Viticulture

Publié le 27/02/2018

Vendredi 16 février, la cave de Turckheim accueillait 80 célibataires pour un premier wine dating. Une belle rencontre autour de l’ivresse de l’amour et du vin pendant la semaine de la Saint-Valentin qui alimente tant de rêves de bonheur partagé.

Succès inattendu pour ce premier wine dating, organisé par Pascal Weill, animateur reconnu de rencontres festives, à la demande de la cave de Turckheim. Les inscriptions étaient closes dès les premiers jours du lancement de cette idée. Les places étaient limitées à 80 célibataires de toutes les générations. 40 filles et autant de garçons ont participé aux ateliers proposés en binôme. Les binômes étaient intégrés dans cinq groupes de même tranche d’âge qui, tous les quarts d’heure, changeaient d’atelier pour répondre au quiz concocté par la cave de Turckheim. Des ateliers autour de la rencontre avec le vin, des cépages alsaciens, des mariages culinaires, sans oublier les sens en éveil, le vin mystère et une question subsidiaire pour départager les éventuels binômes ex-aequo. Tous les participants ont reçu un cadeau à l’issue de ce wine dating et les cinq meilleurs binômes ont été mis à l’honneur. Chaque candidat portait un badge avec son prénom et le numéro de binôme. Une urne permettait de glisser son prénom et numéro de binôme avec les références de celle ou celui qui avait inspiré un coup de cœur. Pascal Weill s’engageant à communiquer les numéros de téléphone respectifs. Sourires, bonne humeur, tendresse, la soirée s’est déroulée comme un voyage au cœur du vignoble alsacien et de ses cépages avec le vin pour délier les langues ou libérer les introvertis. Dans un espace agréablement décoré par une quinzaine de volontaires de la cave - membres de l’équipe de l’espace de vente, vignerons, Michel Lihrmann, œnologue, et Jean-Michel Wisson, président. Une belle soirée, placée sous la protection de Saint Valentin, propice à laisser parler son cœur pour peut-être rencontrer l’âme sœur. À l’image du slogan imaginé par les organisateurs : « Y a-t-il un meilleur remède que l’amour et le vin d’Alsace ? ».

Publié le 26/02/2018

Le Hackathon du vignoble a tenu ses promesses avec une soixantaine de participants. Au final, il en résulte une belle feuille de route d’idées nouvelles pour l’interprofession et des solutions fabuleuses pour améliorer l’image et la valorisation des vins d’Alsace. Quels sont ces défis ?

Pendant 48 heures, au château Kiener à Colmar, des entreprises, des start-up, des écoles d’ingénieurs dont l’EM Strasbourg et Epitech, des cadres du vignoble et quelques vignerons, ont phosphoré sur des défis. Avec l’ambition de présenter à l’issue de ce marathon une solution clé en main, qui ne demande plus que des fonds pour être réalisée. Voici les sept défis en selle, qui devront déboucher sur des applications concrètes pour le meilleur des vins d’Alsace. Le goût du terroir Répondre à la demande des consommateurs qui cherchent à connaître l’origine des terroirs. Le goût du terroir est une application avec une base de données de bouteilles, où chaque étiquette scannée renvoie à un parcours gustatif sensoriel, des pictogrammes alliés aux sensations en bouche. Le vigneron alimente lui aussi la fiche avec les données du terroir et sa dégustation commentée. Assistant de gestion des parcelles viticoles (AGPV) AGPV est un site internet ludique d’informations parcellaires, avec toutes les informations croisées nécessaires au vigneron, cadastre, géologie, délimitation, analyses, données tracées d’intervention (cépage, date, amendements). Wine’Op Wine’Op est une application dédiée au vigneron, qui permet d’identifier avec le client, les coûts associés au transport, l’expédition et les taxes totales associées au colis d’un vin exporté dans un pays donné. En outre, Wine’Op répond instantanément aux démarches logistiques et déclarations douanières. Et effectue automatiquement les formalités douanières. Le devis est instantanément effectué et le client à l’autre bout du monde n’a pas de surprises sur le montant et les frais du colis. VitiGuide VitiGuide propose une agilité de gestion aux vignerons alsaciens : c’est une plateforme collaborative autofinancée qui simplifiera et accélérera la prise de décision sur un investissement. Soit sur son exploitation ou son capital. Exemple : VitiGuide permet de déterminer le coût de production du vin, avec des pondérations par exemple par type de terroir. Une fiche de calcul détermine un coût de revient par terroir et VitiGuide le compare aux prix de vente moyens des vins de ce terroir et aux autres coûts de production des vins, grâce à un accès sécurisé (coffre-fort de données) et confidentiel sur des données fiscales et comptables. Émotion Alsace Émotion Alsace est une journée internationale des vins d’Alsace sur les réseaux sociaux, avec action concertée des acteurs du vin d’Alsace quels qu’ils soient : vignerons, consommateurs, prescripteurs… Qui constituent une communauté de partage d’émotions pour accroître la notoriété des vins d’Alsace. In fine, une plateforme permettra de récupérer et collecter les informations des réseaux sociaux, avec traitement par algorithmes, pour mieux connaître les attentes des consommateurs. Ceci afin d’améliorer la cible, d’analyser et d’identifier les attentes. Miam Pour améliorer la présence et susciter le désir des vins d’Alsace dans la restauration, l’opération consiste à collecter des données à partir des cartes des vins en ligne et des agents. « Matcher » les restaurateurs sur l’originalité, l’équation plaisir/prix. Le projet Miam propose Expérience Alsace, une journée type beaujolais nouveau, avec les jeunes sommelières alsaciennes… VitiPartage Les jeunes vignerons alsaciens souhaitent une plateforme de mutualisation, de moyens d’échanges de services au sein du vignoble, afin de mieux valoriser les ressources du vignoble, faire du lien social, fédérer… D’un côté, l’appli permet de collecter les besoins de chacun, en main-d’œuvre, matériel, etc. De l’autre, elle recense les demandes de services, en prêt de matériel. Le tout étant encadré par un système d’assurances.

