Viticulture

Concours régional de taille

Thomas Meistermann vainqueur de l’épreuve

Publié le 01/03/2018

Le 39e concours régional de taille de la vigne organisé par la Chambre d’agriculture d’Alsace et le Legta de Rouffach s’est déroulé ce mercredi dans une parcelle de la commune de Wintzenheim. L’épreuve a été remportée par Thomas Meistermann.

Mise à disposition par Éric Brauneisen, adhérant à la cave coopérative de Turckheim et membre du jury, cette parcelle de 1,2 ha, située au lieu-dit Rotenberg comprenait 1 500 pieds. Cet évènement était placé sous l’égide du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa), avec la participation des Sillons de Haute Alsace, de la Chambre d'agriculture d’Alsace, des Jeunes Agriculteurs et du syndicat viticole local. Après s’être affrontés le matin lors d’une épreuve éliminatoire d’une vingtaine de minutes, les candidats n’étaient plus que 20 à participer l’après-midi à la finale. Déployés sur une parcelle de pinot blanc, ils ont démontré à coups de sécateur leur capacité à préserver le meilleur de l’année passée, et à lancer le prochain millésime sous les meilleurs auspices. Le principe est de ne pas bloquer les flux de sève, car même si l’origine des maladies du bois est liée à de multiples facteurs, les plaies infligées au pied pendant la taille peuvent favoriser la mortalité. Un pied bien taillé c’est moins de maladies, comme le dit un dicton français de 1872 : « Vigne bien façonnée ne manque jamais dans l’année ». Les concurrents devaient être rapides, précis et propres dans leurs gestes. Ils étaient notés sur le choix du courson, le choix de la baguette, l’appréciation de la charge du pied, la vigueur et la propreté de la taille. De 18 ceps taillés en moyenne pendant les éliminatoires, ils sont passés à 25 en finale. Les candidats ont également été évalués sur les maladies du bois et d’autres enjeux viticoles. Une majorité de candidats étaient issus des Sillons de Haute-Alsace, qui a d’ailleurs inauguré cette année un certificat de taille. La remise des prix a eu lieu au domaine Krick à Wintzenheim, en présence du maire, de formateurs, de sponsors et de nombreux représentants du monde de la viticulture. Thomas Meistermann de Pfaffenheim, s’est distingué parmi 80 candidats, en remportant le sécateur d’or.

Publié le 28/02/2018

Hervé Wolff est un des quelque soixante-dix agents qui moyennant commission assure la commercialisation des vins de plusieurs producteurs sur le territoire alsacien. Comment travaille-t-il ? Entretien.

