FDSEA

Fdsea du Haut-Rhin, canton de Dannemarie

Du mieux, mais…

Publié le 24/03/2017

La situation économique des agriculteurs demeure tendue, celle des éleveurs très difficile. Et ce, malgré une hausse du prix du lait. C’est ce qui a été rappelé mardi 21 mars à Gommersdorf lors de l’assemblée générale du canton de Dannemarie.

La réunion a débuté par un hommage rendu à Xavier Beulin et Jean-Marie Schappler, deux personnalités que le président départemental et du canton, Denis Nass, a eu la chance de côtoyer comme il l’a rappelé visiblement ému. Ensuite, il est revenu sur les difficultés que traversent toutes les filières agricoles ces dernières années. « La situation est très compliquée. Même si nous n’avons pas beaucoup manifesté, nous avons travaillé pour chercher à nous en sortir, pour trouver des solutions à chaque exploitation et donc pour préparer l’avenir. Actuellement, il y a léger mieux. Mais, cela reste tendu ». Une vingtaine d’agriculteurs sont présents. Gilles Schnoebelen de Bretten réagit immédiatement. « Faisons attention ce que nous disons. La crise est encore là. Nous étions en « super-crise ». Aujourd’hui, on est toujours en crise. Nous arrivons juste à boucler le budget. La crise ne va pas partir avec l’arrivée du beau temps », souligne l’éleveur. Et Pascal Claude, gérant de la choucrouterie du même nom à Chavannes-sur-l’Étang, d’ajouter. « Ce qui a été perdu financièrement en 2016, et les années précédentes, il va falloir le récupérer. Et de nombreux agriculteurs en sont encore très loin ». Les éleveurs, même s’ils ne sont pas touts logés à la même enseigne, s’agacent de la communication dans les médias nationaux qui laissent penser que la crise fait désormais partie du passé. « Nos produits ne sont toujours pas valorisés au juste prix. Et nos charges n’ont pas baissé, elles », argumente un autre professionnel présent à cette assemblée générale. Gagner en compétitivité Une situation économique toujours difficile. Et d’autant plus que les paiements provenant de la politique agricole commune tardent à arriver. « Le dossier concernant le paiement des mesures agrienvironnementales (MAE) 2015 n’est en effet toujours pas soldé. Pour autant, il ne faut pas se décourager et construire des solutions, ensemble. La première priorité est de créer une solidarité, de trouver de la trésorerie avec les banques. Il faut pouvoir financer ces retards. Ensuite, si des gens sont en difficulté au niveau de leur moral, il faut les soutenir. Le réseau de la FNSEA est là tout comme la cellule « Réagir » en lien avec la Chambre d'agriculture d’Alsace et la Mutualité sociale agricole notamment. Sachez simplement que le syndicat est là pour trouver des solutions, mais ne peut pas tout faire. Il n’est pas responsable de tous les maux », a prévenu Denis Nass. Au sujet de l’abattoir de Cernay, il a répété que la profession agricole continuait à travailler sur le développement de filières courtes. « Nous cherchons à renforcer le fonctionnement de notre outil qu’est cet abattoir départemental. Nous avons gagné en compétitivité. À tel point que nous sommes désormais dans une situation où le volume travaillé arrive à saturation. Et les frigos sont à leur maximum de capacité. Nous montons actuellement un dossier pour investir, en lien avec le Conseil régional du Grand Est, le Conseil départemental du Haut-Rhin et l’agence de l’eau, pour pouvoir augmenter notre tonnage de travail. Ce dossier a un coût qui représente le million d’euros », précise Denis Nass. Le conseiller départemental Rémy With a précisé que le dossier était en attente de la réponse de la région, qui avec la réforme territoriale, est désormais en charge de l'outil. Le Conseil départemental du Haut-Rhin reste néanmoins le propriétaire de l’abattoir. Mais, il ne veut pas et ne peut pas être le seul financeur de ces travaux. « L’abattoir est un outil sérieux qui apporte de vraies réponses, notamment en matière de filière courte et de proximité avec les consommateurs. Si la région suit, et avec l’agence de l’eau, le Conseil départemental pourrait alors financer un tiers du budget demandé pour ce projet », estime Rémy With. Ensuite, l’idée est d’aller encore plus loin dans la transformation en proposant de nouveaux produits plus élaborés et en retravaillant le cahier des charges pour préserver l’élevage et la présence de l’herbe sur le territoire. Une eau de qualité grâce aux agriculteurs Dany Dietmann, maire de Manspach et président du syndicat mixte pour l’aménagement et la renaturation de la Largue, a souligné le travail de la profession. « La qualité de la ressource en eau s’améliore. Merci à la profession agricole. Nous sommes sortis de la zone de vulnérabilité. De nombreuses communes ici dans le secteur de la Largue bénéficient désormais d’une eau de qualité. Il faut continuer ce travail en commun. Et pour le réussir, il faut que l’agriculture et les agriculteurs soient considérés comme de véritables prestataires de services. Et être rémunérés comme tels ». Vincent Dietemann de Traubach-le-Bas s'est exprimé sur le fonctionnement de la coopérative d’utilisation de matériel agricole (CUMA) du secteur. « Nous mutualisons les outils de travaux et nous nous entendons sur leur utilisation, mais également sur les charges. Cela nous permet de travailler sereinement, d’être performant et de gagner en compétitivité ». Un exemple à suivre selon l’avis de Denis Nass.

