Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace
Fin des hostilités avec la distillerie
Syndicat des vignerons indépendants d’Alsace
Publié le 11/04/2018
Le syndicat des vignerons indépendants d’Alsace a profité de son assemblée générale jeudi 5 avril à Colmar pour évoquer les dossiers syndicaux. L’annonce de la signature, la veille au soir, d’un protocole transactionnel, avec la distillerie de Sigolsheim, a été l’information la plus commentée.
Cette une affaire vieille de près de dix ans. Elle porte sur les récoltes de 2008 à 2010 pour une centaine de viticulteurs au sujet du traitement de leurs sous-produits de la viticulture. Le protocole, initié par la distillerie Romann, signe la fin des hostilités. Le Synvira s’engage à ne pas se pourvoir en cassation. En contrepartie, la distillerie se désiste de l’ensemble des procédures. « C’est l’épilogue d’une saga judiciaire qui a démarré en 2011. Il n’y a ni perdant, ni gagnant. C’est la victoire du bon sens qui prend le dessus sur les péripéties judiciaires », explique Francis Backert, vice-président du Synvira. En mai 2011, deux adhérents du Synvira avaient porté l’affaire en justice. Un premier jugement, le 10 mars 2015, leur avait donné raison. Mais, un second jugement, le 31 janvier 2018, l’avait infirmé et avait condamné les deux professionnels à payer les factures. « Nous avions encore la possibilité de faire un recours en cassation. Cela ne sera donc pas le cas. ». La réforme de l’organisation commune des marchés a supprimé les subventions accordées aux viticulteurs pour le recyclage des sous-produits de la viticulture que sont les marcs de raisin et les lies. Ces derniers se voient contraints de verser à la distillerie, seul opérateur présent en Alsace, la somme de 30 € par tonne de résidus pour l’année 2008. Présent à l’assemblée générale, Erwin Brouard, directeur de la distillerie, se réjouit de la signature de ce protocole d’accord. « Nous abandonnons toutes les créances restantes, soit environ 80 000 € ». L’entreprise est solidement implantée dans la région et compte le rester. « Nous avons investi un million d’euros sur la distillerie afin de la doter d’une nouvelle chaufferie au gaz naturel. Cela nous engage pour les années qui viennent. Nous restons en Alsace. Nous sommes à vos côtés. Mais nous voulons encore nous développer. Et ce développement passera par une collecte de vos sous-produits plus importante. Nous espérons que la fin de cette procédure va nous permettre de mieux travailler ensemble. Je suis arrivé à la direction de la distillerie de Sigolsheim en 2012. Depuis, je n’entendais parler que de ce sujet. Passons maintenant à autre chose », ajoute Erwin Brouard qui invite les viticulteurs aux prochaines portes ouvertes de la distillerie le 16 mai prochain. Opposition à la DRM Après un retour sur la récolte 2017, le président du Synvira Pierre Bernhard a indiqué que le Synvira avait reçu en 2017 la visite de l’autorité de la concurrence pour des soupçons de fixation des prix. « Chaque vigneron souhaiterait avoir la possibilité d’imposer le juste prix à ses clients. Nous ne pouvons que vous recommander de valoriser le fruit de votre travail, par une hiérarchisation des prix et une structuration de votre offre tarifaire ». Le synvira a travaillé à la création d’une carte des terroirs alsaciens. « Le syndicat réfléchit également à une nouvelle stratégie de production des vins en vrac. Dans le domaine de l’export, nous espérons que dans un avenir proche, les viticulteurs pourront vendre librement leurs vins sur le marché européen. ». Le Synvira s’est opposé à la nouvelle déclaration récapitulative mensuelle (DRM) dématérialisée. « Non pas parce que nous sommes contre tout. Mais, il nous semble qu’elle serait créatrice de différends entre l’administration de la douane et les vignerons indépendants. L’évolution future de la DRM ne nous laisse rien espérer de bon. Nous ne sommes pas opposés à des moyens de contrôles, mais encore faut-il qu’ils aient du sens pour nous. Nous mettons en place la hiérarchisation de nos appellations en Alsace. Il ne faudrait pas que des règles administratives viennent mettre à mal ce qui nous semble bon pour nos consommateurs. Le Synvira veut profiter du nouveau règlement de la communauté européenne paru le 28 février dernier relatif aux déclarations et registres vitivinicoles pour tenter de simplifier sa mise en application en France, et particulièrement en Alsace », prévient Francis Backert. Une stratégie œnotouristique En guise de propositions pour l’avenir, Pierre Bernhard cite le rapprochement avec la fédération des vignerons indépendants de Champagne. Une stratégie œnotouristique sur la grande région est à l’étude. Elle doit permettre de travailler en commun sur des dossiers sociaux. « Nous poussons une évolution du cadre réglementaire en vue d’aboutir à un outil comparable avec la réalité du travail des vignerons pendant les vendanges. Nous entendons également mobiliser les aides de la région, notamment sur les dispositifs environnementaux et sur les démarches d’exportation de nos vins. Enfin, nous voulons mettre en place une stratégie œnotouristique à l’échelle de la grande région en communiquant sur la route des vins ». Les vignerons indépendants s’interrogent sur les règles d’étiquetage. « Devrons-nous, un jour, indiquer les intrants et les valeurs nutritionnelles ? Nous produisons des produits artisanaux et non des produits industriels. Nous n’avons pas de recettes que nous reproduisons sur chacun de nos vins. Ils sont tous différents et varient chaque année. C’est ce qui plaît à nos clients et ils en sont satisfaits. Pourquoi, au nom de l’information de ces mêmes clients, faudrait-il faire analyser chacun de nos vins ? Nous avons remis en mars dernier des propositions constructives et simplifiées aux commissaires européens. Nous attendons leurs réponses », indique Francis Backert. Les jeunes planchent sur la comm' Le groupe des jeunes vignerons, créé en 2016, a noué un partenariat avec les Étoilés d’Alsace avec le développement de la « formule jeunes ». L’année 2017 a été axée sur des conférences-débats une fois par mois portant sur le marketing des étiquettes, les successions et passations des patrimoines, la comptabilité, la vie des sols ou encore la communication. « Pour 2018, nous nous rendrons à l’assemblée générale des Étoilés d’Alsace à Val d’Isère en ce mois d’avril et nous préparons le salon « Millésime Alsace » du mois de juin. Sans oublier le voyage de presse en juillet et la dégustation pour les professionnels avant les vendanges. En 2019, nous compter organiser un événement grand public pour attirer les jeunes consommateurs », indique Hélène Huttard, responsable du groupe des jeunes vignerons au Synvira. Marie-Eve Schnoebelen a détaillé, pour la mutualité sociale agricole (MSA) les modalités pratiques pour mettre en place le nouveau titre emploi simplifié agricole (TESA). Gilles Neusch, directeur du conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (CIVA) a, comme à l’assemblée générale de l’association des viticulteurs d’Alsace, présenté le travail de communication du CIVA auprès des consommateurs sur les vins d’Alsace. Enfin, Laurent Simon, nouveau responsable de l’antenne de Strasbourg de FranceAgriMer et successeur d’Agnès Hardy, a rappelé le programme national viticole qui gère une enveloppe de 1,4 Md€ sur quatre ans pour des mesures d’aides aux viticulteurs concernant l’investissement, la restructuration ou encore la promotion des vins dans les pays tiers.












