FDSEA - canton d’Altkirch
« Nous cherchons à pérenniser nos exploitations »
FDSEA - canton d’Altkirch
Publié le 17/02/2017
Les adhérents du canton d’Altkirch de la FDSEA du Haut-Rhin se sont retrouvés en assemblée générale lundi 13 février à Carspach. Comme leurs confrères, ils ont évoqué une situation économique difficile et un besoin de reconnaissance de leur métier.
Le début de la réunion a été marqué par l’hommage rendu par le président du canton d’Altkirch Laurent Rimelin à trois personnalités du monde agricole récemment décédées : Jean-Marie Schappler, André Husser et Dominique Boussit. Il a ensuite, avec le secrétaire général de la FDSEA du Haut-Rhin Pascal Wittmann, fait le tour des activités du syndicat l’année écoulée. « Les prix du lait et des céréales ont été au cœur de nos préoccupations. En février 2016, nous avions rencontré les représentants des grandes et moyennes surfaces pour discuter sur ces prix. Nous avions insisté sur la nécessité de valoriser davantage nos produits. Comme d’habitude, nous avons été écoutés. Mais, dans les faits, rien n’a vraiment changé », regrette Laurent Rimelin. Les épisodes climatiques de ces derniers mois n’ont pas arrangé la profession agricole. Pas davantage que la politique agricole commune. « Enfin, il y a eu ces récoltes. Personne ne s’attendait à des résultats aussi mauvais, tant en qualité qu’en quantité ». Les agriculteurs présents à la réunion ont également évoqué d’autres maux comme les dégâts récurrents des corbeaux et des blaireaux sur les cultures. Pascal Wittmann a ensuite invité les adhérents à s’exprimer sur leurs difficultés ou sur des demandes plus spécifiques concernant les activités du syndicat. Il en est ressorti que la « base » souhaite être davantage et mieux informée sur ces activités et les différentes manifestations organisées. L’idée d’une plus grande participation des membres à des visites de terrain du préfet en est un exemple. « On recherche de la considération » Dans son rapport moral, Laurent Rimelin n’a pas éludé la situation économique désastreuse pour de nombreux exploitants agricoles. « Depuis quinze ans, j’ai l’impression de me répéter. J’ai aussi l’impression que rien ne change et, surtout, que cela ne s’améliore pas. Mais, cette situation, qui en a vraiment conscience dans la société ? Car, les clichés sur l’agriculture persistent. Pour autant, la FDSEA notamment se mobilise toute l’année pour obtenir des mesures destinées à assouplir nos besoins de trésorerie. Il y a et il y a eu des avancées qui ont répondu à de vraies attentes. Par ailleurs, des outils d’aides existent comme l’assurance climat. Mais, dans le même temps, il y a ces contraintes administratives toujours plus lourdes ». Et d’expliquer que les agriculteurs ont besoin d’avoir des interlocuteurs qui ont un raisonnement économique et qui sont à leur écoute. « On recherche de la considération pour ne plus se sentir seuls sur nos exploitations. Nous cherchons également de l’aide au niveau agronomique. Car actuellement, c’est plutôt le contraire. On nous enlève des molécules qui nous aidaient jusqu’à présent à protéger nos cultures. Et enfin, nous avons besoin de nouveaux outils d’aides à la décision face à cet empilement de contraintes. Nous voulons continuer à investir pour pérenniser nos exploitations ». Gérer et anticiper La dernière partie de l’assemblée générale a été consacrée à un exposé de Véronique Herrscher et de Régis Heitzler du CER France Alsace portant sur le conseil de gestion en situation de volatilité des prix. Ils ont attiré l’attention des agriculteurs sur l’existence d’un plan d’actions et de conseil en trésorerie lorsque les difficultés s’accumulent (prix faibles, récoltes difficiles, aléas climatiques). « Il convient de réaliser un prévisionnel sur douze mois pour savoir comment réagir et quelle conduite adopter pour passer cette période. À court terme, il faut tout d’abord faire un état des lieux le plus précis possible pour déterminer le besoin exact de trésorerie pour passer le cap. Cela passe notamment la négociation avec ses partenaires financiers. Ensuite, à moyen terme, il faut conserver la maîtrise technique de ses ateliers, adapter les annuités au potentiel de l’excédent brut d’exploitation de plus en plus fluctuant. Il faut enfin penser à mutualiser la mécanisation », ont-ils indiqué. Dans tous les cas, l’anticipation des difficultés est primordiale. Véronique Herrscher et Régis Heitzler ont appuyé leurs propos en présentant les solutions et programmes d’aides à la décision existants au CER France Alsace.












