Viticulture

Gerber présente sa "replanteuse" maison

Vendredi 20 avril, sur les hauteurs de Nothalten, Hubert Gerber replantait, à la machine, des pieds de Riesling sur une de ses parcelles. Il a imaginé cette « replanteuse » pour faciliter une opération qu’il réalisait auparavant à la pioche.  

Publié le 19/04/2018

Chaque année, elle lance le bal des festivités viniques en Alsace. Les 27, 28 et 29 avril, la foire aux vins d’Ammerschwihr fêtera son 90e anniversaire avec, en plus des ingrédients habituels, l’intronisation d’anciennes reines des vins d’Alsace par la confrérie des Amis du Kæfferkopf et une conférence sur les maladies du bois par Christophe Bertsch.

À 90 ans, elle promet d’être toujours aussi belle et réussie. Les 27, 28 et 29 avril prochains, la foire aux vins d’Ammerschwihr entend bien lancer le bal des festivités viniques d’Alsace avec la même énergie et la même convivialité que les 89 précédentes éditions. Et quoi de mieux que de mettre à l’honneur celles qui se sont succédé comme ambassadrices de charme des vins d’Alsace ? Ainsi, les festivités démarreront le vendredi à 17 h avec l’intronisation d’anciennes reines des vins par la confrérie des Amis d’Ammerschwihr et du Kæfferkopf. « Pour cette 90e édition, on voulait marquer le coup », explique Bernard Schneider, viticulteur de la commune et membre de l’équipe qui a en charge l’organisation et le bon déroulement de la manifestation. Cette première journée se poursuivra à 19 h avec l’inévitable soirée Schiffala cuit dans l’alambic, le tout animé par l’ensemble Loyala de Colmar. Les retardataires, ou ceux qui voudront un deuxième service, pourront revenir le samedi midi où ce menu « alambic » sera servi une deuxième fois. Mais avant de passer à table, l’inauguration officielle à 10 h réunira élus locaux, responsables professionnels viticoles et le syndicat viticole d’Ammerschwihr. À 15 h, les professionnels de la vigne et toutes les personnes intéressées par le sujet pourront assister à une conférence sur les maladies du bois, animée par Christophe Berstch, directeur du laboratoire Vigne, biotechnologies et environnement à l’université de Haute-Alsace à Colmar. L’occasion d’aborder un sujet d’actualité qui préoccupe de nombreux acteurs du vignoble alsacien. Mais la foire aux vins d’Ammerschwihr, c’est aussi (surtout ?) l’opportunité de découvrir les richesses fermentées de la cité viticole. L’emblématique Kæfferkopf bien sûr, mais aussi les nombreux autres terroirs et cuvées spéciales proposées par quinze producteurs : Pierre Colon, Henri Ehrhart, Léon Heitzmann, Jean-Pierre Kappler, Kuehn Vin d’Alsace, Théo Meyer & Fils, Paul & Denis Schiélé, Bernard Schneider, Schneider-Noll, Sick-Dreyer, Jean-Paul Simonis & Fils, André Tempé & Fils, Tempé-Jessel, JB Thomann Fils. Et ceux qui voudront aller plus loin dans la découverte des vins pourront prendre part, à 17 h 30, à la dégustation commentée par François Lhermitte, sommelier du restaurant étoilé Julien Binz. Et pendant que les parents se régaleront les papilles, les enfants auront tout le loisir d’aller s’amuser dans les jeux gonflables installés à deux pas du chapiteau. De quoi apporter encore plus de bonne humeur à ce 90e anniversaire.

La Maison Joseph Cattin récompensée par le Prix d’excellence

« On essaie toujours de faire mieux »

Publié le 19/04/2018

Le 31 janvier, la Maison Joseph Cattin de Vœgtlinshoffen a reçu le Prix d’excellence qui récompense les producteurs ayant obtenu les meilleurs résultats dans leur catégorie pendant les trois dernières éditions du Concours Général Agricole de Paris. Le fruit d’un travail quotidien tourné vers la recherche constante de qualité.

