une bonne idée. Au département, nous ferons un premier bilan au mois de janvier des mesures prises. Concernant le problème des camions de collecte de lait, nous avons évoqué cette situation avec les services du Conseil départemental. Peu d’exploitations sont impactées. Si une difficulté se produit, appelez-nous et nous chercherons une solution ensemble ». Pas de politique de la chaise vide Cette première assemblée générale cantonale a permis de rappeler toutes les actions menées par la FDSEA tout au long de l’année. Le président départemental, Denis Nass a fait le point sur cette année 2016 qu’il a qualifié de « terrible » et « stressante » pour les agriculteurs et le monde agricole. Concernant le schéma de cohérence territoriale (Scot), il ne cache pas son agacement. « L’enquête publique se termine. Une nouvelle fois, on ne peut que constater que le Sundgau est toujours considéré comme une réserve naturelle. On voudrait mettre notre territoire sous cloche que l’on ne s’y prendrait pas autrement. Il faut arrêter de faire n’importe quoi. N’hésitez pas à participer aux débats, à faire remonter vos doléances. Nous devons être présents sur les dossiers et faire un travail de lobbying auprès de nos élus. Nous avons un savoir-faire. Il faut le défendre et ne pas tenir la politique de la chaise vide ». Le président de la Chambre d'agriculture d’Alsace Laurent Wendlinger a rappelé que la Chambre était aux côtés des agriculteurs. « Nous n’avons jamais connu une année aussi difficile pour l’ensemble de nos filières. L’objectif est de passer cette période compliquée. Nous avons activé la cellule « Réagir » pour travailler efficacement avec tous les partenaires sur les difficultés des uns et des autres. Au niveau plus local, nous devons anticiper les projets pour financer les investissements et préparer l’avenir. 2017 sera également une année compliquée, y compris pour la Chambre qui cherche avant tout à maintenir ses services. À nous de trouver, tous ensemble, les financements nécessaires pour être plus efficaces sur l’ensemble de nos dossiers ».  

Les agriculteurs bas-rhinois se mobilisent contre les lenteurs de l’administration

Des retards de paiement inacceptables !

Publié le 02/12/2016

Depuis la réforme territoriale, l’État accumule les retards dans le paiement des aides Pac du deuxième pilier. Une situation intolérable en cette période de crise ! C’est pourquoi la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin ont appelé à manifester, mardi dernier à Strasbourg. Histoire de marquer les esprits, ils ont érigé un calendrier de l’Avent géant : à chaque case sa revendication.

