FDSEA

FDSEA du Haut-Rhin - Section Lait

Avancer « ensemble »

Publié le 03/03/2017

Les responsables du groupe Lait à la FDSEA du Haut-Rhin refusent de tomber dans le pessimisme malgré la crise qui fait des ravages depuis deux ans. Pour eux, le salut passera avant tout par le « collectif » si cher au syndicalisme, que ce soit au niveau des territoires, ou au niveau des différentes organisations qui gravitent autour de la filière laitière.

Si le département du Haut-Rhin ne fait pas partie des plus grands bassins laitiers français, il n’en reste pas un moins un territoire plein de « ressources » estime le président du groupe Lait à la FDSEA 68, Michel Rohrbach. « Oui la crise dure depuis trop longtemps. Mais on essaie toujours d’être joyeux et de croire en l’avenir. Il y a des signes aujourd’hui qui montrent un léger mieux, mais malheureusement, cela ne se traduit pas encore sur les fiches de paie. » Une situation qui peut être complètement différente en fonction de l’endroit où l’on se trouve sur le territoire. Pour ce début d’année 2017, des écarts de quinze à vingt euros les mille litres subsistent toujours entre les différentes laiteries de la région Grand Est. Chacune ayant un système différent, que ce soit pour la gestion du volume ou pour la qualité demandée. « C’est un point qu’il faut expliquer autour de nous, auprès des centres de gestion et chez les banquiers. Parce qu’on a vite fait de nous dire : « il y a un problème dans le Haut-Rhin, vous n’êtes pas bons ». Mais quand je vois le prix payé par Alsace Lait comparé à la moyenne de ce qui est payé dans notre département, il y a soixante euros de différence. C’est donc normal qu’on ne soit pas au même niveau », explique le secrétaire général du groupe Lait de la FDSEA 68, Sébastien Stoessel. « Tout cela commence en effet à être compliqué. Pour bien faire, il faudrait analyser chaque laiterie en fonction de son système », complète Michel Rohrbach. « On n’a pas à se cacher » Le Haut-Rhin a beau être un « petit » département laitier, il n’en reste pas moins bourré de ressources, capable d’aller chercher des marchés de niche. « Dans le lait bio, nous avons la chance d’avoir plusieurs opérateurs comme Biolait, Senagral ou Lactalis. C’est tout bénéfice pour nous car, avec un seul collecteur, notre avenir serait bien plus compliqué. Dans la vente directe, le succès de Cœur Paysan à Colmar montre l’attrait des consommateurs pour des produits authentiques et de qualité. Chose que tous les laitiers du Haut-Rhin savent très bien faire », liste Michel Rohrbach. Et puis la confrontation européenne holstein qui s’est déroulée en juin dernier au Parc des expositions de Colmar a été une vraie réussite. « Encore aujourd’hui, j’entends des compliments sur la qualité de l’organisation. On n’a vraiment pas à nous cacher. On a un vrai savoir-faire et une vraie motivation », continue le président du groupe Lait qui appelle l’ensemble de ses collègues à « arrêter d’être pessimistes » malgré une crise qui tarde à se résorber. « L’avenir est devant nous, et nous devons le travailler ensemble », souligne-t-il encore. De l’autre côté, il ne manque pas de fustiger ceux qui expliquent aux éleveurs de « mieux maîtriser leurs charges ». « C’est ce qu’on fait tous au maximum depuis des années. Mais à un moment donné, si le prix n’est pas là, on ne peut rien faire de plus. Dans le même ordre d’idées, je pense qu’il faut arrêter avec tous ces dossiers qui nous permettent de récupérer mille euros par ci, ou quelques centaines d’euros par là. Quand il nous manque quinze ou vingt mille euros, ce n’est pas avec ça qu’on arrivera à survivre », fait remarquer Michel Rohrbach. Des OP qui fonctionnent, d’autres moins Pour réussir à améliorer la situation de l’ensemble des éleveurs laitiers, il va falloir trouver de nouveaux repères dans un monde « qui ne tourne plus très rond », pour le directeur de la FDSEA des Vosges et référent FNPL pour la région Grand Est, Thierry Bajolet. « Il est difficile aujourd’hui de se projeter ». « Avant, on avait le syndicalisme