Viticulture

Les vins israéliens

La Bible comme outil marketing

Publié le 18/02/2017

La faculté de marketing et d’AgroSciences à Colmar proposait, le 30 janvier dernier, à ses étudiants une conférence de Mireille Israël-Lang sur le vignoble israélien, présenté comme extrêmement dynamique. Et avec comme identité marketing : la Bible.

Pour Mireille Israël-Lang, enseignante en culture de l’alimentation, la question religieuse dans le vin « n’est pas dépassée ». Elle fait d’ailleurs référence à un livre du géographe de l’Inao Jean-Robert Pitte « Vin et Divin », pour affirmer que la religion peut constituer un axe marketing. C’est en tout cas, selon l’enseignante, cette voie qui serait empruntée par des wineries israéliennes. En Israël, on dénombre quelque 300 wineries, sur l’ensemble du pays. Cinq caves produisent 80 % du marché et 30 % des vins élaborés ne sont pas casher. Petit rappel sur cette forme de traçabilité garantie par les rabbins : « Rien ne se passe en casher, sans la certification du religieux. Il fait la pluie et le beau temps. Il détient les clés de la cave. En Bourgogne, une tonnellerie propose des fûts casher où même les cerclages sont certifiés. » C’est le baron Edmond de Rothschild qui à la fin du XIXe siècle a réimplanté la viticulture à Zichron Yaakov (Le souvenir de Jacob) au pied du mont Carmel, avec une communauté juive ayant fui les pogroms. Après le krach de 1929, la cave Zichron périclite, mais la viticulture reprend pied après-guerre sous l’impulsion des techniques d’irrigation enterrée. Dans un dynamisme à l’esprit start-up, précise Mireille Israël-Lang, le vignoble israélien est signalé au début des années 80 dans le guide Parker. Les plantations se font plutôt en altitude, de 400 m à 1 000 m, comme la cave Barkan, ou Tishbi Estate, et sur le plateau du Golan avec notamment Yarden Golan Winerie. Aujourd’hui, un travail sur l’ADN de pépins de raisin retrouvés dans des fouilles archéologiques, est entrepris. Selon Mireille Israël-Lang, la Bible est aujourd’hui un thème fort utilisé par le marketing des vins israéliens. Plusieurs wineries utilisent les symboles bibliques comme emblèmes que l’on retrouve sur les étiquettes. Elle a par exemple présenté un hôtel-spa-winerie dont les mûrs sont ornés de versets bibliques.

Publié le 14/02/2017

Les chercheurs s’efforcent de percer les inconnues qui régissent la prolifération des champignons à l’origine de l’esca, du BDA, de l’eutypiose… De nouvelles pistes ont été présentées à la session de l’Institut français de la vigne et du vin (IFV) le 26 janvier à Ostheim.

