Viticulture

Publié le 12/12/2016

À Wihr-au-Val, le domaine Schoenheitz profite de la période de l’Avent pour créer des moments d’échange conçus pour faire plus de bien à son taux de notoriété qu’à son chiffre d’affaires.

Dominique et Henri Schoenheitz ont monté leurs premiers programmes de Noël au domaine au début des années 2000 selon un schéma en propre. Les visites de cave qui s’enchaînent sur fond de chants et de décorations de Noël constituent la base de l’offre. L’initiative d’un mini-marché qui s’est tenu la première année n’est pas reconduite. « Le chiffre d’affaires réalisé par les exposants s’est avéré trop faible alors qu’on les sollicite à un moment où ils sont très occupés » explique Dominique. Le domaine étoffe sa formule en 2009. Il adhère à la charte de Noël au grand pays de Colmar. Il s’engage à organiser sur le mois précédant le 25 décembre un minimum de quatre événements mettant en avant un patrimoine culturel, culinaire ou architectural, local, et pas seulement le vin. Ce nombre a été ramené à trois en 2015. « À un moment où chacun a un calendrier chargé, chaque organisation est contraignante. De plus il n’est pas évident de rentrer dans ses frais » poursuit Dominique. « Le label est une garantie pour les personnes que nous accueillons. Le viticulteur accepte d’être visité par les représentants des instances touristiques. Il gagne pour sa part en légitimité et en visibilité ». Au domaine, la période de l’Avent a démarré fin… juin ! Car il faut annoncer le programme aux offices de tourisme qui veulent l’inclure dans leurs supports de communication. Le domaine a ensuite attendu le 25 novembre. La veille, Henri a installé la décoration extérieure et Dominique le traditionnel sapin. Surtout, chaque visiteur de retour de cave s’est vu offrir des bredele de Noël. Le premier événement de l’Avent a eu lieu le 2 décembre : le vernissage de l’exposition de treize tableaux de visages d’enfants de OH Kee Hyung, peintre d’origine coréenne installée à Colmar dont Dominique a fait la connaissance dans le cadre d’une rencontre des DiVINes d’Alsace. Pour l’occasion, elle a servi un crémant et un gewurztraminer. L’offre était volontairement limitée car « il n’y a guère de temps pour présenter et expliquer un vin ». Le deuxième rendez-vous a lieu le 6 décembre. Il s’agit d’une soirée d’accords mets/vins au cours de laquelle quatre bouchées différentes sont associées à huit vins, deux par plat. Dominique et Henri ont retenu un crémant millésimé 2008 et un pinot blanc, deux rieslings du même terroir, l’un barriqué et l’autre pas, deux pinots noir Herrenreben et Linsenberg, un gewurztraminer SGN 2005 et un riesling SGN 2013. Le dernier rendez-vous programmé le 14 décembre prévoit un concert audition de l’école de musique de la vallée de Munster et le service d’un crémant, de deux vins secs et d’un dernier un peu plus moelleux. L’accord mets/vins fait le plein Pour Dominique, « mêler Avent et vin, cela va de soi. Quand on produit du vin, n’est-on pas créateur ? » interroge-t-elle. Le programme « cave de Noël » est maintenant rôdé. Les soirées demandent la présence de quatre à six personnes. Elles démarrent toutes à 18 h 30. Celles du 2 et du 14 sont gratuites, celle du 6 est payante à hauteur de 10 € par personne. Ce tarif calculé « juste pour rentrer dans ses frais » n’est un obstacle pour personne. Le public ne se trompe pas sur le rapport qualité/prix. La date a fait le plein dès son apparition sur le site du domaine. Les places aux quatre tables de dix se sont arrachées. Il y a cinquante inscrits. « Nous distribuons des fiches où chacun met une croix à l’accord qu’il préfère. Il désigne son coup de cœur de la soirée. Cela oblige les participants à rester concentrés. Ils se prennent au jeu et se mettent à échanger entre eux. Une ambiance se crée, entre eux, avec nous et avec le chef » raconte Dominique. Une soirée peut coûter de 200 à 500 € en frais. Mais en elle-même, elle génère peu de ventes. « Il est difficile de rentabiliser une animation de Noël car l’offre s’est beaucoup étoffée ces dernières années. Il arrive cependant régulièrement que des personnes reviennent acheter les vins qu’ils ont appréciés » note Dominique. « Avec « cave de Noël » nous participons à l’attractivité collective de l’Alsace, de la vallée, nous obtenons plus de visibilité et cela contribue à notre notoriété. Cela reste avant tout un investissement d’image qui privilégie des activités qui drainent du monde sans réclamer de frais excessifs ». Entre l’achat d’une vingtaine de kilos de bredele, l’impression des flyers, l’ouverture d’une cinquantaine de bouteilles au total, Dominique estime le budget total de son opération à quelque 1 200 €, hors heures de travail. Elle constate que les ventes du domaine sont aujourd’hui mieux réparties sur l’année. « Il y a trente ans, Noël pesait 40 % du chiffre d’affaires. Cette proportion est maintenant retombée à 20 % ».  

Concours général Agricole des Vins, Eaux-de-Vie et Whisky 2017

Règlement

Publié le 09/12/2016

Pour tout savoir sur les modalités d’inscription aux concours, retrouvez les règlements dans leur intégralité ci-dessous.

