Viticulture

Confrérie Saint-Étienne

Un millésime 2018 empreint de féminité

Publié le 14/03/2018

Le 23 mars, Martine Becker succédera à Pascal Schultz comme Grand Maître de la confrérie Saint-Étienne. Neuf ans après Cécile Bernhard-Reibel, elle devient la deuxième femme à accéder à ce poste et entend bien poursuivre le travail mené par son prédécesseur sur l’ouverture à l’international et la communication.

En 2018, la féminité reprend le pouvoir à la confrérie Saint-Étienne. Neuf ans après Cécile Bernhard-Reibel, première femme Grand Maître de l’institution recréée en 1947, Martine Becker, viticultrice à Zellenberg s’apprête à prendre le relais de Pascal Schultz, Grand Maître de la confrérie en 2017. Si l’intronisation a lieu le 23 mars, la confrérie Saint-Étienne a souhaité profiter de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, pour officialiser ce passage de témoin avec la presse. Continuer l’ouverture à l’international L’occasion aussi pour Pascal Schultz de faire un bilan de son mandat marqué par le 70e anniversaire de la confrérie Saint-Étienne et l’ouverture à l’international qui sera plus que jamais à l’ordre du jour en 2018-2019. Des chapitres exceptionnels sont d’ores et déjà prévus à Amsterdam, Dublin (où une section a été créée l’an passé), Bruxelles, Cologne, Varberg (Suède) et peut-être aux États-Unis (Texas et/ou Californie), Berlin et Londres. Pour accompagner ce développement vers les pays étrangers, David Ling, membre du conseil restreint et Grand Maître 2016, a été nommé « conseiller en charge de relations internationales ». Né au pays de Shakespeare, il dispose d’un tissu relationnel « considérable » de l’autre côté de la Manche, ce qui constitue « un plus » aux yeux de Pascal Schultz pour le développement de la confrérie et de l’image des vins d’Alsace à l’étranger. « En 2017, on est monté d’un cran vers l’aréopage international. Lors de notre vente aux enchères, des Singapouriens et des Anglais ont acheté des vins alsaciens à des prix inconnus dans notre vignoble », se félicite Pascal Schultz. En réussissant ce type d’opérations, la confrérie Saint-Étienne concrétise sa mission première : « la communication prestigieuse des vins d’Alsace », rappelle le Chancelier-Receveur, Jean-Paul Goulby. Une confrérie qui se féminise Pour autant, il reste des « progrès à faire » que ce soit pour la partie internationale ou pour la partie communication, sur les réseaux sociaux notamment. « Notre château a besoin de visibilité et doit continuer à s’ouvrir à un public plus large », complète Christian Beyer, Major 2017 de la confrérie Saint-Étienne. Lui aussi passe le flambeau puisque c’est Ignace Kuehn, viticulteur à Kientzheim, qui assurera la fonction de major jusqu’à laisser la place à son tour à Céline Stentz, de Wettolsheim, en 2019. La féminisation de la confrérie Saint-Étienne va se poursuivre, pour le plus grand plaisir de Pascal Schultz. « Il a fallu attendre neuf ans pour qu’une femme soit à nouveau à la tête de la confrérie Saint-Étienne. J’espère qu’il ne faudra pas attendre aussi longtemps la prochaine fois. Les femmes sont de plus en plus présentes et investies dans notre vignoble, c’est une excellente chose pour notre confrérie. » Qu’elles soient ambassadrices, comme la reine des vins d’Alsace et ses dauphines, ou davantage productrices, comme de nombreuses DiVINes, ces Alsaciennes qui s’investissent chaque jour pour le vignoble alsacien sont un reflet d’une évolution sociétale pas seulement française, mais bien internationale. C’est ce qu’a pu constater le délégué général de la confrérie Saint-Étienne, Éric Fargeas. « Lors du dernier chapitre que nous avons organisé en Suède, la moitié des personnes présentes était des femmes. Lors du dernier chapitre organisé à Kientzheim, trois femmes sont rentrées dans le Conseil des jeunes, et une femme a intégré le Grand Conseil. » À l’heure actuelle, une dizaine de femmes font partie de ce Grand Conseil qui compte une centaine de personnes. En 1978, année où Martine Becker a fait ses premiers pas au sein de la confrérie, une telle perspective semblait bien lointaine. « À cette époque, ce sont les hommes qui passaient d’abord leurs grades. Leurs épouses suivaient éventuellement après si elles en avaient envie. Aujourd’hui, les couples sont plus fusionnels. Les époux passent leurs grades ensemble que ce soit ici à Kientzheim ou lors des chapitres que nous organisons dans d’autres pays. » L’intérêt des femmes pour le vin a évolué dans la société depuis plusieurs années. Si, globalement, la consommation baisse en France, celle des femmes augmente. Qu’il semble loin le temps où l’on pouvait entendre « ah non, ce n’est pas pour les femmes ». « Quand je disais que je voulais passer mon diplôme de dégustateur professionnel, ma mère me disait ça. Cela m’a motivé pour y aller et m’investir dans la viticulture », témoigne Martine Becker. Alors quand l’occasion s’est présentée d’intégrer la confrérie Saint-Étienne, elle n’a pas hésité. Quarante années plus tard, la voilà Grand Maître pour un mandat pendant lequel elle entend mettre, à sa manière, la gent féminine en avant. Le 22 septembre, le chapitre solennel « La Confrérie se met au vert » mettra en lumière les talents de Martine Holveck, cheffe et traiteur bio, et le 20 octobre, le chapitre solennel « Femme, femme, femmes » sera animé par la cheffe Michaela Peters et les DiVINes d’Alsace.