Et si la solution aux maladies du bois venait de l’arsénite de soude ? Non pas de son utilisation au vignoble puisque le produit est interdit depuis 2001, mais de son mode d’action ? Les chercheurs cherchent à comprendre ce mécanisme afin de l’imiter. Mais d’abord, que sait-on de la stratégie des champignons qui colonisent le pied jusqu’à provoquer sa mort ? Tout part de l’inoculum présent en surface des rameaux et du courson. La pluie qui éclabousse la végétation favorise sa propagation. Il se concentre et infecte les ceps par les plaies de taille et en vert à partir de la floraison jusqu’à la véraison. « La répétition de ce cycle chaque année affaiblit progressivement les souches. L’agressivité de l’inoculum, sa quantité, les conditions climatiques jouent un rôle important dans l’expression des symptômes. Les paramètres qui entrent en jeu sont multiples et rendent le problème très complexe à traiter. L’arsénite de soude réduit l’inoculum, se diffuse dans l’amadou et les parties nécrosées du pied. L’enjeu est aujourd’hui d’identifier les pratiques culturales, les techniques de taille, bref tous les facteurs qui peuvent renforcer les défenses de la plante » résume Philippe Larignon de l’IFV Rhône Méditerranée. Une enquête sur les pratiques qui ont cours dans les vignobles d’Europe montre que les viticulteurs préfèrent, dans l’ordre, arracher les pieds morts, recéper, broyer les bois ou les exporter pour limiter l’inoculum. La taille respectant les flux de sève, la protection des plaies au moyen d’une barrière physique sont assez répandues. Le surgreffage et le curetage restent anecdotiques. D’autres initiatives veulent endiguer le phénomène. Dans le Sancerre, la Sicavac attaque le problème sous l’angle du matériel végétal issu de la sélection massale. Ce service interprofessionnel de conseil a établi un strict cahier des charges, notamment l’élimination des bois du moindre cep douteux, pour maîtriser tout le cycle de production. Il attend la livraison des premiers greffés-soudés au printemps 2018. Les pépiniéristes ont testé la désinfection des plants et le traitement à l’eau chaude (TEC) pour produire des plants indemnes de champignons. Résultat : si le TEC est efficace sur le coup, la recontamination est rapide. « Réduire la différence de résistance aux maladies du bois au seul matériel végétal, qu’il soit ancien ou récent, est une énorme erreur de méthodologie » prévient Olivier Yobregat, de l’IFV Sud-Ouest. Curetage physique, curetage chimique L’IFV Alsace mène depuis 2015 dans la plaine de Colmar un essai de curetage sur une parcelle de riesling plantée en 1978 sur un porte-greffe 3309 C. Elle est enherbée un rang sur deux, avec un cavaillon travaillé depuis 1998. Elle n’a jamais été traitée à l’arsénite. La comparaison porte sur des souches avec symptômes qui ont été curetés en janvier 2015 et des souches avec symptômes qui ne l’ont pas été. En 2016, 8,9 % des pieds traités ont exprimé des symptômes contre 15,7 % aux témoins non curetés. Si la différence de poids de raisins à la récolte 2015 n’a pas été significative, il en est tout autrement en 2016. Les pieds sains curetés ont produit 3,46 kg de raisins contre 2,42 kg aux pieds malades curetés, 2,36 kg aux pieds sains non curetés et 1,51 kg aux pieds malades non curetés. Comptez également avec un temps de travail d’environ cinq minutes par pied cureté, soit une trentaine d’heures/ha. À l’Université de Haute-Alsace, Christophe Bertsch et ses équipes envisagent une double piste : préventive et curative. Leur première idée a été de remplacer le tronc du cep dans lequel les champignons prospèrent, par un bois résistant emprunté à vitis sylvestris, autrement dit la vigne sauvage. « C’est une ressource génétique extraordinaire. Vitis sylvestris possède des molécules de défense très élaborées qui réagissent très vite à l’arrivée des pathogènes » signale Christophe Bertsch. En pratique, on aboutit à des pieds constitués de trois greffes (porte-greffe, vitis sylvestris et cépage). L’UHA a testé 180 génotypes et en a retenu trois dont un qui présente en plus la particularité d’être résistant à l’oïdium. Les premières greffes ont eu lieu et elles fonctionnent. La piste curative concerne les pieds en place. Il s’agit d’utiliser une perceuse à mèche creuse pour injecter des antifongiques qui constitueront dans le cep un cataplasme à diffusion très lente. Ce « curetage chimique respectueux de l’environnement » comme le définit Christophe Bertsch suppose comme préalable d’identifier les protéines sur lesquelles se fixe l’arsénite et de mettre au point des molécules programmées pour atteindre la même cible tout en se montrant moins toxiques.

Journée technique Vitisphère Alsace

Mildiou : ne pas se louper sur le premier traitement

Publié le 14/02/2017

Le 18 janvier, Vitisphère Alsace proposait sa journée technique, avec comme thématique « la physiologie et les mises en réserve de la vigne ». Avec en point d’introduction, le mildiou.

