Betteraves à sucre
Au creux de la vague en 2016
Betteraves à sucre
Publié le 10/01/2017
Comme toutes les cultures, la betterave a souffert. Au champ, elle revient au score qu’elle avait établi en… 2004 !
2016 a été tout sauf une année facile pour la betterave. Pourtant, tout n’avait pas si mal commencé. Les parcelles sont préparées dans de bonnes conditions et semées de manière groupée essentiellement durant la deuxième quinzaine de mars avec 75 % de variétés doublement résistantes (rhizomanie, rhizoctone brun) ou tolérantes à la cercosporiose. La levée est homogène. Les observations dénombrent plus de 90 000 pieds/ha. Les trois premiers désherbages racinaires sont très efficaces. Quelques dégâts de tipules et de limaces sérieux, mais localisés, quelques des croûtes de battance, obligent à ressemer quelques parcelles. Mais pas de quoi, à ce moment-là, entamer l’optimisme sur le potentiel de récolte, d’autant que les réserves hydriques sont bonnes… C’était avant la pluie. L’excès d’eau printanier étouffe les plantes et lessive l’azote. Les betteraves qui sortent de cet épisode passablement affaiblies constituent une proie facile pour la cercosporiose. La maladie profite du fait que les planteurs gèrent d’abord le rhizoctone. Mais les matières actives à double spectre qu’ils emploient se révèlent d’une efficacité insuffisante sur cercosporiose. Le calendrier de traitement prend du retard. La plante ne le rattrapera pas. En septembre et en octobre, des mois où la betterave comble habituellement son retard de croissance, il ne se passe plus grand-chose. Les arrachages démarrent dans des conditions délicates vers la mi-septembre. Le sol dur, les feuilles trop sèches et un liseron actif occasionnent des bourrages qui freinent les débits des chantiers. Ils sont inférieurs d’environ 10 % à une année classique. Il faudra attendre le 20 octobre pour un retour à la normale. L’essentiel des surfaces est arraché début décembre, les tas chargés après le 6 sont bâchés et les ultimes hectares sont décalés pour préserver la qualité. Un petit 78 t/ha L’impact climatique fait reculer le rendement de 92 t/ha à 16 à un petit 78 t/ha. Il faut remonter à 2004 pour trouver un score analogue. La moyenne réelle se situe à 70 t/ha pour 17,4 points de richesse. Selon les dégâts de cercosporiose, le taux de sucre oscille entre 15,8 et 19°. Cette année, les terres légères, caillouteuses s’en sortent le moins bien. La bande rhénane accuse le coup avec 60 à 75 t/ha à 16. Le Sundgau s’en tire avec 80 à 90 t. Les terres de lœss profond du Kochersberg ou du secteur d’Obernai ont des performances correctes à 100-105 t. La tare sur net lavé remonte à 9,5 points contre 6,4 % en 2015 et 15 % en 2014. L’usine d’Erstein démarre sa campagne le 23 septembre. À raison d’une cadence moyenne de 6 000 t/jour elle la boucle le 19 décembre. Cette campagne de 88 jours, un de moins qu’en 2015, est loin de répondre au souci de Cristal Union de faire tourner ses unités 110 ou 120, voire 130 jours, dans un monde betteravier sans quotas. En 2016, la sole betteravière alsacienne est en hausse de 6,5 % à 6 740 ha (+ 410 ha) pour 561 planteurs. Pour 2017, la sucrerie recrute en articulant son propos autour d’un prix pivot de 27 €/t alors que le marché mondial est bien orienté. Son plan est d’augmenter ses surfaces de 8 % supplémentaires soit environ 500 ha, de quoi intéresser 60 nouveaux planteurs. Le profil de vingt d’entre eux comporte un point particulier : ils exploitent dans le secteur de Phalsbourg. Leurs engagements portent sur 170 ha. En 2017, la betterave renoue avec son histoire et franchit à nouveau les Vosges !