au milieu qui faisait le lien entre les OPA, le Cniel, le Criel et les agriculteurs. Globalement, on voyait plus facilement où on allait. Mais c’est un monde révolu pour la filière laitière. Ça ne sert donc à rien de se morfondre sur ce qui se faisait avant. » Aujourd’hui, il faut compter avec les nouvelles OP (organisations de producteurs) créées il y a cinq ans pour « renforcer le poids » des producteurs dans l’interprofession. « Il y a des OP « verticales » et « horizontales ». Leur mission première est de négocier les prix et les volumes, tâche autrefois dévolue au Cniel. » En pratique, après cinq années d’existence, Thierry Bajolet reconnaît que ces OP ne disposent pas encore de tous les moyens pour créer un « vrai rapport de force » avec les entreprises. « Dans certaines situations, il y a des OP qui ont un rapport de force déséquilibré. On a pu le voir l’an passé avec Lactalis. » De l’autre côté, il y a aussi des OP qui fonctionnent bien comme celle de la laiterie Triballat située à Neufchâteau, dans les Vosges. « Cela fait deux années de suite qu’ils arrivent à mettre en œuvre une politique de prix globale dès le début de l’année. Par exemple, pour 2017, ils connaissent le prix moyen jusqu’au 31 décembre », développe Thierry Bajolet. Pour y arriver, cette OP est rentrée dans un fonctionnement « gagnant-gagnant » avec la laiterie Triballat. « C’est-à-dire que tout le monde se préoccupe de la santé de tout le monde. D’un côté, les producteurs veulent un prix, de l’autre l’entreprise veut gagner de l’argent. » Pour parvenir à ce compromis, les producteurs ont accepté de faire 3 % de lait en moins afin qu’il n’y ait pas d’excédents à gérer pour la laiterie. Ce modèle réussi d’OP est-il pour autant transposable dans d’autres bassins de production ? « Disons que c’est un système qui peut fonctionner avec des PME, pas avec des grosses entreprises, du moins pas pour le moment. C’est un début, et il faudra certainement aller plus loin au niveau des organisations de producteurs. Pour cela, il faudra encore plus parler et échanger sur les territoires entre les producteurs d’une entreprise. » « Tout le monde a un rôle à jouer » Mais au-delà du volume et du prix, la filière laitière doit agir sur d’autres tableaux pour assurer sa pérennité. C’est en cela que le Cniel reste pour Thierry Bajolet un acteur incontournable pour la production française, même sans la capacité de négociation tarifaire ou de volume qu’il possédait auparavant. « Certains se demandent à quoi sert la cotisation de 1,66 euro/1 000 l au Cniel. Il faut savoir que c’est une grosse machine, avec un savoir-faire énorme, où plein de sujets sont traités ». Que ce soit pour la communication, la recherche avec une veille scientifique constante, ou la recherche de marchés exports, les compétences du Cniel interviennent à plusieurs niveaux. « Oui le Cniel ne vend pas de fromage. Par contre, il facilite le fait de pouvoir exporter. Car il ne faut pas se leurrer, c’est hors de nos frontières qu’il y a des potentiels de développement. Chez nous, le marché est à maturité ». Mais si le Cniel et les OP ont un rôle très important à jouer dans la filière laitière, elles sont, à elles deux, comme un « tabouret à deux pattes ». Pour le directeur de la FDSEA des Vosges, c’est le syndicalisme qui est encore et toujours le pilier de l’organisation. « Pour être efficaces, on doit être global et transversal dans nos actions et notre approche. Et seul le syndicalisme permet cela. C’est une structure qui ne peut pas subir de pression, à part l’exigence de ses adhérents. C’est pour cela que toutes les entités qui gravitent autour de la filière lait ont toutes leur rôle. Sauf que là, on s’est un peu perdus. Pour la communication par exemple, on n’est pas bons. On doit tous s’unir pour délivrer un message commun qui sera bien plus efficace. Nous devons aujourd’hui nous demander comment on doit faire pour être complémentaire les uns avec les autres. C’est comme cela que notre filière pourra relever la tête », conclut Thierry Bajolet.