 

Publié le 03/12/2016

À Vœgtlinshoffen, Jean-Marie Vorburger a choisi de mettre un grain de folie dans ses vins afin qu’ils constituent sa meilleure promotion tout en étonnant ses clients.

Jean-Marie Vorburger se veut un viticulteur discret. Depuis ses débuts, ses ambitions sont sages. Il passe son BTAO à Rouffach, son BTS viti-oeno à Beaune en 1986, prodigue pendant six ans à mi-temps des conseils techniques à ses collègues dans l’entreprise qui l’emploie et s’installe sur 5,75 ha en 1992. Aujourd’hui il en exploite un de plus, planté en raisins à crémant sur un ancien pré en 1993 et 1994. « Cela donne assez de travail à un homme seul. Je n’ai pas envie de m’agrandir. C’est mon choix de vie » dit-il. Dans ses vignes enherbées un rang sur deux, plantées dans des terroirs marno-calcaires, il revendique une stratégie de viticulture « raisonnée minimaliste ». La preuve ? En moyenne il intervient quatre fois pour contrôler mildiou/oïdium, six fois en 2016. Pour espacer ses interventions, Jean-Marie réduit sa dose de 30 % en début de campagne et travaille à la dose homologuée en produits systémiques jusqu’à la floraison. Il se limite par la suite au cuivre/soufre. Comme il se situe dans un vaste ensemble qui pratique la confusion sexuelle, il n’a recours à aucun insecticide. Depuis deux ans, il fait appel à un prestataire qui aère ses pieds par un effeuillage modéré avec un appareil à jet d’air. Jean-Marie vise le rendement autorisé par les différentes appellations. En 2016, il fait le plein. Les trois millésimes précédents, il s’est contenté d’environ 70 hl/ha de moyenne. La machine à vendanger récolte pinot blanc et riesling sur un tiers de leur surface, parfois un peu plus. « Je ne vois pas de différence de qualité » précise Jean-Marie qui « aime vinifier » tout ce qu’il produit dans une cuverie qui se partage entre 400 hl d’inox, 200 hl de fûts et 100 hl d’acier émaillé. Il sulfite ses moûts à 2-3 g/hl, n’enzyme pas avant de faire débourber quarante-huit, voire soixante-douze heures. Il levure au cas par cas comme par exemple cette année où les départs en fermentation ont traîné. Il laisse ses vins plusieurs mois sur lies fines. Il ne les stabilise pas avant la mi-mars et ne les filtre qu’à partir d’avril. « Mon plaisir est de prendre du temps pour faire de bons vins » explique Jean-Marie. Chaque année depuis 1997, il envoie 30 hl de vendanges tardives et/ou de gewurztraminer, voire de riesling « si le gewurztraminer ne me plaît pas », se bonifier aux hospices de Strasbourg. Jean-Marie vinifie le début de sa gamme de sept vins en sec à 5-6 g pour un riesling et 7-8 g pour un pinot gris. Mais il avoue un faible pour les « vins gourmands ». Ces cuvées vieilles vignes ou vendanges tardives qui étonnent ses clients en annonçant régulièrement 20 à 25 g de sucre résiduel sur une colonne vertébrale acide sont son cheval de bataille. Trois trophées d’excellence Jean-Marie a la clientèle qui le suit sur ce type de vins. « Elle me dévalise » rigole-t-il. C’est encore un peu plus le cas depuis qu’il s’est fait connaître au concours riesling du monde où il décroche par trois fois trois trophées d’excellence avec des vendanges tardives récoltées en 2005, 2007 et 2009. « Ce riesling est issu d’une vigne de soixante-deux ans. Son acidité en contrebalance le moelleux » commente Jean-Marie. Il faut préciser que cette participation est, en dehors d’un site internet de type vitrine et d’un courrier postal annuel, le seul investissement commercial du domaine. « Je m’occupe de mes vignes et de mes vinifications de A à Z. Aucune n’est à plus de dix minutes en tracteur et cela me facilite le travail. Je délègue de rares travaux comme l’arrachage des bois. Je ne participe à aucun salon. Je n’ai toujours pas donné suite à des demandes de soirées de dégustation chez mes clients. Je ne me vois pas parcourir des milliers de kilomètres pour vendre mon vin. Pour écouler plus de bouteilles, je devrais embaucher au vignoble. Je n’y suis pas prêt. C’est pourquoi je m’investis uniquement dans la promotion de mes vins au caveau, tout comme Odile, mon épouse » avoue-t-il. En misant sur le seul bouche-à-oreille, les ventes du domaine progressent lentement, mais de manière continue, au caveau comme à la cave des hospices qui constitue une autre adresse où neuf vins du domaine peuvent s’acheter. Cette évolution satisfait Jean-Marie qui réalise en outre une quinzaine d’envois par an, des commandes à chaque fois de 120 à 500 bouteilles. « Ce sont des personnes qui ont un jour goûté mes vins qui les passent » explique-t-il. Jean-Marie qui s’est lancé dans la bouteille en 1993, vend le solde de ses vins en vrac, comme son père avant lui. Il fait confiance à un seul courtier. Il écoule la plupart de ses lots à un cours souvent un peu supérieur à la mercuriale.

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