Grandes cultures

Coopérative agricole de céréales

2016 : Une très mauvaise année pour la collecte

Publié le 09/12/2016

À l’image de ses adhérents, la coopérative agricole de céréales (CAC) a vécu une année agricole 2015-2016 difficile avec les conséquences économiques d’une « petite » récolte de céréales en Alsace. Et 2016 s’annonce plus compliquée encore… Pour autant, dans un environnement en mutation, un important travail de recherche et de développement est mené pour préparer l’avenir.

Avec un chiffre d’affaires qui approche les 124 millions d’euros (168,55 M € pour l’ensemble du groupe CAC) et un résultat net d’1,12 M € (1,61 M € pour l’ensemble du groupe), les résultats économiques de la CAC pour l’année 2015-2016 sont en baisse par rapport à l’exercice précédent. Les conséquences directes d’un marché mondial en souffrance, de prix qui se traînent au plus bas depuis trois ans et d’une récolte des céréales en France en baisse. « Le rendement du blé a été bon, mais les prix ont continué d’être extrêmement bas. La récolte de maïs a été moyenne et n’a pas permis de redresser la situation financière des exploitations. Et 2016 ne fait qu’accentuer nos difficultés », explique le président de la coopérative agricole de céréales Thomas Thuet. Il revient sur les conditions météorologiques défavorables de cette année, les conditions de travail complexes, l’apparition de nombreux foyers de maladies. « Le maïs par exemple. Son implantation a été difficile. Les sols ont alors été malmenés et n’ont pas permis de résister, comme d’habitude, à la forte sécheresse estivale. La récolte a ensuite été exceptionnellement longue et décevante tant par le faible rendement que par l’humidité qui est restée obstinément constante », ajoute Thomas Thuet. Avec une collecte en recul de 16 % par rapport à la moyenne quinquennale, 2016 est une année médiocre comparable à celle de… 1947 ! « Ces aléas climatiques font malheureusement partie des risques de notre métier. Mais, ce qui était vrai du temps des marchés locaux ne l’est plus aujourd’hui. « Petite récolte » ne signifie plus « Prix élevés ». Nous sommes confrontés aux marchés mondiaux. Les récoltes des céréales sur le reste de la planète sont élevées et de bonne qualité. Cela pèse sur les prix. Nous devons en tenir compte », constate encore Thomas Thuet. « La plus grande évolution sera celle du numérique » Une situation d’autant plus désagréable que, dans le même temps, les agriculteurs doivent faire face à une augmentation de leurs charges. La situation économique est tendue sur de nombreuses exploitations. Pourtant, il convient de préparer l’avenir, dans un monde qui évolue, qui change, qui se globalise, où les échanges s’accélèrent. Les exemples de rachats de grosses entreprises de la Chimie le démontrent. « Mais la plus grande évolution devant nous est celle du numérique. On la voit venir. On la touche du doigt. Nous commençons à l’expérimenter. Elle rentre dans nos exploitations sous des formes aussi diverses que sont le téléphone mobile, internet, l’assistance numérique du matériel agricole, et, demain, les drones, les robots, les centrales de collectes de données, les réseaux sociaux ou encore l’interactivité entre agriculture, agriculteurs et collecteurs vers les instituts de développement. Un nouvel environnement est en train de se construire et nous ne pouvons pas être absents », insiste le président de la CAC. La coopérative entend donc répondre présente en apportant ses meilleurs conseils agronomiques et en proposant, à ses adhérents, ses services les plus adaptés. « Nous serons là pour mettre à leur disposition semences et intrants, à temps et aux meilleures conditions. Nous serons