Grandes cultures

Publié le 06/08/2018

Dans les régions les plus en avance, la récolte du maïs fourrage pourrait démarrer dès la mi-août, avance Arvalis - Institut du végétal.

Arvalis - Institut du végétal publie une carte des dates prévisionnelles de début des récoltes des maïs fourrage établie le 20 juillet. Elle précise, par région, la période possible de début des chantiers de récolte pour des scénarios climatiques à venir chauds, et montre que la maturité s’est encore accélérée. L’objectif est de sensibiliser éleveurs, Cuma et entreprises de travaux agricoles à l’avancement de la maturité des maïs pour déclencher les chantiers de récolte à temps afin de les étaler et d'éviter les récoltes tardives à taux de matière sèche trop élevé. Visiter les parcelles pour organiser les chantiers de récolte La période de début de récolte figurant sur la carte correspond aux maïs les plus avancés de chaque région. Elle prend en compte les températures relevées depuis le 13 juillet. Mais il revient à chaque éleveur de vérifier la maturité de ses maïs par les méthodes habituelles (observation de l’état des plantes, de la maturité des grains). La plage optimale de récolte des maïs fourrage se situe entre 31 et 35 % de matière sèche plante entière. La période à laquelle ce stade est atteint est fonction du groupe de précocité de l’hybride cultivé, de sa date de semis et des conditions climatiques. Le suivi des sommes de températures depuis le semis, ou depuis la floraison femelle (sortie des soies), permet de prédire la période optimale de récolte. Trois à quatre semaines après la sortie des soies (stade repère de la floraison) l’observation des grains permet de mieux prédire la date optimale de récolte. À cette date, on commence à voir la lentille vitreuse à l’extrémité des grains des couronnes centrales des épis. Pour les variétés à grains dentés, on commence à observer une dépression au sommet du grain. La lentille vitreuse, jaune dorée et difficilement rayable à l’ongle, correspond au dépôt d’amidon vitreux à l’extrémité du grain. La plante entière est alors, selon son gabarit et l’état des feuilles, entre 24 et 26 % de matière sèche. Si l’appareil végétatif est développé et les feuilles vertes, la plante est entre 23 et 25 % de matière sèche. Si l’appareil végétatif est court et les feuilles sèches sous l’épi, la plante est entre 26 et 28 % de matière sèche. À partir du stade d’apparition de la lentille vitreuse, il reste 6 à 8 points de matière sèche à acquérir pour atteindre le stade optimal de récolte, soit 32 - 33 % de matière sèche plante entière. Cela représente 140 à 180 degrés jours, soit 15 à 25 jours selon les régions, la période de récolte et le scénario climatique de la fin de l’été et de l’automne… En situation de déficit hydrique, l’évolution du pourcentage de matière sèche peut être très rapide, un demi-point par jour, voire jusqu’à un point en condition extrême.

SARL Travaux paille commerce et service à Sainte-Croix-en-Plaine

Acheter et vendre de la paille de qualité

Publié le 29/07/2018

Créée en 1999, la société Travaux paille commerce et service, de la famille Weiss à Sainte-Croix-en-Plaine, s’est spécialisée dans l’achat et la revente de paille. Une activité qui constitue une diversification agricole et qui répond, au niveau local, national voire international, à des difficultés d'approvisionnement.

