Grandes cultures

Coopérative Agricole de Céréales

Entreprendre et innover pour une agriculture compétitive

Publié le 20/12/2018

Au terme de l’assemblée générale de la CAC 2018, Jean-Paul Hebrard, co-fondateur de WeFarmUp, journaliste agricole et spécialiste de l’innovation agricole, est intervenu pour une introduction aux enjeux agricoles. Partant de constats sur l’évolution de notre monde, il a mis en lumière les pistes déjà empruntées, ou qui devront l’être, dans les prochaines années.

Avec plus de 20 000 nouveaux Terriens chaque jour, et une croissance exponentielle, le monde comptera en 2050, selon l’ONU, près de 10 milliards d’habitants. La première observation est d’une évidence simple : « Une chose est certaine, le marché se développe. » Comment va-t-on nourrir les humains ? « Ce sont des choix de société », commence Jean-Paul Hebrard. Car la surface de terre cultivée n’augmente pas proportionnellement à la population mondiale, et qu’en certains endroits, la faim reste un fléau. Plus de bouches à nourrir, mais moins de terres arables. Pour la France la courbe vacille, mais la baisse est là : 19 606 000 ha en 1961 et seulement 18 478 700 ha en 2015 selon la Banque Mondiale. À l’échelle mondiale, les terres arables représentent 11 % du territoire. Cependant, l’intervenant précise : « Dans le monde, chaque agriculteur a en moyenne moins d’un hectare à cultiver. En moyenne ! » insiste-t-il. Ce qui signifie que nombreux sont ceux qui n’ont accès qu’à des parcelles très réduites. C’est par exemple le cas en Inde. Amené à faire un reportage sur l’agriculture dans le pays, Jean-Paul Hebrard témoigne du prix de la terre. « C’est un bien précieux et très valorisé par les familles. Un hectare coûte 100 000 à 150 000 euros. Pour rentabiliser leurs cultures, les Indiens produisent toute l’année, grâce à deux saisons de moissons. De plus, il n’y a pas de mécanisation. Ici en Alsace, vous aimeriez payer moins. C’est normal. Mais en comparaison, ce n’est vraiment pas cher. » Se saisir des nouveaux marchés Un marché en augmentation, oui, mais aussi en pleine mutation. « Qui est vegan dans la salle ? Végétarien ? Flexitarien ? » Quelques mains timides se lèvent dans l’assemblée. « Les modes de consommation évoluent et la demande sociale est de plus en plus forte. Il faut que les agriculteurs soient capables d’aller tirer avantage de ce marché. » Citant l’exemple de Christophe Grison, agriculteur dans l’Oise, l’intervenant montre comment un céréalier a su changer en variant sa production. Aujourd’hui, il propose en plus de son activité initiale, des produits fermiers et maraîchers en circuit court. Pour cela, il a investi plus de 20 000 euros dans un distributeur à casiers en libre-service. De plus, il consacre une partie de son week-end à l’entretien de ce distributeur. Il travaille donc plus, mais vit également mieux. Science, recherches et applications « Va-t-on augmenter la productivité en achetant de gros tracteurs ? » interpelle le conférencier. « Si vous avez les moyens, allez-y. Mais les tracteurs de demain, ce sont les robots. L’avenir se trouve là. » Pour répondre au défi de la main-d’œuvre, ces machines sont développées par les constructeurs : des engins sans cabines de pilotage, capables de remplacer l’homme comme « sherpa mécanique » pour porter les vendanges par exemple, comme moissonneurs, désherbants, etc. Dans le public, les réactions sont mitigées. La recherche scientifique apporte également son lot d’innovations à l’image de la viande fabriquée en laboratoire qui n’est plus synonyme de science-fiction depuis peu. Les scientifiques Emmanuelle Charpentier et Jennifer Doudna ont mis au point le CRISPR-Cas9. Cet outil devrait permettre de « mettre les OGM aux oubliettes », a expliqué Jean-Paul Hebrard. On pourra « éditer un gène », c’est-à-dire, réécrire, couper, coller, directement le code génétique d’une vache ou d’une plante. Les perspectives d’une telle avancée sont immenses et trouveront des applications certaines dans l’agriculture. Parmi les possibilités d’évolutions déjà bien connues, Jean-Paul Hebrard évoque enfin l’entraide et la mutualisation par le co-farming ou encore l’agriculture urbaine. « Il faut préempter ce secteur. Associer les productions des champs avec celles des villes. » Pour lui, la consigne est claire : « Si ce n’est pas vous, les agriculteurs, qui le faites, ce seront d’autres. »