présents pour assurer la meilleure logistique possible. Nous serons présents dans les techniques du futur avec notre service « innovation » en proposant, par exemple, une modulation parcellaire. Nous serons également présents auprès des éleveurs pour faciliter la commercialisation des animaux », précise Thomas Thuet. Des mesures exceptionnelles pour les adhérents Dans ce contexte difficile, la coopérative agricole de céréales a également proposé des mesures exceptionnelles à ses adhérents : complément de prix pour les blés à hauteur de 35 €/t pour les apports de la moisson 2016 ; acompte maïs aussi élevé que possible ; ristournes de séchage sur maïs humide pour la récolte 2015 de 1 €/t ; baisse du barème de séchage maïs pour la récolte 2016 ; baisse du prix des semences de blé certifiées pour démarrer au mieux la campagne 2017. La CAC a également beaucoup communiqué sur sa politique coopérative sur les manifestations agricoles, comme le championnat de labour à Rouffach. « Nous devons continuer d’être actifs pour expliquer notre métier et nos difficultés. Des solutions vont émerger. À nous de savoir les identifier, à nous de les développer ensemble », a conclu Thomas Thuet. Bien évidemment, cette politique de soutien aux adhérents a directement impacté le résultat financier de la coopérative. Un résultat qui est d’ailleurs un des plus faibles de ces dernières années. « L’exercice clôturé au 30 juin 2016 s’achève sur un résultat de 1,12 M €. Ce résultat, fruit de l’engagement et du professionnalisme des collaborateurs de la CAC, s’accompagne d’une rémunération optimisée des apports de nos adhérents dans un contexte de marché difficile. Avec un prix moyen de 169 €/t en blé, 158 €/t en maïs et 427 €/t en soja, la coopérative joue son rôle de leader sur notre département. Ce résultat nous permet également d’accompagner nos adhérents dans un contexte économique des plus tendus en redistribuant 2,05 M€, dont 270 000 € de ristourne séchage maïs humide et 405 000 € en ristourne d’assemblée générale. Quant au résultat consolidé qui est de 1,61 M€, il confirme la contribution positive de nos filiales à la consolidation économique du groupe CAC », affirme le directeur Nicolas Koenig. Continuer à construire Faire vivre l’esprit coopératif, c’est aussi organiser des moments de partage d’information et de convivialité. Les événements ont été nombreux durant l’exercice clôturé par cette assemblée : la visite d’essais fourrages à Chavannes-sur-l’Etang en août 2015, les deuxièmes rencontres marchés de la CA sur le thème des mycotoxines en septembre, la réunion d’information OPTI-Terre en janvier 2016, l’inauguration du nouveau silo à Carspach en mai, la présence de la coopérative à la confrontation européenne Holstein à Colmar ou encore la soirée technique sur la qualité de la pulvérisation à Gueberschwihr. Après l’approbation, à l’unanimité, des comptes financiers et le vote des différentes résolutions, le président de la fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (Fdsea) du Haut-Rhin Denis Nass a salué les travaux de la CAC. Il n’a pas caché les difficultés actuelles « pour se faire entendre par des sourds. Il faut pourtant continuer à construire, à croire en nos valeurs et répéter, partout, que l’agriculture est une solution pour notre pays. 2017 sera une nouvelle année compliquée car, sur tous les dossiers, on nous oppose une véritable surenchère administrative et une communication négative. N’ayons pas peur d’intervenir dans les débats et expliquons, encore et toujours, ce que nous faisons. Le dossier phyto est un exemple. Nous attendons des réponses à nos interrogations car nos produits méritent une meilleure valorisation ».

