Grandes cultures

Coopérative agricole de céréales

Des semis innovants avec la modulation intraparcellaire

Publié le 19/04/2017

Accompagner les agriculteurs dans l’optimisation de leur entreprise et ouvrir de nouvelles voies d’innovation sont les objectifs de la coopérative agricole de céréales. Depuis deux ans, elle a travaillé sur un service de précision et s’est lancée, avec des professionnels pionniers et partenaires, dans la modulation des densités de semis de maïs au sein d’une même parcelle. Une première nationale !

Responsable adjointe du service innovation de la Cac depuis 2015, Florence Brayé, agronome spécialisée en science du sol, travaille en étroite collaboration avec Christian Jenn, spécialiste des expérimentations de cultures depuis 33 ans. Le binôme s’occupe de ce dossier à la coopérative qui s’intéresse de près à la montée en puissance des nouvelles technologies dans le monde agricole. L’apparition du guidage par GPS et de nouveaux services aident les agriculteurs à mieux appréhender leurs travaux au quotidien. Après plusieurs années de recherche agronomique et d’expérimentation de terrain, la Cac a souhaité s’investir pour mieux conseiller les professionnels en modulant la densité du semis au sein de la parcelle de maïs. « Nous avons des sols très hétérogènes en Alsace. C’est historique du fait d’une géologie riche dans la région associée aux nombreuses divagations des chenaux du Rhin. » explique Florence Brayé. La parcelle d’essai de Munchhouse présente trois types de sols et on en recense une cinquantaine sur la région. La modulation intraparcellaire apporte une réponse à la problématique de la diversité des sols. Cette première nationale a motivé cinq agriculteurs haut-rhinois à semer en condition réelle des parcelles complètes en modulant le nombre de grains de maïs selon le potentiel de l’environnement. Environ quinze parcelles d’essais, sur une centaine d'hectares, avec une connaissance parfaite des sols, sont testées cette année dans le département. « Il s’agit d’étudier le comportement d’une plante, le maïs dans le cas présent, sur chaque type de sols présents dans la parcelle, pour donner un conseil agronomique au plus proche de l’environnement et des ressources disponibles. » Pour identifier la localisation des différentes zones de sol, une carte de conductivité électrique est réalisée sur la parcelle. Elle se base sur l’impulsion d’un courant électrique dans le sol, dont on mesure le temps de réponse. En classifiant les réponses, les zones de sol homogène sont déterminées sur la parcelle. « Les types de sols sont ensuite qualifiés grâce à un travail d’analyses et de mesures de terrain géolocalisées », ajoute Florence Brayé. Un pari sur l’avenir L’objectif est d’être le plus proche possible de son sol et de ses ressources naturelles, et de gagner en compétitivité. Une carte de conseil agronomique est éditée à partir de la carte des sols et de l’échange entre l’expertise de la coopérative et l’expérience de l’agriculteur. L’agriculteur peut ainsi adapter ses pratiques aux différences environnementales intraparcellaires et être au plus près des capacités de ses sols. Dans ce projet, la Cac a investi, il y a deux ans, dans un logiciel de traitement et un pénétromètre électronique. Il s’agit d’un instrument de mesure utilisé en géotechnique pour établir la résistance de pointe et la contrainte maximum admissible. « La modulation des pratiques agricoles existe déjà depuis quelques années pour le blé grâce à des drones spécialisés. Il n’y avait rien d’équivalent jusqu’à présent pour le maïs. Nous sommes les premiers dans cette innovation. Nous espérons maintenant que, d’ici dix ans, tous les nouveaux matériels seront équipés de série. Nous faisons un pari sur l’avenir et sur le développement de l’agriculture de précision », insiste Florence Brayé. Cette innovation a été présentée en décembre dernier aux agriculteurs potentiellement intéressés. L’idée est d’aller encore plus loin, avec, pour la prochaine campagne, la modulation de fertilisation. Se rapprocher au plus près Pascal Franck, exploitant agricole à Logelheim et propriétaire de la parcelle d’essai de Munchhouse est l’un des cinq agriculteurs « avant-gardiste ». Adhérent à la Cac, son exploitation occupe une surface de 225 hectares dont 165 de maïs. La parcelle d’essais couvre huit hectares. Sa motivation ? « J’ai toujours observé mes parcelles. Or, à chaque réunion technique, on travaille sur des moyennes. Pourtant, je me suis rendu compte que lorsque l’on réglait différemment nos machines, il pouvait y avoir de grosses variations. J’ai voulu me rapprocher au plus près. Par le passé, nos anciens travaillaient sur des petites parcelles. Il y avait peu de zones très hétérogènes. Aujourd’hui, nos parcelles sont plus grandes. Il peut donc y avoir des structures du sol qui ne se ressemblent pas. Et ces différences peuvent être très importantes. Avant la modulation intraparcellaire, j’avais bien identifié deux zones différentes. Mais, j’étais incapable de les déterminer avec précision et de les travailler en conséquence. Ce travail collectif et innovant m’a beaucoup aidé. Il y a ici des sols argileux, calcaires et avec du loess. Il y a des zones très superficielles avec des cailloux et, au milieu, une autre zone beaucoup plus lourde. J’ai désormais un œil différent sur mes terres. Je suis persuadé que dans les dix années qui viennent, de nombreux agriculteurs vont adopter de telles techniques de travail afin d’avoir le bon conseil, au bon moment, au bon endroit », estime Pascal Franck. Un travail collectif qui place l’innovation au cœur de l’avenir de l’agriculture et de ses professionnels. Il s’agit d’une solution innovante, performante, durable, respectueuse des ressources, et qui apporte un gain de compétitivité significatif. « Nous avons mis en évidence des gains économiques importants, entre 90 et 160 € à l’hectare », conclut Florence Brayé.  