« Mon arrière-grand-père, Joseph Cattin, avait déjà acquis le titre de vignoble modèle. » Jacques Cattin fils le sait, l’excellence si chère à son père Jacky est inscrite de manière viscérale dans l’ADN de la famille. Dans cette maison réputée de Vœgtlinshoffen, cette notion qualitative se transmet de génération en génération. Année après année, diplômes et médailles sont venus récompenser cette recherche constante du « toujours mieux ». Parmi les concours où la maison Joseph Cattin réussît à s’illustrer de manière récurrente, celui de Paris figure en bonne position. Et cette année plus encore. Le 31 janvier, elle a reçu le très convoité Prix d’Excellence qui récompense depuis 18 ans les producteurs ayant obtenu les meilleurs résultats dans leur catégorie de produits lors de trois éditions consécutives du Concours Général Agricole. C’est la deuxième fois en mois de dix ans qu’elle reçoit ce prix. Une sorte de « Graal » en quelque sorte qui récompense le travail d’une « très bonne équipe » tient à rappeler Jacques Cattin. Car dans le domaine familial, la réussite est avant tout une affaire collective. Il y a tout d’abord son oncle, Jean-Marie, qui s’occupe de la conduite du vignoble, son père, Jacky, qui entre deux sessions parlementaires, déguste avec son palais expert les futurs vins qui seront mis en bouteille, son épouse Anaïs, qui a apporté ses compétences commerciales, et les trois chevilles ouvrières de la vinification que sont l’œnologue Corinne Perez, le caviste Stéphane Metzler et le chef de cave à Steinbach Christophe Kempf. « Nous ne sommes plus un petit domaine de cinq hectares où l’on pouvait tout faire tout seul. Aujourd’hui, on doit s’appuyer sur une somme de compétences pour réussir », explique Jacques Cattin. L’autre grande force du domaine, ce sont ses 72 hectares de vigne. « On peut maîtriser les rendements, séparer les terroirs, et du coup tirer le meilleur parti des raisins. On peut tout gérer dans les moindres détails du début à la fin. Du coup, on dispose d’une belle marge de progrès. » Et pas question de privilégier une gamme de vins au détriment d’une autre. « On fait des efforts sur toutes nos cuvées. On n’abandonne aucun vin. » Forcément, un tel niveau d’exigence ne va pas sans un minimum de pression pour l’équipe en charge de la vinification. « Chaque année, on repart de zéro. Il n’y a jamais de recette à reproduire. On doit juste faire aussi bien ou mieux. Et au final, ce sont les dégustations qui donneront le verdict », commente Stéphane Metlzer. Le « style » Cattin Et puis il y a le « style » Cattin. Celui-là même que Corinne Perez a découvert lors de son arrivée dans l’entreprise il y a un an. Auparavant, elle était œnologue chez un négoce bas-rhinois où il n’y avait pas de vigne. En arrivant à Vœgtlinshoffen, elle reprend un contact direct avec la terre et le terroir, et découvre des « bons gewurztraminer et pinots gris » avec plus de chaleur, de puissance et de potentiel de garde que ce qu’elle avait pu voir jusqu’alors. « J’ai été très marqué par ces gewurztraminers qui ont un côté très exubérant et très riche, ainsi que par les muscats très expressifs qui allient la finesse aromatique et la richesse en bouche. » Et puis il y a les rieslings, dont « l’emblématique » Pur de Roche qui se caractérise par une « super minéralité » et un grand potentiel de garde. Un cépage que Jacques a voulu accentuer lorsqu’il a rejoint son père dans l’exploitation en 2007. « Lui, c’est le côté un peu plus droit et la rigueur que l’on retrouve dans le riesling, tandis que Jacky a un côté plus exubérant et généreux qu’on retrouve dans les gewurztraminers », constate avec malice Corinne Perez. Le rouge occupe aussi une bonne place sur la carte de maison Joseph Cattin. Et là peut-être plus encore, cela demande énormément de rigueur pour faire naître d’excellents pinots noirs. « C’est un cépage qui n’a pas beaucoup de tanin et de couleur. Il faut maîtriser les rendements si on veut faire quelque chose de plus corsé. Et uniquement à la vendange manuelle bien sûr », souligne l’œnologue. Là encore, cette recherche constante du « toujours mieux » a porté ses fruits avec les pinots. « Avec les années, on a su monter en gamme. On talonne bien les bourgognes actuellement », estime-t-elle. Du bio « bon », pas du bio « snob » Encore faut-il le faire savoir, notamment à l’étranger où, comme le rappelle Jacques Cattin, « on ne déroule pas le tapis rouge à l’Alsace ». Pourtant, c’est hors des frontières hexagonales que les vins d’Alsace disposent d’un gros potentiel de développement selon lui. « On a la chance de vinifier tous les cépages et toutes les appellations. L’excellence, c’est toute la viticulture alsacienne. On a les bons terroirs, les bons cépages. Sur toutes nos appellations, ce n’est que du qualitatif. Nos liquoreux par exemple n’ont pas à rougir face à des sauternes. Il n’y a pas que le sucre. Il y a aussi le côté fruité, une belle fraîcheur, et un côté plus audacieux et plus sauvage. Je pense que nous devrions être plus fiers de nos terroirs et de nos vins, et de moins regarder la concurrence à l’échelle locale. L’Alsace a tout intérêt à faire connaître ses bons vins. Mais nous avons encore trop tendance à nous dénigrer facilement alors que nous avons de sacrés atouts », considère le vigneron. « Comme nous le répète souvent Jacky, pour faire de l’export, il faut faire de belles choses », complète Corinne Perez. Et aussi répondre à toutes les demandes. La dernière en date provient des pays scandinaves pour des vins « 100 % bio et vegan ». « On a donc décidé de lancer une gamme bio qui complémentera notre carte de manière originale. Mais du bio bon, pas du bio snob, avec le même niveau d’exigence qualitative que pour nos autres productions », ajoute Jacques Cattin. L’essentiel est que le client soit séduit et qu’il ait envie de renouveler ses achats. « Et si le client aime nos produits et revient de manière récurrente, c’est certainement la plus belle récompense pour notre équipe, bien plus qu’une médaille », conclut Jacques Cattin.

Pages

Les vidéos