« Je suis le représentant des domaines qui me font confiance auprès de mes réseaux de clients présents sur une zone géographique définie ». Voilà comment Hervé Wolff définit son métier. « Chaque domaine me fournit ses informations techniques et tarifaires. Pour ma part, j’ai obligation de diffuser sa gamme et de me conformer à sa politique commerciale. Il me communique notamment sa marge de manœuvre sur le prix en sachant que si je consens une remise, c’est au détriment de la commission que j’ai négociée ». Hervé est principalement actif sur le Haut-Rhin et un peu le Bas-Rhin. Cuisinier de formation avant de passer à la salle et de tomber dans le monde du vin comme sommelier puis responsable d’achats, il s’est construit des réseaux grâce à ses connaissances et à ses relations. « Mon parcours fait que je vois beaucoup de chefs de cuisine » avoue Hervé. Les restaurateurs pèsent ainsi un tiers de son activité. Les deux autres tiers se répartissent à parts égales entre les grossistes et les cavistes. Hervé s’adresse presque exclusivement à des professionnels, plus rarement à des comités de fêtes ou à des associations, jamais à des particuliers car ils sont déjà les clients des domaines dont il propose les vins. « Quand je vois un client, j’ai toujours tous les vins d’un domaine en tête. C’est à moi de mesurer les goûts de mon interlocuteur et de cibler mon offre » enchaîne Hervé. Avoir une telle stratégie suppose une connaissance approfondie de tout son portefeuille. « Quand on connaît un domaine, on en connaît le style. S’il se produit de grands changements, je prends des notes. Sinon j’essaie de déguster le plus possible. À Millésime bio, je goûte 200 vins en quatre jours. Je fais aussi venir des échantillons. Je fais ma sélection. J’ai goûté 80 % des vins que j’ai sur ma carte. J’accorde une grande importance à échanger avec le producteur. C’est généralement à ce moment qu’il me rend attentif à une tendance ». Hervé accorde tout autant de sérieux au suivi de la vente. Il appelle pour savoir si la commande a bien été réceptionnée, s’assure que le vin a été mis en vente, demande comment il se vend, le reprend si finalement il ne correspond pas au goût du client. « Mon but n’est pas de me fâcher avec lui. J’informe et je forme le personnel, c’est-à-dire le serveur chez le restaurateur, le commercial chez le grossiste et le vendeur chez le caviste. Il m’arrive de les faire déguster ». Préférer la marge brute au coefficient multiplicateur Hervé réalise systématiquement une enquête de satisfaction. « C’est mon rôle. Je demande si on continue avec les mêmes vins ou si on en change. C’est un retour de terrain intéressant pour le producteur. Et cela fidélise le client ». Notre agent veut aussi jouer un rôle de conseil, dans l’élaboration de la carte, dans l’établissement d’une politique de prix. « Le coefficient multiplicateur fait grimper le tarif de façon déraisonnable, surtout si on ne l’ajuste pas au prix d’achat. Je préconise plutôt de partir d’un prix moyen par type de vin, de calculer une marge brute et de l’ajouter au prix d’achat de la bouteille. Le gain est le même par bouteille. Cela renforce la cohérence tarifaire. On ne vend pas pareil un vin acheté 20 € et affiché à 32 € HT, que le même qui atteint 50 ou 60 € parce que la méthode de calcul du prix fait faire la culbute. Il faut procéder de la même manière avec les grands crus alsaciens qui sont souvent perçus comme étant trop cher ». Avant de vendre le vin d’un producteur, Hervé se fixe comme règle de le rencontrer, « afin de le comprendre, de créer des liens. Une relation de confiance doit s’établir » dit-il. Mais comment ce fervent défenseur des Alsace arbitre-t-il entre ses cinq fournisseurs locaux ? « Cela dépend du type d’établissement, des vins figurant déjà sur la carte. Je ne propose par exemple pas d’autres domaines d’Alsace à mes clients qui achètent Dopff Au Moulin. Je respecte l’image et l’historique des relations commerciales ». Selon lui, le haut de gamme est la seule carte que l’Alsace peut jouer. « Le marché du vin est aujourd’hui mondial. Le vignoble alsacien est trop petit. Il ne peut pas se contenter de faire de petits vins. Il est inutile pour lui de vouloir conditionner en BIB quand le Languedoc peut en produire à moins de 2 €/l ». Pourtant Hervé a besoin de mettre en avant chaque mois, un vin, un cépage, un domaine, une région. Il planifie de telles offres à chaque trimestre de l’année. L’Alsace peut y participer avec sa gamme ou des initiatives comme le rosé, un pinot gris sec, un assemblage, voire tout simplement un sylvaner. « Tous ces vins peuvent se vendre à 5-6 € le verre, un sylvaner comme un riesling, un chardonnay comme un sauvignon. À une seule condition : il faut qu’ils soient bons ! »  

Domaine de l’École à Rouffach

Premiers certificats de taille

Publié le 28/02/2018

Le Domaine du Lycée Agricole et viticole de Rouffach a proposé une option taille de la vigne à des élèves volontaires issus du BTSA viti-œnologie et de 1ère Pro Viti. Une première qui s’est soldée par la remise de treize certificats de taille.

Sous la conduite de Christine Klein, sa directrice, avec l’appui d’Isabelle Bureau et de Liza Munsch, enseignantes et de Jean-Marc Bentzinger, chef de culture, 27 jeunes volontaires issus du BTSA viti-oenologie et de 1ère pro viti ont pris part à cette première. Tous les participants se sont récemment retrouvés pour la remise d’un certificat de taille en présence notamment de Christophe Bannwarth, adjoint à la ville de Rouffach et de Jérôme Fontaine, directeur adjoint du lycée. Ce dernier les a accueillis tout en remerciant les responsables de cette initiative. Christine Klein, pour sa part, a surtout insisté sur la valorisation de cet exercice de taille, fruit d’une réflexion concertée menée durant trois ans, pour arriver progressivement à tailler sur mesure. Ce travail spécifique est pour elle la base essentielle pour mieux maîtriser la taille et l’adapter à la souche. Cette option est le fruit d’une réflexion menée durant trois ans. Une première qui a réuni des jeunes alsaciens, mais également bourguignons, jurassien et champenois.

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