Le vignoble alsacien face aux changements climatiques

« On fera toujours du vin en 2100 »

Publié le 14/03/2018

Le 23 février, la confrérie Saint-Étienne a terminé la série de conférences organisées dans le cadre de son 70e anniversaire sur la thématique du changement climatique et de ses impacts pour l’avenir du vignoble alsacien. Si le sujet peut inquiéter au vu des épisodes de plus en plus fréquents de forte chaleur et de sécheresse, une chose reste certaine : le vin d’Alsace existera toujours en 2100. Reste à savoir avec quel visage.

Parlera-t-on, un jour, du cabernet sauvignon d’Alsace ? Star - entre autres - du vignoble bordelais, ce cépage mondialement connu viendra-t-il prendre la place d’un riesling contraint de déménager sous les effets de la chaleur ? Pour une grande majorité de prescripteurs du vignoble alsacien, une telle perspective est, à n’en pas douter, une option qu’ils préféreraient ne pas envisager. L’Alsace perdrait là sa typicité qui fait d’elle une région mondialement connue pour la qualité de ses vins blancs. Aujourd’hui, 10 % des rieslings produits dans le monde proviennent des coteaux bas-rhinois et haut-rhinois. Pour un aussi petit vignoble d’un point de vue géographique, la performance est assez remarquable. Mais pourra-t-elle être durable face à des changements climatiques qui génèrent plus d’incertitudes que de certitudes ? Est-ce qu’avec l’augmentation annoncée des températures, le vin d’Alsace existera toujours dans 50, 100 ou 200 ans ? Des questions qu’a voulu soulever la confrérie Saint-Étienne le 23 février dernier en invitant des spécialistes à venir s’exprimer sur le sujet. C’était la quatrième et dernière conférence organisée dans le cadre des 70 ans de la confrérie célébrés en 2017. Vers un phénomène de « double peine » Chiffres et courbes à l’appui, Frédérique Pelsy, présidente du centre Inra de Colmar, a mis évidence ce que le président de la première puissance mondiale ne veut (ou ne peut ?) pas reconnaître : le changement progressif du climat, année après année. Et si les augmentations de température sont aujourd’hui vues avec méfiance en Alsace, cela n’a pas toujours été le cas, comme elle a tenu à le souligner. « Dans les années 1970, les conditions climatiques ont évolué favorablement pour le vignoble alsacien : les conditions de maturation sont devenues bien meilleures, la qualité sanitaire lors de la vendange a été améliorée et, de manière générale, on a de meilleurs millésimes depuis cette époque. A contrario, on a constaté une augmentation de la teneur en alcool et du pH, et donc une diminution de l’acidité, de la fraîcheur et de la typicité. » Sous les effets du changement climatique, les vignerons alsaciens ont progressivement vu leurs dates de vendanges avancer. Depuis 1983, elles reculent de manière régulière. En 35 ans, la date moyenne de vendange a été avancée de 27 jours. Deuxième constatation : au 16 septembre de chaque année, on note une augmentation constante de la quantité d’alcool. Ainsi, la production alsacienne a gagné 5° alcooliques depuis 1965. Les agriculteurs et les viticulteurs peuvent constater que la satisfaction en eau de leurs plantes est en constante diminution. Ce qui incite d’ailleurs de nombreux syndicats viticoles alsaciens à envisager - ou à espérer - l’usage de l’irrigation dans leurs vignes dans un futur plus ou moins proche. En attendant ce futur pour le moment hypothétique, le raisin subit de plein fouet ces changements climatiques dont l’un est particulièrement problématique : la précocité toujours plus grande de la véraison. Une « étape cruciale », comme le rappelle Frédérique Pelsy. « Du coup, on se retrouve avec une dégradation des acides et un démarrage de la production de sucre plus précoces. » Si la température estivale continue d’augmenter, la période de maturation du raisin va se décaler vers la période la plus chaude. Une tendance qui pourrait s’accroître à l’horizon 2100 au vu des estimations actuelles. « On se dirige vers un phénomène de double peine où deux mécanismes s’associent pour que la maturation du raisin soit de plus en plus contrainte par la température. » De la stratégie « conservatrice » à la stratégie « libérale » La question est maintenant de savoir comment la viticulture va pouvoir s’adapter à ces évolutions. C’est dans ce cadre qu’a été lancée la prospective Laccave, un projet piloté par l’Inra qui a pour but d’étudier les stratégies d’adaptation au changement climatique de la viticulture et de l’industrie du vin sur le long terme en France. Cette prospective a été déterminée par deux possibilités : celle de l’évolution/innovation, et celle de faire appel au déplacement. En combinant ces deux facteurs à plus ou moins grande échelle, les chercheurs qui ont travaillé à l’élaboration de cette prospective Laccave ont abouti à quatre stratégies de développement « possible » pour le vignoble alsacien. Elles ont été présentées le 6 décembre en Alsace en présence de nombreux professionnels de la filière. La première stratégie dite « conservatrice » consiste à développer une viticulture « innovante » tout en restant dans un cadre conservateur. « Il peut y avoir une évolution du choix des porte-greffe tout en restant toujours dans un cépage connu et apprécié, il y a éventuellement la possibilité de modifier la densité de plantation, ou encore de développer des pratiques correctrices pour maintenir le profil gustatif et aromatique des vins », détaille Frédérique Pelsy. Dans la stratégie plus innovante, on trouve l’utilisation de nouveaux cépages, comme la syrah, ou des variétés résistantes au mildiou et à l’oïdium, et l’installation de panneaux solaires directement au-dessus des vignes. « Cela permettrait de rafraîchir les plantes au-dessous et de diminuer la demande en eau en plus de produire de l’électricité », explique la présidente du centre Inra de Colmar. Il y a ensuite la stratégie dite « nomade » qui consiste à cultiver des vignes dans des zones géographiques jusqu’alors inadaptées. Pour illustrer son propos, Frédérique