Coopérative agricole de céréales

Un futur « d’ambitions collectives »

Publié le 14/12/2018

Il y a les chiffres, les courbes, les analyses. Et il y a les Hommes. Celles et ceux qui, au quotidien, travaillent sans relâche pour la réussite et le développement de leur entreprise. C’est à travers eux que la Coopérative Agricole de Céréales (CAC) a souhaité retracer la campagne 2017-2018, mais aussi les perspectives des années à venir, lors de l’assemblée générale qui s’est déroulée le 7 décembre à Colmar.

Vers un management plus « transversal » Joris Cuny est responsable Expérimentation depuis quatre ans au sein de la coopérative. Pour lui, le « fait marquant » de la campagne écoulée a été la transition que vit l’agriculture, celle qui incite les professionnels à utiliser de moins en moins d’intrants. « C’est un point charnière pour l’agriculture au niveau technique. On doit prendre ce tournant pour être en mesure d’apporter des solutions, pour produire mieux avec moins d’intrants, et permettre à nos adhérents d’être plus compétitifs. » Parmi les pistes actuellement à l’étude à la CAC : de nouveaux produits, des solutions de biocontrôle, une place de plus « prépondérante » de l’agronomie, sans oublier l’utilisation accrue des technologies numériques comme le guidage par GPS. C’est grâce à cette innovation que la CAC a pu lancer au printemps dernier la modulation intraparcellaire de semis de maïs, Modip. Une première en France qui représente le « fait marquant » de l’année pour Élodie Richard, responsable marketing de la coopérative. « Nos équipes commerciales, expérimentations et innovations ont travaillé en commune pour aboutir à ce résultat », se félicite-t-elle. C’est là une illustration concrète du « management par processus » que la CAC a mis en place cette année. Derrière ce terme un peu « barbare », c’est la promesse d’un management d’entreprise plus « transversal » et moins « vertical ». « Notre souhait est d’abattre les cloisons afin que les services échangent davantage. Cela doit nous permettre de mieux répondre aux exigences de nos clients avec plus d’efficience », indique Laura Gueniat, responsable Qualité, Sécurité et Environnement à la CAC. Ce processus, qui en est « au tout début » pour la coopérative, a été marqué cette année par l’obtention de la certification ISO 9001 : 2015 qui définit les critères pour un système de management de qualité. Des incertitudes et des espoirs Face à des contextes commerciaux, climatiques et politiques de plus en plus incertains, la « voie de qualité » semble être le meilleur atout sur laquelle la Coopérative Agricole de Céréales peut s’appuyer dans les années à venir. La responsable de la commercialisation des céréales, Michèle Waegele, pose les enjeux : « Quelle sera la météo demain ? Comment va évoluer la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis ? Et les tensions entre la Russie et l’Ukraine ? Quid du niveau de l’eau dans le Rhin dans les années à venir ? Beaucoup d’incertitudes demeurent, c’est vrai. Mais tout n’est pas noir. Notre coopérative a des points forts et doit continuer à s’appuyer dessus : l’excellence dans la qualité relationnelle, dans la qualité sanitaire, du service rendu et de nos produits. » Cette « excellence » passera-t-elle par l’avènement des technologies numériques ? C’est justement ce que la CAC essaie de savoir avec le réseau des fermes LEADER qu’elle a rejoint en 2017. Un réseau national qui, d'ici 2021, ambitionne de réunir pas moins de 1 000 « fermes numériques » sur le territoire français. À travers ces exploitations « ultra-connectées », les porteurs du projet entendent évaluer les intérêts économiques, environnementaux et sociétaux des solutions numériques, tout en élaborant des nouveaux services avec, et pour les agriculteurs. Actuellement, 18 adhérents de la CAC font partie de ce réseau qui en compte soixante pour