Publié le 10/04/2017

Le sclérotinia est une maladie peu fréquente, mais qui peut être très nuisible. Malgré sa faible fréquence d’expression, la perte potentielle de rendement et l’absence de solution curative incitent à réaliser une protection préventive au stade G1.

Les pertes de rendement liées à sclérotinia sont en moyenne de 6,5 q/ha dans les essais Terres Inovia menés depuis 2008 et touchés par la maladie. Elles peuvent dépasser 10 q/ha, comme en 2007. En l’absence de maladie visible, un gain moyen de 1,5 q/ha est mis en évidence (synthèse pluriannuelle des essais Terres Inovia), rentabilisant le plus souvent l’intervention fongicide (passage et produit). Malgré la faible fréquence d’expression de la maladie, la perte potentielle de rendement et l’absence de solution curative incitent à réaliser une protection préventive au stade G1. Traitement unique à bien positionner au stade G1 Il y a différentes façons de reconnaître le stade G1. Ce stade correspond à la chute des premiers pétales, à la formation des 10 premières siliques (< 2 cm) et à une parcelle « bien jaune ». Le stade G1 apparaît, en fonction des températures, 6 à 12 jours après le début floraison. Aidez-vous du Bulletin de santé du végétal (BSV) de votre région pour repérer ce stade clé et surveillez vos parcelles car les écarts de stade entre parcelles peuvent être importants. Terres Inovia a démontré qu’un traitement positionné trop tôt ou trop tard par rapport à G1 avait une efficacité fortement amoindrie. Les résultats d’essais de ces dernières années n’ont pas montré de gain significatif d’efficacité ou de rendement d’un double passage par rapport à une application unique d’un fongicide de référence dès lors que ce dernier est bien positionné au stade G1 et à dose pleine. Une gamme de solutions large pour varier les matières actives Dans le dispositif de surveillance Résistance du sclérotinia aux fongicides (Anses, Terres Inovia), on constate une progression la proportion de souches détectées résistantes au Boscalid d’année en année. Aujourd’hui grâce à un large panel de solutions, il est possible de varier les matières actives en se limitant à une seule application de SDHI par campagne et en associant systématiquement le Boscalid lorsqu’il est utilisé. Les solutions efficaces contre le sclérotinia sont nombreuses et permettent cette alternance : Propulse, Filan SC, Efilor (ou Pictor Pro + Sunorg Pro), Prosaro et Joao, mais aussi plus récemment le pack Forza ou Aviator Xpro. En présence de cylindrosporiose, choisissez un programme fongicide intégrant une triazole et idéalement du prothioconazole. L’année 2016 a démontré l’efficacité de ces solutions pour éviter le passage de la maladie sur siliques. Il existe également deux solutions mixtes associant une solution de biocontrôle à un fongicide : depuis 2014 Acapela Soft Control qui est une association de la bactérie Bacillus pumilus (Ballad, 1 l/ha) et du fongicide Acapela 250 SC (picoxystrobine 0,5 l/ha) et, depuis 2016, Polyversum® associant un champignon (Pythium oligandrum) et un fongicide à demi-dose : tébuconazole (Spekfee, Erasmus) ou metconazole (Sunorg Pro). Ces solutions mixtes offrent une efficacité sur sclérotinia qui se rapproche des références pleine dose ou demi-dose (Propulse, Filan SC), mais elles restent néanmoins en retrait. Ces packs peuvent être positionnés dans les situations où la pression sclérotinia est plutôt faible à moyenne (rotations longues supérieures à quatre ans, historique sclérotinia faible).

Publié le 09/04/2017

Avec les conditions météorologiques clémentes, les semis de printemps battent leur plein. Après la betterave, le maïs est progressivement implanté. Les céréales à paille, le colza, les prairies profitent également des températures clémentes. Il manque juste un peu d’eau pour couronner le tout !