Du haut de sa remorque tribune stationnée rue Montet, devant le siège de la Direction départementale des territoires (DDT), Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, clame le ras-le-bol des agriculteurs alsaciens. « Plus de la moitié des exploitants n’ont que 350 € de revenu mensuel. » Les aléas climatiques ont eu raison des rendements du blé qui plafonnent à 40 q/ha. Ceux du maïs sont moins catastrophiques, mais ils cachent de grandes hétérogénéités. « Avec de tels rendements, certaines exploitations agricoles se trouvent d’office dans le rouge. » Un marasme accentué par des cours très bas, qu’il s’agisse des céréales, de la viande ou du lait. Les agriculteurs souffrent aussi d’un manque de visibilité : « Nous subissons une politique agricole qui ne tient pas compte de la réalité de nos exploitations. Soit on baisse les bras, soit on essaie de sauver la situation. Mais pour cela, il nous faut de l’aide. » Or c’est tout le contraire qui se produit : aux contraintes administratives s’ajoutent les contrôles, les pénalités…     Pour sortir de cette crise, il faut actionner tous les leviers, à court et à long terme. « Dans l’immédiat, il faut négocier avec les banquiers - de ce côté-là, tout se passe bien - et renflouer les trésoreries. » Et c’est là que le bât blesse : l’administration accumule les retards pour le paiement des aides du deuxième pilier, qu’il s’agisse de la DJA, des ICHN, des MAE ou encore de la conversion à l’agriculture bio. Franck Sander cite un exemple : « Des agriculteurs qui se sont engagés à l’automne 2014 pour des mesures agroenvironnementales risquent fort de ne pas toucher leurs aides avant juillet 2017. » La raison invoquée ? « Les services de l’État ne sont pas en mesure d’installer un logiciel leur permettant d’instruire les dossiers. » Thomas Gillig, président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, enchaîne : « Nous avons beaucoup d’installations dans le département. Malgré la crise, les jeunes croient en l’avenir. Les trois quarts des dossiers ont déjà été instruits. Malheureusement, un seul dossier a été réglé en un an. On nous répond, là encore, que c’est un problème de logiciel. Cela crée une situation intenable sur nos fermes. Il faut que tous ces dossiers soient réglés d’ici la fin de l’année, pour pouvoir tirer un trait sur cette année si compliquée. » Le timing est serré : il ne reste que quelques jours à l’administration pour tout régler ! Pour bien lui faire comprendre l’urgence de la situation, la FDSEA et les JA ont eu une idée originale, celle de construire un calendrier de l’Avent géant. Derrière chaque case, une échéance. Douze problèmes à régler La première, celle du 1er décembre, concerne les dossiers Pac 2015. À la mi-septembre, seuls 80 % de ces dossiers étaient soldés, explique le président de la FDSEA 67. Le solde n’est toujours pas payé pour plus de 50 dossiers en contrôles et changements de forme juridique. « À défaut de solde 2015, ces exploitations ne peuvent recevoir ni l’ICHN 2015, ni l’ATR 2016. » Au menu du 4 décembre, les dossiers Pac 2016. Une partie des ATR a été versée, mais il reste encore de nombreux dossiers en souffrance. « Nous attendons également une réponse aux dossiers qui n’étaient pas conformes en 2015. Les agriculteurs ne sachant pas qu’ils ne respectaient pas les règles, ils ont commis les mêmes erreurs en 2016 et se voient infliger des pénalités. Il faut arrêter ! » Échéance suivante le 7 décembre. « Nous demandons le règlement de tous les dossiers DJA qui ont déjà été instruits et qui sont passés en commission, indique Thomas Gillig. Ils sont au nombre de 26. » Le 9 décembre, deux dossiers sont à l’ordre du jour : la mise en place d’un FAC (fonds d’allégement des charges) volet A pour permettre une restructuration de la dette de certaines exploitations et leur apporter un peu d’oxygène. L’autre dossier est celui des impayés de Copvial. Lors des négociations menées ces derniers mois, l’État s’était engagé à débloquer 500 000 € pour venir en aide aux éleveurs touchés par la faillite de l’abattoir. Mais seuls 125 000 € sont disponibles, explique Franck Sander. « Nous demandons que l’État respecte ses engagements. » D’ici le 11 