l’instant dans toute la France. Aussi connectées soient-elles, est-ce que ces « fermes du futur » pourront encore bénéficier de la même qualité de conseil qu’à l’heure actuelle ? Christian Dietrich, responsable du secteur commercial à la CAC, reconnaît que la séparation de la vente et du conseil liés aux produits phytosanitaires risque fort de compliquer la tâche des coopératives. « Cette décision a été prise par nos élus, tôt le matin, et sans grande discussion. Je ne suis pas sûr qu’ils soient conscients du fonctionnement de nos coopératives », déplore-t-il. « Cela nous tient à cœur de pouvoir maintenir ensemble la vente et le conseil de produits phytosanitaires. Lors des tours de plaine, on pouvait affiner la dose en fonction du stade de développement de la plante, ou des conditions pédoclimatiques. Maintenant, c’est le flou concernant notre avenir. On sait qu’on va devoir évoluer par rapport à la pression environnementale. On va devoir produire plus et mieux avec moins. Et c’est là qu’on continuera à avoir un rôle de conseil grâce aux modulations de dose intraparcellaires ou aux outils numériques. » La proximité, un « atout » à entretenir La Coopérative Agricole de Céréales, c’est aussi les cultures spéciales comme la vigne, le maraîchage et l’horticulture par le biais de ses deux structures dédiées : Ampelys et Hormalys. Lors de la campagne écoulée, elles n’ont pas ménagé leurs efforts pour proposer des solutions face aux problématiques liés aux changements climatiques et la propagation de certaines maladies. En vigne, Florent Motz, agent Relation Culture chez Ampelys, souligne ainsi le fort développement des pratiques « alternatives » comme le travail du sol, le remplacement des produits phytosanitaires par des biocontrôles et la taille Guyot Poussard. Plusieurs formations ont été proposées aux viticulteurs. « C’est la meilleure solution qu’on a trouvée face au dépérissement des pieds de vigne qui touche tous les vignobles du monde, et qui met à mal bon nombre d’entreprises. En Alsace, nous avons des cépages qui sont fortement touchés par cette maladie. On est particulièrement touchés et il faut qu’on se remette particulièrement en question. Nos adhérents l’ont bien compris et beaucoup veulent être formés », indique Florent Motz. Du côté de l’horticulture, le marché est lui aussi en « pleine évolution » constate Stéphane Henry, conseiller technico-commercial chez Hormalys. En cause, les excès climatiques de plus en plus fréquents alternant entre excès d’eau, sécheresse prolongée et épisodes de grêle intenses. « Du coup, nous avons développé toute une gamme autour de ça avec des solutions pour l’arrosage ou encore la protection des cultures », précise-t-il. « L’excellence » si chère à la CAC est encore plus prégnante pour son pôle « Cultures Spéciales ». Pour son responsable, Jean-Michel North, les raisons sont très simples : « Toutes ces cultures ont une relation très différente avec le consommateur final, le lien est plus direct. Du coup, nous avons l’obligation d’être plus pointus au niveau des produits finaux et des solutions que proposons. » Pour Robert Grosshans, responsable Approvisionnement Grandes Cultures, cette « proximité » constitue une « chance » pour la CAC. « Par rapport à d’autres filières, on a la chance d’avoir des relations de commerce différentes avec nos clients. Il y a de la complicité dans bien des cas, l’histoire qui joue un rôle, et cette proximité qu’on a toujours cherché à développer. On va se battre pour maintenir ce lien relationnel car c’est déterminant dans la manière dont on voit et on sent les choses dans notre milieu. »

Publié le 12/12/2018

Plus d’une centaine de personnes se sont déplacées aux trois rendez-vous du groupe Armbruster pour découvrir les résultats d’essais, les perspectives et assister aux présentations d’agronutrition à l’occasion du traditionnel Agritour.

