Publié le 19/04/2018
À presque 32 ans, Maximilien Zaeppfel est le président du syndicat viticole de Dambach-la-Ville depuis un peu plus d’un an. Ce caractère volontaire ne connaît qu’un sens pour orienter ses actions : vers l’avant !
Fixer rendez-vous aux ateliers municipaux pour se rencontrer peut paraître curieux. Mais Maximilien Zaepffel ne s’est pas trompé. Ce vendredi 13 avril est une date importante dans le calendrier des membres du syndicat viticole de Dambach-la-Ville. « C’est la matinée que les viticulteurs de la commune consacrent chaque année à la réfection et à l’aménagement des chemins dans le vignoble. Son principe est que la commune paye les matériaux et que nous fournissons la main-d’œuvre » résume Maximilien. Une cinquantaine d’hommes a mis la main à la pâte à partir de 7 h 30 pour manier au bas mot au moins 400 t de concassé. Une quarantaine reste au repas. La tablée occupe toute la largeur de l’atelier. « Toutes les générations sont là, les anciens comme les jeunes » se félicite Maximilien. « La journée ne doit pas seulement être un moment de travail. La convivialité est absolument nécessaire. C’est elle qui nous cimente. Qui fait vivre le syndicat. Alors, j’y tiens ! ». Maximilien se sent parfaitement à l’aise dans son rôle. Il se rappelle pourtant qu’il n’était pas chaud pour devenir président. Il commence par refuser le poste que Didier Pettermann, son prédécesseur, lui voyait bien occuper. « Je craignais la charge de travail et j’avais peur d’échouer » confie Maximilien. Mais il n’est pas non plus homme à avoir froid aux yeux. « Jusqu’à présent, j’ai mené toute ma carrière professionnelle par rapport à des défis. C’en était un de plus avec pour premier enjeu l’objectif de pouvoir continuer à fédérer ». Le contexte donne à Maximilien l’occasion de s’y exercer dès son entrée en fonction. À peine plus âgés, Julien Frey et Maxime Woerly étaient candidats comme lui. Ils sont désormais ses deux vice-présidents. L’un est chargé de la valorisation des événements festifs de la commune, l’autre suit le projet d’aménagement d’une aire collective de remplissage et de lavage des pulvérisateurs qui réunit pour l’heure trente-quatre parties prenantes. « Cela fonctionne très bien entre nous » signale Maxime. Maximilien lui renvoie la balle : « j’ai une équipe extraordinaire. Chacun a son domaine de compétence. Je suis au courant de tous les dossiers, mais je ne m’y immisce pas tant qu’il n’y en a pas besoin. Nous nous tenons informés quasi quotidiennement les uns, les autres, par SMS, courriels ou téléphone, même si c’est parfois pour pas grand-chose. Le comité de quinze personnes se réunit une fois par mois pendant plusieurs heures. C’est l’occasion de mettre l’ensemble des choses à plat ». Un rythme soutenu Maximilien a des journées bien remplies entre son épouse et ses deux enfants, son exploitation, une charge de conseiller municipal depuis 2001, son engagement syndical à Dambach et comme représentant des vendeurs de raisin au conseil d’administration de l’Ava. Malgré cela, il trouve encore le moyen de rendre service. « Il a sans problème pris du temps pour m’expliquer les subtilités de Vitiplantation. Je ne lui en demandais pas autant. Une telle aide, ça n’a pas de prix » signale Eric, l’un de ses collègues. Ce rythme soutenu ne dérange pas Maximilien. « C’est même un peu un besoin. La pression constante m’évite de m’ennuyer » glisse-t-il. « J’ai travaillé dans des entreprises dont les dirigeants étaient très dynamiques, fonceurs. Si je dois retenir quelque chose de ce que j’ai appris à leur contact, c’est la volonté d’avancer et d’évoluer ». Pour Olivier, qui le côtoie en tant que secrétaire du syndicat, il est clair que Maximilien « c’est de la dynamite ! ». Sa jeunesse est un avantage dans un contexte où la communication tient un rôle majeur. « Un président de syndicat doit aujourd’hui être un communicant » rebondit Maximilien. « Le facteur humain prend de plus en plus de place. L’échange est devenu primordial. C’est particulièrement le cas pour tout ce qui touche aux traitements de la vigne et à l’environnement. Ce sont des sujets très sensibles. Je suis le référent pour ces questions. Il y va de l’image de la viticulture en général comme de celle des viticulteurs de la commune. L’implantation de nichoirs à oiseaux, d’arbres fruitiers et de haies doit aller de soi ». L’ambition de Maximilien est d’amener « sa pierre à l’édifice » commun, vers, par exemple, la reconnaissance, d’un premier « premier cru » à Dambach. Mais être « président à vie » ou enchaîner mandat sur mandat n’entre pas dans ses plans. « Un président n’est que de passage » estime-t-il. « Les générations se suivent et ne se ressemblent pas. La société évolue tellement vite qu’il faut laisser la place sans s’accrocher. Je me vois très bien mettre le pied à l’étrier à mon successeur et faire profiter de mon expérience un futur président ». Alors Maximilien sera probablement candidat en janvier 2020 pour un deuxième mandat de trois ans. Pour après, rien n’est écrit.