Bilan de campagne

L’espoir de jours meilleurs

Publié le 01/12/2016

Les membres de la Chambre d'agriculture d’Alsace, réunis le vendredi 25 novembre à Schiltigheim, ont tiré le bilan d’une année agricole catastrophique.

« La récolte de blé 2016 a été la plus mauvaise en rendement depuis trente ans, souligne Laurent Wendlinger, président de la Chambre d'agriculture d’Alsace. Celle du maïs est marquée par des résultats très moyens et une grande hétérogénéité. Confrontés à des prix des céréales particulièrement faibles pour la troisième année consécutive, les revenus des céréaliers sont en berne et les trésoreries asséchées, voire déficitaires. Seule note positive, la viticulture affiche un rendement moyen supérieur aux derniers millésimes et des raisins de belle qualité. Mais c’est sans aucun doute l’élevage qui connaît les difficultés les plus importantes, avec un prix du lait orienté à la baisse depuis des mois. « L’inquiétude des producteurs est bien réelle. » Les producteurs de viande souffrent à la fois de la crise et du dépôt de bilan de Copvial, qui se solde par de nombreux impayés. « Nous sommes au cœur d’une crise qui dure et qui fragilise les exploitations. Nous savons que les mesures gouvernementales ne seront pas à la hauteur des pertes subies. Dans ce contexte très difficile, nous devons tout faire pour passer le cap », insiste le président. Cela passe par une action déterminée de refinancement pour les exploitations à court de trésorerie et par la mise en place de la cellule départementale d’accompagnement « Réagir », avec le soutien de la Région Grand Est. « Grâce à une action concertée entre la Chambre d'agriculture, la MSA, les organisations professionnelles et économiques, les centres de comptabilité et les banques, nous espérons détecter le plus tôt possible les entreprises fragilisées et agir de façon coordonnée pour essayer de redresser l’équilibre de l’exploitation et éviter l’isolement de l’agriculteur. » Des entreprises fragilisées Le bilan dressé par Yves Jauss, directeur du pôle économie et entreprises de la CAA, confirme ces propos. Les réactions ne se font pas attendre. C’est Jacky Wolff qui ouvre le ban des interventions. Le monde du paysage a subi la crise de plein fouet, indique-t-il. « Ces derniers temps, les carnets de commandes se remplissent, mais le chiffre d’affaires des entreprises est en recul de 2 à 4 %. » Paul Fritsch, président de la Coordination rurale du Bas-Rhin, évoque le désarroi des agriculteurs qui, chaque jour, s’enfoncent un peu plus dans la crise. « Des solutions existent pourtant… » Pour Denis Ramspacher, administrateur de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), il faut faire en sorte que le marché intérieur soit le plus valorisant possible pour certaines filières. Pour d’autres, c’est l’international qui offre une plus-value intéressante, comme le montre l’exemple d’Alsace Lait. « Nous travaillons régulièrement avec nos collègues allemands pour éviter que de telles crises ne se reproduisent. » Il faut garder espoir : les cours des produits industriels (beurre, poudre de lait) se raffermissent, une embellie qui devrait se répercuter rapidement dans les exploitations. « Les cours devraient repasser au-dessus des 300 €/1 000 l. » Primes Pac : des retards intolérables « La moitié des agriculteurs de notre région gagnent moins de 4 200 €/an », affirme Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin. Climat, prix, charges, tous les facteurs sont dans le rouge. Autant de leviers sur lesquels il faut agir, en améliorant le dispositif d’assurance récolte, en introduisant un système de régulation, en gagnant en compétitivité. Mais ce n’est pas tout : de nombreuses exploitations souffrent d’une trésorerie exsangue, en raison du retard dans le paiement des aides Pac 2015. « Plus de 18 mois après la fin des déclarations Pac 2015, des centaines d’agriculteurs n’ont toujours pas perçu les subventions auxquelles ils ont droit. L’État se réfugie derrière le prétexte de « bugs » informatiques. » Dans de nombreuses exploitations, la situation des aides Pac 2016 n’est pas plus brillante. Pour protester contre ces retards inadmissibles, la FDSEA du Bas-Rhin a décidé de mobiliser ses troupes devant le siège de la DDT du Bas-Rhin à Strasbourg, le mardi 29 novembre (lire en pages 2 et 3). Denis Nass, président de la FDSEA du Haut-Rhin, dénonce « l’amateurisme des services de l’État. Des hommes et des femmes souffrent sur notre territoire à cause d’une Europe qui ne fonctionne pas, d’un ministre de l'Agriculture qui est déconnecté des réalités du terrain et qui continue à charger la barque », souligne-t-il. Le responsable syndical propose l’adoption d’une motion demandant que les aides spécifiques soient versées avant la fin de l’année et dénonçant l’acharnement de l’administration sur les contrats MAE. « Opérer des contrôles et prononcer des sanctions lorsque l’agriculteur n’est pas encore en possession de son contrat signé est simplement inadmissible. » Motion adoptée par les membres de la CAA. Les jeunes agriculteurs souffrent eux aussi de la léthargie de l’administration, explique Thomas Gillig, président des Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin. Pour le versement de la dotation jeune agriculteur (DJA), les paiements de l’Agence de services et de paiement accusent plus d’un an de retard pour de nombreuses exploitations ! JA67 a mené récemment une action devant le siège de l’ASP, pour demander leur règlement avant la fin de l’année.