Les rendez-vous de l’Agritour étaient fixés à Bernolsheim, Niederentzen et Ebersheim. Ces réunions techniques permettent aux techniciens du groupe Armbruster de rappeler les évolutions de la réglementation concernant les produits phytosanitaires, leur application, les résultats obtenus lors de la campagne 2017-2018 pour le maïs et le blé. Une large place a également été consacrée à l’agronutrition et aux Outils d’aide à la décision (OAD) pour la fertilisation du troisième apport sur blé. Différentes variétés de blés ont été analysées du point de vue du risque mycotoxines, risque limité lorsqu’un traitement est pratiqué. Le « biosoufre » (liquide) à la dose de 3 l/ha, proposé par Armbruster, présente plusieurs avantages pour les céréales. Utilisable en agriculture biologique, il permet une diminution des Indicateurs de fréquence de traitements (IFT) et une flexibilité dans le choix du ou des partenaire(s) de synthèse associé(s). Par ailleurs, il améliore la qualité de pulvérisation. Ce qui sécurise les rendements tout en apportant une réponse technique et sociétale fiable. Parmi les solutions apportées suite à l’évolution de la réglementation concernant les fongicides, Elatus™ Plus, une nouvelle spécialité à base de Solatenol™, qui permet de lutter efficacement contre les maladies foliaires majeures des céréales. Son efficacité combinée à une distribution uniforme et à une très forte affinité pour les tissus des feuilles lui donnent une longue durée d’action, pour des feuilles vertes plus longtemps et plus de rendement. Cette spécialité peut être considérée comme le nouveau standard technique, avec un spectre d’efficacité complet sur les maladies foliaires majeures des principales céréales, blé, orge, seigle, triticale notamment. Évolution de la réglementation Le groupe Armbruster a présenté ses services en matière de fertilisation azotée, en mettant en valeur trois d’entre eux. Le premier, Jubil, mesure la teneur en nitrate du jus de base de tige. N-Pilot, quant à lui, est un réflectomètre portable qui évalue l’état de nutrition azotée des cultures : teneur en chlorophylle du feuillage et quantité de biomasse. Il donne immédiatement un conseil de complément de dose pour le troisième apport. Enfin, le troisième, Cerealia, est une solution innovante pilotant la fertilisation par télédétection. Elle présente de nombreux atouts : une carte d’application à chaque épandage, des résultats techniques optimums, des délais de réponses rapides (deux jours maximum), une compatibilité à toutes les marques de matériels. L’Agritour a aussi été l’occasion de faire un point sur le maïs. La réglementation évolue, avec l’interdiction des néonicotinoïdes en 2018 et l’arrêt du thirame en 2019. Les agriculteurs ont été rendus attentifs à plusieurs produits : Force 1,5 G avec une utilisation des kits diffuseurs interdit un an sur trois, les restrictions un an sur deux pour Juan, ​​​ Adengo, Xtra et Apicale, et des prospectives avec une réduction des molécules S-métolachlore, TBA, ou encore nicosulfuron. En ce qui concerne les traitements de semences, Premium de Pioneer est un biostimulant qui permet une sélection des meilleurs lots de semences. Resid de Symborg est, lui, un inoculant biologique développé sur des substrats solides pour le recouvrement de graines, qui contient le champignon formateur de mycorhizes Glomus. Il s’applique dans le recouvrement de graines, favorisant une colonisation mycorhizienne intense du système racinaire des plantes, une plus grande croissance radicale, une meilleure absorption de l’eau et des nutriments de la solution du sol. Il accroît la vigueur et le rendement des cultures. Enfin, Acceleron de Dekalb propose trois produits : Maxim Quattro (fongicides), Force 20 CS (insecticide) et B-360 LCO (biostimulant). Les résultats de trois parcelles d’essais situées à Folgensbourg, Uffheim et Wahlenheim ont été présentés, ainsi que les résultats sur les microparcelles situées à Duntzenheim (non irrigué, de la série précoce à demi-précoce) et à Logelheim (irrigué, de la série demi-précoce à tardive). 16 essais en grandes bandes ont également été effectués.

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