Après un hiver plutôt rigoureux, les cultures se portent plutôt bien. En blé « il n’y a pas eu de pertes, certains blés ont mis du temps à lever, mais finalement les densités sont bonnes, voire élevées. Il faudra alors être vigilant au risque de verse », indique Laurent Fritzinger, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Les blés atteignent pour la plupart le stade épi 1 cm, sauf les semis les plus tardifs. « On se situe de fin tallage à plus de 1 cm, soit dans les clous pour la saison. » Le premier apport d’azote a été effectué il y a un mois et, les besoins allant croissants à partir de la montaison, il serait temps d’effecteur le second apport, généralement le plus important. De nombreux agriculteurs l’ont d’ailleurs déjà effectué la semaine dernière, espérant un peu d’eau durant le week-end pour valoriser l’apport, sauf qu’il n’y en a quasiment pas eu. « Il faut 10 mm d’eau pour bien valoriser un apport d’azote », rappelle Laurent Fritzinger. Donc, si le stade optimal est atteint, les conditions ne sont pas réunies pour bien valoriser les apports : « Les températures clémentes et le vent ont asséché le sol en surface, il faudrait plus d’eau pour amener l’engrais jusqu’aux racines ». L’idéal serait donc d’effectuer cet apport, avant une pluie annoncée. Il est également temps de procéder au désherbage : « La portance est bonne et, plus on attend plus on aura de mal à toucher les adventices qui seront de plus en plus développées ». Puis, il sera temps de procéder aux applications de régulateurs de croissance sur les parcelles à risque, c’est-à-dire avec une densité élevée, une variété sensible… Pour l’instant, les pucerons se font discrets : « Je n’ai rien vu, rien entendu », constate Laurent Fritzinger. Mais, comme les dégâts provoqués par la Jaunisse nanisante de l’orge (JNO), maladie virale transmise par les pucerons, ne sont visibles qu’à partir du moment où la montaison est bien engagée, il n’est pas dit que des contaminations se révèlent dans les jours à venir. Reste que le niveau de risque est plutôt faible. Maïs : c’est parti pour les semis Alors que les semis de betteraves s’achèvent, « les plus courageux ont commencé à semer les maïs à la fin de la semaine dernière », indique Laurent Fritzinger. Pourquoi pas ? Puisque, hormis dans les sols lourds, les conditions peuvent être réunies : portance, sols suffisamment ressuyés et réchauffés… « Semer tôt, cela se justifie surtout si on a des variétés tardives », rappelle Laurent Fritzinger. Histoire de sécuriser la fin de cycle. Donc, si les conditions anticycloniques se maintiennent, la cadence devrait s’accélérer dans les prochains jours. Premier constat, positif : grâce au gel hivernal, les conditions de préparation du sol sont bonnes. Pourvu que ça dure ! Colza : la floraison écarte le risque méligèthes Les colzas se sont « bien retapés » depuis l’hiver. Les premières fleurs sont désormais ouvertes sur les colzas les plus précoces, ce qui éloigne le risque de constater des dégâts liés aux méligèthes. En effet, Laurent Fritzinger rappelle que l’insecte ne cause de dégâts qu’en perçant le bouton floral pour atteindre le pollen qui se trouve à l’intérieur. Une fois que le bouton est ouvert, les méligèthes ont libre accès au pollen. Et comme en plus ils sont attirés par la couleur jaune, ils délaissent les boutons floraux au profit des fleurs, participant alors à leur pollinisation. En outre le conseiller rappelle qu’au stade E (boutons séparés), un colza vigoureux supporte la présence de six à sept méligèthes. Et, de toute façon, la floraison va très vite s’installer. Prairies : il ne manque qu’un peu d’eau Malgré un mois de janvier froid, les températures plus clémentes en février et en mars ont permis un redémarrage assez précoce des prairies. Contrairement au blé, les apports d’azote qui ont été effectués au bon moment (lorsque la somme des températures atteint 200 °C depuis le 1er janvier) ont pu être valorisés puisqu’ils ont été suivis de précipitations. « Cependant, les apports d’azote n’ont pas encore été effectués sur toutes les prairies, et risquent alors de manquer d’efficacité », constate Laurent Fritzinger. Déjà, la portance permet de mettre des animaux à la pâture. Pour les premières fauches, il faudra attendre encore un peu : « Certains ray-grass dérobés après céréales pourront être fauchés dans une quinzaine de jours pour bénéficier de bonnes valeurs alimentaires. Sur les prairies naturelles, un peu d’eau ferait vraiment du bien. Sur des sols bien réchauffés comme on a, cela ferait exploser la végétation », projette Laurent Fritzinger.

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