Odette Ménard invitée de Base Alsace

Sols : jamais sans racines vivantes

Publié le 20/11/2016

Mercredi 9 novembre, l’association Biodiversité, agriculture, sol et environnement (Base) Alsace organisait une conférence d’Odette Ménard, spécialiste québécoise de la conservation des sols, au lycée agricole d’Obernai. Il était question de sols, de plantes, de micro-organismes… et d’hommes.

« Il existe seulement une fine couche de sol entre l’homme et la famine » ; « Une nation qui détruit ses sols se détruit elle-même »… C’est de ces citations incantatoires qu’Odette Ménard (lire notre portrait en page 2) a orné les premières diapositives de sa conférence. Elle fait en effet partie de ces agronomes convaincus que, pour nourrir l’humanité en 2050, il faudra une meilleure productivité. Et que celle-ci passe par des sols en bonne santé. Mais « ça veut dire quoi un sol en bonne santé ? », interroge celle qui s’en est fait une spécialité. Les réponses fusent : « Un sol qui reste en place », « qui est capable d’autoproduire », « vivant », « qui respire ». À chaque proposition, Odette Ménard acquiesce. Et résume : « C’est assez facile de trouver des mots. L’objectif, c’est de se donner des points de repère. Or quand vous parlez de vos récoltes, vous ne parlez pas de nombre de vers de terre par hectare, mais bien d’une quantité récoltée par hectare. Le rendement demeure donc le critère ultime d’observation. » Mais elle invite aussi à regarder le rendement sous un angle différent, c’est-à-dire celui du rendement économique par hectare - « Combien ça me coûte de tonne avant de faire du profit ? » - et à garder à l’esprit la responsabilité essentielle qui incombe aux agriculteurs, celle de « rendre la terre meilleure, et de la transmettre en bon état. » Pour Odette Ménard, cela passe notamment par une réduction du travail du sol. « Le labour a été inventé pour gérer les mauvaises herbes et booster la fertilité des sols en accentuant la minéralisation. Mais autrefois on ne labourait pas les parcelles chaque année », indique-t-elle. Et puis l’agrandissement des structures s’est accompagné d’une augmentation de la dimension des engins agricoles, donc de leur poids. Or la compaction du sous-sol est liée au poids par essieu, qui requiert un certain volume de sol pour le supporter, qui sera le même quelle que soit la taille des pneus. Qu’importe donc le nombre d’essieux, la taille des pneumatiques, « il faut préférer les machines les moins lourdes ». Car la structure du sol se dégrade très vite : une année peut suffire à créer une zone de compaction. L’azote plus efficace dans un sol en bonne santé Ces bases jetées, Odette Ménard est entrée dans le vif du sujet en partageant les résultats d’une étude dont il ressort que, en comparant diverses stratégies qui vont du labour au semis direct, on peut constater une amélioration du rendement avec la simplification du travail du sol, et que le fait d’apporter de l’azote n’améliore pas le rendement en situation de non-labour. « En changeant de stratégie, on est donc doublement gagnant : on a plus de rendement, avec moins d’azote ! » Une autre étude corrobore les résultats de la précédente. Elle met en évidence que des agriculteurs qui utilisent des doses d’azote allant du simple au double peuvent obtenir des rendements équivalents. En comparant les pratiques des agriculteurs économes en azote à celles des autres, des différences sont apparues. Les premiers pratiquent de « vraies » rotations, pas seulement des alternances de deux cultures, apportent régulièrement de la matière organique sous forme de fumier, n’ont pas de problème de compaction, et utilisent préférentiellement des « cultivars pleine saison », c’est-à-dire des variétés dont la précocité est adaptée au climat. Se faisant, ils ont pour objectif des récoltes précoces afin de préserver la qualité des grains et de se laisser une plus grande fenêtre pour