27e concours des crémants de France à Bordeaux
18 médailles d’or pour l’Alsace
27e concours des crémants de France à Bordeaux
Publié le 03/05/2018
Les professionnels alsaciens sont revenus du 27e concours des crémants de France à Bordeaux avec 18 médailles d’or, 21 médailles d’argent et 6 médailles de bronze. Ces 45 médailles vont permettre aux entreprises honorées de valoriser leur production.
Le concours a eu lieu jeudi 26 avril au château Lafitte à Yvrac, commune située à une dizaine de kilomètres de Bordeaux. 655 échantillons de crémants issus des régions productrices (Alsace, Bordeaux, Bourgogne, Limoux, Loire, Die, Jura, Savoie et Luxembourg) ont été soumis aux dégustateurs. Parmi eux, vingt Alsaciens. La plupart sont des fidèles de la manifestation. À l’image du directeur de la cave de Beblenheim Patrick Aledo, de Gilbert Muller, viticulteur à Vœgtlinshoffen, de Martial Dirringer, viticulteur à Dambach-la-Ville ou encore de Richard Juncker, maître de chai à la cave de Cleebourg. Tous ont été répartis équitablement avec leurs collègues des autres régions sur les 42 tables. Les échantillons sont classés dans quatre catégories : les blancs brut, les blancs de noirs brut, les blancs brut millésimés et les rosés brut. À chaque table, quatre à cinq dégustateurs dont deux issus de la région de production. Une dégustation à l’aveugle évidemment. Seule la région de production était connue par le jury qui avait pour mission de remplir deux fiches d’observations pour expliquer les raisons de la proposition d’une médaille, sachant qu’un tiers des échantillons au maximum était médaillable. Une note finale située entre 13 et 15 permet d’obtenir la médaille de bronze, entre 15 et 17 une médaille d’argent et au-delà de 17 une médaille d’or. À noter qu’avant d’arriver à Bordeaux, une présélection a eu lieu quelques jours auparavant en région pour proposer à la dégustation les plus beaux produits. Une visibilité La dégustation a duré deux bonnes heures. « 655 vins, c’est dans la moyenne de ce concours national. 150 échantillons viennent d’Alsace. De nombreux produits sont du millésime 2016 ou même de 2015 sachant que 2017 a été un millésime difficile en raison des conditions météorologiques. Les trois familles professionnelles du vignoble sont représentées, tant dans les crémants à déguster que du côté du jury. Certaines entreprises affichent clairement leur politique. Pour celles qui ne participent pas, la médaille n’est pas un objectif commercial. Au contraire, pour les présentes, la médaille constitue un signe distinctif de qualité, voire un gage de sécurité pour les consommateurs. La médaille constitue un appel lors de l’acte d’achat dans un rayonnage et assure une visibilité, un signe distinctif. Bien évidemment, il faut ensuite que le produit corresponde à l’attente du consommateur. La qualité attendue doit être là une fois la bouteille ouverte. Le sérieux de ce concours assure, tant aux producteurs qu’aux consommateurs, une telle conclusion », explique Olivier Sohler, directeur du syndicat des producteurs de crémant d’Alsace et de la Fédération nationale des producteurs et élaborateurs de crémant. Se situer À l’issue de cette dégustation, les commentaires sont plutôt positifs. C’est l’avis de Déborah Ruffing, œnologue chez Wolfberger à Colmar. « Cela conforte la présélection. Je me suis retrouvée à une table où la série de crémants d’Alsace était assez homogène. Il y avait une belle harmonie pour de nombreux produits. Nous en avons eu deux-trois très expressifs. Quoi qu’il en soit, c’était une série bien équilibrée et intéressante à déguster. Mes confrères des autres régions ont trouvé ces crémants faciles à boire et de qualité. Nous avons d’ailleurs attribué six médailles. Je suis satisfaite d’avoir pu participer à cette manifestation. Il est toujours pertinent de voir ce qui se fait ailleurs et de comparer avec ce qui se pratique en Alsace. Ce concours permet d’échanger entre nous, de se situer, d’observer les typicités des produits des autres régions. En étant présents ici, nous apprenons forcément. C’est un concours qui a également une vocation pédagogique », souligne Déborah Ruffing. Une ambition collective L’annonce du palmarès, la remise des prix et la soirée de gala de ce concours ont eu lieu vendredi 27 avril dans un établissement réputé du centre-ville de Bordeaux. Un palmarès annoncé, pour notre région, par le président du syndicat des producteurs de crémants d’Alsace, Hervé Schwendenmann. Parmi les satisfaits, Christophe Botté, directeur de la cave du Roi Dagobert à Traenheim depuis 1er septembre 2016. L’entreprise s’est vue honorée de deux médailles d’or, des crémants blanc brut. « C’est la deuxième fois que je viens à ce concours national. À mes yeux, c’est important d’être présent car cette manifestation contribue à faire une émulation chez les producteurs de crémant. Tout cela favorise la notoriété des crémants d’Alsace et tire vers le haut le travail des professionnels. La qualité est une ambition collective. Concernant ces deux médailles, c’est évidemment une satisfaction supplémentaire qui vient récompenser tout le travail de la cave, son personnel, ses coopérateurs, ses dirigeants. Il complète la politique que nous menons et que j’ai eu la chance de pouvoir expliquer lors de l’assemblée générale », explique Christophe Botté. À noter également les cinq médailles d’or et les deux médailles d’argent attribuées à la cave de Beblenheim et à la Maison Sparr, les deux médailles d’or et la médaille d’argent attribuées au domaine viticole de la ville de Colmar, ou encore les trois médailles d’or et la médaille d’argent pour le domaine Gruss Joseph et fils à Eguisheim (lire palmarès en encadré). La recherche de la valeur Jeudi, lors de l’assemblée générale du syndicat national des crémants de France, Christophe Botté a été invité à s’exprimer. Il a présenté le fonctionnement de la cave du Roi Dagobert associée à celle de Turckheim. Une mise en commun qui s’est traduite par la création d’Union Alliance Alsace. « Nous avons souhaité réaliser une étape supplémentaire dans ce partenariat avec la constitution d’une union entre les deux coopératives. Ce qui permet de mutualiser la valeur ajoutée mais également les risques liés à cette activité. Notre union reçoit les vins des deux caves, les met en bouteille et en assure la commercialisation. Cette union se fait dans le respect de la typicité des vins de chacune des caves, puisque les vins commercialisés sous la marque cave du Roi Dagobert sont exclusivement issus de cette cave, comme ceux qui le sont sous cave de Turckheim. Les deux marques constituent les piliers de l’union et sont la base de notre développement commercial. L’union se fixe aussi pour objectif d’emmener nos vins de plus en plus sur les marchés lointains et d’apporter ainsi notre contribution au rayonnement des vins d’Alsace dans le monde », précise Christophe Botté. Cette union a également permis de certifier 1 350 hectares, de produire onze millions de cols, de réaliser un chiffre d’affaires de 40 millions d’euros et d’avoir comme stratégie la recherche de la valeur. Pour y parvenir, quatre leviers ont été identifiés : une démarche collective dans l’appellation crémant, la qualité sur des marchés de niche, l’innovation, et l’agriculture biologique. « Nous avons une centaine d’hectares en production biologique. Notre ambition est de rester le leader en développant les marchés. Nous le faisons notamment depuis deux ans en suivant nos viticulteurs pour la conversion et l’accompagnement dans la distribution », conclut Christophe Botté.