décembre, c’est le problème des MAE qu’il faudra régler. Comme l’explique Fabien Metz, vice-président de la FDSEA 67, la signature d’un contrat MAE est liée au respect d’un cahier des charges très contraignant qui impacte le fonctionnement de l’exploitation et implique une baisse de rendement. Il reste 1 million d’euros d’aides à percevoir dans le département au titre des MAE 2015. « Lors de la signature de ces contrats, l’État s’est engagé à compenser ces contraintes, mais il ne respecte pas ses engagements à cause d’un problème de logiciel. Dans quelle époque vit-on ? » Le 13 décembre est placé sous le signe de l’eau. S’il se félicite de l’accord conclu avec l’administration sur l’entretien des fossés et des cours d’eau, Gérard Lorber, secrétaire général de la FDSEA 67, souligne les difficultés rencontrées par les agriculteurs désireux d’effectuer des travaux de busage et de drainage. Stop à la surenchère sur le bien-être animal ! Le 15 décembre, c’est une échéance très différente qui préoccupe Didier Braun, vice-président de la FDSEA 67. Les éleveurs sont constamment attaqués par les pseudo-défenseurs du bien-être animal qui n’ont en fait qu’une idée en tête, la fin de l’élevage. « Pour contrer ces campagnes de dénigrement, nous demandons l’appui des pouvoirs publics : ils doivent confirmer que nous respectons les normes, notamment en matière d’hygiène. » Franck Sander cite l’exemple de l’association L214. « Arrêtons de stigmatiser l’agriculture ! Ce n’est pas parce que l’un d’entre nous travaille mal qu’il faut jeter l’opprobre sur toute une profession. » Dévoilant la case du 17 décembre, Julien Koegler, secrétaire général de JA 67, soulève le problème de l’abrogation de l’arrêté du 12 septembre 2006 relatif aux conditions d’utilisation des produits phytosanitaires. Cette décision du Conseil d’État va considérablement compliquer la tâche des agriculteurs. On est loin de la promesse du Premier ministre de simplifier les règles… À la date du 19 décembre, Laurent Fischer, responsable foncier à la FDSEA 67, dénonce une autre aberration. Le dégrèvement de 30 % de la taxe foncière sur le non-bâti représente un gain de 3 M€ pour le département. Ce n’est pas rien ! Mais la situation se corse lorsque l’administration choisit d’acheminer ces listings dans les mairies en format papier. Résultat : des retards, des listings incomplets ! Or les agriculteurs en ont besoin pour déduire le montant des dégrèvements de leurs fermages. Arrivé au 22 décembre, Paul Schiellein, responsable de la SDAE, affirme que l’ensemble des retraités agricoles du département sont solidaires des actifs. Il rappelle que les agriculteurs retraités touchent en moyenne 785 € de retraite mensuelle, en dessous du seuil de pauvreté. La ministre Marisol Touraine s’est engagée à porter cette retraite minimum à 845 €, soit 75 % du Smic. Mais la ligne budgétaire correspondant à cet engagement brille par son absence. Jusqu’ici, l’État a puisé dans les réserves de la Mutualité sociale agricole pour le financer. Mais dans les années futures, il prévoit d’augmenter la cotisation RCO de 66 %. C’est scandaleux, estime Paul Schiellein. L’État aurait dû faire appel à la solidarité nationale. « Tenez ce calendrier ou nous reviendrons ! » Le 23 décembre, le Grand contournement ouest s’invite aux festivités. Un cadeau de Noël empoisonné, souligne Dominique Daul, membre du bureau de la FDSEA 67. Entre les aires de service et de stockage, les compensations environnementales et forestières, les agriculteurs touchés n’en peuvent plus : « On nous impose une autoroute et en plus on nous supprime nos terres ». Franck Sander lance une mise en garde à l’administration : « Nous demandons que tous ces dossiers soient réglés pour Noël. Je donne rendez-vous aux services de l’État le 24 décembre pour faire le point. » Concernant le long terme, Franck Sander annonce un report de la réforme de la Pac : « La Pac actuelle est prolongée jusqu’en 2024. » Il faudra travailler sur l’amélioration du système d’assurance récolte, mettre en place des outils de gestion pour donner de la visibilité aux exploitants agricoles et améliorer la compétitivité en réduisant les charges et en simplifiant les contraintes.