mettre en place des pratiques favorables à la santé du sol. Cette étude met en évidence la différence d’efficacité de l’azote en fonction de l’état des sols : de l’ordre de 80 % dans un sol en bonne santé, elle chute à 30 % dans un sol dégradé. Aussi Odette Ménard estime-t-elle que le rendement obtenu par unité d’azote apportée constitue un critère d’évaluation de la santé des sols pertinent et simple à mesurer. Des résidus et des couverts Le coût de la compaction a été estimé à 2 milliards d’euros par an en Grande-Bretagne. Inverser la tendance pourrait donc permettre de réaliser de substantielles économies… Car qu’est-ce qu’une plante va chercher dans l’air ? « Le carbone, et puis c’est tout, rappelle Odette Ménard. Tout le reste, elle va le chercher dans le sol. C’est pourquoi elle doit avoir un système racinaire développé, dans un sol qui n’est pas trop compacté, car sinon il n’y a de place ni pour l’air, ni pour la solution du sol… » Or c’est de cette solution que les plantes tirent la plupart des éléments nutritifs. Après avoir projeté une image de la charte de Mulder, qui symbolise la synergie entre les éléments du sol et la complexité de leurs interactions, Odette Ménard profite de l’exaltation intellectuelle suscitée chez son auditoire pour l’emmener plus loin encore : « Les plantes communiquent entre elles… Êtes-vous correc' avec ça ? » Or plus la compaction est importante, plus les informations que les plantes échangent entre elles sont anxiogènes. Pour redonner de la sérénité aux plantes (et consommer moins d’intrants) « il s’agit en priorité d’entretenir la biologie du sol ». Il faut donc implanter des cultures de couverture, dont les racines, « en travaillant tout le profil du sol, augmentent sa capacité d’infiltration ». En outre, ces cultures maintiennent une certaine fraîcheur au niveau du sol, ce qui permet de mieux valoriser l’eau d’une pluie que sur un sol nu. Et puis elles apportent deux fois plus de carbone et d’azote au sol que les résidus de culture. Ces derniers sont néanmoins importants, à condition d’être assez nombreux : « L’objectif, c’est 30 % de la surface couverte par les résidus après le semis. C’est ce qu’il faut pour absorber l’eau qui ruisselle en surface. » Au menu : résidus et exsudats Laisser des résidus en surface constitue un des leviers pour remédier à une mauvaise stabilité structurale, qui se traduit par des particules de sol arrachées, qui colmatent la porosité du sol. L’autre levier consiste à entretenir la stabilité structurale dans le profil, en favorisant la production de glomaline par les champignons et les bactéries. Or, comme ce sont les derniers maillons de la chaîne alimentaire, cela signifie qu’il s’agit de l’entretenir dans son intégralité « grâce à des résidus remplis d’éléments nutritifs, qui vont être dégradés en morceaux de plus en plus petits par les organismes du sol, pour les rendre accessibles à d’autres organismes plus petits, jusqu’aux bactéries et aux champignons. » Mais les résidus ne sont pas la seule source de nourriture pour la vie du sol : il y a aussi les exsudats racinaires. Et si les plantes nourrissent bactéries et champignons de leurs exsudats racinaires, l’inverse est vrai également : les bactéries et les champignons peuvent faciliter l’assimilation d’éléments nutritifs par les plantes. Qui plus est à la carte. En effet, la composition de l’exsudat racinaire reflète les besoins nutritionnels de la plante. Schématisons et imaginons une plante carencée en phosphore. Ses exsudats racinaires seront pauvres en cet élément. Les bactéries et les champignons de la rhizosphère peuvent capter ce message et rendre du phosphore du sol assimilable par les plantes. « D’où l’importance de maintenir des racines vivantes à temps plein dans le sol », démontre Odette Ménard, qui sourit : « On tourne en rond, la boucle est bouclée… »

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