Pelsy prend l’exemple du vignoble anglais qui se développe, en particulier grâce à des maisons de Champagne qui achètent des terrains là-bas. « Et avec un succès qui n’est pas démenti jusqu’à maintenant puisque des vins effervescents ont récemment battu des champagnes lors d’une dégustation à l’aveugle organisée à Paris. » Enfin vient la stratégie dite « libérale » où concrètement tout devient possible. « Cela ouvre un champ de possibilités dans lequel vous pouvez faire le vin dont vous avez toujours rêvé, à l’endroit où vous le souhaitez. » Sans surprise, cette dernière option n’a reçu aucun suffrage des professionnels alsaciens lorsqu’ils ont été invités à donner leur avis sur ces quatre stratégies. « En majorité, ils se sont exprimés en faveur de la stratégie « conservatrice » devant la stratégie « innovante » qui a tout de même recueilli plus de la moitié des votes. En revanche, la stratégie « nomade » qui consisterait à mettre des vignes dans les Vosges n’a pas reçu un écho très favorable. Et je ne parle pas de la stratégie « libérale » qui clairement fait peur en Alsace », commente Frédérique Pelsy. Comme l’Espagne et le Portugal en 2100 Guillaume Arnold, responsable technique du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa) en charge des collections et conservatoire, de la sélection clonale, de la multiplication clonale et des parcelles de comportement, a apporté un regard un peu plus technique sur les incidences du changement climatique pour le vignoble alsacien. Il a tout d’abord corroboré le constat dressé par Frédérique Pelsy quant à l’évolution des températures depuis 40 ans. Parmi les méthodes existantes pour quantifier le réchauffement climatique, il a retenu l’indice héliothermique d’Huglin qui sert de référence dans tous les vignobles français pour pouvoir mettre en relation l’utilisation de certains cépages par rapport aux conditions climatiques d’un vignoble. « Entre 1970 et aujourd’hui, la valeur de cet indice est passé de 1 300 à 2 000. Si l’évolution se poursuit au même rythme, l’indice d’Huglin atteindrait les 2 135 en 2025 et les 3 092 en 2100. » Parallèlement, il faut l’associer à l’indice de sécheresse, qui sert à évaluer la quantité d’eau disponible utilisable par la plante, et l’indice de fraîcheur des nuits, qui indique la température de l’air du mois de septembre, période pendant laquelle la vigne mûrit. « En combinant ces trois indices, on peut voir où on peut planter la vigne et avec quelles références », souligne Guillaume Arnold. Entre 1975 et 2015, l’indice de sécheresse est passé de 200 à 100 et pourrait descendre à - 91 en 2100. L’évolution de la fraîcheur des nuits est, elle, plus faible. De 9 °C en 1975, on passerait à 11,8 °C en 2100. Une fois décryptés et analysés, ces chiffres révèlent une chose essentielle : la culture de la vigne ne sera pas compromise en Alsace à l’horizon 2100. « Si l’évolution actuelle se poursuit, on aurait des conditions proches de celles qu’on rencontre aujourd’hui au Portugal et en Espagne. Donc on continuera à faire du vin chez nous, même si des adaptations seront inévitablement nécessaires. » En effet, on ne peut pas dire que le riesling - pour ne citer que lui - est un cépage adapté à ces contrées très ensoleillées. « C’est un cépage qui a du mal à mûrir quand il a soif. Quand il fait trop chaud ou trop sec, ses teneurs en alcool sont trop faibles et obligent à chaptaliser. » L’avenir du riesling « compromis » sur les sols superficiels Avec des étés qui sont progressivement toujours un peu plus chauds et un peu plus secs, le riesling aura-t-il toujours sa place en Alsace ? Selon les prospectives présentées par Guillaume Arnold et mettant en avant différents scénarios de stress hydriques jusqu’en 2100, cela dépendra avant toute chose de la nature du sol. « Par rapport aux modèles qu’on a établis et aux essais qu’on a réalisés, notamment sur le Bollenberg où les sols sont peu profonds, l’impact de la contrainte hydrique aura un effet sur le rendement et la qualité en fonction du moment où elle interviendra dans le cycle végétatif de la plante, et du lieu. Clairement, l’avenir de la culture de riesling sur les sols superficiels semble compromis à moyen/long terme. C’est quelque chose qu’il faut avoir à l’esprit dans les choix actuels de plantation. » En revanche, les risques de contrainte hydrique pré-véraison sur des sols très profonds à grosse réserve utile ne devraient pas être trop impactants, même en 2010. Dans les sols intermédiaires (environ 85 mm de réserve utile), là encore, les risques sont minimes. Par contre, sur les sols les plus superficiels, la contrainte hydrique serait trop marquée au moins une année sur deux et exposerait le riesling à des situations critiques. Le même type de prospective a été fait pour une contrainte hydrique qui arriverait après le stade de la véraison. Dans ce cas de figure, il n’y aurait toujours pas de problèmes pour les sols pourvus d’une grosse réserve utile. La situation deviendrait en revanche un peu plus délicate sur les sols intermédiaires, et extrêmement compliquées dans les sols très superficiels. « En 2100, on n’aurait que sept années sur trente où la vigne ne subirait pas de contrainte hydrique sur ces sols », prévient Guillaume Arnold. Dans les essais réalisés au Bollenberg, le technicien du Civa s’est rendu compte de l’importante variabilité des rendements obtenus en fonction du porte-greffe et du clone utilisé. « En situation de stress hydrique, on aurait plutôt tendance à privilégier les clones les plus sucrés pour le riesling et des porte-greffe plus adaptés comme le 41B ou le 110R. » Bien sûr, rien n’est figé pour le moment. Ces prospectives sont faites avec les éléments de connaissance actuels. Des évolutions vont encore arriver. « Mais, il est essentiel de prendre en compte ces évolutions climatiques et d’étudier les systèmes qui nous permettront de tamponner au maximum ces changements. Ce qui est certain en revanche, c’est que la viticulture alsacienne n’est pas en voie d’extinction. »

