Viticulture

Foire aux vins d’Ammerschwihr

90 ans et pétillante de jeunesse

Publié le 17/05/2018

Ammerschwihr était en fête du 27 au 29 avril : le Syndicat viticole organisait sa 90e foire aux vins. Comme chaque année, la manifestation a ouvert le bal des nombreuses foires qui émaillent la route des vins d’Alsace.

Traditionnellement, c’est le samedi matin qu’a lieu l’inauguration durant laquelle l’assistance prend la température du vignoble à travers les discours : Ammerschwihr est en quelque sorte le baromètre des grandes tendances et de l’état de santé de la profession. Derrière les belles phrases et les bons mots, il faut lire quelques vérités acidulées, dites avec le sourire de circonstance, mais qui veulent interpeller quand même. Après avoir salué les personnalités présentes - le député Éric Straumann, le conseiller régional Bernard Gerber, Pierre Bihl, vice-président du Conseil départemental, Patrick Reinstettel, maire d’Ammerschwihr, les représentants des instances professionnelles de la viticulture, la reine des vins d’Alsace Justine Schmitt et sa dauphine Clémence Bléger -, Romuald Bohn, président du Syndicat viticole, a rappelé les difficultés du millésime 2017 : les gelées à - 10 °C peu avant la foire aux vins, l’été chaud, la récolte précoce, qui s’est soldée par des pertes allant de 30 à 50 %. Il a lancé un appel aux élus, face aux contraintes administratives de plus en plus pesantes auxquelles les viticulteurs sont confrontés. Si on ajoute la pression pour les produits de traitement, les maladies encore incurables, on sent que le moral n’est pas au beau fixe. Christian Relle, vice-président de l’Association des viticulteurs d’Alsace (AVA), a pointé d’autres soucis : la réforme de la fiscalité, la pression sociétale et environnementale envers les produits phytosanitaires. Pierre Bihl s’est voulu plus positif, en évoquant l’essor de l’œnotourisme qui commence à peser dans l’économie alsacienne. Patrick Reinstettel s’est montré fier des 90 ans de la foire aux vins d’Ammerschwihr : elle est née en 1921, par la volonté de Joseph Dreyer père, sur les cendres d’un vignoble alsacien en ruines, a connu les tensions, les maladies, la guerre, de nouvelles destructions, les divisions, mais a toujours su résister, s’inscrivant dans « le patrimoine immatériel d’Ammerschwihr ». Éric Straumann a assuré que Jacques Cattin, retenu par d’autres obligations, « s’occupe bien de vos dossiers ». Enfin, la reine des vins et sa dauphine ont remis les diplômes des prix d’honneur aux maisons primées par le Syndicat viticole avant d’inviter officiellement aux dégustations d’ouverture de cette foire aux vins. Esprit de foire Tout au long de ce week-end de foire, le public est venu nombreux, catalogue en mains, pour dénicher les perles du terroir local, curieux du millésime 2017. Certains préféraient une « verticale » de rieslings ou de muscats, d’autres testaient deux trois vins par maison avant d’aller plus loin. « Je ne jure que par les gewurztraminers Kæfferkopf, et les 2017 s’annoncent bien ! Je me régale », commente Serge, venu de Mulhouse. Le sommelier François Lhermite proposait une dégustation commentée, agrémentée par Julien Binz. À la foire, on sait trouver les bons compagnons pour les vins : des tartes flambées, du schifala cuit dans l’alambic avec du marc de gewurztraminer, ou encore le menu de la masterchef Christelle Richert : foie gras suivi d’un filet alsacien et sa sauce flambée. Et qui dit foire, dit aussi musique avec l’ensemble Loyala de Colmar, les Frankenthaler de Stosswihr, le Licorne Elsasser Bandet l’ensemble des jeunes de l’Harmonie municipale d’Ammerschwihr. Le dimanche, une exposition de matériel vignes et cave et quelques stands de marché complétaient l’ambiance. Un vendeur de tracteurs confiait : « Au lendemain d’un gel ou de grêle nous avons les premières résiliations de commandes. Nous vivons avec à la nature, à côté des viticulteurs. Mais il faut quand même être présent ici, chez nos amis et clients. » Bernard Schneider, la cheville ouvrière de la foire aux vins d’Ammerschwihr et toute son équipe ont tout mis en œuvre pour que la fête soit digne d’un 90e anniversaire : ils ont bien réussi !

Publié le 17/05/2018

À Turckheim, les « Wimeklas » se réunissent une fois par mois depuis 1989 pour découvrir les vins de France et du monde. Ce club de dégustation n’est réservé qu’à ses initiés.