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M’enfin

Publié le 01/03/2017

60 ans que les premiers lecteurs ont pu découvrir le personnage favori du journal Spirou - Gaston Lagaffe. Un anniversaire qui tombe à pic tellement les sérénades et autres bruits de couloir - présidentielle oblige - sont abrutissants. Certains candidats osent même l’impossible, à croire qu’ils évoluent dans une bulle. Sans tirer des boulets rouges, mais peut-on aisément et sans froncer les sourcils faire croire que l’on va demander, pour ne pas dire écrire, obliger, nos créanciers à annuler la dette française ! Il y a 7 ans, des mesures d’encadrement ont été prises pour éviter le surendettement et désormais les résultats sont au rendez-vous ! Comment d’un côté, appliquer sur le dos des citoyens de la rigueur et de l’autre, dépenser à tout va et hop on annulera par la suite ! Pour une dette qui dépasse les 2 000 milliards d’euros et qui nous rend dépendants, il y a lieu d’être humble. J’ai vraiment l’impression que la mode consiste à oser, à faire semblant pour surtout ne rien faire. Gaston Lagaffe faisait cela à merveille, sublime inventeur de choses qui ne servent à rien et employé modèle mais ne sachant vraiment pas ce qu’il va faire au travail ! Entre alliance, équipier modèle, ralliement, et j’en passe, nous assistons à une piètre démonstration de l’élégance politique n’osant plus l’engagement pour l’intérêt supérieur de la nation. Hier le guide Michelin décernait les étoiles pour encourager la gastronomie française, parler de nos produits, de la complémentarité… Et ces jours, Salon de l’Agriculture oblige, les ONG d’un temps autre prenant les ruraux pour des bouseux, s’adonnent à concentrer leurs actions pour culpabiliser les classes populaires ! Une drôlerie purement franco-française qui en dit long sur la guerre du pouvoir pour le pouvoir. Je préfère pour l’instant un peu en sourire, mais plus que jamais je crois que les frasques imaginées par Spirou collent à merveille à une partie de notre élite… « On m’a dit de venir… de venir pour faire quoi ?… Pour travailler… Travailler comment ? Sais pas… ! ».

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Émoi

Publié le 23/02/2017

La vie des uns et des autres est souvent parsemée de rencontres, d’émotions et de faits qui nous font grandir, apprendre et comprendre. Quelle baffe nous avons eu ce dimanche en apprenant le décès brutal de Monsieur Xavier Beulin. Que de choses ont été dites, ont été amplifiées et détournées de son sujet car Xavier dérangeait ! Et pourtant par son engagement, sa poignée de mains, ses mots choisis, il donnait la niaque à ceux qui le côtoyaient. Xavier aimait l’agriculture et surtout le monde des paysans. Il refusait que les agriculteurs soient considérés comme une variable d’ajustement. Il avait le courage de dire les choses et voulait redonner des perspectives économiques réelles. Que de conneries ai-je pu lire au sujet de sa présidence auprès du groupe Avril. On aime à parler AOC Comté ou Roquefort, mais on n’ose pas avec lucidité parler de la filière colza - huile et autre diester, et pourtant c’est pareil ! La bêtise adore décrier les hommes d’esprit et les bâtisseurs. Lui, il encaissait et continuait inlassablement, toujours à l’écoute, toujours en agissant pour l’ensemble des filières. En parlant avec lui, en l’écoutant, en échangeant, j’ai appris ce que le mot engagement voulait dire, ce que le mot travail sous-entendait. J’en explose parfois à entendre ici et là des commentaires lorsque l’on sollicite les uns et les autres à porter des dossiers au motif « je n’ai pas le temps ». Je n’ai pas le temps mais je veux, je veux, et je veux encore. La marque de fabrique de l’Agriculture Française existe car elle est plurielle et professionnelle, car elle vibre et évolue par la clairvoyance des gens qui s’impliquent. Toi Xavier tu avais ce don de semer chaque jour, de mettre les bottes et d’aller au charbon, de tirer la charrette pour permettre à chacun d’engranger ses récoltes. Alors en mon nom, mais aussi en celui de Denis, de notre Conseil d’administration, Merci. Merci d’avoir pu apprendre par Toi. Merci d’avoir su donner à nos filières leurs lettres de noblesse. Pour ton engagement, nous devons continuer, continuer car les agriculteurs sont une grande famille. Une pensée particulière à ton épouse, tes enfants, tes proches qui viennent de perdre leur roc. Nous serons là pour les soutenir.

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