Publié le 25/02/2018

Secrétaire du syndicat viticole de Cernay et environs, Tharcise Meyer publie « Genèse et jeunesse d’un vignoble », un ouvrage qui explique la place de la vigne et des activités viticoles dans les villages de Cernay, Steinbach, Uffholtz et Wattwiller. Un moyen pour l’auteur de placer, pour une fois, la pointe sud du vignoble sous le feu des projecteurs.

Pourquoi est-il particulièrement difficile pour quiconque visitant Uffholtz et ses environs immédiats de trouver à acheter une bouteille de vin du coin ? Voilà une question que Tharcise Meyer pose fréquemment à ses interlocuteurs. Ce féru d’histoire en possède la réponse. « À la fin du XIXe siècle, la vigne n’est ici qu’un moyen de satisfaire une consommation domestique de vin. Elle est cultivée par des ouvriers qui gagnent plutôt bien leur vie en travaillant dans les nombreuses usines textiles de Thann et des alentours. Le phylloxéra freine d’abord l’expansion de la culture. L’évacuation totale des quatre villages à la fin de la Première Guerre mondiale accentue l’abandon des parcelles. À la fin du conflit, l’urgence n’est pas au vignoble, mais à la reconstruction » signale Tharcise. La plantation d’hybrides après 1920 vise d’abord la productivité. En 1948, un an après la création du syndicat viticole de Cernay et environs, aucune des quatre communes n’entre dans la zone d’appellation. Il faudra attendre le 5 juillet 1972 pour qu’elles accèdent à ce sésame. En 1953, le plus grand déclarant exploite un hectare. Et soixante-neuf des soixante-dix membres du syndicat sont des pluriactifs. Ils adhèrent aux coopératives qui se montent en 1955 à Westhalten et en 1958 à Wuenheim. « Les conditions à l’émergence de domaines vendant en bouteille n’ont jamais été réunies » conclue Tharcise. Notre homme a mis à profit le 70e anniversaire du syndicat pour se plonger dans les événements qui ont rythmé la vie de ces communautés villageoises depuis la fin du XIXe siècle. Un travail personnel de six bons mois pour lequel Tharcise a d’abord puisé dans les notes personnelles qu’il accumule depuis cinquante ans. Il a aussi dévoré la bibliothèque et les archives, syndicales et municipales, voire familiales. « Je me suis plus intéressé à la période 1900-2017 » précise Tharcise. Le résultat est là. Jusque dans les détails. En vérité quelques personnes ont un jour embouteillé du vin local. Mais elles sont rares. Il s’agit par exemple de Joseph Heuchel d’Uffholtz, de Joseph Rémy, notaire de son état, habitant Wattwiller ou de Lucien Vontrat de Cernay. Dans les années 1930 et 1950, ils étiquettent de petites séries de bouteilles à leur nom. Les doigts d’une main suffisent pour compter celles de notre notaire. « Ces vins n’étaient pas destinés à être vendus au public. Mais plusieurs étaient servis dans deux cafés de Uffholtz » rappelle Tharcise. Dans les années quatre-vingt-dix, des domaines basés à Orschwihr, Pfaffenheim ou Vœgtlinshoffen revendiquent les raisins nés sur ces terroirs. Ils proposent des « cuvées Uffholtz » ou du « Rouge de Steinbach ». Une richesse de 4 M€ produite chaque année Dans cet inventaire de la viticulture locale, Tharcise Meyer ne cache pas que les viticulteurs du cru ont parfois eu le sentiment d’avoir été « un peu oubliés ». En 1978, l’ouvrage de Robert Goffard cite certes Soultz, « la dernière commune où une dégustation reste aisée » et Thann, « en déclin, où seulement une quinzaine d’hectares restent en exploitation ». Mais il ne pipe mot des villages qui se situent entre les deux ! « La surface de vignoble des quatre communes a peut-être varié au fil des ans. Mais les vignes n’ont jamais disparu » souligne avec force Tharcise. Il en veut pour preuve la vie du syndicat, ses réunions techniques, ses actions de formation, ses événements, de la visite d’élus départementaux et du sous-préfet à celle de l’évêque de Metz en 2016. Dans le vignoble, les décorations, les bornes de pierre et les piquets sculptés témoignent de l’amour des viticulteurs pour leur outil de travail. Ils se souviennent tout autant qu’en 1993, Peggy Bollinger, d’Uffholtz, a officié un an comme première dauphine de la reine des vins d’Alsace. Sa photo souriante figure au dos de « Genèse et jeunesse d’un vignoble », alors que celle de Jacqueline Schueller présentant de beaux raisins du début des années soixante illustre la couverture. Aujourd’hui, « la vigne représente vingt emplois permanents et une centaine d’emplois saisonniers. C’est une richesse de 4 M€ qui est produite chaque année » calcule Tharcise. Le défi est de savoir si cet apport à l’économie et au paysage peut perdurer à des échéances de vingt à trente ans. « Mes enfants n’ont pas envie de reprendre les soixante ares que j’exploite. L’investissement à consentir pour planter fait réfléchir. Le changement climatique interroge » énumère Tharcise. Il écarte cependant rapidement cette pointe de pessimisme. « Nos terres argilo-gréseuses en pente douce présentent un potentiel intéressant. Il y aura certainement des regroupements pour constituer des entités économiques viables. Tout se passera bien si les collectivités soutiennent une activité essentielle à la vie de notre territoire ».  

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