Historiquement, la famille Weiss a toujours vécu de l’agriculture. Aujourd’hui encore, l’exploitation cultive le maïs, le blé, l’orge ou encore le soja. C’est en 1999, suite à un sinistre, que Bernard Weiss décide de diversifier ses activités. Il crée la SARL Travaux paille commerce et service. L’activité consiste à faire de la prestation de service en pressage de paille et de l’achat-revente de paille sur champ. « Nous répondons aux demandes de nos clients qui manquent de paille. Localement, mais également à l’export. Là, un camion vient de partir pour livrer en Suisse et en Allemagne. Parfois, des sociétés servent d’intermédiaires entre nous et les agriculteurs », explique Sophie Weiss qui gère l’entreprise familiale avec son frère, Vincent, et son époux, Emmanuel Kohler. Les clients de l’entreprise sont des éleveurs et des céréaliers. « Nous produisons une partie de la paille sur l’exploitation, mais c’est un tout petit pourcentage de l’activité. Le reste vient de tout le grand est de la France. Cette année, c’est difficile, à cause des inondations et de la faible quantité de paille que l’on trouve en Côte d’Or ou en Champagne-Ardenne », indique Sophie Weiss. Elle ajoute que la paille est convoyée par un transporteur. Le frein, c’est le prix Cependant, malgré ces événements climatiques, les stocks sont encore suffisants. Le problème, pour de nombreux agriculteurs, ce n’est pas le manque de paille, mais plutôt de foin, à cause de la sécheresse et du maigre regain. Pour l’activité de la paille, la famille Weiss travaille sur une année calendaire qui va de juin à mai. « Nous traitons 4 000 à 5 000 t de paille à Sainte-Croix-en-Plaine. Environ 1 200 t de paille proviennent chaque année du secteur. Il s’agit principalement de paille de blé, d’orge de printemps ou d’hiver. Mais nous achetons de tout. Suite à un manque de paille de blé, en mai dernier, nous avons acheté de la paille de riz. Une première pour nous. Notre fournisseur est situé en Camargue. La seule difficulté, c’est le prix, forcément plus élevé à cause du coût du transport. Mais cela a été une solution de repli intéressante », rapporte Sophie Weiss. « Nous envisageons également de nous fournir en paille de miscanthus. Là aussi, le frein, c’est le prix », complète Vincent. Un frein économique d’autant plus important que de nouveaux concurrents ont fait leur apparition, des professionnels belges et hollandais qui viennent en France et qui cassent les prix. Le marché est de plus en plus difficile. Et quand la paille se fait rare, son prix augmente rapidement. « Nous avons connu cette difficulté l’année passée, où les stocks étaient à zéro. La paille se vend au poids. En moyenne, la tonne de paille vaut 90 €, à l’heure actuelle », précise Sophie Weiss. Pas plus de 15 % d’humidité La société Travaux paille commerce et service revend sa paille localement, dans le Haut-Rhin, pour 30 % de son activité, et à l’export, notamment en Suisse, en Allemagne et en Autriche, pour les 70 % restants. « Nous achetons la paille sans la voir au préalable, et inversement. C’est une relation de confiance nécessaire entre nous et nos clients. Après toutes ces années, nous sommes connus, et nous sommes l’une des plus grosses entreprises du secteur du commerce de paille », précise Emmanuel Kohler. Avant d’être vendue, la paille est stockée sous un hangar dédié de l’exploitation de Sainte-Croix-en-Plaine. La capacité de stockage est de 1 000 t. La priorité des priorités est de maintenir la paille au sec. Les bottes ne doivent pas dépasser les 15 % d’humidité pour pouvoir être vendues. « Au-delà, la paille colle, sent le moisi, a un goût de champignon. Cela peut générer des problèmes sanitaires et abîmer les machines. Nous utilisons des capteurs d’humidité pour vérifier ce taux d’humidité à tout moment », note Emmanuel Kohler. La paille qui est pressée est rentrée le jour même pour préserver sa qualité. En revanche, et contrairement à d’autres, la famille Weiss n’est pas favorable au broyage. Ce sérieux dans le travail permet à l’entreprise de pouvoir compter sur la fidélité de ses clients, qui sont un grand nombre à lui faire confiance depuis les débuts de l’activité. C’est aussi pour cela que la SARL utilise du matériel performant. Sophie Weiss était présente à Rumersheim-le-Haut pour tester la première presse à balles carrées produite par Fendt et présentée par le concessionnaire Euro-Agrar. « La machine est effectivement performante. Elle offre un gros débit de chantier, tout en alliant simplicité et fiabilité. La densité des bottes est très intéressante. Nous avons d’autres matériels de la marque. Ils font tous leurs preuves », conclut Sophie Weiss.

Agriculture de demain

Des observations faites maison

Publié le 09/07/2018

Les causes des problèmes observés sur une culture ne sont pas toujours à chercher du côté des bioagresseurs ou des carences nutritives. Parfois, il s’agit de problèmes de structure du sol. Pour en avoir le cœur net, une seule solution : aller vérifier ce qui se passe du côté du système racinaire. Pour cela, inutile de faire appel à des spéléologues certifiés : une bêche, une tarière, et un peu d’expérience peuvent suffire, et être riche d’enseignements.

« On peut commencer par observer la surface du sol. Car l’infiltration de l’eau sera très différente en fonction de l’état de surface. Il peut y avoir une croûte de battance, qui induit un risque de ruissellement, d’érosion, de coulées de boue. Ou, au contraire des microreliefs et des résidus en surface », introduit Anne Schaub, de la Chambre régionale d’agriculture Grand Est. Pour aller un peu plus loin sans déplacer des montagnes, le test à la bêche est une solution idéale. Pour le réaliser, il suffit de s’équiper d’une bêche, d’un couteau, d’une grille de notation. Et d’avoir un quart d’heure devant soi. « Ce test se réalise deux fois par an, pour suivre l’évolution de la vie biologique du sol. Il s’agit d’observer la forme des racines, l’aspect des agrégats, la présence de vers de terre… » Pour avoir une réponse précise quant à une intervention de travail du sol (faut-il le travailler ? Comment ? À quelle profondeur ?) ou de vérifier qu’une intervention a rempli son rôle, Anne Schaub préconise de réaliser un profil en creusant un trou au télescopique. Cela permet d’observer les mêmes paramètres que dans le test à la bêche mais plus en profondeur et sur une largeur plus importante. Nommer c’est connaître Enfin, il est intéressant d’observer le sol sur sa profondeur, jusqu’à 1 m, à l’aide d’une tarière. Non seulement parce que les racines prospectent le sol sur une certaine profondeur et que ses caractéristiques sur toute cette profondeur déterminent ses propriétés agronomiques. Mais aussi parce que cela permet de donner un nom au sol, de le rattacher à une certaine catégorie. Ce qui est utile, par exemple, pour paramétrer correctement les outils d’aide à décision. Pour cela, il convient d’observer plusieurs paramètres sur une carotte de sol : couleur, texture, présence et forme des cailloux, traces de rouille, effervescence à l’acide chlorhydrique… À partir de ces observations, l’agriculteur peut décider lui-même de travailler le sol, ou pas. Et s’il décide de le faire, de choisir le bon outil, les bons réglages. Il peut aussi vérifier qu’une intervention a eu l’effet escompté. Et que son sol fonctionne bien. Et, si ce n’est pas le cas, envisager de mettre en place des mesures correctives, comme la couverture des sols, une manière de les travailler différemment, l’apport de matière organique…

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