Publié le 10/03/2017

Depuis quelques mois déjà, un site internet permet de mettre en relation deux exploitants agricoles qui souhaitent effectuer un échange en jouissance.

De nombreuses interrogations de la part d’exploitants agricoles ont amené notre FDSEA à faire un point pratique concernant l’utilisation d’une part, du site internet echangeparcelle.fr et d’autre part, des formalités juridiques. 1. Est-ce qu’un bail rural est la même chose qu’une convention d’échange en jouissance ? NON. La notion de bail rural est en fait un contrat entre un preneur et un bailleur. Une convention d’échange en jouissance est conclue entre deux « échangistes » pour une durée qui ne peut être supérieure à celle du bail. 2. Les exploitants agricoles réalisent un échange en jouissance. La personne qui payait habituellement le fermage doit-elle le verser à l’autre propriétaire (partie au bail rural) ? NON. La convention d’échange en jouissance ne modifie pas les parties au bail rural initial. Même s’il y a eu échange de l’exploitation de la parcelle, le fermage est versé par les preneurs initiaux aux bailleurs initiaux. 3. Les preneurs à bail (les exploitants) doivent-ils adresser une copie de la convention d’échange en jouissance, à leur bailleur (propriétaire) respectif ? NON. Aucune disposition dans le Code rural n’est prévue. La notification d’échange en jouissance adressée aux bailleurs respectifs permet de faire un récapitulatif des parties à la convention et de la durée de l’échange. 4. J’exploite une parcelle et souhaite l’échanger avec la parcelle d’un voisin, uniquement pour l’exploitation. Puis-je l’échanger sans en avoir préalablement informé le propriétaire ? NON. Le Code rural prévoit un formalisme particulier : le preneur doit envoyer une notification d’échange en jouissance par LRAR* à son bailleur respectif pour l’informer de l’opération ; le bailleur a 2 mois pour agir en contestation auprès du Tribunal Paritaire des baux ruraux. 5. Je souhaite faire un échange en jouissance et vient le moment d’informer, par écrit, le bailleur. Comment peut-il m’indiquer sa réponse ? Un accord verbal est-il valable ? NON. Il est judicieux d’obtenir une réponse écrite du propriétaire foncier. Pour ce faire, votre FDSEA vous conseille et met à votre disposition les documents nécessaires à la bonne marche de l’opération. 6. Je suis preneur à bail et ai échangé via une convention d’échange en jouissance, la parcelle avec le voisin. Des travaux culturaux sont nécessaires concernant la parcelle que j’ai échangée. Dois-je prendre en charge les frais ? OUI. Les frais culturaux sont à la charge des preneurs à bail initiaux. Il appartient aux deux « échangistes » d’exploiter raisonnablement le fonds agricole échangé. Le cas échéant, une clause dans ladite convention doit préciser les engagements respectifs. 7. Pour localiser la parcelle sur le site internet, puis-je importer les parcelles via TelePac ? NON. Au vu des éléments, cela n’est pas possible. L’utilisation du site internet echangeparcelle.fr facilite la recherche d’un exploitant agricole qui souhaite échanger une parcelle, optimiser du parcellaire et gagner en productivité et en efficacité. N’attendez plus ! Pour tout complément d’information, la FDSEA du Haut-Rhin se tient à votre disposition au 03 89 22 28 60.

Fdsea ses actions

Médiatisation

Publié le 09/03/2017

Rien ne va, chacun a son avis, chacun sait, voilà les nouvelles addictions qui accompagnent les pensées des personnes. Pour s’en convaincre, regardons un peu les choix qui sont réalisés pour aborder un sujet ; le salon de l’agriculture a été un support magistral, clivant les filières, les productions, les hommes et mettant en première ligne, au travers des reportages, l’exception ! Et pourtant, l’agriculture est plurielle. Comme le dit si bien le philosophe Frédéric Lenoir, « la médiatisation du monde contribue à rendre celui-ci plus sombre et négatif qu’il ne l’est ». On adore réaliser des clichés et y rajouter sa propre sauce. Malheureusement, cette évolution cultive le doute et jette le discrédit. Une sorte de barrage à l’information. Parfois, la bêtise est tellement criante que le commun des mortels ne peut que la croire. Ces jours-ci, sur les réseaux sociaux, une image apparaît avec en toile de fond une amende systématique de 450 € à l’encontre des maraîchers qui utilisent des produits fabriqués par Monsanto – on ose désormais le bourrage de crâne pour semer le conflit. Les exemples ne manquent pas pour montrer à quel point on abasourdit notre société. À 50 jours des élections présidentielles, moment fort de la démocratie française, le jeu nouvellement institué consiste à dénaturer, voire à modifier les engagements des candidats, histoire de rendre les votants encore plus incrédules, encore plus méfiants. Ces évolutions sont des plus inquiétantes car plus que jamais la raison est envoyée aux oubliettes. Place désormais à la « science de l’ignorance », socle de l’égoïsme, comme base essentielle de la communication. Dans ce vacarme du tout et n’importe quoi, il devient de plus en plus difficile de faire entendre les voix de la justesse. Et pourtant, qu’il était beau ce temps où l’on apprenait à penser par nous-même. Compliqué dans un tel environnement que de se faire sa propre idée ! À quand un peu « d’amour-propre » pour redonner de la perfection au fait démocratique ? Vaste programme.

Pages

Les vidéos