Ils sont grands amateurs de vins, se côtoient fréquemment dans la vie de tous les jours et le troisième mercredi du mois est toujours une date qu’ils se réservent. C’est ce jour-là que les « Wimeklas » (1) se retrouvent, soit chez un viticulteur, soit chez l’un des membres, voire dans une salle communale. Ce soir, c’est dans un restaurant de Turckheim que cela se passe. Une table a été dressée à l’étage. À chaque place, deux verres jaugés à 4 cl, propriété de l’association, et un accès à l’indispensable crachoir. « C’est une nécessité pour tenir la distance » signale sobrement à propos de l’objet Jean-Louis Frueh, membre fondateur de l’association qu’il préside maintenant depuis quatre ans. Quand ils se déplacent, les trois chauffeurs désignés ne dégustent pas. Au menu de cette séance, il n’y a pas moins de neuf blancs et huit rouges du Languedoc ! Ils proviennent de six domaines qui ont la particularité d’avoir investi dans « Abbayes et châteaux », une structure commerciale commune. Laurent Moinet, son responsable, s’est déplacé. Il laisse quelques instants pour une dégustation à l’aveugle avant de présenter chaque vin et de donner son prix de vente. « Il est rare que nous fassions appel à un intervenant extérieur. Le plus souvent, c’est un membre du club qui déguste une cave, achète les vins et les commente pour ses collègues » précise Jean-Louis. Les Wimeklas profitent de leur assemblée générale pour décider du programme des réjouissances de l’année à venir et du responsable qui prend chaque soirée en charge. Ils n’ont pas de tabou. « Nous apprécions les vins de France et du monde entier » souligne Christian Martin, le trésorier historique du club. « Nous buvons des vins vendus 6, 8 ou 15 € comme des crus réputés s’il se présente l’opportunité d’acquérir un château Petrus ou un Romanée-Conti aux frais de l’association ». Une dégustation peut prendre la forme de la découverte d’un vignoble, d’une verticale de châteaux bordelais, d’un comparatif entre Champagne et crémant d’Alsace. « Au bout de trois échantillons, chacun identifiait sans problème les crémants. Ils se défendent contre un Champagne moyen, mais ils ne parviennent pas encore à rivaliser avec les très grands Champagne » estime Jean-Louis. La règle veut aussi que les crus les plus prestigieux figurent toujours au programme des deux dernières séances de l’année. Les Wimeklas annotent soigneusement leur fiche de dégustation. Les trois meilleurs vins qu’ils désignent à la fin de chaque soirée sont repris dans leur classement annuel. Jean-Louis ne se souvient plus du vainqueur toutes catégories 2017. « Il y a tellement de bons vins en France et pas seulement dans le Bordelais ou en Bourgogne » s’excuse-t-il. Deux soirées d’Alsace par an Les vins d’Alsace sont au centre de deux dégustations par an, exceptionnellement trois. « Tous les membres habitent autour de Colmar. Il leur est facile de déguster par eux-mêmes. Et puis nous ne souhaitons pas nous limiter à notre région » explique Jean-Louis. Quand ils s’y mettent, les Wimeklas dégustent surtout des rieslings ou des grands crus obligatoirement âgés de plus de cinq ans afin que « le sucre soit déjà assimilé », parfois des gewurztraminers, des pinots gris, des vendanges tardives. Ils ont aussi déjà acheté des vins allemands pour les confronter à la production régionale. « Depuis qu’on les déguste, la moyenne générale des Alsace a progressé. Mais les grands crus ne sont pas encore tellement au-dessus du lot. L’écart entre un grand cru de Bourgogne et un Bourgogne ordinaire est plus flagrant » avance Jean-Louis. Retour aux Coteaux du Languedoc, Minervois, Cabardès, Corbières, Fitou, Pic Saint-Loup et autres Faugères. L’ambiance est conviviale. Entre le boulanger et le traiteur, le viticulteur et le fonctionnaire à la retraite, on plaisante volontiers. Mais le sérieux revient au galop quand il s’agit de porter une appréciation. Les notes sur 100 des blancs ne crèvent pas les plafonds. « Trop habitués aux Alsace ? » s’interroge Jean-Louis. Les rouges accrochent davantage. La qualité de l’un ou l’autre vin nature étonne. Cela donne l’idée aux Wimeklas de prospecter ce type de vins en Alsace en 2019 dans le but d’en trouver « quinze acceptables » à faire figurer au programme d’une soirée. Mais pour fêter les trente ans du club, ils rêvent d’une descente de Mouton Rothschild d’avant 2000 répartis sur vingt ans. En deux bonnes heures, les dix-sept vins ont été passés en revue et chacun s’est commandé une pizza. Les fonds de bouteille accompagnent. Et s’il n’en restait pas assez ? « Il y a toujours deux bouteilles en réserve ! » glissent malicieusement Christian et Jean-Louis !

Désherbage mécanique avec trois outils Clemens

Mardi 15 mai, la société allemande Clemens procédait à des tests matériels dans les environs de Dambach-la-Ville en prévision de démonstrations organisées le lendemain par son revendeur exclusif alsacien, Niess Agriculture. Trois attelages de désherbage mécanique étaient présentés dans des combinaisons d’outils proposant des techniques de travail différentes.

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