FDSEA

Publié le 04/09/2017

Les sections des anciens exploitants agricoles du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et la Mutualité sociale agricole (MSA) Alsace œuvrent conjointement toute l’année. Cette bonne entente est entretenue lors d’une rencontre annuelle entre membres du bureau du syndicat, direction et présidence de l’organisme de sécurité sociale. Pour la première fois, la presse agricole y était conviée.

La matinée de discussion entre les sections des anciens exploitants agricoles et la MSA est ouverte par Paul Schiellein, président de la section des anciens exploitants de la FDSEA du Bas-Rhin. « C’est une rencontre exemplaire autour des questions qui préoccupent l’ensemble des retraités et particulièrement nos membres. » Et la première question soulevée est celle des statistiques des retraites agricoles. La directrice Christelle Jamot apporte les éléments. « Le nombre d’exploitants pensionnés est en baisse, d’ici une dizaine d’années nous arriverons à l’équilibre du régime, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. » Philippe Wolff, ancien directeur du centre de fiscalité et de gestion de la Chambre d’agriculture, met en parallèle la baisse du nombre d’exploitants partant à la retraite avec l’augmentation, depuis 2012, des arrêts d’exploitation. Dans ces deux cas, la transmission devient de plus en plus difficile. « Dans une enquête réalisée lors d’une réunion menée conjointement avec la MSA, il ressort que 26 % des exploitants ont recours à une donation-partage, 21 % à une donation, 20 % à un bail à long terme et 5 % au don manuel. » Le don manuel est une mesure mise en place par Nicolas Sarkozy prévoyant que chaque parent puisse verser une somme d’argent à l’un de ses enfants, à condition de déclarer ces sommes ou biens mobiliers aux impôts. 75 % des exploitants retraités touchés par l’augmentation de la CSG Les choix sont multiples, mais les revenus stagnent, voire baissent. Christiane Bernard, membre du bureau du Haut-Rhin, rappelle que les retraités les mieux lotis perçoivent 1 200 €, la moyenne est de 760 € par mois. En outre, Philippe Wolff estime que 75 % des exploitants retraités seront touchés par l’augmentation de la CSG alors que « l’augmentation des retraites est nulle. Le premier confident de l’agriculteur est le comptable, mais le raisonnement d’optimisation fiscale et sociale à outrance ne résout pas tout », poursuit-il. « Les exploitants qui arrivent à la retraite aujourd’hui ne pensaient pas tous à déclarer leurs épouses, or elles ont travaillé et la question de leur retraite se pose », ajoute Adeline Baur, membre de la section du Bas-Rhin. Pour Christiane Bernard, il est nécessaire de faire le point régulièrement en fonction de la situation économique de l’exploitation et de la législation. « Le chef d’exploitation devrait pouvoir prévoir sa retraite » Philippe Wolff va plus loin et affirme qu’il faut « parfois avoir le courage de jouer. Augmenter le salaire lorsque cela est possible, le baisser ensuite. Le chef d’exploitation devrait pouvoir prévoir sa retraite », ajoute-t-il. « Depuis 25 ans et le changement d’assiette de cotisation, le mot d’ordre était de payer le moins possible », relève Jean-Paul Schneider, président honoraire de la section des anciens de la FDSEA du Haut-Rhin. Paul Schiellein suggère une formation sur le thème de l’anticipation de la retraite. Le président de la MSA Alsace, David Herrscher, partage l’idée qu’une « communication est nécessaire sur cette question. Il y a des subtilités qu’il faut expliquer à l’ensemble des exploitants. » Christelle Jamot fait le point sur les discussions politiques en cours, comme celle concernant la possibilité pour l’exploitant de faire le choix entre l’impôt sur le revenu ou l’impôt sur les sociétés. « La mesure prévoyant qu’un euro cotisé correspondra à un euro de droit est prévue pour janvier 2019. » Enfin, la prise en compte des 25 meilleures années pour calculer le montant de la retraite est sur le bureau du ministère de l’Agriculture et la Caisse centrale. Les sections des anciens demandent un partenariat pour mettre à jour une documentation sur l’accompagnement lors du décès d’un conjoint à distribuer gratuitement. « Deux réunions ont eu lieu dans le Haut-Rhin et le Bas-Rhin sur ce sujet. Il s’agit d’un travail de partenariat national avec des adaptations prévues quant au droit local », rapporte Paul Schiellein. Seuls 30 % des retraités ont une pratique informatique régulière Autre sujet qui intéresse les retraités, la dématérialisation. Quatre demi-journées de formation ont été menées dans le Bas-Rhin par la MSA, Groupama et le Crédit Agricole. Alors que sur 250 personnes interrogées, 137 se sont dites intéressées par de telles formations, elles n’ont pas connu le même succès dans le Haut-Rhin. Il ressort de cette même enquête que 65 % des retraités agricoles ont un ordinateur et seuls 30 % ont une pratique informatique régulière. Un point sur lequel la MSA a promis de travailler dans les prochaines années.

