Relay-cropping
Un tétris cultural
Relay-cropping
Publié le 01/02/2019
Le relay-cropping, ou cultures en relais, consiste à maximiser la production sur une même parcelle en intercalant les cultures les unes dans les autres. Les contraintes techniques sont nombreuses mais pas insurmontables. La gestion de l’eau est un point névralgique.
On sème A. On sème B dans A. On récolte A. On récolte B. Autrement dit, on insère la culture B dans la culture A. Par exemple du soja dans de l’orge. Présenté comme ça, le relay-cropping semble assez simple à mettre en œuvre. Mais en fait, il y a tout un tas de paramètres à prendre en compte. Déjà, il faut pouvoir semer B dans A. C’est-à-dire, par exemple, penser à la rémanence des produits phytosanitaires utilisés sur A qui pourraient empêcher B de lever. Et aussi adapter le semoir, pour ne pas rouler sur A. Il ne faut pas que A empêche B de se développer. Il faut donc éviter que A verse sur B, donc adapter la densité de semis, la fertilisation azotée… Il faut aussi pouvoir récolter A sans détruire B. Pour ce faire, la moissonneuse peut-être équipée d’espèces de lattes qui couchent B pour pouvoir couper A assez bas afin que B puisse ensuite bénéficier de suffisamment de lumière… « Les essais mettent en évidence une perte de rendement modérée, imputable à la moindre occupation de l’espace par les cultures, la compensation par un tallage plus important n’étant pas suffisante », rapporte Damien Brun. À cela s’ajoutent des soucis de stress hydrique, de ravageurs, d’adventices. Bref, « il y a encore des choses à travailler ! » Du maïs en relay-cropping ? D’autant qu’en Alsace, domaine où le maïs est roi, il serait intéressant de remplacer le soja semé dans la graminée par du maïs. Premier problème : « Les données bibliographiques sont rares », constate Damien Brun. Mais il semble évident que les écueils rencontrés avec le soja vont se retrouver avec le maïs, avec en plus une forte sensibilité du maïs à la concurrence de la graminée, la nécessité de décaler la date de semis du maïs vers un semis plus tardif, et de lui apporter de l’azote avant la récolte de la céréale, sans abîmer cette dernière. Mais, qui ne tente rien n’a rien. C’est pourquoi Arvalis met en place un essai à Grussenheim, avec une variété de blé précoce, filon. Subsistent encore pas mal d’interrogations sur la suite des opérations : « Nous cherchons une variété de maïs très précoce », indique Didier Lasserre. Reste aussi encore à déterminer quand la semer dans le blé…












