Bilan de campagne maïs 2016
Une année « mitigée »
Bilan de campagne maïs 2016
Publié le 18/01/2017
Lors de sa journée technique, Arvalis-Institut du végétal est revenu sur les points marquants de la campagne maïsicole 2016 en Alsace. Une année très moyenne au final malgré une qualité sanitaire saine, peu d’attaques de ravageurs et des rendements légèrement meilleurs qu’en 2015.
C’est la « bonne surprise » de ce début d’année : le rendement moyen en maïs grain en Alsace pour 2016 s’établit à 104 q/ha, soit 4 q/ha de plus de ce qui avait été annoncé à la fin de l’année dernière dans les différentes assemblées générales. Une information dévoilée au retour des vacances par le responsable de la filière céréales à FranceAgriMer Alsace, Jean-François Lacour, à Didier Lasserre, ingénieur chez Arvalis. « Il m’a expliqué qu’il se basait sur des enquêtes effectuées chez des agriculteurs pour obtenir ces chiffres, explique ce dernier. Du coup, c’est mieux qu’on croyait, même s’il nous manque toujours des quintaux. » Dans le détail, cela donne, pour la campagne maïscicole 2016, 103 q/ha dans le Bas-Rhin (114 q/ha en irrigué et 100 q/ha en non irrigué), et 106 q/ha dans le Haut-Rhin (122 q/ha en irrigué et 90 q/ha en non irrigué). La collecte est en retrait de 5 % avec 1,26 million de tonnes, tout comme les surfaces qui reculent de 4 % pour s’établir à 121 000 hectares. « C’est de plus en plus dur » Sur ces trente dernières années, Didier Lasserre fait remarquer que l’évolution des rendements en maïs grain en Alsace a tendance à augmenter de 0,81 q/ha/an. Mais si on réduit cet intervalle de temps à vingt ans, l’évolution des rendements n’est plus « que » de 0,69 q/ha/an. Et sur les dix dernières années, le constat est par contre bien moins reluisant avec une baisse observée de 0,44 q/ha/an malgré les deux années exceptionnelles que furent 2011 et 2012. « Il y a pourtant un progrès génétique qui est indéniable. Mais on voit de plus en plus les effets accrocs climatiques. Du coup, c’est de plus en plus dur. » L’année 2016 en est une très bonne illustration avec un printemps très pluvieux et un été très sec. « Il y a eu trois vagues de semis : la première vers le 10 avril, la deuxième vers le 20 avril, et la troisième début mai. Sans compter les parcelles qui n’ont carrément pas pu être semées dans le Ried ou le Sundgau. Dans ma carrière, c’est la première fois que je vois qu’on a abandonné les semis », révèle Didier Lasserre. À l’inverse, le manque d’eau pendant l’été a obligé les maïsiculteurs irrigants à effectuer de cinq à sept passages. « Une période intense qui a permis de sauver les rendements et d’établir des records à 140 ou 150 q/ha. » De très bons résultats qu’on retrouve sur certaines parcelles non irriguées qui ont bénéficié de forts orages. « Sur notre essai de Westhouse par exemple, nous avons atteint sans mal les 140 q/ha », souligne l’ingénieur d’Arvalis. Une année calme du côté des ravageurs Malgré une fin d’été et un automne plutôt sec, la récolte s’est étalée sur plusieurs semaines. La faute à une humidité qui ne baissait pas, stimulée par des températures de plus en plus fraîches. Un phénomène d’autant plus accru par la présence de variétés plus tardives semées début mai. Au final, les maïs rentrés ont 2 à 3 °C d’humidité de plus - et ce dans toutes les séries - qu’en 2015. « Heureusement, la qualité sanitaire a été saine. On n’a par exemple pas observé de contamination de fusariose. » Malgré tout, le bilan de la campagne maïsicole alsacienne 2016 reste encore et toujours meilleur que la moyenne nationale avec un écart de rendement d’environ 15 q/ha et, surtout, des secteurs bien « pires » où le niveau de précipitations a été de deux à trois supérieur à celui enregistré dans le Haut-Rhin et le Bas-Rhin. Enfin, du côté des ravageurs, la campagne 2016 a été calme. Le cycle de la pyrale a été chaotique avec un vol perturbé par un temps frais et humide, et moins de pontes. Concernant la chrysomèle, 4 166 individus ont été capturés sur 136 pièges. Et même si cela représente plus du triple qu’en 2015 (1 249 captures), cela reste « négligeable » à l’échelle une région comme l’Alsace aux yeux de Didier Lasserre. « Surtout que, si l’on regarde de plus près, on s’aperçoit que 90 % des captures sont concentrées sur deux pièges. Ce qui nous indique aussi que le confinement fonctionne plutôt bien. » À titre de comparaison, ce sont 18 000 chrysomèles qui ont été capturées en Allemagne, réparties sur une cinquantaine de pièges, dont certains concentrent également le gros des captures.