Le préfet du Haut-Rhin découvre la filière maïsicole

Une « ligne rouge » à ne pas dépasser

Publié le 28/10/2016

Le nouveau préfet du Haut-Rhin, Laurent Touvet, a répondu mercredi à l’invitation des organisations professionnelles et syndicales à venir découvrir les réalités d’une filière maïsicole en pleine crise. La surenchère réglementaire franco-française a particulièrement été pointée du doigt.

Mercredi, le nouveau préfet du Haut-Rhin, Laurent Touvet, a pris conscience de l’état d’esprit qui habite les céréaliers du département. Après la viticulture il y a quelques semaines, le représentant de l’État a répondu à l’invitation de la Chambre d'agriculture d’Alsace, de la FDSEA, des JA et de la CAC à venir découvrir les tenants et aboutissants de la filière maïsicole, l’autre pilier de l’agriculture dans le Haut-Rhin avec l’élevage et la vigne. Tout d’abord, lors d’une visite en plein champ à Rumersheim-le-Haut, puis au silo de la CAC à Ottmarsheim. À l’unanimité, les responsables professionnels et syndicaux ont rappelé l’importance de cette filière pour l’économie de toute l’Alsace. « Avec les emplois indirects, ce sont près de 15 000 emplois qui en dépendent », indique le président de la CAC, Thomas Thuet. Le gros souci, c’est que cette filière maïsicole si dynamique depuis plus de quarante ans se retrouve aujourd’hui face à des défis de plus en plus complexes. Cela fait maintenant trois ans que l’équilibre économique des exploitations est fragile. « Les cours mondiaux en berne ou le climat, on les accepte et on gère. Cela fait partie des aléas du métier. Par contre, nous ne tolérons plus ces surcharges administratives et nouvelles contraintes franco-françaises que l’on veut nous imposer », souligne le président de la FDSEA du Haut-Rhin, Denis Nass. En ligne de mire, la réglementation phytosanitaire qui continue de se durcir alors que la profession agricole estime déjà avoir fait de nombreux efforts et remises en question dans ce domaine. « On a toujours tout fait pour être compétitifs et s’adapter aux nouvelles normes. Dans le département, on a même été avant-gardistes sur plusieurs dossiers. Mais là, on veut nous imposer de nouvelles choses sans tenir compte de tout le travail accompli et de nos spécificités locales. Cette façon de faire, c’est du mépris. Et ça, nous ne le supportons plus. C’est une vraie crise morale que nous traversons », ajoute le président de la FDSEA du Haut-Rhin. Faire sauter les carcans « Il doit y avoir une même interprétation des textes de part et d’autre de la frontière », complète le président de la Chambre d'agriculture, Laurent Wendlinger. Sans cela, et sans une meilleure compréhension des réalités agricoles, c’est toute la filière maïsicole alsacienne qui pourrait s’écrouler craignent l’ensemble des responsables. Le cas échéant, cela créerait de nombreuses suppressions d’emplois tient à souligner le président du canton de la Harth de la FDSEA, Jean Goetz : « Il faut quand même savoir que derrière un agriculteur, c’est sept ou huit emplois. Il est donc urgent qu’on ait de la stabilité pour bâtir une vision pérenne de notre métier. En France, il y a le refus de voir les conditions nécessaires à la modernisation. Il est temps de trouver un compromis entre les attentes de la société et la réalité économique de nos exploitations. C’est un Plan Marshall de l’agriculture qu’il faut désormais. » Le terme est fort, mais reflète la détresse qui ronge de plus en plus les campagnes. Le président de l’Apco, Thomas Obrecht, évoque ainsi tous ces agriculteurs qui n’ont qu’une seule envie : celle de « jeter l’éponge ». « Les gens en ont marre d’être pris pour des truands. Résultat : le renouvellement des céréaliers ne se fait pas hauteur de nos espérances. Le modèle qui avait si bien fonctionné ces cinquante dernières années est aujourd’hui en sursis. On a l’impression d’être enchaînés par toutes ces réglementations », se désole-t-il. Pour le secrétaire général des JA 68, Pierre Meyer, tous ces textes et normes ne font que « noircir l’avenir » des jeunes agriculteurs désireux de s’engager sur le long terme. « Pourtant, on a des possibilités d’agir sur ces réglementations. Mais il faudrait pour cela qu’on arrête de se tirer une balle dans le pied au niveau français. » Des « carcans » qui entraînent la filière maïsicole dans une impasse économique complète Thomas Thuet. « Pourtant les agriculteurs sont optimistes par nature. Ils ont même la possibilité d’accéder à des solutions techniques et technologiques pour se développer. Encore faut-il leur en laisser les moyens », précise-t-il. Que ce soit par l’apport du numérique ou des biotechnologies, les céréaliers ont en effet plusieurs solutions à leur portée pour répondre aux nouveaux enjeux économiques et environnementaux. « Pour pouvoir en bénéficier sans être pointé du doigt, il faudrait commencer par arrêter de faire peur à nos concitoyens. Aujourd’hui, on traite nos cultures la nuit pour économiser les doses de produits phytos, et donc protéger l’environnement. Mais même là, on nous accuse de cacher quelque chose », tempête Denis Nass. Même au niveau des ministères, la défiance vis-à-vis du monde agricole est grande pour le secrétaire général de l’Apco, Jean-Marc Schwartz. « Les scientifiques ont beau prouver des vérités, plus personne ne les entend. Ce sont en revanche des dogmes de non-croissance qui prennent le dessus dans plusieurs ministères. Forcément, cela génère chez les agriculteurs un désamour réel pour toute forme d’activité étatique. » « Un bouleversement profond » Malgré ce pessimisme ambiant, Laurent Wendlinger ne veut pas que la profession baisse les bras. Il espère que les responsables de l’État dans le département continueront de répondre présents comme cela a été le cas jusqu’à maintenant. « Il y a un partenariat profession/administration qui fonctionne bien ici. Il faut que cela continue dans ce sens », appelle-t-il de ses vœux. Très attentif à tous les propos énoncés au cours de cette matinée, Laurent Touvet tient tout d’abord à mettre en avant la « capacité d’adaptation » des agriculteurs haut-rhinois face aux nombreux défis qu’ils ont eus à affronter. « Après, j’ai parfaitement conscience qu’il y a un gros travail d’explication à faire auprès de nos concitoyens. L’agriculture n’est pas l’ennemi de la protection de l’environnement, bien au contraire. » Il se montre en revanche plus inquiet sur la « crise morale » évoquée en préambule par Denis Nass. « Cette crise, on la retrouve dans d’autres professions. Dans notre pays très conservateur, on a du mal à réagir efficacement face à la mondialisation. Nous vivons un bouleversement profond. C’est une grande question à laquelle on doit s’atteler tous ensemble. » Concernant la lourdeur réglementaire, le préfet du Haut-Rhin estime qu’il y a un « équilibre à trouver » entre le consommateur qui recherche des normes de garantie et l’entrepreneur qui voudrait travailler plus librement. « Mais c’est clair que l’accumulation et le changement récurrent des normes font qu’on ne les supporte plus au bout d’un moment. Encore plus en Alsace où vous avez déjà œuvré considérablement pour faire évoluer vos pratiques. Des particularités que je ne manquerai pas de relayer en plus haut lieu, vous pouvez compter sur moi. »

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