La question de la physiologie des mises en réserve de la vigne peut contribuer à expliquer pas mal de comportements vis-à-vis des maladies que sont le mildiou, l’oïdium et peut-être même les maladies du bois. Pour y voir plus clair, l’équipe Vitisphère Alsace proposait le 18 janvier une journée de réflexion sur ce sujet. Les attaques sur le feuillage, par exemple de mildiou, pénalisent la photosynthèse, et entravent ensuite la maturation, décrit Philippe Kuntzmann. Pour comprendre l’intensité des attaques de ce millésime, il faut bien comprendre le cycle de ce parasite phytophage « proche de l’algue », fortement dépendant de la température et de l’humidité. La contamination primaire, germination des oospores, se fait dès que la température atteint 11 °C et qu’il y a de l’eau. La durée d’incubation dans la vigne peut alors être de six jours au minimum. « Une bonne curativité de traitement systémique ne doit pas dépasser 30 % du temps d’incubation. » En d’autres termes, le vigneron a 48 heures pour intervenir après la première contamination si l’incubation est très rapide. « D’où l’intérêt de bien raisonner la lutte au démarrage. » Attention, le mildiou contamine et sporule par la face inférieure des feuilles uniquement. Donc le premier traitement de contact doit être bien positionné, tandis qu’un produit systémique « migre de la face supérieure vers la face inférieure et dans toute la plante ». Une fois la plante contaminée, les choses peuvent aller très vite ! La durée des germinations des conidies est de 16 h à 6 °C, mais elle est de 10 minutes à 20 °C. « Ce qui importe à ce stade, c’est la durée d’humectation. Une pluie qui sèche rapidement ne fait pas sporuler les taches. Mais une pluie de fin de journée et dont l’humidité est conservée la nuit provoque des sporulations. » Une année précoce en mildiou Cette année, la maturité des œufs d’hiver était acquise dès le débourrement de la vigne. Il faut cependant la trilogie : 11 °C pendant 3 à 4 h, présence d’eau plutôt stagnante et un végétal réceptif, soit des feuilles avec des stomates, rappelle Philippe Kuntzmann. « Officiellement, la position alsacienne a toujours été d’attendre les premiers foyers primaires et de confirmer leur présence pour déclencher les traitements. En 2015 et 2016, nous avons conseillé d’intervenir au plus tard à la date de sortie des foyers primaires, aussi bien en bio qu’en conventionnel, explique le responsable technique Vitisphère Alsace. Et en bio, c’est encore plus important car on ne peut pas compter sur des produits de rattrapage. » Cette année, la maturité des œufs d’hiver était acquise au débourrement, il importait donc d’intervenir dès le stade de réceptivité de la vigne, soit les premières feuilles avec stomates. Au stade 3-4 feuilles ? « Tout va dépendre des conditions météorologiques à partir de ce débourrement. En 2013, il a fait ensuite très frais. Ce qu’il faut c’est intervenir au bon moment ! » L’année a cependant été délicate pour les interventions : « On supposait d’après les modèles qu’il y avait de grosses contaminations primaires. Mais les données météorologiques n’étaient pas très bonnes et il y a des risques de ne pas avoir de fenêtre pour traiter et ce d’autant que les conditions réglementaires de traitement deviennent restrictives. » Enfin, plusieurs précautions ont été rappelées : alterner les molécules curatives et systémiques en raison des résistances, adapter la dose au feuillage surtout en début de traitement. En cas de conditions fraîches et humides, on peut observer une plus grande sensibilité des inflorescences qui restent plus humides… « Un autre élément important, c’est la qualité de pulvérisation. Et la qualité de couverture en fin de saison, pour garantir la bonne photosynthèse pour une bonne mise en réserve. » Enfin, Philippe Kuntzmann rappelle la question de la « préventivité vieillissante » des traitements : « Au bout de 10 jours, l’efficacité est de 0 %, le cymoxanil est dégradé à 5 jours dans la plante, le fosétyl assure la protection à 14 jours. Il faut donc considérer le grammage de fosétyl par hectare. »

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