Un nouveau constructeur de tracteur vigneron

Premiers essais pour le JDS Guillet

Publié le 12/03/2018

En cours d’homologation à l’Utac, le prototype du tracteur JDS Guillet effectue ses premières sorties dans le vignoble cet hiver.

Avec son look plutôt dodu et rétro, le nouveau tracteur JDS-Guillet ne passe pas inaperçu dans les vignes. Réincarnation du JDS de Louis Dromson, d’une stabilité légendaire, ce tracteur est de nouveau disponible grâce à Fabien Guillet, un industriel de la serrurerie chaudronnerie basé à Duppigheim. Habitué à relever les défis industriels les plus audacieux. Et à concevoir des engins motorisés hautement normés. C’est cette expertise avec ses équipes de concepteurs et de soudeurs, dont nombre sont compagnons du devoir, qui l’a amené à relancer le JDS avec son « nerveux » moteur John Deere trois cylindres, adapté aux normes Stage IV, avec un filtre à particules. Pour l’heure, trois prototypes sont construits, l’un pour les normes, et les deux autres sont à disposition des viticulteurs qui veulent l’essayer. L’engin pèse un peu plus de 2 t, son empattement avait été voulu le plus court du marché ; et son étroitesse de 104 cm, avait été pensée pour les vignes étroites. S’il reste aux établissements Guillet quelques petits réglages de différentiel et d’embrayage à effectuer, le tracteur, attelé à un broyeur de sarments, a déjà montré toute sa capacité à grimper les coteaux de Westhalten et de Dorlisheim. Et un viticulteur d’Itterswiller a déjà retenu le premier modèle.

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