FDSEA du Haut-Rhin - section des anciens

« Il faut garantir des retraites décentes »

Publié le 08/04/2017

Lors de leur dernière assemblée générale, les anciens exploitants agricoles du Haut-Rhin ont rappelé leurs revendications.

Le président de section des anciens de la FDSEA du Haut Rhin, Jean-Paul Schneider, a rappelé d’entrée avec regret qu'« il n’y a pas eu de revalorisation des retraites depuis 2013, sauf en 2016 avec un relèvement de 0,1 %, alors que les prélèvements ont été plus élevés. Ça devient insupportable. Nous restons parmi les retraités avec les pensions les plus faibles de France, alors que nous avons autant travaillé, sinon plus que d’autres ». Il espère que l’avenir sera meilleur : « En 2017-2018, ceux qui ont cotisé à taux plein pendant 42 années au moins devraient toucher 75 % du SMIC de niveau de retraite, selon l’engagement qu’avait pris le Président de la République en début de mandat ». Jean-Paul Schneider s’est dit solidaire de la revendication de la SNAE de revaloriser ce niveau à 85 % du SMIC. Reste une ombre au tableau « la réforme promise sera financée par les actifs, ce qui est anormal. Si l’on veut de vraies retraites agricoles, il faut que les responsables s’interrogent aujourd’hui sur leur financement ». « 29 % des retraités agricoles sont veufs ou veuves » Les autres revendications ont été confirmées les 7 et 8 mars par le congrès national des anciens exploitants agricoles, comme le mentionne, Jean-Paul Obrecht, vice-président de la section des anciens des anciens de la FDSEA du Haut-Rhin. Il s’agit d’un calcul des retraites sur les 25 meilleures années comme pour les autres régimes et non pas sur les 25 dernières, la remise en place de la bonification par enfant à partir du troisième enfant et le rétablissement de la demi-part fiscale supplémentaire pour les veuves, veufs et les invalides. « 29 % des retraités agricoles sont veufs ou veuves », rappelle Jean-Paul Schneider. Lors du congrès national, plusieurs départements se sont plaints de leur relation avec leur MSA, rapporte le vice président. « Nous avons de bons rapports avec la MSA, avec une rencontre annuelle pour trouver des solutions. Mais il y a un problème que nous n’avons pas encore résolu : la MSA envoie de moins en moins de décomptes des prestations et de détails des modes de calcul des retraites. Nous avons souhaité organiser des sessions de formation à l’informatique pour que les aînés puissent prendre connaissance de la manière dont sont calculées les prestations. Nous n’avons pas eu de succès chez nous, car nous n’avions que deux inscrits, alors que dans le Bas-Rhin, ils ont dû refuser du monde et ces formations perdurent. Nous allons tout de même renouveler l’expérience ». En moyenne, 831 euros par mois Jean-Paul Obrecht porte également à la connaissance des adhérents des sujets portés conjointement avec la FNSEA pour les élections présidentielles : « Le montant moyen de la retraite des chefs d’exploitation - qui justifient d’une carrière complète en agriculture - s’élève avec la retraite complémentaire obligatoire à 831 euros par mois. Il est grand temps d’engager une réforme structurelle pour garantir des retraites décentes ». Les autres thèmes mis en avant sont l’égalité des chances pour la ruralité, la défense la terre et la lutte contre le sentiment d’abandon. « 82 000 ha de productions agricoles sont susceptibles de disparaître chaque année par an, dont 500 ha dans le Haut-Rhin ». Les adhérents ont ensuite élu de nouveaux membres au conseil d’administration. Le président Jean-Paul Schneider pour sa part, ne s’est pas représenté. Jean-Paul Obrecht lui a rendu hommage et a salué l’engagement de toute une vie au service de l’agriculture. Le nouveau président sera désigné prochainement par le conseil d’administration.

Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles du Haut-Rhin

La force d’un réseau

Publié le 30/03/2017

Face la crise économique et au monde qui change, la solution pour pérenniser les exploitations agricoles est collective. Elle se trouve dans la force du réseau de la fédération nationale des syndicats des exploitants agricoles. C’est ce qu’a rappelé le président Denis Nass lors de l’assemblée générale qui s’est déroulée jeudi 23 mars à Colmar.

L’assemblée générale de la Fdsea s’est tenue en présence de nombreux représentants des organisations professionnelles agricoles, d’élus dont le président du Conseil départemental, Éric Straumann, et d’agriculteurs. Pour Denis Nass, il appartient au syndicalisme agricole de définir la feuille de route de demain pour une agriculture performante, productive et rémunératrice. « La crise que nous supportons depuis deux ans est un scandale économique et moral. Moral car on se cache derrière des clichés, des suspicions, pour faire culpabiliser l’agriculteur. À croire que lorsque l’on travaille dans notre pays, on est considéré comme un vulgaire voyou, destructeur de tout. Il faudra pourtant bien tout mettre sur la table, oser un programme ambitieux pour la politique agricole commune, avec des mesures concrètes en France ! Aujourd’hui, nous devons nourrir. Et pour y parvenir, on ne peut pas tergiverser et confondre stratégie avec politique de bobos. L’Europe doit donc réaffirmer le rôle moteur de la Pac. Oser une politique du premier pilier avec une gestion des marchés. Et surtout, réfléchir pour mettre en œuvre un dispositif assurantiel novateur couvrant le risque climat et le risque marché. Il nous faut plus d’Europe. Plutôt que nous concurrencer entre pays européens, nous ferions mieux de nous entendre et de protéger nos outils de production au lieu de les exposer au libre-échange ». Le monde agricole entend s’organiser et investir dans ses filières pour avoir de la valeur ajoutée, être ferme sur les prix des produits versés aux producteurs afin qu’ils soient en lien direct avec leurs coûts. Cette politique se fera en réseau. Il est et doit rester une force de propositions et de négociations. Dès à présent, le fil conducteur de cette politique doit se construire en trois points : une production de qualité, soucieuse de l’environnement et durable ; une ruralité forte ; une agriculture compétitive sans surenchère administrative. 30 mois d’attente Et l’État français n’aide pas la profession au niveau des règlements de la PAC. « Notre ministre de l'Agriculture n’a toujours pas trouvé la solution pour Isis et Osiris, ces fameux logiciels servant à instruire les dossiers d’investissement ou les mesures agrienvironnementales réalisées par les agriculteurs en 2015, et toujours pas payés. Nous sommes en crise économique et nous attendons depuis 30 mois le solde de notre dû. Nous sommes trop gentils dans ce contexte incroyable. Car dans le même temps, nos détracteurs n’hésitent pas à nous diffamer et à monter des dossiers populistes, à charge bien évidemment », s’agace Denis Nass. Les agriculteurs pestent contre les temps de traitement qui s’allongent, les imbroglios administratifs qui accentuent l’impact de la crise économique. « Fort heureusement, ces derniers peuvent compter sur le soutien du réseau de la Fnsea, mais également sur nos partenaires. Je pense à la MSA qui a été réactive pour accompagner les familles d’exploitants afin d’éviter des drames. Elle a été attentive aux demandes exprimées pour un réaménagement des paiements. Elle a été à l’écoute pour flécher les enveloppes « agriculteurs en difficultés et actions sociales », sans oublier leur implication au sein de la cellule « Réagir » avec la Chambre d'agriculture d’Alsace notamment. Lorsque la situation va mal, il est primordial de compter sur des partenaires. Cela correspond à la définition de ce que l’on appelle la famille agricole », précise Pascal Wittmann. Concernant les plans locaux d’urbanisme (Plu) et autres schéma de cohérence territoriale (Scot), il a précisé que la profession agricole n’était évidemment pas opposée au développement économique. « Mais, de là à oublier de réaliser un réel état des lieux des disponibilités et autres friches industrielles, il y a un pas à ne pas franchir. Qu’on arrête de nous prendre pour des moutons à pâturage ! Le terroir et son développement supposent une réelle approche concertée et non pas de l’opportunisme pour mettre à mal le foncier à vocation agricole ». Dans son rapport moral, le président de la FDSEA du Haut-Rhin a évoqué de nombreux autres dossiers d’actualité : les produits phyto, la biodiversité, Natura 2000, la réforme territoriale, les plans locaux d’urbanisme, le réchauffement climatique, les scandales sanitaires. Sans oublier le bio et les circuits courts (lire encadré). Une clause Molière Malgré ces difficultés, les agriculteurs entendent tracer une nouvelle feuille de route pour construire, demain, une agriculture performante, productive et rémunératrice. « Productivité ne veut pas dire plus de produits. Juste un peu plus d’efficience pour que l’on puisse avoir un peu de temps pour nous, nos familles, nos proches. Et dans ce labyrinthe européen, il va falloir une politique avec une gestion des marchés. Faute de quoi, la bouée ne nous supportera pas. Nous continuerons à nous battre car nos métiers le méritent. Nous devons aussi continuer à nous investir dans les filières et réaliser un travail de fond. À l’image de ce qu’a effectué notre regretté Président Xavier Beulin. Oui, nous investir pour éviter que l’on nous confisque la valeur ajoutée. À ce titre, nous avons vu que cela peut être efficace au travers de l’action vis-à-vis de Lactalis, entreprise emblématique, qui considère le laitier comme simple apporteur de minerais. Continuons ensemble à donner du temps aux organisations de producteurs car par l’effet conjugué du syndicalisme et d’une organisation réelle de producteurs, la notion de contrat pourra enfin porter ses fruits. Face aux GMS, il faut oser la fermeté pour que le prix versé aux producteurs soit en lien direct avec ses coûts. À l’image d’un autre débat national, nous réclamons pour notre profession, la clause Molière : pas de produits qui ne respectent pas notre cahier de charges et 100 % de produits de France dans nos cantines par exemple », ajoute Denis Nass. Un syndicalisme de solutions Le monde agricole, à l’heure des élections présidentielles et législatives à venir, entend faire parler de lui et que l’on parle de lui. Afin qu’une vraie agriculture européenne, sans distorsion de concurrence, soit portée. Mais également pour redonner de la compétitivité à l’agriculture. Le tout, adossé à une stratégie financière de responsabilité à long terme. « L’acte de production est noble, et le revenu pour les agriculteurs ne peut pas rimer avec aides sociales. Notre réseau sera force de propositions et de négociations. Notre réseau est, et n’en déplaise, la seule vraie solution car des femmes et des hommes s’engagent chaque jour. Demain, comme hier, et aujourd’hui plus que jamais, nous voulons continuer à apporter cette richesse à notre pays. L’agriculture est à un tournant fort, à la croisée des chemins, pour le renouvellement de ses générations. Ce renouvellement ne se fera qu’avec de réelles perspectives économiques. Notre fil conducteur sera simple : oui à une production agricole de qualité, soucieuse de l’environnement et durable. Oui à la ruralité forte. Oui à une agriculture compétitive sans surenchère administrative », conclut Denis Nass.

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